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mardi 5 mai 2026

Anne Serre et la jeune fille sans mains

En poursuivant ma lecture de Rêve cette nuit, d’Anne Serre, je lis ceci :


« Pour la première fois depuis sa mort, je rêve de mon père. » (p. 131)


(Son père est mort dans la note précédente – pour le lecteur : dans la seconde précédente. C’est une manière de me faire reconnaître que depuis la mort du mien, il y a un an et demi, et de celle de ma mère, il y a un an, je crois bien n’avoir jamais rêvé d’eux. Quelque chose m’empêche de rêver – alors que j’ai beaucoup utilisé par ailleurs la matière du rêve.)

Page 131 toujours, c’est la suite :


« Je lui ai coupé les deux mains et les lave dans le cabinet de toilette de l’appartement où nous vivons. Les mains sont froides. Il est sorti, j’attends son retour et me dis qu’il a dû réaliser que ses mains avaient été coupées. »


Aussitôt je pense à la jeune fille sans mains, de Grimm. C’est un conte terrible ; j’ai demandé à mes sixièmes de le lire pendant les vacances. Les contes comptent, pour moi. Je ne suis d’ailleurs pas le seul auteur contemporain pour qui les contes comptent. Récemment, je suis tombé sur ce texte de Christiane Connan-Pintado ; il s’agit d’un extrait de l’épanchement des contes dans la littérature, paru en 2019 aux Presses Universitaires de Bordeaux :


« Sans doute le fait de travailler sur les contes rend-il particulièrement sensible à leur emprise sur la littérature, mais on veut croire qu’il ne s’agit pas d’une obsession de spécialiste, un coup d’œil sur l’actualité littéraire devrait permettre de s’en assurer : que l’on songe, pour citer quelques publications récentes, au dernier roman de Salman Rushdie, Deux ans, huit mois et 28 nuits (Actes Sud, 2016), dont le titre convertit la durée de mille et une nuits ; à Elise et Lise de Philippe Annocque (Quidam éditeur, 2017), qui s’inspire des « Fées » de Perrault et de tous les contes qui mettent en scène des sœurs rivales ; à Ronce-Rose d’Eric Chevillard (Minuit, 2017), dont le titre – écho de « Rose d’Epine », la « Belle au bois dormant » des Grimm – semble riche d’accointances avec l’univers du conte de la part de l’auteur du Vaillant petit tailleur (Minuit, 2003), et en effet la liste des personnages comporte une sorcière et un poisson d’or. Quant au roman de Pierre Péju, Reconnaissance (Gallimard, 2017), il a pour moteur un objet merveilleux venu tout droit du bric-à-brac des contes : un bloc de cristal, offert par un inconnu, dans le miroir duquel le narrateur peut revoir les épisodes majeurs de sa vie. Certains auteurs trouvent dans les contes des convergences avec leur équation personnelle (Christine Angot, Peau d’Âne ; Catherine Millet, Riquet à la houppe, Millet à la loupe, Stock, 2003), d’autres une occasion de questionner la notion de genre littéraire (Philippe Beck, Contes populaires, Flammarion, 2007), de s’essayer à un autre type de récit (Anne Rice, Les infortunes de la Belle au bois dormant, Pocket, 1998), de reprendre non sans malice un motif symbolique (Anne Serre, Petite table sois mise, Verdier, 2012). »


C’est idiot de recopier tout ça mais se retrouver en compagnie d’Eric Chevillard et d’Anne Serre est un plaisir qui ne se boude pas.



dimanche 5 septembre 2021

Autopromotion alphabétique 3 : Élise et Lise

Après D, E ; après Dans mon oreille, Élise et Lise.

Élise et Lise est paru en février 2017 chez Quidam.

Je sortais de Pas Liev. Pas Liev, non content d’être l’expression de ma plus profonde inquiétude, en est devenu une source nouvelle. En terminant de l’écrire, puis en lisant les retours que j’en ai eu, la pensée que peut-être je n’écrirai plus jamais quelque chose d’aussi fort m’a traversé (me traverse encore). Je me rappelle une sensation de flottement les deux jours qui ont suivi la réponse (très) positive de Quidam. Mais il faut quand même bien continuer. Écrire, c’est vivre. Alors : Élise et Lise. Deux jours après, dans la fièvre coutumière. Élise et Lise, au départ c’est le croisement entre une conversation amicale (« tu te rappelles Une Telle, à la fac », « un vrai personnage de roman »), la typologie d’un certain comportement féminin dans le rapport à d’autres femmes, évoqué dans d’autres conversations (tenter de s’approprier l’apparence d’autrui) et la conscience soudaine que ce comportement, il était aussi le sujet même de certains contes que j’étudiais avec mes élèves. Ce qui tout de suite a aiguisé mon appétit, ça a été la nécessité de multiplier les points de vue (je n’avais jamais essayé), et d’en adopter un (en fait deux, non, trois) féminin – convaincu d’être moi-même, comme tout un chacun, potentiellement une jeune fille à problèmes, aussi bien qu’une bonne copine ; il suffisait d’aller chercher ces identités que mon apparence de quinquagénaire mâle dissimule peut-être. Aussi : assumer la référence littéraire (notamment deux contes de Grimm, assez peu connus en France), en faire une sorte de contrepoint au récit. Quelque chose d’apparemment girly qui, en réalité, fasse froid dans le dos.

À l’arrivée, le sentiment de n’avoir pas démérité. L’accueil critique l’a confirmé.



dimanche 11 mars 2018

Elise et Lise à Saint-Germain


Belle rencontre vendredi avec les élèves du Lycée Léonard de Vinci de Saint-Germain-en-Laye, merci à eux et à leurs professeurs, ainsi qu'à la médiathèque de Saint-Germain qui nous accueillait. C'était pour Elise et Lise, qui fait partie de la sélection du Prix Littéraire des Lycéens d'Ile-de-France. Car c'est à ça que servent (que doivent servir en tout cas) les prix : permettre de belles rencontres.


mercredi 6 décembre 2017

Toutes les questions sont bonnes.

C'était aujourd'hui le lancement du Prix littéraire des Lycéens, apprentis et stagiaires d'Ile-de-France. Elise et Lise fait partie de la sélection, aux côtés de Vie de ma voisine de Geneviève Brisac, Les gueules rouges de Jean-Michel Dupont et Eddy Vaccaro, Limite d'Antoine Emaz, Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie Kalfon, face à un public de cinq classes des Yvelines. C'était au Théâtre Montansier à Versailles. C'était sympathique et chaleureux. En fait je me rends compte que j'aime répondre aux questions, notamment les questions des jeunes (mais pas que des jeunes, hein). Toutes les questions sont bonnes. Toutes les questions questionnent vraiment.

mercredi 20 septembre 2017

Elise et Lise et d'autres Quidam à Belfort

L’image contient peut-être : une personne ou plus et texte

Les vendredis se suivent et se ressemblent comme se ressemblent Elise et Lise : vraiment et pas du tout. Après-demain c'est à Belfort que les libraires du Chat Borgne (36 faubourg de Montbéliard à Belfort) me font le plaisir de m'accueillir pour parler d'Elise et Lise et de quelques autres Quidam, y compris parmi ceux que je n'ai pas commis. Elles seront là elles-mêmes d'ailleurs, à ce que dit la rumeur ; venez donc vérifier par vous-mêmes !
L’image contient peut-être : personnes debout

mercredi 13 septembre 2017

Annocque à la Lanterne

Vendredi 15 septembre à 20h45, La Lanterne, pôle culturel de Rambouillet, 5 rue Gautherin, me fait le plaisir de m'inviter pour un entretien animé par Gérald Roubaud autour de mon travail d'auteur. Christophe Brault lira des extraits choisis par ses soins et rien que pour ça il faut venir !
(Et on pourra aussi se procurer les livres.)

mardi 5 septembre 2017

Elise et Lise en été

Et donc cet été Elise et Lise ont fait l'objet d'un bel article d'Alain Nicolas dans l'Humanité.fr, qui voit leur auteur comme un "virtuose de la désorientation", c'est ici ; et sur le blog l'avis textuel de Marie M qui me considère comme un "magicien des mots et des histoires, un diabolique conteur, c'est là.

jeudi 29 juin 2017

Emmanuel et Manuel, le dénouement annoncé (attention : spoiler)


Voici le projet de couverture pour Emmanuel et Manuel, le remake politique d'Elise et Lise. Les lecteurs d'Elise et Lise ne manqueront pas de remarquer l'importance de la fenêtre ouverte, et comprendront que le destin de leur président est écrit dans les Trois Nains de la forêt, le conte de Grimm - à ceci près que ledit conte est un conte merveilleux.

mercredi 7 juin 2017

Elise et Lise à Chevreuse

Samedi 10 juin à 21 heures, Elise et Lise et moi sommes les invités de la Librairie Les Racines du Vent, 66 rue de la Division Leclerc à Chevreuse, et c'est à Pascale Petit qu'incombera la lourde tâche de me faire parler.  

mercredi 31 mai 2017

Elise et Lise chez Marguerite

Jeudi 1er juin à 19 heures, la Bibliothèque Marguerite Audoux (10 rue Portefoin 75003 Paris) nous fait l'immense plaisir de nous inviter, Elise et Lise, Pascal Arnaud et moi, à propos de ces deux filles en miroir, du coup je vous invite !

mardi 4 avril 2017

lundi 27 mars 2017

Elue et lue

"Lisez Élise et lise, et lisez Philippe Annocque.
Élisez Annocque !"
Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Olivier Quelier, et lisez donc par vous-même.

Lire Elise et Lise, c'est ce que fera jeudi prochain le formidable Christophe Brault, et je pèse mes mots, à la non moins formidable librairie Le Monte-en-l'air, 71 rue de Ménilmontant, ou bien 2 rue de la Mare, tous les chemins y mènent ; c'est jeudi à 19 heures. Venez tous !

mercredi 22 mars 2017

samedi de salon

Alors samedi je serai au Salon du Livre qui ne s'appelle plus le Salon du Livre mais Livres-Paris je crois mais comme je n'en suis pas sûr et vous non plus on va continuer à l'appeler le Salon du Livre pendant les cinquante, enfin disons les cinq prochaines années, samedi donc de 16h30 à 17h30 en P68 sur le stand de l'Ile de France avec Elise et Lise à propos desquelles Penvins vient juste de publier ce très bel articleElise et Lise et sans doute mes autres Quidam tandis qu'en K27 donc en Aquitaine il y aura les éditions de l'Attente avec notamment mes Mémoires des failles ; pour une fois qu'on peut traverser la France à pied n'hésitez pas.

mercredi 15 mars 2017

Des nouvelles d'Elise et Lise

J'ai reçu des nouvelles d'Elise et Lise. Elles font l'objet d'un coup de cœur à la librairie l'Histoire de l’œil, à Marseille. Comme vous êtes un peu paresseux, ou un peu fatigués en cette fin de journée, je vous recopie ça :

Élise et Lise se ressemblent beaucoup. Elles se complètent, elles sont amies. Mais sans doute cela est-il trop simple et, très vite, avec une parfaite maîtrise, Philippe Annocque donne à son « conte sans fées » du suspect, de l’inquiétude, dans ce quotidien si familier.
Les courts récits et ainsi les points de vue s’enchaînent : ceux de Lise, ceux d’Élise et ceux de Sarah également, amie de « seconde division » qui étudie à l’Université l’art du conte et qui livre ses acquis au fur et à mesure du récit, forçant ainsi la comparaison dangereuse entre la symbolique des histoires des Grimm ou Perrault et la relation des deux jeunes filles.
Annocque joue merveilleusement le rôle du chef d’orchestre entre toutes ces consciences pour mieux nous installer, très progressivement, dans une intrigue. Pour accélérer notre trouble et démontrer que, comme dans les contes, le léger cache parfois, souvent, le drame.

Et puis aujourd'hui, grand plaisir de découvrir cet article de Nathalie Peyrebonne, dans la revue Délibéré. Si vous n'avez pas peur d'avoir peur, lisez-le (« car les contes sont cruels, comme l'est aussi le roman vertigineux de Philippe Annocque »). C'est ici.

lundi 6 mars 2017

plusieurs manières d'être heureux d'être lu

Il y a plusieurs manières d'être heureux d'être lu. Il y a par exemple le petit mot anonyme et drôlement bien tourné trouvé dans le casier du collège. Il y a l'article de la lectrice blogueuse qui avait aimé Pas Liev et du coup est venue exprès à la rencontre chez Charybde la semaine dernière, merci Tilly. A l'inverse, il y a l'article du blogueur qu'on ne connaissait pas du tout et dont on se demande comment il fait pour être si juste (jusque dans sa conclusion qui me fait un peu froid dans le dos tant souvent moi-même je me pose la question ; jugez plutôt). Et puis il y a le premier article de la presse officielle, et n'ayons pas peur de dire internationale puisque le Temps est suisse. Isabelle Rüf m'y traite de magicien, et elle sait d'où je viens pour me suivre depuis mes tout débuts, la chose est assez rare pour mériter d'être mentionnée, à l'époque où mon premier roman paraissait au Seuil et s'intitulait encore Une affaire de regard

jeudi 23 février 2017

Elise et Lise en Charybde

Elise et Lise et leur auteur seront ce soir à la librairie Charybde (129 rue de Charenton, près de la Gare de Lyon) ; au cas où j'aurais oublié c'est même annoncé dans Libération. Elles sont aussi à l'honneur sur Remue.net sous la plume de Jacques Josse et sur la Cause Littéraire grâce à Emmanuelle Caminade. La Cause Littéraire où l'on peut aussi lire une interview de Pascal Arnaud (monsieur Quidam) par Philippe Chauché qui consacre aussi un passage à mes filles.

lundi 20 février 2017

Elise et Lise et compagnie

Ce blog a été un peu délaissé ces derniers temps, Carcassonne notamment en est la cause, et franchement quelle bonne cause, quelle belle cause ça a été ! Encore merci décidément à Valérie et Mehdi et à la belle librairie Mots & Cie. Jeudi 23 ce sera à Paris cette fois, à la Librairie Charybde que nous vous attendrons nombreux ; et cette soirée aussi je la sens bien : lisez donc la très belle recension que Monsieur Charybde 2 consacre à Elise et Lise. Déjà les libraires s'enflamment, on en oubliera les grands incendies de Londres, de Rome et de Pontypandy : "Philippe Annocque sème une fois de plus le trouble avec ce fascinant conte moderne, où Elise et Lise évoluent, non sans rappeler Elisabeth et Alma, magnétiques héroïnes de Persona de Bergman, au cœur d’une manipulation démoniaque, subtile mise en abyme des contes de Grimm et Perrault. Elisez, lisez Elise et Lise!" écrit Julie de la librairie Le Square, à Lourdes ; tandis que David Goulois du Cultura de Chambray-lès-Tours s'enthousiasme : "Deux femmes se rencontrent par le hasard de la vie. L’une s’appelle Elise, l’autre Lise, une lettre qui change tout pour le lecteur mais pas pour elles… Mimétisme, usurpation, l’une prend les affaires de l’autre, toutes deux rencontrent Luc… Entrecoupé par une réflexion sur le conte qu’une certaine Sarah mène de son coté comme une mise en abyme ce que nous sommes en train de lire. Génial !"
Sites et blogs littéraires ne sont pas en reste : Deux filles sur un iceberg, titre Guillaume Contré dans un très bel article sur Politique des Havanes, pour qui "le style d’Annocque, d’une trompeuse simplicité (la vraie simplicité, celle qui en bon iceberg, préfère la subtilité du récit – ce qu’on raconte et ne raconte pas, comment on le fait, sur quel ton – plutôt que les lanternes et vessies d’un style pompier), en apparentant une certaine naïveté (perverse, l’air de rien), se permet surtout des délices d’ambiguïté", tandis que Marie-Laure Vanier me rassure : "Philippe Annocque avait mis la barre tellement haut avec l’excellent Pas Liev (chez Quidam) qu’il doit être dans ses petits souliers pour la  sortie d’Élise et Lise : qu’il se rassure ! C’est encore un très bon texte qu’il nous offre là, de ceux sur lesquels on peut avancer différentes interprétations, proposer des lectures plurielles (n’est-ce pas le signe d’un grand texte ?) et comme j’adore débattre sur ce que j’ai lu, alors c’est parfait ! Parce qu’il y a de quoi faire…" - et cette inquiétude de l'après-Pas Liev, je l'avais en effet. Pas Liev, on en parle encore, d'ailleurs, lisez Penvins, lisez Au pouvoir des mots.

mardi 14 février 2017

(et bonne Saint-Machin)

La langue, en nous interdisant en toute logique l’impératif au verbe pouvoir et en nous l’autorisant pour le verbe aimer, accuse discrètement mais joliment notre inconsistance.

Elise et Lise attendent votre déclaration d'amour vendredi à Carcassonne ou jeudi 23 à Paris, les précisions sont juste à droite.