lundi 9 juillet 2018

un autre livre


Denis Diderot, Gustave Flaubert, Henrik Ibsen, Italo Calvino, Pierre Jourde, Céline Minard, d'autres auxquels je ne pense pas, d'autres aussi que je ne connais pas, forcément, ont en commun de ne pas se ressembler. Ni entre eux, ni eux avec eux-mêmes. Une nécessité pousse à chaque fois, ou en tout cas le plus souvent, vers autre chose, une autre forme où être soi-même encore, mais différemment. Ce n'est pas à mes yeux un critère de qualité, mais ça dessine une sorte de vague famille où je me reconnais.
A la rentrée va paraître Seule la nuit tombe dans ses bras. Qu'il soit chez Quidam ne doit pas vous tromper : Quidam est l'éditeur pour lequel la différence formelle qui traverse mon travail fait sens (et je lui en sais gré, j'en ai connu avant lui aux yeux desquels publier des livres aussi disparates en apparence semblait vaguement monstrueux).
Donc à la rentrée prochaine paraîtra Seule la nuit tombe dans ses bras. Les lecteurs de Pas Liev vont être surpris. Mais aussi ceux de Monsieur Le Comte au pied de la lettre, ceux de Vie des hauts plateaux, ceux de Notes sur les noms de la nature, ceux de Mémoires des failles. Sans parler de ceux de Chroniques imaginaires de la mort vive. Mais peut-être que ceux qui les ont tous lus déjà, et les trois ou quatre non cités parce que ça va bien comme ça, peut-être que ces lecteurs-là se diront que finalement si, il fallait s'y attendre, un jour ou l'autre, à ce que je sorte un truc comme ça. Ce jour approche : ce sera le 23 août.
Il y sera question d'identité, du rapport à la réalité, de la relation des mots aux choses. Mais ça on ne le verra qu'après. Ce n'est pas du tout comme ça qu'on résumera le livre.



dimanche 8 juillet 2018

Nouvelles très brèves (15)


Le 8 juillet la famille Plotin partit en vacances à la Baule où ils prirent douze bains de mer avant de rentrer le 29 juillet à Viry-Chatillon.



vendredi 6 juillet 2018

six pieds devant




Cette joyeuseté-là sort d'une Vie et opinions parue aux éditions Le Quartanier et signée d'un certain Gottfried Gröll dont Christophe Manon a décidé d'assumer l'identité depuis que le texte est joyeusement reparu en 2017 au Dernier Télégramme.


mercredi 4 juillet 2018

Nouvelles très brèves (14)


Hier je me suis sauvé de l'école maternelle. Demain je n'irai pas à mon rendez-vous avec mon conseiller Pôle-Emploi.


mardi 3 juillet 2018

Aux moindres creux de la terre l'eau fait des vasques


Aux moindres creux de la terre l'eau fait des vasques
elle trouve sa vaisselle aux ornières des chemins
d'une feuille morte elle fait sa coupe d'argent
dans un pneu elle a sa table mise
les flaques sont son frac, sa livrée d'apparat
et si l'eau est partout son habit propre
qu'en chaque mare elle a son palais
c'est que se recueillir lui est un luxe et un bien nécessaire

Laurent Albarracin, À, éditions le Réalgar, 2017.
C'est dans la collection l'Orpiment, et illustré par Jean-Pierre Paraggio.


lundi 2 juillet 2018

Nouvelles très brèves (13)


A celle-ci au moins il voulait une fin heureuse. Alors il l'écrivit : « fin heureuse ».



dimanche 1 juillet 2018

la langue ficourche


Pierre Repp Bégayer, exister, écrire, est un essai sur Pierre Repp en Lacan du terrain, tout en étant le récit de l'écriture d'un essai sur Pierre Repp, tout en étant un livre sur Le Golvan lui-même, Le Golvan écrivant sur Pierre Repp et Le Golvan écrivant sur Le Golvan qui peut-être, on ne sait jamais avec la langue, est Pierre Repp aussi ; sans pour tout cela cesser d'être un essai sur Pierre Repp, tout simplement et très agréablement un essai sur Pierre Repp. Vous me suivez ? Je n'ai pourtant la langue ficourche. La langue n'a pas besoin de moi pour être ficourche. Elle l'est par nature. Personnellement j'en suis persuadé, et ravi de voir Pierre Repp en révélateur. Essayez donc de dire quelque chose. Allez ! Vous voyez ? Vous avez dit autre chose.
Pierre Repp Bégayer, exister, écrire, est préfacé par Dany-Robert Dufour et publié aux éditions Sipayat.