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lundi 22 octobre 2018

de toutes pièces


Il y a déjà dix ans, j'avais beaucoup aimé Contact, de Cécile Portier, publié dans la trop éphémère collection « Déplacements » des éditions du Seuil. De toutes pièces, récemment paru chez Quidam et que je viens de terminer, me fait encore plus forte impression. Le roman se présente sous la forme d'un journal, celui d'un narrateur anonyme, nommé « curateur » et chargé, sans savoir par qui, de constituer de toutes pièces un cabinet de curiosités. Les moyens financiers sont sans limites, le délai en revanche est bref. « J'aurais dû, bien sûr, refuser. Répondre aux lois du genre et aller vite, c'est antinomique. »
Si la première et immédiate jubilation du lecteur réside dans la constitution du cabinet de curiosités lui-même – vous le faire visiter déflorerait trop le livre et le plaisir est aussi dans la description même desdites curiosités, jubilation contagieuse car elle est aussi celle du narrateur-curateur ; c'est bien au-delà encore que ce récit nous entraîne. Car c'est l'histoire d'un homme qui cède à la tentation d'une illusion. L'anonymat des commanditaires, financièrement tout-puissants et toujours invisibles ; le non-dit qui entoure les motivations de la constitution de ce cabinet de curiosités ; la solitude du curateur dans son hangar perdu au milieu d'une France déshabitée qu'on appellerait volontiers nulle part ; tout cela vient implicitement interroger le lecteur sur le caractère illusoire et artificiel de ce qui prétend donner du sens à notre vie.



mercredi 27 février 2013

Contact, de Cécile Portier


Assis invisible à la place du mort
 
« Contact », c’est la clé qui tourne, le moteur qui démarre, la voiture qui se met en mouvement. Qu’on coupe à la fin, à l’autre bout du voyage, à l’autre bout du livre, à la dernière page. Entre les deux, 669 kilomètres de conscience. Va-et-vient de la conscience. De la route, de la conduite, du paysage ; à la vie, aux derniers événements qui ont précédé le voyage – une dispute, pire, une absence de dispute – et à l’avenir, les choix qu’elle (la vie, la route) prétend imposer ; entre un homme, le mari, et un homme, l’amant, au bout du voyage, à quelques dizaines de kilomètres seulement l’un de l’autre. Entre les deux, juste avant d’arriver, il faudra choisir, dit la route, choisir où arriver. Retrouver le mari, les enfants, partis en vacances à l’avance ; ou l’amant, dans la chambre 505. Une destination, ou l’autre. Il y aura un carrefour, comme un dièse, petit signe qui dans ce livre-route signale la pensée d’une possibilité, puis de l’autre. Dièse-alternative : le mari, l’amant. Si indistincts que dans ce roman ou rien n’est nommé, les deux sont appelés « l’autre ». Que vaudra le choix imposé par la route, au bout du voyage ? Au lecteur, assis invisible à la place du mort, sinon un beau voyage, du moins une belle lecture.
 
Avril 2008.
 
Initialement paru dans la collection Déplacements des éditions du Seuil, Contact est disponible chez Publie.net.
 

 

 

Commentaires

Je crois avoir compris pourquoi on peut désirer (vous savez le mot). C’est peut-être pour donner corps à sa vie, ou vie à son corps, pour réunir tous les mouvements, les contraires, les forces, ce serait comme être capable d’embrancher la ligne, de faire quelque chose d’autre qu’une seule possibilité inaccomplie, même une toute petite chose, mais le faire, c’est toute la vie. A un de ces jours.
Commentaire n°1 posté par Anastasia le 27/02/2013 à 19h25
Le faire.
Réponse de PhA le 01/03/2013 à 14h55
Le scénario du film " Sur la route de Madison" ? 
Commentaire n°2 posté par Thyone le 27/02/2013 à 22h17
C'est vrai que ma route est américaine - mais pas celle(s) du roman.
Réponse de PhA le 01/03/2013 à 14h56
Merci... Très touchée par ce texte, et le commentaire sur le désir
Commentaire n°3 posté par Cécile Portier le 27/02/2013 à 23h53
Beau souvenir, ce Contact.
Réponse de PhA le 01/03/2013 à 14h57
La route impose des pointillés et l'inconnu au-delà du virage ou de la montée.... Le livre attire en tout cas.
Commentaire n°4 posté par Michèle le 28/02/2013 à 09h24
A suivre.
Réponse de PhA le 01/03/2013 à 15h00
Sur la route aussi, il arrive que "la visibilité soit mauvaise". Les kilomètres, l'enfermement dans l'automobile, rien de mieux (ou parfois de pire) pour l'introspection,  les "va et vient de la conscience".
Ce que vous en dites et les extraits donnent envie d'aller jusqu'au bout du voyage avec l'auteur.
Commentaire n°5 posté par Ambre le 28/02/2013 à 18h07
Oui, c'est un mouvement intérieur.
Réponse de PhA le 01/03/2013 à 15h02
Oui, l’intérieur tourne à vide, à blanc, et à mortier.
La ligne est ailleurs, la trouver, ou la créer.
 
Commentaire n°6 posté par Anastasia le 28/02/2013 à 20h06
Bonsoir Philippe Annocque,
C'est une bonne chose que de poursuivre l'existence de contact de Cécile Portier sur publie.net et c'est même naturel puisque c'est François Bon qui dirigeait la collection Déplacements. J'avais à l'époque (2007-2008) acheté et lu presque tous les titres de cette collection (abadon de michèle dujardin, manière d'entrer dans un cercle & d'en sortir de pascale petit -votre amie et celle de Dominique-, la loi des rendements décroissants de jérôme mauche, "où que je sois encore... d'arnaud maïsetti, balayer, fermer, partir de lise beninca, enfin on fera silence de béatrice rilos et cambouis d'antoine emaz -me manquent 3 ou 4 titres que j'achèterai sur publie.net s'ils sont réédités là).
J'avais eu un échange avec Cécile à l'époque. Et j'aime bien quand dans la postface que leur demandait François Bon, Cécile écrit, p. 150  (Les rencontres - ces affrontements - peuvent se rompre une fois les monnaies échangées, pour permettre à chacun de reprendre sa route sans dommage, sa destination. A cet instant : savoir s'effacer un peu devant le passage de l'autre, ou bien c'est le meurtre.)
Me reste à acheter et lire vos livres Philippe. Je lirai Monsieur le Comte au pied de la lettre et Liquide ensemble ; Monsieur le Comte le matin et Liquide le soir. Puis je remonterai la source. Me plaît beaucoup cette idée de personnage zéro, le je occulté, la personne d'avant la première personne. Je sais que lorsque j'aurai vos livres, j'oublierai ces théories, y reviendrai par contre dans une deuxième lecture. J'avais parlé de tout cela avec Dominique Chaussois.
J'ai un livre d'Olivier Roller, FACE[S], publié chez Argol en 2007. J'étais persuadée que vous étiez dans ce livre -dans lequel les écrivains photographiés réagissent à leur portrait -. Eh non !
Commentaire n°7 posté par Michèle P le 28/02/2013 à 20h24
Merci Michèle.
Réponse de PhA le 01/03/2013 à 15h06
Alors, il y aura un chemin et l’autre du voyage, la vie, elle, juste avant et encore, dit la route, du souffle de créer. 
Commentaire n°8 posté par Anastasia le 28/02/2013 à 20h45
Voilà.
Réponse de PhA le 01/03/2013 à 15h07

vendredi 5 mars 2010

Sous le manteau (Inaltérable ciel, logis de nos idées)

Si vous ne me voyez pas derrière mes hublots, c’est qu’à l’occasion des vases communicants j’ai pris racine chez Cécile Portier. Mon premier Contact avec son travail, c’était bien avant mes Hublots et sa Petite Racine, quand paraissait son premier livre, dans la collection Déplacements des éditions du Seuil. Beau souvenir.
 
J’ai un très beau manteau noir. En peau, long, même très long, lourd sur les épaules, et le col, fausse fourrure, qui se rabat sur le cou quand la bise souffle, en un embrassement qui ne trompe pas : ce manteau est amoureux. Je me sais une démarche souveraine dans ce très long lourd manteau noir, je me sais mystérieuse en hiver, entourée de peaux impeccablement noires et opaques et douces. Je me vois, les autres surtout doivent voir cette silhouette, frêle et majestueuse pourtant, furtive et lente pourtant, amarrée seulement à mon propre rythme.
Protectrice du froid lui-même.
J’ai un très beau manteau noir. Il est vrai cependant qu’il est un peu lustré au bord des manches. Et qu’un bouton s’en est allé, il y a déjà quelque temps. Il est vrai aussi (pourquoi le cacher) que l’autre soir il pleuvait dru, et que je l’ai porté ainsi, sans parapluie. Or mon manteau est fait pour le froid. Sous l’eau il souffre, déteint en couleur rouge - On aurait dit du sang sur ma jupe. Aujourd’hui sa couleur est plus pâle à certains endroits, pour qui y prête attention. Et puis ces quelques pièces de monnaies enfuies par un trou de la doublure au fond gauche du manteau lui donnent un poids distinct de ce côté-là, si bien que mon manteau, peut-être, de loin, semble se déhancher, claudiquer même, pour qui a la moquerie facile. Je le remets droit alors, mais c’est toute la peau qui a joué, comme un grand corps courbatu qui compense la douleur en se tordant d’avantage : en le remontant comme cela, je le dessers, et me voilà avec une épaule haussée. Intérieurement je marche beau mais si un miroir, ou une vitrine, me surprenait à cet instant, il croirait à une disgrâce quelconque, non pas un pied bot, certainement beaucoup moins, mais quelque chose quand même, un handicap n’ayons pas peur des mots, une maladie qui rend le geste raide et gauche. Un miroir me voyant marcher à cet instant, certainement, s’apitoierait. Et cette couture lâchée dans le cuir, au niveau de la manche droite. Et cette autre encore, celle du dos, distendue elle aussi, montrant, rouge comme un vit de chien excité, le fil d’une réparation précédente un peu trop hâtive : ce n’est pas convenable. Il faudrait reprendre cela, ainsi que le trou dans la doublure de la poche gauche, et puis d’ailleurs toute la doublure est mitée depuis longtemps.
N’empêche, j’ai une très belle idée de manteau noir, qui ne vieillit pas et m’accompagne en hiver.



Commentaires

Belle idée d'un manteau de majesté pour emmitoufler nos pudeurs.
Commentaire n°1 posté par kouki le 05/03/2010 à 08h34
PhA alors !
Philippe Annocque n'est pas fez lui...
A la place il y a un vieux dégoutant qui fait rien qu'à vouloir ouvrir son manteau partout dans la rue devant les devantures de magasins !
RrrroohhhHHH!!! dirait un ami
... C'est dommage parce que le texte est bien
mais je regrette de rappeler que
à la racine des choses
le manteau de l'hivers est BLANC
et non NOIR.
ça saute aux yeux pourtant !
.
(@petite racine : Je me réjouis d'un prochain vase en ta compagnie).
Commentaire n°2 posté par L.....................................uC le 05/03/2010 à 08h49
Manteau de la nuit ou de la mer, nuit du manteau et coups de marteau en cauchemar où filent les nuages écrits...
Commentaire n°3 posté par Dominique Hasselmann le 05/03/2010 à 09h54
Bel extrait de Déplacements dans votre Beau souvenir...

(la serpillère est le dernier tissu à la mode pour s'habiller;o))
Commentaire n°4 posté par Ambre le 05/03/2010 à 12h28
Intérieurement je marche beau ... et le manteau très beau et noir qui vous couvre, vous expose, vous délivre, vous magnifie, qui vous trahit, vous démaquille, vous réchauffe, vous déshabille, ce manteau noir, décousu et percé, très beau, le voici, je le crois bien :
http://gilbertpinnalebloggraphique.over-blog.com/article-la-dame-au-sac-39821310.html
Commentaire n°5 posté par Gilbert Pinna, le blog graphique le 05/03/2010 à 16h22
"Réussir un si beau manteau sur un fille aussi mal foutue!" (d'après Fernand Reynaud) Pardon Cécile (si vous permettez) pour cette référence triviale et ô combien irrévérencieuse!! Mais ce texte m'a enchanté à ce point. Il est assez différent de ce que j'ai lu de vous, en plus. Et puis qui, un jour, ne se reconnaitra pas vêtu du même manteau ou de la même veste!!

Commentaire n°6 posté par Depluloin le 05/03/2010 à 17h44
J'ai le même à la maison ! Est ce que je me trompe, ou sentons nous aujourd'hui chez Philippe, le parfum de la dame en noir ?
Commentaire n°7 posté par Frédérique M le 05/03/2010 à 22h03
Aujourd'hui je trouve que Depluloin et Petite Racine annocquent furieusement.
Commentaire n°8 posté par Anna de Sandre le 05/03/2010 à 22h16
texte d'une tenue impeccable avec ses quelques saillies incorrectes qui sont la marque des écritures libres, la fin est le suprême de l'élégance...
Commentaire n°9 posté par florence le 05/03/2010 à 23h25
c'est fou ce que je marche beau et c'est fou de constater comment les autres ne mle savent pas
Beaucoup aimé 
Commentaire n°10 posté par brigetoun le 06/03/2010 à 00h06
Merci à tous pour vos visites. Apparemment vous n'avez rien cassé durant mon absence, c'est bien. Et merci à Cécile d'avoir veillé sur mon petit sous-marin.
Commentaire n°11 posté par PhA le 06/03/2010 à 00h07
J'ai adoré cette "idée de manteau" ! merci et bravo
Commentaire n°12 posté par Marianne Jaeglé le 06/03/2010 à 16h06
Désolée ! Moi aussi j'ai eu un peu de mal à concilier mes images mentales de Nathalie Pagès et de Fernand Reynaud. Il n'est pas toujours bon d'avoir 46 ans de souvenirs. bises
Commentaire n°13 posté par Cécile le 07/03/2010 à 15h33
46 ans de souvenirs ? Mais c'est le nombre parfait !
Réponse de PhA le 07/03/2010 à 17h44
Philippe, merci pour ce bel accueil dans ton sous marin insubmersible. On y est bien et il ne faudrait pas que les gens croient qu'il n'y fait pas bon et que c'est la raison pour laquelle j'ai eu besoin d'enfiler cette loque. C'est juste parce que je suis coquette, sans doute.
Commentaire n°14 posté par petite racine le 07/03/2010 à 18h11
Ma chère, c'est qu'un rien vous habille.
Et merci surtout à toi, qui t'es chargée de toute la com !
Réponse de PhA le 07/03/2010 à 18h17

jeudi 29 janvier 2009

rien n’est reconnaissable

Kilomètre 260 
Ce camion ne se laisse pas doubler. La visibilité est mauvaise sur cette route, la ligne droite est toujours faussée – faibles virages, côtes sournoises. Avec l’autre voiture, la grosse, ce serait facile de dépasser. Mais celle-ci manque de reprise. Si au moment du décroché, l’horizon n’est pas libre, il ne faut rien risquer, reprendre place derrière le camion. Ce n’est pas qu’il roule si lentement, mais son pot d’échappement mal réglé dégage une fumée qui ne dit rien qui vaille : même sensation que de tenter d’échapper à des souvenirs pénibles. Pourquoi est-ce si difficile de penser à autre chose qu’à ces mots pro­férés hier midi, et auxquels on n’a pas su trouver de réponse ? La seule réponse, ce fut ce geste absurde, ridicule. Ce geste disproportionné, déplacé. Briser de la vaisselle parce qu’on ne sait pas avoir le dernier mot, c’est s’avouer misérable. C’est abandonner la possibilité d’une place justifiée dans le regard de l’autre.
Là il faut y aller, vite. C’est même un peu tard – grandes flèches blanches peintes au sol, invitant rabat immédiat. Mais rien ne s’annonce devant. Enclencher la troisième et appuyer à fond sur l’accé­lérateur. Le vrombissement excessif signale suffisam­ment la disproportion entre l’effort du moteur et la vitesse obtenue. Comme si la voiture allait rester toujours côte à côte avec ce camion. Qui ne fait rien pour ralentir, faciliter le rabat. C’est pas vrai, ce con accélère ! Pousser encore, le moteur est au maximum.
Enfin on peut revenir à droite. Bizarre cette sensation mêlée : colère et soulagement, se gâchant mutuelle­ment­
 
 
Kilomètre 274
À midi et un peu plus, tout est net : disparition des ombres. Le paysage est figé. Avec cette chaleur et cette lumière qui tombe comme d’un plafonnier hostile, rien n’est reconnaissable de ce qui tout à l’heure paraissait si charmant, si pittoresquement champêtre. Maintenant, la nature environnante a ce quelque chose de sournois de qui s’est fait battre (soleil massue) et cherche à éviter les coups. Même un arbre, sous cette lumière, paraît monstrueux : ce tronc comme une jambe qui n’aurait pas voulu aller plus loin. Cette peau rebelle et croûteuse. Ces branches aux formes de doigts opiniâtres, cherchant à accrocher quelque chose au passage.
On est au milieu, au ventre du récit. Le début et la fin sont connus : point de départ, point d’arrivée. Mais dans cet entre-deux, les chemins sont multiples, il serait facile de s’égarer.
Déplier la carte encore une fois. C’est désormais plus aisé : maintenant on est de façon nette et franche du côté sud de la France, donc sur le feuillet bas de la carte. La préfecture est à trois kilomètres. Autant aller manger dans un restaurant correct ; un vrai restau­rant, au centre-ville. Rien ne presse après tout.
# L’autre n’arrivera que vers le soir, de toute façon. À quoi ça sert d’arriver bien avant, pour être là, à guetter ensuite fébrilement son arrivée pendant plu­sieurs heures ? Il peut même être préférable d’arriver en second. La chambre d’hôtel est déjà réservée, de toute façon, il n’y a plus qu’à prendre la clé à la réception. Autant que ce soit l’autre qui s’en charge. Difficile de faire bonne figure, d’avoir l’air dégagé, dans ce genre d’exercice où l’adultère s’officialise à un guichet d’accueil. Et puis si l’autre arrive en premier, ça lui laissera le temps de se reposer du voyage, de se rafraîchir. Ça lui laissera le plaisir de l’attente.
# L’autre ne reviendra de la plage qu’assez tard. Ce serait idiot d’arriver dans l’appartement vide. Bien sûr on pourrait les rejoindre, à l’emplacement habituel. Mais quoi ? Enfiler un maillot de bain, sans transition, partir la serviette sur l’épaule, avec, sur la peau, cette fatigue, cette blancheur intruses parmi les estivants ? Autant arriver en soirée, laisser à l’autre le soin de gérer le retour de la plage, la douche crissante de sable, le repas. Autant lui laisser la possibilité d’une vraie surprise, celle d’arriver plus tôt que prévu, de ne l’avoir pas fait attendre.
 
Cécile Portier, Contact, Le Seuil, collection « Déplacements », 2008.
 
 


Beau souvenir de ce texte (paru l’an dernier dans la collection « Déplacements » de François Bon), récit d’un parcours en voiture d’un point à un autre, avec à son terme une alternative amoureuse : l’autre ou l’autre, le conjoint ou l’amant(e), échéance jusqu’au bout retardée, indécidable. Ici aussi, parfois, la visibilité est mauvaise.
Cécile Portier vient d’ouvrir un blog, Petite racine, où l’on peut déjà suivre un projet à la fois photographique et littéraire : A mains nues. 

Commentaires

Commentaire n°1 posté par anonyme le 29/01/2009 à 23h02
Je venais en voisine... Maintenant que j'en suis une. Merci pour cet article, et pour le blog, car c'est vrai que la visibilité est mauvaise.
Au plaisir de vous relire.
Commentaire n°2 posté par cecile portier le 01/02/2009 à 20h59
Nous sommes quelques-uns en effet derrière ce camion...
Voisine un peu cousine, si vous me permettez cette familière adoption. Hésitant sur le passage à choisir (il n'en manquait pas qui me tentent), voici que je tombe sur celui-ci, où nos mots se croisent (et dont ma mise en page, je m'en rends compte, ne favorise pas la visibilité.)
Chiromancien pour l'occasion, je vois une longue ligne de vie sur A mains nues (et à propos de ligne, ne manquez pas d'aller faire un tour sur Lignes de fuite).
Commentaire n°3 posté par PhA le 01/02/2009 à 21h32