mercredi 13 juin 2018

demande de crédit


Il y a des moments où l'on n'a vraiment pas le temps d'écrire des billets sur les livres qu'on lit et c'est dommage quand ils le méritent. Trouver les mots pour rendre compte c'est pas un truc de rigolo qui prend les choses à la légère. Dire de quoi ça parle ça non car quand ça parle c'est que précisément ça parle aussi d'autre chose. Je pourrais toujours recopier un passage, ça pourrait donner une idée de ce à quoi ça ressemble mais il n'y a pas deux passages pareils alors forcément l'idée serait fausse. C'est un livre sans échantillon fourni. Alors il ne vous reste plus qu'à me faire crédit. C'est un livre fort. Lisez-le. Suites. De Bruno Fern. Aux éditions Louise Bottu.

lundi 11 juin 2018

Il faut le dire quand la nuit tombe.


Voilà. Il y a un moment où il faut bien l'admettre. Un nouveau roman va paraître. Oui, dans le Lot, à l'automne dernier, à la Maison De Pure Fiction, c'était à ça que je travaillais. Il s'appelle Seule la nuit tombe dans ses bras. Non, ce n'est pas très annocquien comme titre. C'est sans doute parce que le roman n'est pas tout à fait de moi. Mais quel est le livre dont on peut dire en toute assurance qu'il est tout à fait de soi ?
Il paraîtra quand même chez Quidam, en tout cas, et à la rentrée dite littéraire qui plus est, le 23 août pour être précis. Il n'est peut-être pas à mettre entre toutes les mains. Mais dans les vôtres, assurément si.


vendredi 8 juin 2018

Double arcane


En attendant des nouvelles davantage de ce monde je pose ici ce Double arcane, dont je n'ai pas envie pour le moment de dire d'où ça sort.



samedi 2 juin 2018

Embauchez plutôt des tardigrades !

« Cent ans ? Une peccadille pour eux. Dessiqués, ils pourraient patienter sans compter jusqu'à ce que les conditions favorables leur donnent le feu vert pour se gorger d'eau et reprendre leur vie active comme si de rien n'était, un sommeil de Belle au bois dormant, le simple baiser d'un matin plus brumisé que les autres, plus appuyé aussi : vingt-quatre heures de mouillette avant de pouvoir reprendre leurs esprits.
Nos entreprises, plutôt que de jeter leurs employés et leurs ouvriers dans les filets du chômage verraient là une occasion en or. Vidangé de son eau, le personnel ne prendrait plus trop de place et ne demanderait pas de soins particuliers si ce n'est de veiller à l'hygrométrie du débarras où il serait remisé. Lorsque la conjoncture s'améliorerait, il suffirait d'organiser un apéritif dînatoire, d'offrir un drink à tout ce petit monde sec pour le remettre d'aplomb avant de l'engager à nouveau, et de conclure le tout par une poignée de main humide. »


… écrit Christine Van Acker dans la Bête à bon dos, récemment paru dans la collection Biophilia des éditions José Corti, et découverte à l'occasion de mon récent séjour en Chapitre Nature. Le tardigrade n'est qu'un des multiples protagonistes de ce bestiaire savant et joueur, et s'il parade en couverture c'est qu'il est à coup sûr, n'en doutez pas, l'avenir de l'homme.


mercredi 30 mai 2018

Nouvelles très brèves (11)


Pierre Andrieux fut embauché aux PTT dès sa sortie de l'école puis il prit sa retraite d'Orange.


dimanche 27 mai 2018

que la route se courbe comme une tige


« Il y a, dit-elle, quelque chose de difficile qui se fait jour. Mes échanges avec cet homme prennent un tour belliqueux. C'est qu'il est fait d'un métal dur ou qu'il a besoin de se garder des chocs, je ne sais pas, en tout cas il faut sans cesse qu'il affirme une suprématie, qu'il pose de l'implacable. C'est comme si on avait usé l'été jusqu'à la corde. Dans quel désert a-t-il relégué la tendresse ? Pourquoi se plaît-il dans ces coupes acérées, ces coupes sombres qu'il opère et dans cette atmosphère raréfiée ? Comprenez-moi, je n'aime pas quand l'accès est trop aisé, quand on me précède sur la route et qu'on m'ouvre grand les chambres et les paradoxes intimes. Mais j'aime que l'alliage se fasse, fluide, évident, et qu'il en résulte des étincelles. Or lui, il barre la route à l'évidence, il semble fait d'un métal pas même rare mais qui n'existe pas ailleurs sur terre. Je m'élance, il répond et soudain quelque chose dans sa réponse fait de moi une silhouette stoppée net. Il m'adresse des mots, en quantité, et de menus cadeaux mais je ne sais pas où il est ni où il me situe. Je ne sais pas si je suis une partenaire, une adversaire, une participante, un jeu ou un enjeu. Suis-je, posée sur sa vie, une plume, volatile, sans poids et sans nécessité ? J'aimerais parfois que la route se courbe comme une tige, comme le dos des enfants dont vous vous occupez.

Que peut-elle savoir des enfants ? Des enfants de Verre ? »

C'est un passage que je viens de découper dans On a brûlé les ruches blanches, de Bénédicte Heim, qui vient de paraître aux éditions Et le bruit de ses talons.



mercredi 16 mai 2018

Chapitre Nature


Nature est le dénominateur commun au festival du Blanc et à mes récentes Notes sur les noms de la nature, qui me valent le plaisir d'être invité à l'édition 2018 dudit festival, Chapitre Nature donc, où je serai présent dès vendredi en fin d'après-midi et tout le week-end, avec lecture de ma pomme le samedi après-midi. Mettez-vous donc au vert ! (Pour se mettre au courant, c'est ici.)

lundi 14 mai 2018

Grève de la faim est-il préférable à Désir d'être en pension ?


Le duo Monomère & Maxiplace appartient à la catégorie des Minizup et Matouvu, petits maigres, gros ventres, clown qui appuie sur le nez de son camarade, tire sur l'élastique de son chapeau.

Quand les dépareillés se démodent (Patron/Secrétaire, Prof/Étudiante), il faut explorer d'autres séductions, une maîtresse récente plus jolie que l'ancienne, un peu plus riche, un amant à qui ne manque aucune dent. La jupe short ne tient pas, même chez les bourgeois monospaces des Yvelines, dont la morale catholique exclut la monoparentalité.



En 2016, la famille Fillon retrouve une France déboussolée, provinciale, en loden. La messe du dimanche ne figure pas dans mon jeu, ni la tête blonde des petits garçons (oreilles dégagées). Les jupettes bleu marine, non plus.

La famille Citoyenne a dispersé ses enfants dans la masse des électeurs : rejetons récalcitrants, filles de la semaine et fils du samedi (la valise dans l'entrée).

Pourquoi le vocabulaire lié au divorce est-il militaire ?

Garde alternée, garde à vue, pension alimentaire...

Grève de la faim est-il préférable à Désir d'être en pension ?

Véronique Pittolo, Monomère & Maxiplace, éditions de l'Attente, 2018.