lundi 24 novembre 2014

Le casque et la plume



La guerre est déclarée. Rendez-vous compte : un écrivain majeur qu’on avait pour certains réussi à tenir depuis plus de trente ans dans une relative obscurité et pour d’autres ignoré complètement sans se poser de questions s’est vu attribuer l’un des prestigieux prix littéraires de l’automne, auxquels plus personne ne croit mais qui dans l’ensemble permettent de donner l’illusion au plus grand nombre que la littérature française contemporaine ce serait ceci, alors qu’en fait non pas du tout. Je n’en trouve plus mes mots. Le temps que je les cherche, écoutez donc le Masque et la Plume évoquer le prix Médicis de Volodine, vous comprendrez. Et puis tiens,  lisez ce qu’en dit Claro, qui a dégainé avant moi.
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Bon. (J’écris en direct, hein.) Je vois qu’un commentateur du Clavier cannibale dit que cette émission lui a donné envie de lire Terminus radieux. Il a deux fois raison, dans son envie bien sûr et aussi en affirmant que cette émission peut donner envie de lire le livre. Le meilleur défenseur malgré lui dans cette affaire étant sans doute Arnaud Viviant, dont l’étalage de bile est tel qu’il laisse lire entre les lignes. C’est clair qu’il se passe quelque chose d’inadmissible à ses yeux. Sa vulgarité parle d’elle-même, et c’est dommage que la plupart des auditeurs ne puisse pas la mettre en regard avec la discrétion et de la modestie de Volodine lors de ses apparitions en public. Que Volodine puisse susciter tant d’aigreur, ça intrigue. Que le lecteur ne se laisse pas arrêter non plus par Jérôme Garcin, qui trouve le livre difficile. Visiblement cet homme est fatigué, ça peut arriver à tout le monde. Volodine est un auteur à coup sûr différent mais vraiment très accessible, et Terminus radieux (qui, rappelons-le, doit quelque chose à Ilia Mouromietz et le rossignol brigand de son hétéronyme Elli Kronauer, publié à l’Ecole des Loisirs, mais oui, même les enfants peuvent lire Volodine) est au contraire l’un des livres les plus accessibles de son auteur, et c’est d’ailleurs sans doute ce qui a emporté la décision du jury : c’est une très bonne entrée dans l’univers de Volodine pour les lecteurs qui ne le connaîtraient pas encore. Un petit mot quand même pour Olivia de Lamberterie, pour qui personne n’a lu Volodine, carrément : on retrouve là ce trait magistral de l’ignorance érigée en guise d’argument, cher aussi par ailleurs à Patrick Besson et à Etienne de Montéty ; on peut la féliciter.


6 commentaires:

  1. Plongee depuis hier dans ce livre : diffficile ??? Non, Difficile d'interrompre la lecture, oui. Laisser de côté la critique et ses péroraisons. Lire le livre d'abord (il ne s'oubliera pas). Ce ne sont ni le post-exotisme ni la lecture systématique des prix de l'automne qui m'ont conduite chez lui, mais un intérêt de longue date pour la steppe... Prochaines lectures Olivier Rolin er les livres pour enfants d'Alexrandre Volodine.

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    1. Oui, c'est un préjugé qui colle systématiquement aux auteurs dont le travail n'est pas immédiatement identifiable. Il existe des livres plus ou moins faciles d'accès, c'est vrai (sans que ça ait un quelconque rapport avec la qualité du livre), et même chez Volodine, qui est dans l'ensemble un auteur très abordable, on peut trouver que Des anges mineurs par exemple peut dérouter pour une découverte de l'auteur, mais ce n'est absolument pas le cas pour Terminus radieux. En même temps, affirmer lors d'une table ronde que le livre est difficile c'est placer implicitement le contradicteur en position de pédant ; il y a une forme de rouerie dans l'affaire.

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  2. En maintes occasions, car elle existe depuis des lunes, cette émission, j'ai été stupéfiée des propos que j'ai pu y entendre. Je n'ai jamais tenu compte des avis qui y étaient donnés....

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  3. Terminus Radieux est comme le dit le critique de la Croix, le grand livre du XXI e siècle, c'est une évidence pour ceux et celles qui portent encore les brûlures de ce chef-d'œuvre des mois après sa lecture.

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    1. Mais il ne faudrait pas trop que ça se sache.

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