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lundi 17 février 2025

Are you listening to « Scarborough Fair » ?

Are you listening to « Scarborough Fair » ?

Parsley, sage, rosemary and thyme,

Donnot beware of one who lives there :

She might be a true love of thine.


Non : ce ne sont pas exactement les paroles de la chanson de Simon and Garfunkel ; je les ai légèrement transformées pour vous, pour vous inviter à Scarborough, petite ville côtière du Yorkshire rendue célèbre par sa foire séculaire, et à Scarborough, le deuxième roman de Luc Dagognet tout récemment paru aux éditions DO. Je pourrais vous le raconter si je le voulais, car j’en sors à l’instant, mais je ne veux pas, et vous non plus. On ne raconte pas les charmes. On les écoute. On n’en sort pas indemne. Parfois, même, on n’en sort pas. Écoutez donc l’histoire d’un qui lut une nouvelle offerte par sa grand-tante sur son lit de mort, qui souhaita s’élever vers la lune mais devint professeur d’anglais, qui écouta une musique moins chantée qu’enchantée, qui suivit sa route et son destin jusqu’à Scarborough…




lundi 18 septembre 2023

En Fraternité avec Luc Dagognet

Fraternité est le premier roman de Luc Dagognet (le même Luc Dagognet qui publie la revue L’Autoroute de sable) et vient de paraître aux éditions DO. C’est un récit qui bifurque, emprunte d’abord une direction – une querelle de voisinage qui tire vers le thriller – on songe un instant à Propriété privée de Julia Deck, sauf que le protagoniste-narrateur est célibataire et sans enfants ; et puis ça part dans un chemin de traverse ; une autre voie s’ouvre, laquelle choisir se demande le lecteur ? Et tiens, justement, nous voici dans un labyrinthe, dont l’issue s’éclaire d’une lumière inattendue. Car pourquoi un roman devrait-il être uni-directionnel ? Le narrateur, un trentenaire plein de craintes, de doutes, de failles, de détestation du bruit et d’un vrai désir de fraternité nous promène dans le wagonnet de sa pensée (il y a aussi un wagonnet dans l’histoire) entre roman social, épouvante, roman psychologique, roman d’amitié (comme on dit « roman d’amour ») et même roman à thèse, car il arrive qu’une thèse en effet s’impose. Et j’ai oublié de dire que, et ce n’est pas la moindre de ses qualités, ce roman parvient à être drôle et tendre à la fois. Avec tout le reste, ça nous fait une belle addition.

Pour une vraie belle lecture approfondie, avec un avis un peu différent du mien sur le dénouement (que personnellement j’appellerais un dénouement à surprise par ricochet), allez donc lire ce qu’en dit Pierre Butic sur En attendant Nadeau.