J’ai
quarante-deux ans
un mardi
nuages bas, grisaille sur la ville
J’ai
manifestement
la fâcheuse manie de tout foirer
de ne rien faire aboutir
de trouver chaque jour de nouvelles raisons de me
lancer de nouveaux défis
de découvrir des univers
du coup d’à peine les découvrir
J’ai
des revenus d’intérimaire satisfaisant quand il le
faut, peu aliénants
mon frigo toujours plein
pas de frustration de consommateur
le contact facile
pourtant des doutes sur le déroulement de ma vie
J’ai
quotidiennement une interrogation sur mon taux
affiché de bonheur
quotidiennement supplanté par de nouvelles
passions
étudier la langue chinoise
tout savoir sur le requin-lutin, partir en voir
acheter un berger australien et se lancer dans
l’Agility
apprendre à souder, à tricoter, à faire le meilleur
Negroni
C’est un extrait d’un des dix PNJ de PNJ, le livre d’Eric Arlix récemment paru aux éditions JOU. Personnellement j’aime les PNJ ; ils représentent bien l’opacité d’autrui. Avec PNJ, on passe cette frontière – et on aime les PNJ.

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