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mercredi 8 janvier 2025

Les sujets d’émerveillement de Pascale Petit ?

Ce ne sont certes pas les premiers sujets d’émerveillement que Pascale Petit nous propose, mais, une fois n’est pas coutume, ceux-ci s’assument comme tels au point d’en prendre le titre, dont les belles éditions Série discrète font briller les lettres sur fond rose : Sujets d’émerveillement. Il s’agit cette fois d’anagrammes ; mais il s’agit toujours de poésie, voire d’ode :



ode

illuministe




luminosité

d’île


nul midi

s’étoile


imité

d’un soleil


île mon

lieu dit


distille un

émoi


et illusion

idem :


il isole,

démunit


dès minuit

l’œil


mille soi

de nuit


médite

illusion


du soleil

intime (…)



Il y a encore seize autres distiques à cette ode illuministe, qui prolonge l’ondulation du sens, de surprise en surprise. Bien sûr l’anagramme est souvent révélation :


Il était une fois



il était une soif

sitôt l’eau finie.



(Dans une postface intitulée précisément « Sujets d’émerveillement », Pascale Petit retrace l’Histoire de l’Anagramme, dont les révélations nous émerveillent depuis l’Antiquité, de Lycophron à Michelle Grangaud en passant par Dorat, Desnos, Unica Zürn.)


Les couleurs aussi y ont la part belle, qu’elles soient juste sorties du tube :


magenta

ange mat


bleu outremer

trouble remue


rose de parme

madrépores



ou bien mélangées :



jaune + vert émeraude


jeu d’aventure amère

je rêve au demeurant



En conclusion :

Les sujets d’émerveillement de Pascale Petit ?

Applaudissements lettrés ; je me délecte. (Liev)





mercredi 27 mars 2024

Construction d’un igloo avec Pascale Petit

Pascale Petit sait faire plein de choses et aime à nous en faire profiter. Elle sait même construire un igloo, comme en témoigne son tout nouveau livre paru aux éditions LansKine, inspiré de notre pratique des tutoriels de toute sorte, qu’elle détourne et décale pour votre plaisir et le mien, puisque je vous en lis un extrait, celui qui donne son titre au recueil : Construction d’un igloo.




mercredi 13 avril 2022

dans la vie la plus forte probabilité est de gagner un ours en peluche


 

Tiens, pour changer, ou peut-être pas, je ne vais rien dire sur sur le nouveau livre de Pascale Petit, je vais juste en dire. Ça s'appelle Pas de printemps pour Acapulco et ça vient de paraître aux éditions Série discrète.

mardi 30 juin 2020

Regarde : c'est le nouveau livre de Pascale Petit


Pascale Petit a écrit un nouveau livre. J’ai lu tous les autres, je crois. J’ai envie d’écrire un billet dessus, pour vous en donner une idée, mais avec ses mots à elle. Je vais choisir une phrase par page en commençant par la première et à un moment je sentirai que j’aurai fini ce billet. (On parle de « billet » pour les articles d’un blog comme pour les lettres d’amour – ça tombe bien, vous allez voir.) (Vous pouvez aussi avoir envie d’écrire un véritable article sur ce livre ; Bruno Fern en a écrit un avec ses mots à lui : c’est ici.) Voici mon billet.

Regarde, je dors et je n’ai pas eu le temps d’ôter mes vêtements. Regarde bien, il n’y a pas que l’arc et le carquois avec des flèches. Regarde, je suis allongée sur ce divan. Regarde, je suis pâle, mon cœur bat vite, j’ai peur, on le comprend : tu es mon futur et ne le sais pas. Regarde, je sais déplacer les objets, c’est une des premières choses que j’ai apprises. Et nous devenons minuscules parce que nous sommes loin l’un de l’autre. Regarde, je viens de me réveiller au milieu de la nuit. Regarde, je regarde quelque chose qui est à côté de quelque chose que tu regardes en tournant lentement les pages d’un livre sans les lire. Je n’entends rien prouver. Je me demande si les belles rencontres relèvent du rêve ou de l’histoire parallèle. Les précipités de mélancolie sont au point. Tu brilles (ton absence). Les boiseries sont tourmentées. C’est ma chanson préférée pour voix assez seule. Invente-moi une machine, j’ai envie d’une machine. J’ai déjà fait le sacrifice du velours comme une héroïne qui quitte le passé. Que dois-je comprendre quand tu me dis que sur quatre cents roses, tu en as sauvé sept ?

Je me suis arrêté à la page 30, et je crois que j’ai fini d’écrire ce billet avec ces mots qui ne sont pas de moi. J’ai juste oublié de vous dire que son titre est l’Audace et qu’il est publié chez Nous.



dimanche 2 juillet 2017

inplicit

Hier j'ai inventé un nouveau jeu. C'est rigolo. J'ai appelé ça l'inplicit parce que ça consiste à prendre l'incipit et l'explicit d'un livre et à les coller l'un à l'autre. Ça nous fait l'économie de la lecture de tout le reste et c'est souvent très révélateur. J'ai commencé avec la Recherche et évidemment je suis tombé sur le très joli
« Longtemps, je me suis couché dans le Temps. »
Comme ça me disait quelque chose, j'ai fait une recherche et je me suis rendu compte que Genette l'avait déjà trouvé ; c'est dans Palimpsestes mais je n'ai pas relu tout le passage, j'ai envie de refaire mes petites trouvailles tout seul si vous voulez bien.
L'inplicit rendant le contenu du livre implicite son nom lui va bien je trouve. A notre époque du tout économique on a tout à y gagner, la Recherche en huit mots est vite lue et somme toute, qui sait, il reste l'essentiel. D'ailleurs taire est une tendance de la littérature, mon système a du bon.
Dans la foulée, j'ai inplicité quelques classiques que vous reconnaîtrez sans peine :

« Nous étions à l'Étude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait la croix d'honneur. »

« Le 15 mai 1796, le Général Bonaparte fit son entrée dans Milan à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de Lodi, et d’apprendre au monde qu’après tant de siècles César et Alexandre avaient un successeur : Ernest V adoré de ses sujets qui comparaient son gouvernement à celui des grands-ducs de Toscane. »

« Madame Vauquer, née de Conflans, est une vieille femme qui changeait pour lui l'aspect de la société. »

« Le rêve est une seconde descente aux Enfers. »

« Je venais de finir à vingt-deux ans mes études à l'université des remords aux regrets et des fautes aux souffrances. »
(De qui est celui-ci, hein ? On fait moins les malins.)

« C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar.
Les soldats qu'il avait commandés en Sicile se donnaient un grand festin pour avoir touché au manteau de Tanit. »
(L'une des difficultés, pour certains romans, consiste à ne pas trop remonter l'explicit si celui-ci a le malheur de dire explicitement quelque chose du dénouement, afin de ne pas gâcher le plaisir des lecteurs qui auraient encore l'idée incongrue de lire le roman dans son intégralité.)

J'ai même essayé avec un recueil de poèmes (illustre) :
« La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau ! »
(Un inplicit qui me parle de ma sottise à trouver du nouveau dans l'inconnu – en l'occurrence ce jeu de l'inplicit : on est toujours renvoyé à ce qu'on fait.)

Puis je suis revenu au XXe siècle :

« Ça a débuté comme ça. Moi, j'avais jamais rien dit, qu'on n'en parle plus. »
« Nous voici encore seuls, mon oncle. »
(Oui, c'est le même auteur.)

« C'est le moment de croire que j'entends des pas dans le corridor », se dit Bernard. « Je suis bien curieux de connaître Caloub. »
(Facile, je le reconnais.)

« Aujourd'hui, maman est morte avec des cris de haine. »
(Mais hier, non. Demain non plus. Il n'y aura pas d'histoire. Pas de meurtre. Ou, s'il y a meurtre, il n'y aura pas de procès.)

Evidemment, cet auteur-ci ne pouvait échapper :
« Le voyage de Mercier et Camier, je peux le raconter si je veux, car l'ombre se parfait. »
« Je serai quand même bientôt tout à fait plus rien »
« Où maintenant continuer. »
(Remarquez comme ces trois derniers mots résument bien le problème qui se pose à Beckett après avoir terminé l'Innommable – car évidemment c'est lui.)

« Vous avez mis le pied gauche sur la rainure de cuivre et vous quittez le compartiment. »

« Il tenait une lettre à la main, abandonnée, inutilisable, livrée à l'incohérent, nonchalant, impersonnel et destructeur travail du temps. »
(Un de mes inplicits préférés. C'est la Route des Flandres de Claude Simon – et c'est aussi la littérature.)

Comme mon ami Didier da Silva me disait le bien qu'il pensait de ce jeu (c'était sur Facebook, au fait – un terrain de jeu, quoi), je lui ai répondu :
« C'est à peine s'il somnole doucement dans le vent. », et vous, lisez donc Hoffmann à Tokyo si ça n'est pas déjà fait, à quoi il m'a répondu :
« Une autre brindille encore apparaît, au moins comme ça enfin c'est fini. »
J'avoue que cédant au narcissisme propre à la profession, j'avais déjà inplicité :
« C'était en plein milieu des champs. Il n'y avait pas de relief à la surface du monde. »

D'ailleurs j'avais bien envie de faire un sort aussi aux auteurs contemporains, par exemple à Pascale Petit :
« J'aime quand elle me dit On retrouvera nos corps recouverts de suçons et deux cents tonnes de cailloux inconnus sur Terre. »
C'est l'inplicit de Manière d'entrer dans un cercle & d'en sortir, un inplicit assez explicite je trouve ; quelque chose comme le faisceau minuscule et circonscrit d'une lampe torche dans la pénombre.

(Bon, ceux qui chercheraient des réponses peuvent regarder dans les libellés au pied de ce billet.)

lundi 5 septembre 2016

libraire d'un soir

Tiens, encore une occasion de m'entendre bafouiller. C'était le 11 décembre dernier à la librairie Charybde, où je faisais le libraire d'un soir. L'orateur est confus mais les livres valent le détour : j'évoque Doucement de Gabriel Bergounioux un peu avant la deuxième minute, à 6 minutes 45 je parle de l'Ironie du sort de Didier da Silva, à 16 minutes 26 c'est Le Parfum du jour est fraise de Pascale Petit, à 22 minutes 50 La Botanique parallèle de Leo Lionni, à 31 minutes 25 les Saisons de Maurice Pons et à 39 minutes le Château de Kafka. A 43 minutes 50 c'est Marianne Loing qui parle de Pas Liev, dont je lis un court extrait vers 48 minutes et des poussières.

samedi 21 mai 2016

Liev et le renard

Et donc, après avoir rencontré Pas Liev ce matin à la Bibliothèque des Essarts-le-Roi (à 11 h rue du 11 novembre, c'est facile à se rappeler), vous pousserez ce soir jusqu'à Chevreuse, ou Pascale Petit présentera Le corbeau et le renard et compagnie - rappelez-vous ; nous lirons de concert des extraits de cette fable théâtrale parue tout récemment à l'Ecole des Loisirs. C'est à 20h30 à la librairie Les Racines du vents, 66 rue de la Division Leclerc à Chevreuse.

samedi 30 avril 2016

Le corbeau et le renard et compagnie

Voici que j'apprends que la fable du corbeau et le renard ne s'arrête pas à la déconfiture du premier. Enhardi par son succès, le renard remettrait bien le couvert ; mais sa réputation le précède, et tout le monde n'est pas le corbeau, qui joue les abonnés absents dans la nouvelle pièce de Pascale Petit publiée à l'école des loisirs : Le corbeau et le renard et compagnie. Le voici sans corbeau donc mais pas tout seul, le renard : chaque saynète présentée par le fabuliste est une fable inédite ; c'est ainsi qu'on pourra découvrir la vache et le renard, l'éléphant et le renard, le paresseux et le renard, la tortue et le renard, la fourmi et le renard, la « chouette » et le renard et pourquoi pas l'opossum et le renard. Je passe les suivants, le plaisir est aussi dans la découverte des nouveaux personnages comme dans la variété de leurs réactions.
Devinette : Qui parle ?

« Mais je voudrais savoir, moi, pourquoi on m'aime : si c'est pour moi ou pour mon ornement. Je fais la moue. J'ai le dégoût de tout. Et je sais bien ce qu'on dit souvent : que mon ramage ne vaut ni mon plumage ni un fromage quand je dis léon, léon – ne dites pas non.


Pascale Petit, Le corbeau et le renard et compagnie, l'école des loisirs, collection théâtre, 2016.

mercredi 18 novembre 2015

Chez Elsa avec Pascale

Dimanche prochain à 15 heures, j'aurai le plaisir, que dis-je, le bonheur de m'entretenir avec Pascale Petit, en résidence à la Maison Elsa Triolet-Aragon, à Saint-Arnoult-en-Yvelines, à propos de sa résidence et de ses récentes parutions. Venez nombreux, et si vous ne connaissez pas le moulin d'Elsa et son parc venez donc encore plus nombreux. Voilà.

lundi 9 novembre 2015

Pascale Petit, une inconnue ou deux




Je me rappelle ne rien voir encore et me le dire alors que nous étions à quelques centaines de mètres du Grand Canyon. Ou plutôt une phrase qui passe et repasse sous mes yeux tandis que je lis l’équation du nénuphar de Pascale Petit me le rappelle :



l’homme regarde dans la chambre avec cet air qu’on a quand on regarde dehors par la fenêtre d’une chambre d’une seule ville je ne vois toujours pas le grand canyon



Et l’idée, quelque chose comme C’est l’inverse d’un monument, le grand Canyon, me traverse l’esprit ; cette grande faille dans la plaine qu’on ne voit que lorsqu’on est au bord, quelque chose comme l’envers de Monument Valley. Et d’un coup je me demande (je me demande n’est pas la bonne phrase, il vaudrait mieux dire on me demande mais la demande se fait à l’intérieur de moi-même) de quoi l’équation du nénuphar est-elle l’inverse ?

Mes compétences mathématiques ne sont pas à la hauteur. Quelque chose manque. Fait défaut. Fait faute.



l’idée s’insinue que fabriquer un alibi sera nécessaire et qu’il faudra le plus grand nombre de témoins pouvant certifier vous avoir vu



(p. 83)



L’équation du nénuphar, tout de même, préexiste à l’équation du nénuphar.



« L’équation du nénuphar illustre bien le phénomène de la croissance dans un milieu fermé. Imaginons un nénuphar planté dans un grand lac qui aurait la propriété héréditaire de produire, chaque jour, un autre nénuphar. Au bout de trente jours, la totalité du lac est couverte et l’espèce meurt étouffée, privée d’espace et de nourriture. Question : Au bout de combien de jours les nénuphars vont-ils couvrir la moitié du lac ? Réponse : non pas 15 jours, comme on pourrait le penser un peu hâtivement, mais bien 29 jours, c’est-à-dire la veille, puisque le double est obtenu chaque jour. Si nous étions l’un de ces nénuphars, à quel moment aurions-nous conscience que l’on s’apprête à manquer d’espace ? Au bout du 24ème jour, 97% de la surface du lac est encore disponible et nous n’imaginons probablement pas la catastrophe qui se prépare et pourtant nous sommes à moins d’une semaine de l’extinction de l’espèce… Et si un nénuphar particulièrement vigilant commençait à s’inquiéter le 27ème jour et lançait un programme de recherche de nouveaux espaces, et que le 29ème jour, trois nouveaux lacs étaient découverts, quadruplant ainsi l’espace disponible ? Et bien, l’espèce disparaîtrait au bout du … 32ème jour ! »



C’est l’équation du nénuphar expliquée par Albert Jacquard dans l’équation du nénuphar d’Albert Jacquard. Albert Jacquard était un nénuphar particulièrement vigilant qui nous a quittés il y a deux ans.

Quand je disais qu’il y a quelque chose qui manque.

Mais dire cela ne dit pas que l’équationdu nénuphar de Pascale Petit, qui n’est pas publiée par Calmann-Levy comme l’équation du nénuphar d’Albert Jacquard mais par les éditions Louise Bottu, qui n’est pas non plus un essai mais plutôt, s’il fallait à toute force lui trouver un genre, un poème, est aussi un livre d’amour. Un livre d’amour qui manque.



elle a les mains derrière elle appuyées contre le mur pas loin de l’embrasure    elle a la tête un peu en arrière



le désir    avec son regret en contrechamp qui fait ressortir l’absence



l’ombre portée de l’homme sur elle et on pense à deux boxeurs   elle ne le quitte pas des yeux comme si elle savait qu’elle ne devait pas le quitter des yeux    ne le quitte pas des yeux    ne le quitte pas des yeux   filature immobile   ne le quitte pas de yeux   prête à lui dire ce qu’elle attend de lui    prête à lui avouer tout    prête à lui donne un exemple



Un livre d’amour qui manque à votre bibliothèque peut-être aussi.

mercredi 17 juin 2015

Appel du 18 juin

Demain à 20 h, Pascale Petit et moi sommes les invités de la Librairie Le Comptoir des mots, sise au 239 rue des Pyrénées dans le XXe, métro Gambetta, pour nos deux livres aux éditions de l'Attente : Le Parfum du jour est fraise (de Pascale) et Mémoires des failles (de ma pomme, pour rester primeur). Si vous ne connaissez pas les éditions de l'Attente, si vous ne connaissez pas Pascale Petit, si vous ne me connaissez pas, venez donc ; et dans le cas contraire, venez aussi. Nous ne doutons pas que vous ferez l'impossible pour répondre à cet appel du 18 juin.

mardi 16 juin 2015

Il y a beaucoup trop de faux douks-douks.



Arrive une autre femme : Simi-Simi qui finit un bol de kava.

KOUBA
Simi-Simi. Tu bois beaucoup trrop de kava. RRegarrde plutôt qui est là. Nous l’avons trrouvé
prrès du grrand arraucarria.

AMANDELE
Il marrchait sur son ombrre à rreculons.

AVEKDESI
Depuis le temps que nous l’attendions, notrre nouveau douk-douk.

GRAND VOYAGEUR I
Depuis quand ?

AMANDELE
Depuis que nous n’avons plus de douk-douk !

SIMI-SIMI
Il faut se méfier. Ce n’est pas parrce que nous attendons notrre douk-douk, que celui-ci, là, est notrre douk-douk. Ce n’est peut-êtrre pas notrre douk-douk. C’est peut-êtrre un faux douk-douk. Ou pas un douk-douk du tout. Il y a beaucoup de faux douks-douks. Beaucoup beaucoup. Beaucoup trrop.

KOUBA
Comme celui que nous avons eu à la prrécédente lune.

SIMI-SIMI
Il n’a eu que ce qu’il mérritait.

Elle fait ce geste avec la main – de tourner sa paume en l’air vers le bas.

KOUBA
Interrrroge celui-ci, là. Tu saurras bien vite toi si ce n’est pas notrre nouveau douk-douk. Et on saurra bien quoi en fairre s’il nous a menti !

GRAND VOYAGEUR I,
de plus en plus inquiet
C’est-à-dire que…

AMANDELE
Oui ! Interrrroge celui-ci, là !


Pascale Petit, le douk-douk, L’école des loisirs, 2015, p. 27-28

Voilà. Pour terminer l’année, les 6e C et F vont s’entraîner à tourner leur paume en l’air vers le bas, avec cet authentique douk-douk dont ils sont peut-être les premiers lecteurs, puisque le livre vient de paraître (car il y a en effet beaucoup trop de faux douks-douks). 


samedi 18 avril 2015

Le parfum du jour est fraise



Le parfum du jour est fraise est une affirmation qui ne se discute pas. C’est comme ça : le parfum du jour est fraise. Se lécher les babines à l’avance serait un comportement inconvenant. On ne vous demande pas vos goûts, on vous informe : le parfum du jour est fraise.

« Le parfum du jour est fraise » est une citation tirée de The Prisoner, nous dit un prière d’insérer de la même couleur. On traduira par Le Prisonnier, et votre pensée en surimpression sera autorisée à faire apparaître le visage de Patrick McGoohan au volant de sa décapotable, qui vous rappellera combien les choses sont sérieuses et ne le sont pas.

Le parfum du jour est fraise est le nouveau livre de Pascale Petit qui vient tout juste de paraître, que dis-je, qui paraît en même temps que je vous parle aux éditions de l’Attente et qui vous attend. Vous l’ouvrirez et on vous dira quoi faire. Vous aurez à construire un village et on vous préviendra que vous aurez « un certain nombre de choses à respecter et de consignes à suivre ». On vous le redira même en anglais, en globbish, plutôt, au cas où vous auriez du mal à comprendre. Car vous pourriez être tenté de prendre ces instructions à la légère. On ne vous le recommande pas.

Celui qui vous dit « On ne vous le recommande pas » ne fait pas partie du « nous » qui s’adressera à « vous » quand vous lirez le livre. Celui qui vous dit « On ne vous le recommande pas » s’est parfois mêlé de dénoncer le conformisme social dans ses propres livres. Il est aussi l’auteur du blog Hublots sur lequel vous lisez ce billet après que lui-même a lu Le parfum du jour est fraise. Ce billet a été écrit après que son auteur a lu Le parfum du jour est fraise de Pascale Petit. Il profite de ce billet pour faire amende honorable. Tenez-le-vous pour dit. Préparez-vous à en faire autant.

Donc ouvrez le livre. Lisez ce qu’on vous dit. Essayez de tout retenir. Ne vous fiez pas à la couleur de la couverture. Ne vous attendez pas à manger de la glace à la fraise. Vous serez bien suffisamment glacé par votre lecture, vous pouvez nous faire confiance. Vous devez nous faire confiance.


mardi 10 février 2015

éloge de la minceur



Appelons lipogramme tout gramme à perdre grâce à la liposuccion : « Vous avez quelques lipogrammes sur les hanches. »

Une liposuccion réussie est parfois appelée disparition, tant le sujet paraît effacé.

La liposuccion n’empêche pas de faire régime. L’omelette y perdra son nom mais Pascale Petit n’en met pas un gramme dans la recette de sa tortilla du ciboulot.



lundi 14 juillet 2014

l’ouaouaron qui voulait avoir l’air d’un baryton


Ces Hublots entrant en pause estivale, je vous laisse en compagnie d’un ouaouaron qui ne manquait pas d’air (texte extrait de Pool de Pascale Petit, illustré par Renaud Perrin et publié par les éditions du Rouergue, et parmi d’autres lu avec bonheur samedi soir aux Racines du Vent de Chevreuse).
    
On aura compris que voilà un bouquin où il y a un truc qu’il n’y a pas – n’allons pas plus loin mais cliquons plutôt pour voir aussi grand que l’ouaouaron.

Commentaires

C'est Mozart qu'on turlupine
Commentaire n°1 posté par Dominique Hasselmann le 18/07/2014 à 09h49
Qu'on turlupin.
Commentaire n°2 posté par tor-ups le 05/08/2014 à 11h25