lundi 12 novembre 2018

Stan Lee m'a imaginé en 1963


Stan Lee m'a imaginé en 1963, un an après Spiderman, un an avant Daredevil, la même année que les X-men. Il m'a donné des super-pouvoirs que je n'ai pas découverts tout de suite et qui me pourrissent un peu la vie depuis que j'en ai pris conscience. C'est à lui aussi évidemment que je dois mes problèmes d'identité. Et sans doute aussi une soif de reconnaissance personnelle qui contrarie parfois mon idéal de justice. Nous sommes sûrement nombreux dans ce cas-là, à nous sentir un peu orphelins ce soir.



dimanche 11 novembre 2018

carte juste centenaire


Mon jeune grand-père, éditions Lunatique, p. 186.

11 novembre 1918. A bientôt Edmond !

jeudi 8 novembre 2018

Un beau jeudi


Le bonheur est parfois une sorte d'attracteur étrange, pour parler comme Lorenz, en tout cas la coïncidence est belle à mes yeux de la sortie de Mon jeune grand-père – on vous attend ce soir dès 19h mais même plus tard pour fêter ça à l'Espace l'Autre Livre, 13 rue de l'Ecole Polytechnique, à Paris – et ce très bel article d'Alain Nicolas dans l'Humanité d'aujourd'hui à propos de Seule la nuit tombe dans ses bras, lisez plutôt, ça n'est pas impossible en cliquant, ou même mieux, achetez l'Huma !



mercredi 7 novembre 2018

Le 7 novembre 2018 Mon cher papa,


Le 7 novembre 2018
Mon cher papa,
J'ai recopié comme j'ai pu toutes les cartes qu'Edmond a écrites à ses parents pendant qu'il était prisonnier en Allemagne, du printemps 1916 jusqu'à la fin de la guerre. Ce n'a pas été toujours facile, comme tu peux t'en douter ; elles sont écrites en tout petit et au crayon à papier effacé par le temps. D'autant plus que je ne connais pas la plupart des personnes citées, et que tu ne peux pas me renseigner tellement davantage puisque Edmond, malheureusement, tu ne l'as pas connu. C'est pour cela d'ailleurs que je me permets de l'appeler Edmond, mon jeune grand-père ; après tout l'âge il a l'âge de mon fils, ton petit-fils. J'ai donc recopié ces cartes comme j'ai pu tout en insérant mes propres réflexions, mes propres doutes, au moment même de l'écriture ; comme ça tu peux lire ce que j'ai lu au moment même où je le découvrais. Il m'a semblé que, en procédant de la sorte, ça devenait un objet littéraire, autant qu'un témoignage historique. Du coup je l'ai proposé à un éditeur, qui en effet a bien voulu le publier. Le livre paraît demain, nous fêterons ça à l'Espace l'Autre Livre, à Paris, 13 rue de l'Ecole Polytechnique, à partir de 19h. Ce serait compliqué pour toi d'être parmi nous mais je sais bien que tu le seras par la pensée. Comme tu as déjà pu le voir, le livre est un bel objet. Et comme dit Edmond dans l'une de ses cartes que mon éditeur cite en couverture, « ce sera un souvenir ». C'est une bonne chose car nous n'en avons pas beaucoup. Je te quitte mon cher papa, en empruntant à ton père sa formule habituelle, qui dit bien ce qu'elle veut dire.
Ton fils qui t'aime de tout son cœur,
Philippe



mardi 30 octobre 2018

Dans Annocque il y a le coq & l'âne.


Dans Annocque il y a le coq & l'âne. Car enfin qu'est-ce que cet auteur qui publie successivement un recueil d'aphorismes poétiques sur les plantes les champignons et les animaux, un roman érotique virtuel, et maintenant un recueil de cartes d'un prisonnier de la première guerre mondiale ? Du même auteur ? Vraiment ?
Évidemment non. Évidemment le même auteur n'est jamais même. Et pourtant si. Et pourtant c'est le même.
Car Notes sur les noms de la nature n'est pas un recueil d'aphorismes poétiques sur les plantes, les champignons et les animaux. Bien sûr il a fallu pas mal de botanique, de mycologie et de zoologie pour l'écrire (parce qu'on écrit avec ce qu'on connaît et que tous les sujets sont bons) et pourtant c'est avant tout un livre sur les mots. Sur les noms, plus précisément. D'ailleurs c'est écrit dans le titre. Quant à Seule la nuit tombe dans ses bras, ce n'est pas, ou en tout cas pas seulement, un roman érotique virtuel, ni seulement un roman d'amour virtuel, ni seulement une évocation sociétale des nouveaux modes de relation à l'ère numérique ou quelque chose comme ça, mais une invitation à s'interroger sur ce que peuvent, ou ne peuvent pas, les mots – mais cette fois-ci, entre les gens.
Et donc le 8 novembre paraîtra aux éditions Lunatique Mon jeune grand-père. Bien sûr, il s'agit des cartes que mon grand-père, tout jeune, écrivait à ses parents pendant sa captivité en Allemagne du printemps 1916 jusqu'à la fin de la guerre, et que j'ai recopiées en donnant à lire en même temps ma propre lecture immédiate. Rien de plus éloigné a priori des deux livres précédents. Et pourtant, en relisant Mon jeune grand-père, j'ai eu la surprise de trouver sous ma plume la même référence à Austin (« how to do things with words ») qu'au début de Seule la nuit tombe dans ses bras – non, je m'en souvenais pas. C'est que Mon jeune grand-père est aussi, à sa manière toute différente, un livre sur les mots. Quand les mots sont tout ce qui reste pour dire « je pense à vous », « je vous embrasse », « je suis vivant ». Pour le dire, sans pouvoir le faire, parce que la vie n'est plus visible, la vie est enfermée. Oui la vie a été sauvée par la captivité, très certainement ; mais la vie a été ôtée par la captivité, très probablement. Mais ça je vous le laisse lire.



lundi 29 octobre 2018

Nouvelles très brèves (22)


Le docteur Emilien Charpot aurait sûrement trouvé le remède à cette maladie, si Colette Levasseur n'avait pas raté le train qu'avait pris par erreur Amédée Charpot, lequel ne l'ayant pas rencontrée ce jour-là n'a pas pu l'épouser dix-huit mois plus tard ni lui faire les six enfants dont le benjamin, le jeune Emilien, se serait sans aucun doute très tôt fait remarquer par son goût pour la médecine. A quoi ma mort aura-t-elle tenu !



jeudi 25 octobre 2018

Martin, le héros et les autres.


Le héros et les autres, c'est l'histoire de Martin, qui ne sait pas comment faire avec les autres, dans toute leur quotidienne opacité, toute leur virilité ordinaire, et qui ne sait pas qui est le héros de sa propre histoire. Le héros prend la forme d'un jeune homme anonyme au cri muet, sur le point de mourir depuis un siècle, sans avoir rien demandé à personne, mais proclamé héros au milieu du square urbain d'une ville qui n'en est pas une, un peu absurde lui aussi ce square urbain à la campagne ; c'est peut-être pour ça que Martin aime ce lieu. Car Martin aime les lieux. Sa principale activité est de les parcourir, de les découvrir, de les faire découvrir. Depuis Passerage des décombres, du même Antonin Crenn, on avait compris que les lieux sont les lieux de la découverte de soi, ou quelque chose comme ça. Le héros et les autres est un bref et beau roman qui poursuit ce chemin. Il vient tout juste de paraître aux éditions Lunatique.



mercredi 24 octobre 2018

Nouvelles très brèves (21)


Sa dernière sensation au moment de mourir fut une vague impression de déjà vu, dont il eut à peine le temps de s'étonner.



lundi 22 octobre 2018

de toutes pièces


Il y a déjà dix ans, j'avais beaucoup aimé Contact, de Cécile Portier, publié dans la trop éphémère collection « Déplacements » des éditions du Seuil. De toutes pièces, récemment paru chez Quidam et que je viens de terminer, me fait encore plus forte impression. Le roman se présente sous la forme d'un journal, celui d'un narrateur anonyme, nommé « curateur » et chargé, sans savoir par qui, de constituer de toutes pièces un cabinet de curiosités. Les moyens financiers sont sans limites, le délai en revanche est bref. « J'aurais dû, bien sûr, refuser. Répondre aux lois du genre et aller vite, c'est antinomique. »
Si la première et immédiate jubilation du lecteur réside dans la constitution du cabinet de curiosités lui-même – vous le faire visiter déflorerait trop le livre et le plaisir est aussi dans la description même desdites curiosités, jubilation contagieuse car elle est aussi celle du narrateur-curateur ; c'est bien au-delà encore que ce récit nous entraîne. Car c'est l'histoire d'un homme qui cède à la tentation d'une illusion. L'anonymat des commanditaires, financièrement tout-puissants et toujours invisibles ; le non-dit qui entoure les motivations de la constitution de ce cabinet de curiosités ; la solitude du curateur dans son hangar perdu au milieu d'une France déshabitée qu'on appellerait volontiers nulle part ; tout cela vient implicitement interroger le lecteur sur le caractère illusoire et artificiel de ce qui prétend donner du sens à notre vie.



jeudi 18 octobre 2018

Répertoire des métiers imaginaires


Dompteur de voix sauvages, Métasophe, Ecorcheur de nuages, Ramasseuse de ricochets, Inquiéteur, Dédeuilleuse, Ramasseur de bonnets, Phonographiste mortuaire, Fromager-parfumeur, Haleiniste, Glossomancienne, Douanier du néant, Chef des baisers, Abyssologue, Remueur de boue...
A l'heure où votre emploi vous attend de l'autre côté de la rue, il est temps d'ouvrir ce Répertoire des métiers imaginaires (je ne les ai pas tous cités, il s'en faut de beaucoup, avec grâce répertoriés par Rémy Leboissetier et ses collaborateurs, parmi lesquels citons Henri Michaux, Fernand Combet, André Hardellet, Alphonse Allais, Tony Duvert, Pierre Dac, Primo Levi, Mark Twain, Marcel Aymé, Erik Satie, Julio Cortazar, Edgar Poe, Georges Perec ou Fred.
C'est aux éditions du Sandre et disponible dans toutes les bonnes librairies, sans parler de Pôle Emploi.



vendredi 12 octobre 2018

Donc les prochaines apparitions :


Donc les prochaines apparitions :
Mercredi 17 octobre à 19h30, la librairie Charybde (129 rue de Charenton à Paris) vous invite à une rencontre avec l'auteur de Seule la nuit tombe dans ses bras, je ferai mine d'être celui-là tandis que Christophe Brault en personne lira des extraits du roman,
Dimanche 28 octobre, je serai toute la journée au Salon de Rambouillet, à la salle Patenôtre (64 rue Gambetta), avec Seule la nuit et quelques autres titres,
Jeudi 8 novembre à partir de 19h, nous fêterons la parution de Mon jeune grand-père aux éditions Lunatique, ce sera à l'Espace l'Autre Livre, 13 rue de l'Ecole Polytechnique à Paris,
Samedi 17 novembre je serai l'après-midi au Salon de l'Autre Livre, 48 rue Vieille du Temple à Paris, toujours pour Mon jeune grand-père,
Dimanche 18 novembre je serai toute la journée au Salon des Essarts-le-Roi, rue du 11 novembre et ça tombe bien puisque ce sera le centenaire de la libération de Mon jeune grand-père et de quelques millions d'autres personnes ; il y aura aussi bien sûr Seule la nuit tombe dans ses bras et même quelques autres titres,
Vendredi 23 novembre à 19h, la librairie La Chouette à Lille (72 rue de l'Hôpital militaire) nous invite à un duo d'amour, Pauline Delabroy-Allard (Ça raconte Sarah, éd. de Minuit) et moi (moi l'auteur de Seule la nuit tombe dans ses bras – car Herbert, pour sa part, a écrit Même la nuit tombe dans ses bras, mais il viendra sûrement quand même lui aussi),
Vendredi 30 novembre au soir c'est à la librairie Tulitu à Bruxelles (rue de Flandres 55) qu'on pourra m'écouter parler de Seule la nuit tombe dans ses bras.



lundi 8 octobre 2018

Invasion (3)


En fait il est là le péché originel : être né individu appartenant à une espèce invasive et en avoir conscience.

Invasion (1) (2)

samedi 6 octobre 2018

mercredi 3 octobre 2018

une petite librairie


Je ne comprends pas comment j'ai pu oublier cette petite librairie. J'y allais pourtant assez souvent, à une époque, il n'y a pas si longtemps, une dizaine d'années peut-être, peut-être un peu plus. Je revois bien la rue, elle montait légèrement, la librairie était sur la droite. Et un peu loin sur le trottoir de gauche ils avaient un autre local, tout petit. Je me rappelle une jeune femme, très dynamique, qui tenait la librairie. Il y avait d'autres personnes aussi. C'était un lieu plein d'originalité ; je ne saurais plus dire pourquoi mais oui : c'était un lieu plein d'originalité. J'avais du plaisir à y aller. Il me semble que nous avions des relations presque amicales, les libraires et moi ; j'y allais presque en visite. Ce n'était pas très loin de chez moi. Ce n'était pas à côté mais ce n'était pas très loin : c'était à Montfort-l'Amaury. Je ne comprends pas comment j'ai pu les oublier. J'en ai un peu honte. C'était à Montfort-l'Amaury sauf qu'à Montfort-l'Amaury il n'y a pas cette rue qui monte. Il y a des rues qui montent à Montfort-l'Amaury mais pas celle-là. Ce doit être pour ça que je n'arrive plus à mettre de visage ni de nom sur la silhouette de cette jeune libraire amie. C'est parce qu'ici, dans ce monde-ci, cette librairie-là, il faut bien que je l'admette, cette librairie-là n'a jamais existé. Mais elle a existé ailleurs, puisque je m'en souviens. Elle existe peut-être encore, ailleurs. La prochaine fois que j'irai ailleurs, j'essaierai d'y retourner.

samedi 29 septembre 2018

Invasion (2)


On a beaucoup écrit sur les différences entre sapiens et Neandertal. Mais je n'ai jamais lu – sans doute n'ai-je pas tout lu, qu'une – voire la principale – différence entre les deux espèces réside dans le caractère invasif de l'une d'elle, à l'inverse de l'autre. Pourtant quand on parle des frelons européens et asiatiques, c'est la première distinction que l'on fait.
Ce billet est un addenda à celui-ci.



jeudi 27 septembre 2018

un peu d'auto-satisfaction


Je me suis offert un peu d'auto-satisfaction. En cette rentrée est paru aux éditions de la Baconnière Feuilleton, d'Eric Chevillard, qui rassemble 153 de ses 270 chroniques littéraires, que le Monde des Livres a publiées de 2011 à 2017. Les plus croustillantes sont sans doute les plus à charge, c'est l'occasion de les relire. Les autres sont l'occasion – trop rare dans la presse littéraire – de faire de belles découvertes, car notre auteur est convaincu, à l'encontre de l'opinion trop courante pour qu'on lui prête foi sans vérifier par soi-même, « qu'il y a autant d'excellents écrivains aujourd'hui qu'aux époques les plus glorieuses de notre littérature ». Je ne vais pas dire le contraire, puisque sa chronique sur Pas Liev fait partie des 153 sélectionnées. Je vous l'ai photographiée si vous avez envie de vous casser les yeux à la relire (c'est aussi faisable ici). J'ai aussi fait un gros plan sur la date de parution dans le Monde, vous comprendrez pourquoi.







mercredi 26 septembre 2018

Invasion


Celle de la perruche à collier (je crois que c'est elle) dans les grandes villes européennes notamment m'intéresse. Je l'ai repérée à Londres, à Bruxelles, à Barcelone évidemment (elle est y est déjà légion), à Paris, à Cannes, à Rome.
La définition d’une espèce exotique envahissante donnée par le Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer est la suivante :
« Une espèce exotique envahissante est une espèce (animale ou végétale) exotique (allochtone, non indigène) dont l’introduction par l’homme (volontaire ou fortuite) sur un territoire menace les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes avec des conséquences écologiques, économiques et sanitaires négatives. Le danger de ce type d’espèce est qu’elle accapare une part trop importante des ressources dont les espèces indigènes ont besoin pour survivre, ou qu’elle se nourrisse directement des espèces indigènes. Les espèces exotiques envahissantes sont aujourd’hui considérées comme l’une des plus grande menace pour la biodiversité. »
La France s’est d’ailleurs engagée, à l’occasion du Grenelle de l’Environnement, à lutter contre ces espèces.

Exemples de taxons invasifs (je recopie Wikipédia) :

« Wasmannia auropunctata, la petite fourmi folle qui a envahi la Nouvelle-Calédonie et Tahiti ;
Le champignon Phytophthora infestans sur la culture de pomme de terre en Irlande provoquant la Grande Famine en 1845 ;
Le phylloxéra Viteus vitifoliae sur les vignes européennes à la fin du xixe siècle ;
La méduse Mnemiopsis leidyi en mer Noire ayant considérablement affaibli les ressources halieutiques ;
La moule zébrée qui peut boucher des canalisations, gêner la navigation et diminuer la biodiversité ;
L'étoile de mer dévoreuse de corail (Acanthaster planci) est sujette à des « explosions de populations » qui ruinent les écosystèmes coralliens, parmi les plus riches et les plus fragiles au monde ;
La guêpe commune Vespula vulgaris en Australie, en Nouvelle-Zélande et à Hawai ;
Le frelon asiatique Vespa velutina en France notamment, prédateur d'abeilles et d'autres insectes pollinisateurs ;
L'introduction du Rat noir Rattus rattus et du Rat gris Rattus norvegicus en Europe au Moyen Âge ;
La jacinthe d'eau, diminuant la vie aquatique, faute de lumière, dans les rivières ou les lacs. »

Je constate avec une satisfaction intellectuelle non dénuée d'une certaine affliction que l'on n'y a pas oublié le plus fameux d'entre eux :
« Homo sapiens peut être considéré comme une espèce envahissante du fait d'une démographie incontrôlée, d'impacts significatifs et néfastes sur l'environnement global (flore, faune, climats…) »

Je me souviens que j'ai eu ma plus mauvaise note au bac à l'épreuve écrite de français. Je l'ai attribuée, à l'époque, à une comparaison que je faisais entre l'homme et le lemming, lequel, lorsque sa démographie explose, se lance dans une longue migration qui décime la plus grande part de sa population, ce qui à mes yeux était un peu l'équivalent de la guerre pour l'homme, considérant la guerre comme un comportement naturel dont le rôle est de maintenir la population humaine dans des limites raisonnables. Je me rends compte aujourd'hui que ma mauvaise note était méritée. Évidemment la guerre est un comportement naturel, comme toutes les activités de l'homme qui fait partie de la nature, mais il est clair qu'elle ne sert pas à limiter la démographie puisque, depuis ma mauvaise note au bac français, la population humaine, déjà considérable, a doublé.

lundi 24 septembre 2018

créer un vide

« Un auteur admiré écrivant sur un écrivain qu'il aime crée un vide. Ne pas lire le second, c'est ne pas comprendre tout à fait le premier. L'adolescent sentait bien que les livres appellent les livres dans une fuite en avant sans fin. Autour de lui, personne ne semblait deviner que le lecteur reste toujours en arrière, de plus en plus dépendant, avec une conscience de plus en plus aiguë de ses propres lacunes, et seul au milieu de ces absents illustres. »
Marcel Cohen lui ne nomme pas d'écrivains, du moins pas en tant qu'objets d'admiration, et moi je lui sais gré de ne pas créer trop de vide, trop de vides autour de moi – manière aussi de dire la mienne (admiration). J'achève seulement maintenant la lecture de Détails paru pourtant l'an dernier, mais où est donc passé le temps. Je ne cacherai pas que l'ambition de ce billet est clairement de créer un vide, pour ceux qui n'auraient pas encore lu Marcel Cohen. Son audace immense est quasi invisible. Il écrit sans tout le fatras qui d'ordinaire fait la littérature – même la bonne (de la construction du récit à la métaphore, en passant par tout ce qu'on l'on met trop facilement sous l'adjectif littéraire). Et à chaque instant de ma lecture, je me dis qu'il touche à l'essentiel.
La quatrième de couverture de la collection blanche de Gallimard où sont parus ses Détails le présentent comme l'auteur de « textes brefs, (...) d'une trilogie (...) » etc., suivent les titres concernés (d'ailleurs évoqués ici, cliquez donc). Une présentation somme toute factuelle, comme ses textes revendiquent de l'être. Une présentation qui ne dit pas que Marcel Cohen est peut-être l'écrivain d'aujourd'hui le plus important publié dans ladite collection. Il ne faudrait pas que ça se sache.


dimanche 23 septembre 2018

mardi 18 septembre 2018

La nuit tombe tous les soirs


Alors forcément comme c'est la saison il y a toujours un peu de nouveau à propos de Seule la nuit tombe dans ses bras : pour Laurent Gourlay c'est « le récit ironique et émouvant d’une liaison en équilibre instable entre réalité et fantasme. L’auteur y parle avec talent de l’illusion, des sentiments, de l’absence, de la littérature, du rêve, du quotidien, de sexe aussi, et de tant d’autres choses. Faux roman érotique mais réel plaisir de lecture, un livre à acheter dans la vraie vie » ; un roman « ultra-réaliste » (c'était bien l'une de mes ambitions) dont Anna Valenn cite deux et même trois passages bien différents (avec précisément les changements de registre jusque dans l'écriture par souci de réalisme) ; et une magnifique chronique à écouter de Nikola Delescluse qui a déjà lu tant de mes livres que rien ne lui échappe.

lundi 10 septembre 2018

L'auteur passe aux aveux.


Des questions de lecteurs me parviennent, à propos d'un précédent roman dont je tairai le titre par égard pour les personnes qui ne l'ont pas encore lu – que ceux qui savent veuillent bien garder le silence –, à savoir si le personnage principal se livre réellement ou seulement dans son imagination à cette pratique consistant à fracasser des crânes de jeunes enfants à coups de brique. Bien évidemment je ne répondrai pas à cette question, la littérature garde ses secrets, mais je ne cacherai pas plus longtemps que, dans un souci de réalisme, je n'ai pas hésité à en faire personnellement l'expérience : la description avait tout à y gagner.

(Ce petit billet, à l'instar de mes romans, ne dit pas ce qu'il raconte.)

samedi 8 septembre 2018

Nouvelles très brèves (18)


Robert Dandier passa quatre ans et dix mois sur ce roman dont j'ai oublié le titre et dont Jean-Pierre Bitonnot parcourut en trois minutes et neuf secondes les onze premières pages pour écrire dans un grand quotidien national un article de quatre-cent-trente-et-un caractères que lurent vingt-cinq abonnés, dix-sept acheteurs et un SDF.



vendredi 7 septembre 2018

des échos dans la nuit


J'aime qu'un texte dise plusieurs choses en même temps. Même des choses en apparence contradictoires. Ou incompatibles. Réalisme romantique. Pornographie pudique. Histoire d'amour sans amour avec amour puisque l'amour est une histoire. Et même – car il y a de la perversion chez l'auteur –, prendre plaisir à mal écrire exprès, au moins certains passages, pour que ce soit plus vrai.
« Il y aura donc – en mots, certes, mais quand même – des fellations, des cunnilingus, des pénétrations. Ce qui ne fait pas du roman de Philippe Annocque un livre érotique, loin de là. (…). On pourrait dire que ce roman plus romantique qu'érotique, cette histoire d'un amour qui n'est pas vraiment réalisé mais fait mal quand même, est aussi une réflexion sur la littérature, sur sa capacité à multiplier les mondes » écrit Guillaume Contré dans le Matricule des Anges, numéro de septembre (j'en ai collé une mauvaise photo ici, cliquez donc), et je ne sais pas si j'ai réussi mais c'était exactement mon ambition, convaincu que la fiction vit sa vie dans la nôtre, quoi qu'on y fasse. Car sans cette conviction jamais je n'aurais écrit sur un tel sujet (les rencontres érotiques et /ou amoureuses virtuelles, pour ceux qui n'auraient pas tout suivi).
« Philippe Annocque explore ce sujet casse-gueule avec beaucoup de subtilité, et transforme cette liaison pornographique à distance en une sorte de réflexion grandeur nature sur le pouvoir performatif du langage et la puissance de l'imagination. Un roman bref, un peu cru, addictif, d'une éclatante intelligence », écrit Bernard Quiriny dans Trois Couleurs, la revue du MK2 ; n'en jetez plus, mais si, encore un peu : « Seule la nuit tombe dans ses bras est un livre étrange et inquiétant. C’est évidemment voulu. Philippe Annocque, pour y parvenir, met en place un dispositif particulièrement malin. On le sent rusé, prompt à manier l’ironie, à parodier le roman d’amour, à percer l’identité bancale de cet homme et de cette femme apparemment heureux mais qui n’en restent pas moins accrochés, dans la grande nuit numérique, à cet écran bleuté dont ils ne peuvent plus se séparer et qui s’agite frénétiquement en se zébrant de mots bien réels », cette fois c'est Jacques Josse sur Remue.net, cliquez pour tout lire. Inquiéter, émouvoir, faire rire et faire pleurer, émoustiller les sens et donner à réfléchir ; c'était ma petite ambition. Je suis content.



lundi 3 septembre 2018

Seule la nuit par les hublots


Dix ans de Hublots hier, à ce qu'il paraît. Ça ne nous rajeunit pas, et pas sûr que la visibilité se soit tellement améliorée, pour autrui comme pour soi-même – cet autrui qui est un autre soi-même.
J'ai ouvert un hublot sur Seule la nuit tombe dans ses bras, quand un livre est écrit il faut le vendre, c'est étrange mais c'est comme ça – et c'est ici.
Il faudra que j'y rajoute les recommandations horoscopiques de Nathalie Peyrebonne déguisée en Madame Soleil, il y en a pour tous les signes ou presque, c'est tout frais d'aujourd'hui ; cliquez donc et n'oubliez pas les Poissons.
Mais même si vous êtes Vierge ou Balance, Capricorne ou Gémeaux, venez donc ce mercredi à partir de 19 heures à la librairie Le Monte-en-l'air, 71 rue de Ménilmontant à Paris, on n'attendra pas la tombée de la nuit pour en parler.





dimanche 2 septembre 2018

Albin 2, 2 Albin


Donc Albin à l'école. On l'y traitera d'imposteur pour la raison que le nuage à la moindre occasion pisse et que, semblable aux autres marches, celle où on a manqué s'étaler se répète et se fond dans l'interminable escalier, l'eau n'est plus la même dans le fleuve, le vin dans le verre, Albin soi-même perdu dans l'émoi du monde avec les sensations, le regard, les mots des poètes, Albin soi-même n'est pas soi-même n'est pas Albin.

Originalité, répète le maître et tous les mots qu'on lui a appris et qu'il n'a pas su oublier, mensonge, usurpation, tromperie et fausses apparences, imposture, et veut moralité et deux et deux font quatre.

L'imposte en architecture est la tablette saillante posée sur le pied-droit d'une porte, ou sur un pilier de nef ; en menuiserie c'est la partie supérieure d'une baie de porte ou de fenêtre.

Le mot vient du latin imponere, « placer sur ».

Pour qu'il y ait précipitation, poursuit le maître, il faut à la vapeur d'eau des poussières ou des grains de sel sur lesquels elle se déposera.

Sur quoi se placerait-elle, son imposture, sur qui, qui pourrait-il faire passer pour un autre qui lui-même n'était rien.

Dans les mots des autres, la voix d'Albin, partout où Albin n'est pas, tiens il pleut, dit-il en quittant l'école, la poussière dans l’œil donne à ses larmes un goût de sel, Albin ruisselle et coule, un gai murmure.

Albin saison 2, éditions Louise Bottu, 2017.

Les blogueurs se souviennent qu'Albin était un blog et un un blogueur, et depuis qu'Albin est livre – la bonne surprise que ce me fut en 2013 de le voir édité aux belles éditions Louise Bottu – Albin se confond avec Albin, auteur et livre, et cette confusion aussi est belle, qui dit aussi ce que devrait être notre rapport à la littérature. Albin du coup n'est pas connu, et le citer comme je viens de le faire ci-dessus ne dit pas vraiment ce qu'il dit – mais comment, un peu ; et ce comment devrait suffire à donner envie.
(Avec une couverture signée Patrick Szymanek.)



samedi 1 septembre 2018

Nouvelles très brèves (17)


Ils se rencontrèrent, se marièrent et vécurent heureux, le temps d'avoir beaucoup de petits orphelins.




jeudi 30 août 2018

Peter Handke parle pour nous.


Vous vous attendiez à quelque chose.
Vous vous attendiez peut-être à quelque chose d'autre.
Vous vous attendiez sûrement à une belle histoire.
Vous ne vous attendiez quand même pas à une histoire !
Vous vous attendiez à une certaine ambiance.
Vous vous attendiez à découvrir un autre monde.
En tout cas, vous vous attendiez à quelque chose.
Qui sait ? vous vous êtes peut-être attendus à ceci.
Mais même en ce cas, vous vous attendiez à quelque chose.

Peter Handke, Outrage au public (éditions de l'Arche)

lundi 27 août 2018

délicieusement collant


En cette rentrée littéraire paraît le premier roman d'un jeune auteur dont le protagoniste et narrateur a vraiment le sens de l'amitié, lisez plutôt :




 Amateur compulsif des nougats qui donne au roman son titre, Paul Montès en possède les qualités – notamment celle de coller. Faites un peu connaissance avec son ami Olivier et vous serez en mesure d'apprécier ce talent à sa juste mesure. Qui n'est pas le seul car Paul Montès est en effet par ailleurs le génial initiateur de la pensée collectionniste – outre les nougats, il collectionne aussi les galets.
Ce roman délicieusement collant est signé Paul Béhergé, il s'intitule donc les Nougats et vient de paraître chez Buchet-Chastel.

jeudi 23 août 2018

la nuit d'avant la nuit


Il est zéro heure trente-huit quand je tape ces mots. Quand le matin se lèvera, la nuit pourra tomber dans vos bras. Seule la nuit, diront certains. Même la nuit, diront d'autres.


mardi 21 août 2018

peut-être que non, mais peut-être que si quand même


Tiens j'ai aussi lu C'est moi, le roman de Marion Guillot paru en début d'année aux éditions de Minuit. C'est l'histoire d'un vase qui déborde discrètement. On se demande s'il va vraiment déborder, on se dit que peut-être que non, mais peut-être que si quand même, non, quand même pas, si ? Oh !
Voilà. Mince j'en ai trop dit.



lundi 20 août 2018

– Peut-être ignorez-vous, Monsieur, que dans notre pays on cultive les statues.


« Pourtant d'autres contrées sont à venir. Il y aura des pays. »
« J'étais entré dans la province des jardins statuaires. »
«  – Peut-être ignorez-vous, Monsieur, que dans notre pays on cultive les statues. »

Je ne vais quand même pas écrire un billet sur les Jardins statuaires, de Jacques Abeille, que vous connaissez forcément. Comment ? Vous n'avez encore jamais lu Jacques Abeille ? Heureux êtes-vous, qui donc allez le découvrir.



dimanche 5 août 2018

en attendant que la nuit tombe

Ces Hublots entrent en pause encore une fois, l'auteur partant en voyage (à ce propos, les Jardins statuaires, de Jacques Abeille, en cours de lecture, quelle merveille !). Le retour se fera avec la parution de Seule la nuit tombe dans ses bras, dont on peut lire les premières lignes et quelques avis sur la page de l'éditeur, ainsi qu'un bel article à son propos sur le site Liminaire de Pierre Ménard, cliquez donc, et qu'on croise déjà dans le numéro de Marie-Claire du mois d'août (ci-dessous l'édito et le dernier paragraphe d'un dossier sur « ce que le numérique a changé à nos rapports amoureux »).







samedi 4 août 2018

vendredi 3 août 2018

Passerage des décombres


Passerage des décombres est un tout petit livre d'Antonin Crenn, il ne doit faire qu'une dizaine de pages tout au plus. Il tient en équilibre comme l'arche d'un pont disparu, comme une plante sauvage des ruines, comme le souvenir d'un amour emporté par le vent. Il est très beau.



jeudi 2 août 2018

Les doubles-fonds de John Herdman


J'ai beaucoup de mal avec les romans thétiques. J'appelle « thétiques » les romans qui vous disent que les choses se sont passées comme ça. Évidemment, quand j'en écris, le plus souvent j'évite que les miens le soient. Ce n'est donc sans doute pas un hasard si je retrouve ce caractère non-thétique dans nombre de romans publiés par Quidam – notamment dans certains qui ne ressemblent pas du tout, par ailleurs, à ce que je fais ; ni ne se ressemblent entre eux non plus ; de l'Ami Butler de Jérôme Lafargue à la Femme d'un homme qui de Nick Barlay ; de Albert Angelo de B.S. Johnson à A tous les airs de Stéphane Vanderhaeghe, en passant par le Cahier d'Alberto de Monique Rivet. C'est aussi le cas de la Confession, de John Herdman, dont je termine la lecture à l'instant. On a l'impression d'y flirter avec le fantastique ; en effet le paysage y est écossais (comme l'auteur) et il y est question de magie, plutôt noire que blanche. Le récit y est l’œuvre d'un nègre ou plutôt d'un écrivain fantôme comme on dit dans cette langue-là, un ghostwriter payé pour écrire l'autobiographie d'un autre – mais cet autre est-il un autre ? ou bien cette autobiographie est-elle une autobiographie ? Les questions se posent, et se composent d'autres questions à l'intérieur d'elles-mêmes. Mais oui, sans aucun doute, tous les arguments sont là pour confirmer cela, mais aussi pour soutenir ceci, pourtant incompossible avec cela. L'indécision aussi bien sûr est la marque du fantastique nous rappelle Todorov (et Jean Berton dans sa postface), sauf qu'ici tout est vraisemblable, le possiblement monstrueux n'est pas surnaturel : on peut tout y croire.




lundi 9 juillet 2018

un autre livre


Denis Diderot, Gustave Flaubert, Henrik Ibsen, Italo Calvino, Pierre Jourde, Céline Minard, d'autres auxquels je ne pense pas, d'autres aussi que je ne connais pas, forcément, ont en commun de ne pas se ressembler. Ni entre eux, ni eux avec eux-mêmes. Une nécessité pousse à chaque fois, ou en tout cas le plus souvent, vers autre chose, une autre forme où être soi-même encore, mais différemment. Ce n'est pas à mes yeux un critère de qualité, mais ça dessine une sorte de vague famille où je me reconnais.
A la rentrée va paraître Seule la nuit tombe dans ses bras. Qu'il soit chez Quidam ne doit pas vous tromper : Quidam est l'éditeur pour lequel la différence formelle qui traverse mon travail fait sens (et je lui en sais gré, j'en ai connu avant lui aux yeux desquels publier des livres aussi disparates en apparence semblait vaguement monstrueux).
Donc à la rentrée prochaine paraîtra Seule la nuit tombe dans ses bras. Les lecteurs de Pas Liev vont être surpris. Mais aussi ceux de Monsieur Le Comte au pied de la lettre, ceux de Vie des hauts plateaux, ceux de Notes sur les noms de la nature, ceux de Mémoires des failles. Sans parler de ceux de Chroniques imaginaires de la mort vive. Mais peut-être que ceux qui les ont tous lus déjà, et les trois ou quatre non cités parce que ça va bien comme ça, peut-être que ces lecteurs-là se diront que finalement si, il fallait s'y attendre, un jour ou l'autre, à ce que je sorte un truc comme ça. Ce jour approche : ce sera le 23 août.
Il y sera question d'identité, du rapport à la réalité, de la relation des mots aux choses. Mais ça on ne le verra qu'après. Ce n'est pas du tout comme ça qu'on résumera le livre.



dimanche 8 juillet 2018

Nouvelles très brèves (15)


Le 8 juillet la famille Plotin partit en vacances à la Baule où ils prirent douze bains de mer avant de rentrer le 29 juillet à Viry-Chatillon.



vendredi 6 juillet 2018

six pieds devant




Cette joyeuseté-là sort d'une Vie et opinions parue aux éditions Le Quartanier et signée d'un certain Gottfried Gröll dont Christophe Manon a décidé d'assumer l'identité depuis que le texte est joyeusement reparu en 2017 au Dernier Télégramme.


mercredi 4 juillet 2018

Nouvelles très brèves (14)


Hier je me suis sauvé de l'école maternelle. Demain je n'irai pas à mon rendez-vous avec mon conseiller Pôle-Emploi.


mardi 3 juillet 2018

Aux moindres creux de la terre l'eau fait des vasques


Aux moindres creux de la terre l'eau fait des vasques
elle trouve sa vaisselle aux ornières des chemins
d'une feuille morte elle fait sa coupe d'argent
dans un pneu elle a sa table mise
les flaques sont son frac, sa livrée d'apparat
et si l'eau est partout son habit propre
qu'en chaque mare elle a son palais
c'est que se recueillir lui est un luxe et un bien nécessaire

Laurent Albarracin, À, éditions le Réalgar, 2017.
C'est dans la collection l'Orpiment, et illustré par Jean-Pierre Paraggio.


lundi 2 juillet 2018

Nouvelles très brèves (13)


A celle-ci au moins il voulait une fin heureuse. Alors il l'écrivit : « fin heureuse ».



dimanche 1 juillet 2018

la langue ficourche


Pierre Repp Bégayer, exister, écrire, est un essai sur Pierre Repp en Lacan du terrain, tout en étant le récit de l'écriture d'un essai sur Pierre Repp, tout en étant un livre sur Le Golvan lui-même, Le Golvan écrivant sur Pierre Repp et Le Golvan écrivant sur Le Golvan qui peut-être, on ne sait jamais avec la langue, est Pierre Repp aussi ; sans pour tout cela cesser d'être un essai sur Pierre Repp, tout simplement et très agréablement un essai sur Pierre Repp. Vous me suivez ? Je n'ai pourtant la langue ficourche. La langue n'a pas besoin de moi pour être ficourche. Elle l'est par nature. Personnellement j'en suis persuadé, et ravi de voir Pierre Repp en révélateur. Essayez donc de dire quelque chose. Allez ! Vous voyez ? Vous avez dit autre chose.
Pierre Repp Bégayer, exister, écrire, est préfacé par Dany-Robert Dufour et publié aux éditions Sipayat.


vendredi 29 juin 2018

Venez donc, je serai quatre !

Ce n'est pas à proprement parler un événement mais ça en sera un si vous venez demain samedi (à peu près toute la journée avec une pause pour déjeuner quand même) au Cultura de Rambouillet (ZA du Bel Air) où je serai avec Pas Liev, Elise et Lise et mes Notes sur les noms de la nature.
Aucun texte alternatif disponible.

jeudi 28 juin 2018

Nouvelles très brèves (12)


La naissance, cette injonction du monde extérieur à respirer ! À vivre ! Il fit tout pour occulter cet affreux moment, tant et si bien qu'il y parvint.