J’aime
marcher. Sur les trajets quotidiens cependant, parfois, marcher ne me
suffit pas ; alors il m’arrive de courir (qu’on ne se méprenne pas :
rien de sportif là-dedans), ou de
lire en marchant. Tout à l’heure, en rentrant de la gare (en
rentrant du Marché),
je me suis mis
à courir. Et puis je me suis arrêté de courir et je me suis mis à
lire. J’ai lu : « Il reprend l’habitude de courir. » C’est pas une
blague : c’est à la page 75 de
Retour aux mots sauvages.
samedi 20 novembre 2010
dimanche 14 novembre 2010
être au courant de l’actualité, c’est important
Il paraît que François Fillon vient d’être (re)nommé Premier Ministre. Je ne sais pas pourquoi
cette nouvelle (?) me fait penser à l’attribution du Prix Goncourt à Michel
Houellebecq.
Ce billet est le 602e de ces Hublots. On a l’actualité qu’on peut.
Commentaires
Malgré tout, à choisir, je prendrais Houellebecq. Parce que l'autre, vraiment, si propret.
Commentaire n°1
posté par
Dominique Boudou
le 14/11/2010 à 15h58
Bien d'accord. C'est plutôt ces annonces, si vides de sens...
Réponse de
PhA
le 14/11/2010 à 16h15
602è!!! Hum. Oui on a l'actualité qu'on peut;-)
Ayé j'ai fini Monsieur le Comte. C'est fou, il m'a parfois fait penser à Monsieur Cousin si vous voyez de qui je veux parler. Pardon, je sais que c'est moche de faire des comparaisons mais sachez que j'ai adoré Monsieur Cousin.
Monsieur le Comte joue avec les mots de manière virtuose. Bravo.
Ayé j'ai fini Monsieur le Comte. C'est fou, il m'a parfois fait penser à Monsieur Cousin si vous voyez de qui je veux parler. Pardon, je sais que c'est moche de faire des comparaisons mais sachez que j'ai adoré Monsieur Cousin.
Monsieur le Comte joue avec les mots de manière virtuose. Bravo.
Commentaire n°2
posté par
Ambre
le 14/11/2010 à 16h36
602 ! Ce n'est pas formidable, 602 ? (Remarquez je ne suis même pas
sûr que ce soit vraiment 602, il faudrait vérifier.) (Monsieur Le Comte
vous embrasse.)
Réponse de
PhA
le 14/11/2010 à 21h26
L'actualité nous joue de ces tours !... (Pour le Goncourt, j'avais misé sur Paul Guth et pour Matignon, j'attendais Maurice Couve de Murville...)
Commentaire n°3
posté par
Gilbert Pinna
le 14/11/2010 à 16h52
C'est un concept moderne, ça s'appelle l'actualité par le vide.
Réponse de
PhA
le 14/11/2010 à 21h32
Peut-être qu'il faudrait ignorer ces "non-événements" ? (ça occupe les journalistes)
Commentaire n°4
posté par
espace-holbein
le 14/11/2010 à 17h54
Tout de même, j'ai de quoi me réjouir. Moi qui ai commis quelques
romans dans lesquels il ne se passe rien, je me sens complètement en
phase avec l'air du temps.
Réponse de
PhA
le 14/11/2010 à 21h35
(...) Un train qui roule, La vie s'écoule... vie du rail certes mais pas de fascination on s'allonge pas.
La vie est-elle encore "variable aussi bien que l'Euripe" (disait le même poète) ?
Réponse de
PhA
le 14/11/2010 à 21h41
Il paraît aussi que Drucker revient le samedi soir. Obscurément, tous ces non-évènements ne sont pas sans rapport.
Commentaire n°6
posté par
L'entrée des Sauvages
le 14/11/2010 à 20h59
Obscurément, je suis complètement d'accord : du fond de mon esprit
embrumé je distingue quand même par instant le sourire narquois de
l'anesthésiste.
Réponse de
PhA
le 14/11/2010 à 21h50
Je ne comprends pas cet acharnement (et ce dessin malodorant) contre l'immense écrivain qu'est Alain Juppé.
Il avait raté de peu le prix Goncourt en 2009 avec son délicieux Je ne mangerai plus de cerises en hiver... (Plon), mais il va pouvoir prendre désormais des notes - tout en exerçant son nouveau job - pour un futur opus qui devrait, cette fois-ci, remporter le prix de l'Académie française en 2011.
D'ailleurs, il a déjà dû commencer à en rédiger une trentaine de pages car il n'a plus le temps, depuis quelques semaines, de mettre son petit blog à jour.
Le titre serait Un noyau en travers de la gorge (Plon, derechef du gouvernement).
Alors, laissez les écrivains écrire et les hommes politiques politiser !
Il avait raté de peu le prix Goncourt en 2009 avec son délicieux Je ne mangerai plus de cerises en hiver... (Plon), mais il va pouvoir prendre désormais des notes - tout en exerçant son nouveau job - pour un futur opus qui devrait, cette fois-ci, remporter le prix de l'Académie française en 2011.
D'ailleurs, il a déjà dû commencer à en rédiger une trentaine de pages car il n'a plus le temps, depuis quelques semaines, de mettre son petit blog à jour.
Le titre serait Un noyau en travers de la gorge (Plon, derechef du gouvernement).
Alors, laissez les écrivains écrire et les hommes politiques politiser !
Commentaire n°7
posté par
Dominique Hasselmann
le 15/11/2010 à 09h16
Je les laisse bien volontiers.
Réponse de
PhA
le 15/11/2010 à 20h29
ne trouve rien de spirituel à rajouter, me contente de battre des deux mains!
Commentaire n°8
posté par
petite racine
le 15/11/2010 à 14h14
Qui donc ?
Réponse de
PhA
le 15/11/2010 à 20h30
moi même, confondue dans ma béate admiration de Monsieur le Comte qu'enfin je dévore!
Commentaire n°9
posté par
petite racine
le 15/11/2010 à 21h11
Laisse le bout du nez pour l'ex-bibliothécaire !
Réponse de
PhA
le 16/11/2010 à 07h37
vendredi 12 novembre 2010
la mesure de la perte
Planté
seul au milieu du trottoir, un petit garçon hurle et réclame sa mère.
Quelqu’un s’approche. Un membre de la
famille ? Un passant ? Il caresse la tête de l’enfant, se penche,
lui parle, parvient à le calmer. A l’incidence, sa mère ne peut pas être
très loin et, selon toute vraisemblance, elle
cherche aussi son fils. Mais une idée folle surgit dans l’esprit du
témoin : et si la terreur du petit garçon était justifiée ? Et si sa
mère ne devait plus reparaître ?
Les
hurlements et les larmes ont cessé. Le visage de l’enfant n’en reste
pas moins ravagé : traits figés, regard fixe, yeux
rougis, petits hoquets. L’enfant approuve d’un mouvement de tête
tout ce qu’on lui dit mais sans se laisser distraire pour autant : les
mots ne sont que de petites bulles. En dépit de leur
sens, ils ne disent vraiment que l’absence. On répète à l’enfant que
sa mère va revenir, mais il n’a que faire d’une promesse. Ce qu’il
veut, c’est sa mère. Malgré tous les réconforts, la terreur
de l’enfant s’incruste. Plus l’adulte fait d’efforts pour
convaincre, plus l’enfant lutte contre de nouvelles larmes. Faut-il
demander à l’adulte de se taire ? Ne comprend-il pas que sa
douceur ne fait que donner la mesure de la perte et l’entériner ?
Marcel Cohen, Faits, III Suite et fin, XXX, p. 97-98, Gallimard, 2010.
Ce trentième ci-dessus est bref mais si l’on faisait une moyenne, les textes qui constituent ce dernier tome des Faits
de Marcel Cohen sont plutôt plus longs que les précédents. Ou plutôt :
certains sont
plus longs, ce qui donne à l’auteur la possibilité de montrer
comment, d’un instant à l’autre, quelque chose d’essentiel se passe
juste dans l’esprit, comme un nuage passe devant le soleil,
quelque chose comme une prise de conscience, pas nécessairement
définitive, à la vue d’un reflet dans une toile d’araignée, d’une rue où
l’on ne voit les immeubles que par derrière, d’une femme
par la fenêtre de sa cuisine, alors que l’esprit devrait être requis
par d’autres sujets. Aventure intérieure et minuscule, au sens où pour
un peu elle échapperait à l’attention. C’est pour ça
sans doute qu’il faut pour la dire cette écriture qui ne cherche pas
l’effet, sans fiction ni personnages autres que quelques personnes
réelles comme l’anecdote racontée (dont témoignent les
notes en fin d’ouvrage), ou ce même « un homme » anonyme que dans
les Faits précédents, dont il n’est pas du tout sûr que ce soit toujours le même, peu importe, c’est ce qui
parvient à être dit qui importe.
Un article de Patrick
Kéchichian.
Commentaires
Ce qu'il veut, c'est sa mère. Ce vouloir furieux, cette saignée blanche, sans fond qu'aucun atermoiment ne peut soulager.
Commentaire n°1
posté par
Gilbert Pinna
le 12/11/2010 à 20h01
Il sait d'instinct ce que signifie perdre sa mère. Par la suite il l'oubliera, puis ça lui reviendra.
Réponse de
PhA
le 12/11/2010 à 22h26
... euh... atermoiement... (il avait glissé).
Commentaire n°2
posté par
Gilbert Pinna
le 12/11/2010 à 20h08
Voilà qui finit de me convaincre. J'ai bien envie d'appartenir à ce
cercle réduit de lecteurs d'un auteur aussi confidentiel (selon P.
Kechichian). Cet enfant je l'ai été, mon fils l'é été et
j'ai sans doute murmuré à un enfant ou un autre des mots vains,
incapapables de faire cela: surgir le miracle du retour de la mère.
Je ne me rends pas bien compte de la renommée de Marcel Cohen. Je
sais juste que ce qu'il écrit me touche, toujours au plus juste. (J'aime
aussi sa réponse à mes questions sur le sujet.)
Réponse de
PhA
le 12/11/2010 à 22h33
perdre quelqu'un, comment être sujet de ça, ils sont partis, impossible arrangements avec le sentiment de l'abandon.
Et la raison
- n'y peut rien.
- n'y peut rien.
Réponse de
PhA
le 13/11/2010 à 13h34
Un auteur confidentiel chez Gallimard... j'aimerais être tout aussi confidentiel! (Mauvais esprit, es-tu là?)
Oh, je crois qu'on peut être un auteur très confidentiel (encore une
fois je ne me rends pas compte de ce qu'il en est pour Marcel Cohen),
même dans une grande et prestigieuse maison d'édition ;
il y aurait beaucoup à dire là-dessus.
Réponse de
PhA
le 13/11/2010 à 18h08
Cela peut-être aussi le jeu du fort da cher à Freud, symboliser la
disparition l'apparition de l'autre ou l'absence sur fond de présence,
il faut du temps pour çà, et nous en pleurons peut-être
encore en cachette.
Commentaire n°6
posté par
Marie
le 13/11/2010 à 20h30
Non dit : qu'en est-il de la mère - du témoin ?
Réponse de
PhA
le 13/11/2010 à 22h06
lundi 8 novembre 2010
Le Goncourt, c’est utile.
Michel Houellebecq, ou plutôt son dernier livre, vient,
viennent donc d’être récompensé(s) par le Prix Goncourt 2010.
C’est une information capitale : voici l’indispensable confirmation que
ce best-seller – est un best-seller. Il
va falloir l’acheter, pour donner son opinion. Parce que c’est très
important d’avoir une opinion sur le dernier Houellebecq, et d’avoir une
opinion sur le dernier Goncourt. Et c’est mal d’avoir
une opinion sur un livre sans l’avoir lu.
Moi
j’ai déjà lu deux livres de Houellebecq. C’est énorme, si l’on
considère tous les auteurs dont je n’ai rien lu du tout. Et, tiens,
si je cherche, je n’ai pas une opinion, mais deux : une pour chacun des
deux livres en question. Assez différentes,
d’ailleurs. Qui me suffisent, je n’ai pas beaucoup de goûts pour les
opinions – ou plutôt : je n’ai guère de goût pour cette idée qu’il
faille se faire son opinion. Et puis, je ne
peux pas m’empêcher de trouver cette idée de se réunir à plusieurs
pour dire quel livre c’est le plus beau, quel livre c’est le meilleur à
mettre en grosse pile enrubannée sur les tables des
libraires, de trouver cette idée, disais-je, comment dire : un peu
cucul. Et même un peu la praline.
Je préfère me réunir avec moi-même, je suis bien assez nombreux
comme ça, et vous dire que Faits III, par exemple, (de Marcel Cohen) dans lequel je suis actuellement, eh bien, nous l’aimons, tout simplement.
Aujourd’hui, ce blog a deux ans. En voilà une information importante.
Commentaires
Bon anniversaire à tous : aux hublots, à Monsieur le Comte et sa
moitié, à vous et à vous-même, bref, à cette petite assemblée générale,
toute en vous réunie.
Commentaire n°1
posté par
Gilbert Pinna
le 08/11/2010 à 15h09
Merci, merci. Demain matin en me réveillant, je pourrai déclarer "la séance est levée".
Réponse de
PhA
le 08/11/2010 à 22h07
Ainsi vous partîtes seul, vous arrivâtes plusieurs! La troupe
s'enrichit de nouvelles recrues à chaque étape... quelle armée! quelle
implacable armée!!
Deux ans, et toutes vos dents! plus quelques autres aiguisées, tranchantes! Sans parler des plumes bien-sûr!
Le prix Goncourt? Une vieillerie non? Sauf dans le XVI° arrondissement de Paris... peut-être?
Deux ans, et toutes vos dents! plus quelques autres aiguisées, tranchantes! Sans parler des plumes bien-sûr!
Le prix Goncourt? Une vieillerie non? Sauf dans le XVI° arrondissement de Paris... peut-être?
Tiens, le Cid ! Vous l'avez croisée chez Monsieur Le Comte ? (il y est en effet).
Réponse de
PhA
le 08/11/2010 à 22h11
Houellebecq a le G et sa copine le R. La vie est bien faite.
pendant que j'écris j'entends MH exprimer sa surprise !!!
Je connaissais le linguiste mais pas l'écrivain Cohen
Bon anniversaire aux Hublots, derrière lesquels il fait bon regarder
pendant que j'écris j'entends MH exprimer sa surprise !!!
Je connaissais le linguiste mais pas l'écrivain Cohen
Bon anniversaire aux Hublots, derrière lesquels il fait bon regarder
Réponse de
PhA
le 08/11/2010 à 22h14
Les yeux mouillés de larmes [salées] et d'écume, à cause des Hublots (aniv) = je vais le dire à ma mer.
Commentaire n°4
posté par
espace-holbein
le 08/11/2010 à 18h32
Et entendre ses vagues réponses.
Réponse de
PhA
le 08/11/2010 à 22h17
Bon anniversaire! M. le comte a tant posté et tant construit derrière les hublots que je le croyais plus vieux que ça...
Merci ! (C'est vrai que Monsieur Le Comte fait beaucoup plus vieux que son âge, le pauvre.)
Réponse de
PhA
le 08/11/2010 à 22h18
Très très bon anniversaire à vous et aux hublots, du merveilleux, plein les mirettes.
Marie
Marie
Commentaire n°6
posté par
Marie Guegan
le 08/11/2010 à 22h20
Tiens, Marie ! ça faisait longtemps. Merci beaucoup, et pour la visite !
Réponse de
PhA
le 08/11/2010 à 22h22
Que les artifices fassent feu de tes hublots ! Andiamo et longue vie !
Commentaire n°7
posté par
Pascale
le 08/11/2010 à 23h17
Merci Pascale ! (Et merci pour samedi !)
Réponse de
PhA
le 09/11/2010 à 13h09
Très bon anniversaire et très longue vie aux hublots !
Merci Marraine !
Réponse de
PhA
le 09/11/2010 à 13h10
AIGRI ! JALOUX !
(Ne pa se fier aux apparences : en fait, c'est que je me suis dit à moi-même en apprenant qu'on avait épuisé le premier tirage de Monsieur le Comte.)
Bon anniversaire !
(Ne pa se fier aux apparences : en fait, c'est que je me suis dit à moi-même en apprenant qu'on avait épuisé le premier tirage de Monsieur le Comte.)
Bon anniversaire !
Tiens, le parrain ! Pour les remerciements, Monsieur Le Comte se joint à moi (par la figure).
Réponse de
PhA
le 09/11/2010 à 13h12
C'est CE que. Le dépit m'égare. ^^
Les errances des égarés dépités font parfois de belles bal(l)ades.
Réponse de
PhA
le 09/11/2010 à 13h14
Deux ans seulement ! On a l'impression que ces Hublots naviguent depuis plus longtemps, ils font partie du paysage marin.
Houellebecq : sa veulerie et son j'enfoutisme (sur France Inter en ce moment) ne poussent pas à acheter sa dernière "production". Il a eu une "crise de masochisme", mais fait preuve, en tout cas, d'un sadisme médiatique assez important.
"La coupe du Monde, sans Thierry Roland, c'est moins bien, c'est pas pareil du tout" : tirez l'échelle (pas celle de Monsieur Le Comte).
Houellebecq : sa veulerie et son j'enfoutisme (sur France Inter en ce moment) ne poussent pas à acheter sa dernière "production". Il a eu une "crise de masochisme", mais fait preuve, en tout cas, d'un sadisme médiatique assez important.
"La coupe du Monde, sans Thierry Roland, c'est moins bien, c'est pas pareil du tout" : tirez l'échelle (pas celle de Monsieur Le Comte).
Commentaire n°11
posté par
Dominique Hasselmann
le 09/11/2010 à 08h58
Il faut quand même dire qu'en 2005, je ne connaissais même pas
l'existence d'Internet. (Houellebecq, c'est peu comme le Goncourt : un
faux sujet. Il faudrait n'en plus parler pour le laisser
écrire ; alors, on verrait.)
Réponse de
PhA
le 09/11/2010 à 13h19
Joyeux anniversaire ! C'est important de le fêter. Je vous félicite
en plus pour votre bonne mine réjouissante sur les photos.
Si MH est notre Balzac (un critique), alors Balzac est prix Goncourt. La nouvelle devient scoop.
Si MH est notre Balzac (un critique), alors Balzac est prix Goncourt. La nouvelle devient scoop.
Commentaire n°12
posté par
David Marsac
le 09/11/2010 à 09h06
N'est-ce pas ? Je comprends que je devienne un objet publicitaire.
Que pense Balzac du Prix Goncourt ?
Que pense Balzac du Prix Goncourt ?
Réponse de
PhA
le 09/11/2010 à 13h20
En tant qu'exégète (du dimanche), je crois comprendre pourquoi tu t'intéresses tant à Faits...
Du dimanche, sans aucun doute - mais extra-lucide.
Réponse de
PhA
le 09/11/2010 à 13h21
Bon anniv et bravo pour la régularité des billets, dont on ne se lasse pas... Ce phénomène des prix est étrange : tout le monde s'en gausse et se plaît à dénoncer les connivences, bien sûr, mais également l'idée qu'un « auguste aréopage », qui n’est en réalité qu’un aréopage d’Augustes, preuve est faite chaque année, puisse sans coup férir ravir notre propre jugement et lui substituer leur médiocre verdict (et je ne parle pas seulement du laurier final, mais des ‘listes’ de présélectionnés forcément limitatives : une évidence, qui frappe au passage de caducité les honteusement prémâchés ‘prix des lecteurs’, façon France Inter, désolé de l’écrire). Et pourtant chaque année, même tintouin, même commentaille, même rangée d’honneur autour des lauréats, mêmes entourloupes médiatiques – j’ai par exemple eu la douleur d’entendre ce matin mon éditrice du Rouergue, Sylvie Gracia, interviewée à propos du Goncourt, sur France Inter. A son corps défendant (on l’interroge sur Claudie Gallay, on coupe ce qui a été dit, on prend ce qui intéresse, on le colle au bon moment et le tour est joué) elle accréditait l’idée stupide, scandaleusement mensongère, formulée dix secondes plus tôt par un journaleux, qu’un best seller est de l’ordre du miracle et non de la préfabrication et qu’un prix peut être attribué à un tout petit éditeur.
Commentaire n°14
posté par
jf paillard
le 09/11/2010 à 10h03
Le fond de ma pensée, c'est que le Goncourt et les prix qu'il a
générés autour de lui sont devenus une nuisance pour la littérature, et
ça concerne aussi très souvent les auteurs primés. On sent
jusque dans certaines écritures comme une torsion vers l'éventualité
d'un prix, qui passe par un formatage mortifère, encouragé par les
éditeurs qui savent pouvoir le décrocher. Bref, c'est assez
déprimant.
Réponse de
PhA
le 09/11/2010 à 13h30
...mais oublions cela et réjouissons-nous de l'insolente vitalité de bien d'autres formes de littérature...
Commentaire n°15
posté par
jf paillard
le 09/11/2010 à 13h37
Tout à fait, Jean-François ; c'est d'ailleurs d'abord pour ces sortes de réjouissances que j'ai ouvert ces Hublots.
Réponse de
PhA
le 09/11/2010 à 13h58
Ils pourraient donner le prix Goncourt à télé 7 jours - ça me ferait le même effet.
(Ne le répète pas mais je sais de source sûr que Télé 7 jours sera dans la sélection du Goncourt 2011.)
Réponse de
PhA
le 09/11/2010 à 13h59
j'ai jamais lu de H. (j'écris H parce que j'ai peur de faire une
faute)... qu'un eptit texte qui n'était pas mal, il y a fort lgtps et
que j'ai un peu oublié... mais ma mémoire n'est pas garante
de la qualité du texte...
En revanche, je suis sidérée de voir que j'ai mis les presque mêmes bougies sur la page de mon blog pour des raisons presque similaires! (un an seulement, et le 9) Juré, je n'avais pas lu le vôtre avant!!
Alors : bon anniv!
En revanche, je suis sidérée de voir que j'ai mis les presque mêmes bougies sur la page de mon blog pour des raisons presque similaires! (un an seulement, et le 9) Juré, je n'avais pas lu le vôtre avant!!
Alors : bon anniv!
Mais moi aussi j'ai lu un bon livre de H, et un mauvais. Ce qui m'énerve, c'est l'idée qu'il faille lire tel ou tel. (Ces bougies, ces petits coeurs et ces noeunoeuds, je trouvais que ça
allait bien avec l'idée que je me fais du Goncourt, en fait.) Merci !
Réponse de
PhA
le 09/11/2010 à 16h30
À mon avis, le Goncourt a pour principale fonction de catalyser les
contestations et de concentrer contre lui les mécontentements. Dans
l'espace littéraire, il est une sorte de paratonnerre à
siphonner les énergies. D'où l'importance d'organiser les
courts-circuits, les shuntages, les détournements en tous genres, les
impasses, les virages dans les décors.
Personnellement, je pense que MH est le plus grand des écrivains français depuis Balzac. J'en parle avec d'autant plus de détachement que je n'ai lu aucun de ces livres. J'ai pourtant la certitude que MH est la réincarnation de Balzac sous le nom de Kol Osher, auteur du best-seller BALZAC REVIENT.
Personnellement, je pense que MH est le plus grand des écrivains français depuis Balzac. J'en parle avec d'autant plus de détachement que je n'ai lu aucun de ces livres. J'ai pourtant la certitude que MH est la réincarnation de Balzac sous le nom de Kol Osher, auteur du best-seller BALZAC REVIENT.
Commentaire n°18
posté par
David Marsac
le 09/11/2010 à 17h52
Monsieur Le Comte est épuisé???!!! ... Ça se conçoit très bien après tou! Bravo, Philippe!!
C'est à l'épuisement qu'on reconnaît le champion.
Réponse de
PhA
le 09/11/2010 à 20h53
En tapant Afzien, pour vérifier si c'était lui - du coup je ne sais pas, dans Google images, je tombe sur
Commentaire n°20
posté par
Pascale
le 09/11/2010 à 21h49
(C'est Ferdi Kubler. Il n'a jamais eu le Prix Goncourt - mais il a gagné le Tour de France !)
Réponse de
PhA
le 10/11/2010 à 12h03
On ne m'avait jamais dit qu'il "fallait" lire Houellebecq. Ses
premiers romans il fallait presque les lire sous le manteau, ceux qui
n'avaient jamais rien lu de lui le traitaient de pervers et ne
savaient rien de son style, de son écriture et ne parlons pas de ses
poèmes.. Des c... si je puis me permettre. Lire avant de médire.
J'aime cet écrivain. Je n'achète jamais un
livre parce qu'il a eu le Goncourt. Il se trouve que j'ai lu La carte et le territoire avant qu'il ne l'obtienne et que je l'ai aimé mais il n'avait pas besoin du Goncourt, d'ailleurs
ses précédents romans méritaient, s'il le fallait, le prix Goncourt bien plus que ce dernier.
On peut aimer l'écrivain Annocque et l'écrivain Houellebecq
Bon anniversaire Messieurs les Hublots;-)
On peut aimer l'écrivain Annocque et l'écrivain Houellebecq
Bon anniversaire Messieurs les Hublots;-)
Commentaire n°21
posté par
Ambre
le 09/11/2010 à 23h05
Mais oui : moi-même j'ai aimé Extension du domaine de la lutte. Ce que je n'aime pas, c'est ce que représente le Goncourt.
(Merci !)
(Merci !)
Réponse de
PhA
le 10/11/2010 à 12h10
(Mince, l'image a disparu ! C'était un gros monsieur en maillot sur un petit cannot... :http://gewebkijk.punt.nl/?r=1&id=561209)
Commentaire n°22
posté par
Pascale
le 09/11/2010 à 23h27
Il a disparu même de ton lien, dirait-on.
Réponse de
PhA
le 10/11/2010 à 16h23
@ David Marsac : vous avez raison, Houellebecq = Jean Mineur publicité, Balzac 001...
Commentaire n°23
posté par
Dominique Hasselmann
le 10/11/2010 à 12h06
@ Dominique Hasselmann : Dans la famille "Pub mythique". Bonne pioche !
Commentaire n°24
posté par
David Marsac
le 10/11/2010 à 21h40
@ David Marsac : ce qui est bien, c'est qu'ils ont quand même gardé
l'essentiel (malgré la modernisation du film avec ce tapis roulant en
forme de travelling) : la musique !
Je remets aussi le numéro en plus lisible - j'avais oublié un zéro, celui destiné à Houellebecq, chantre de Sarkozy :
Balzac 0001
Je remets aussi le numéro en plus lisible - j'avais oublié un zéro, celui destiné à Houellebecq, chantre de Sarkozy :
Balzac 0001
Commentaire n°25
posté par
Dominique Hasselmann
le 11/11/2010 à 05h54
Bon anniversaire, monsieur Hublots !
Je vous souhaite:
- de rester du bon côté du hublot.
- de ne pas voir celui-ci se voiler, formule empruntée à Sollers, par le conformisme ambiant, et probablement durable, hélas.
- un joyeux et tonitruant onze novembre !
Je vous souhaite:
- de rester du bon côté du hublot.
- de ne pas voir celui-ci se voiler, formule empruntée à Sollers, par le conformisme ambiant, et probablement durable, hélas.
- un joyeux et tonitruant onze novembre !
Commentaire n°26
posté par
Dominique Autrou
le 11/11/2010 à 10h48
Merci pour vos voeux, Dominique ! (Vous avez compris que du conformisme je n'aime ni l'isme ni le con.)
Réponse de
PhA
le 11/11/2010 à 14h40
OUi le Goncourt c'est utile, comme les Césars, les 7 d'or, les hots
d'or, les Molières et autres niaiseries du talent auto proclamé et de
l'auto satisfaction des habitués de salons parisiens...
Félicitations pour les 2 ans de ce blog !
Aralf
http://les-jardins-d-aralf.over-blog.fr/
Félicitations pour les 2 ans de ce blog !
Aralf
http://les-jardins-d-aralf.over-blog.fr/
C'est pour faire plaisir à Michel que vous comparez le Goncourt aux Hots d'or ?
(Merci !)
(Merci !)
Réponse de
PhA
le 12/11/2010 à 11h06
Le livre de Houellebeq ? Je le lirai peut-être dans deux ans ou
trois ou pas du tout. Pour le moment je relis Simenon et c'est très
bien.
Commentaire n°28
posté par
Dominique Boudou
le 06/12/2010 à 17h38
Un livre doit résister au passage du temps - et le bruit excessif
qui entoure certains est une pollution nuisible à la lecture. Il y a
plusieurs auteurs dont j'attends non sans quelque impatience
qu'on parle moins afin de pouvoir les lire tranquille.
Réponse de
PhA
le 06/12/2010 à 21h25
lundi 1 novembre 2010
Maryama Adougaï ne crie plus au secours.
Tu es en train de brûler au premier étage du bâtiment Kam Yip. Tout crépite autour de toi. Drogman Baatar est mort. Nous allons
tous vers toi. Nous échangeons nos derniers souffles. Mes souvenirs sont les tiens.
Tu es en train de brûler au premier étage du bâtiment Kam Yip. Tout crépite autour de toi. Drogman Baatar est mort. Je vais à
toi. Nous allons tous vers toi. Nous échangeons nos derniers souffles.
Ta mémoire coule à l’extérieur de tes yeux.
Mes souvenirs sont les tiens.
Tu es en train de brûler au premier étage du bâtiment Kam Yip. Tout crépite autour de toi. Drogman Baatar est mort. Elli Zlank
brûle lui aussi, quelque part au rez-de-chaussée. Maryama Adougaï ne crie plus au secours.
Les
incendies ont fait partie de notre quotidien depuis notre plus tendre
enfance. Les immeubles du camp avaient des
installations électriques défectueuses. Des courts-circuits se
produisaient sans arrêt, souvent bénins, sans conséquence autre que des
pannes et la puanteur du plastique en train de fondre, mais
parfois graves, et alors nous devions en hâte évacuer les locaux, au
milieu des cris, des fumées et de la panique. Il y avait aussi les
bombes larguées du ciel par l’ennemi, toujours accompagnées
de flammes gigantesques et de malheur.
C’est pourquoi, même pendant les périodes calmes, nous avions l’impression que nous étions à la fois des sous-hommes et des
habitants des ruines et du feu.
Je
me rappelle les livres que nous lisions, les histoires que les adultes
nous racontaient. Notre culture allait dans toutes les
directions, mais, dans de nombreux cas, elle reflétait la réalité de
notre routine : une fraternité égalitariste que tout mutilait, un
paysage de cendres, de barrières, d’enfermement, un
ciel lourd, et là-dessus, l’irruption fatale des flammes.
Je vais à toi. En ce moment, nous sommes avec toi. Nous allons tous vers toi. Nous échangeons nos derniers souffles. Ta mémoire
coule à l’extérieur de tes yeux.
Mes souvenirs sont les tiens.
Tu es en train de brûler au premier étage du bâtiment Kam Yip. Tout crépite autour de toi. Drogman Baatar est mort. Elli Zlank
brûle lui aussi, quelque part au rez-de-chaussée. Maryama Adougaï ne crie plus au secours. Elle a peut-être cessé de vivre.
(…)
Manuela Draeger, Onze rêves de suie, « La bolcho pride », L’Olivier, 2010,
p. 15-16.
Je viens juste de finir la lecture de ces Onze rêves de suie et forcément je reviens vers les premières pages,
construction en entrevoûtes oblige (même si le genre n’est pas précisé). En lisant ce livre et ses deux consanguins, je retrouve en moi un lecteur d’autrefois, « en prise
directe ». Volodine est grand et Manuela Draeger est l’un de ses
beaux visages.
Commentaires
Ces flammes, forcément Fahrenheit 451, mangent aussi les livres et "les petits romans" qui s'enfournaient comme l'avalée des avalés,
dragées poivrées au souvenir.
Commentaire n°1
posté par
Dominique Hasselmann
le 01/11/2010 à 19h37
Pour le traitement de la littérature, il faut lire Ecrivains !
Réponse de
PhA
le 02/11/2010 à 11h14
C'est beau la lecture d'un livre par celui qui l'a écrit. Et cette histoire de petite fille emportée sur les épaules
des grands dans la "bolcho parade" ça m'a évoqué des scènes récentes.
Ce qu'il reste de l'humanité est beau vu par Manuela Draeger.
Réponse de
PhA
le 02/11/2010 à 11h22
dimanche 31 octobre 2010
requis à la lecture
« Retour aux mots sauvages » !
« Faits III » ! m’exhortent quelques-uns de mes visiteurs d’hier, dont je lis à l’instant
les requêtes. Mais comment donc savent-ils déjà que je les ai achetés précisément hier ?
(Et toujours, bien sûr : le babiroussa. En revanche, aucune trace de potamochère.)
Commentaires
Cette tête m'est curieusement familière.... ça ne peut être Monsieur le Comte... oh je crois que je brûle... ;)
Bien sûr que vous brûlez : sortir sous un tel soleil sans couvre-chef, c'est parfaitement déraisonnable !
Réponse de
PhA
le 31/10/2010 à 22h53
Babiroussa ou Potamochère ? Mer ou montagne ? Bain ou douche ? Sartre ou Camus ? Hublot ou vasistas ? etc, etc...
Commentaire n°2
posté par
Gilbert Pinna, le blog graphique
le 31/10/2010 à 19h13
Cohen ou Beinstingel ? (ce sera les deux, mais l'un après l'autre)
Réponse de
PhA
le 31/10/2010 à 22h53
La malheureux a tellement servi que le voilà dans l'état où il se
trouve. On espère que le potamochère (pas si moche) échappera à ce sort
funeste.
C'est la rançon du succès pour le babiroussa. Le potamochère ne
craint rien : il n'intéresse pas grand-monde, si j'en crois mes
statistiques. La vie est injuste.
Réponse de
PhA
le 31/10/2010 à 22h56
Allons bon, mon commentaire a été avalé. je disais donc (à peu près)
que ce babiroussa vous a tellement servi que le voilà réduit à cela. On
espère un sort plus clément pour le potamochère (pas
si moche).
Momentanément avalé, le voici tout recraché.
Réponse de
PhA
le 31/10/2010 à 22h57
Qui c'est Mochère ?
Commentaire n°5
posté par
Moons
le 31/10/2010 à 20h34
Un pote à vous ?
Réponse de
PhA
le 31/10/2010 à 23h02
Je l'eusse cru plutôt potavou.
Commentaire n°6
posté par
Moons
le 31/10/2010 à 23h22
Et Monsieur Le Comte quant à lui l'eût dit potauxroses.
Réponse de
PhA
le 01/11/2010 à 08h57
Il fait vraiment la tête, devant la grande galerie des visiteurs ?
Commentaire n°7
posté par
Dominique Hasselmann
le 01/11/2010 à 19h32
Une poussée dentaire lui colle la migraine.
Réponse de
PhA
le 02/11/2010 à 11h10
dimanche 24 octobre 2010
un coup d’œil sous l’abat-jour
Dans la série « les nouveaux éditeurs ont droit à l’électricité », après les doigts dans la prose, voici les éditions de l’abat-jour, qui s’intéressent notamment aux blogs d’écrivains (c’est là que je me suis dit que c’étaient sûrement des gens de bon goût), et qui publient en ligne un premier roman dont les premières lignes, précisément (et même les premières pages) ont l’air d’une bonne tenue.
Soulevons donc un peu l’abat-jour.
Commentaires
Les Editions du goudron ne peuvent que se réjouir de cette initiative éclairante.
L'abat-jour, qui favorise la lecture, est préférable au rabat-joie, qui impose la censure.
L'abat-jour, qui favorise la lecture, est préférable au rabat-joie, qui impose la censure.
Commentaire n°1
posté par
Dominique Hasselmann
le 24/10/2010 à 09h45
Tu ne t'ennuies pas sans tes rabat-joie ?
Réponse de
PhA
le 24/10/2010 à 21h43
J'apprécie votre initiative : il était en effet urgent de rapprocher
la prise de l'abat-jour afin de faire circuler les nouvelles énergies
coopératives. Ça + les tomates d'hier, nous voici parés
contre les rabat-joie. (Salut au passage @ l'irréductible DH.)
Commentaire n°2
posté par
David Marsac
le 24/10/2010 à 10h40
J'essaie de mettre tout le monde au courant.
Réponse de
PhA
le 24/10/2010 à 21h44
Ah! Pour une fois, tout arrive, je ne clamerai pas : Vive le papier!
... Superbe initiative! ... Longue vie et succès espérons!
Depluloin, vos papiers !
Réponse de
PhA
le 24/10/2010 à 21h47
Belle initiative si j'en juge par l'écriture de Nimzowitch.
Commentaire n°4
posté par
Dominique Boudou
le 24/10/2010 à 18h18
N'est-ce pas ? (ça fait plaisir, la visite !)
Réponse de
PhA
le 24/10/2010 à 21h48
Vous croyez que je peux proposer ma bio de Claude François ?
Commentaire n°5
posté par
Moons
le 24/10/2010 à 23h50
Oups ! J'ai failli vous conseiller les Doigts dans la prose.
Réponse de
PhA
le 25/10/2010 à 09h39
ça me rappelle des propos du cher Jean-Luc Godard, brodant sur le
thème : les frères Lumière se seraient appelés Abat-jour est-ce que ça
aurait changé quelque chose à l'histoire du cinéma ?
pour en revenir aux éditions dudit abat-jour, je les trouve quand même bien sûrs d'eux pour ce qui est de savoir ce qu'est la "vraie" fiction...
pour en revenir aux éditions dudit abat-jour, je les trouve quand même bien sûrs d'eux pour ce qui est de savoir ce qu'est la "vraie" fiction...
Commentaire n°6
posté par
L'employée aux écritures
le 25/10/2010 à 20h53
C'est sûr qu'on n'est jamais sûr de rien - surtout dans ce domaine.
Réponse de
PhA
le 27/10/2010 à 07h19
@ Martine Sonnet : votre remarque sur la "vraie" fiction me
rappelle, à mon tour, la formule très juste de Georges Monti, l'éditeur
de votre beau livre, à l'un de nos auteurs : "Il y a dans votre
projet une "posture" très originale et dans vos pages un ton, une
verve, extrêmement réjouissants. En d'autres temps, je vous aurais dit
oui sans hésiter. (...) Il y a, en librairie, de moins en
moins de place pour des livres de cette qualité. (...) Il n'est pas
impossible qu'un éditeur plus jeune, moins "bien" diffusé, puisse
s'emballer pour un tel texte (paradoxe appararent)." Le
"vrai" dans la fiction renvoie, à mon avis, à ce paradoxe de notre
époque plus ou moins difficile, selon l'angle. Mais enfin, c'est la
nôtre et, en tant qu'éditeur moins bien diffusé, j'ai plus
de liberté aussi.
Commentaire n°7
posté par
David Marsac
le 26/10/2010 à 09h13
@ David Marsac, j'ai bien l'impression qu'en ce moment un très petit
éditeur assumant seul jusqu'à la diffusion du tout petit nombre de
livres qu'il publie et défend (quasi physiquement !)
résiste mieux qu'un éditeur à la surface légèrement plus grande en
passant par le bon vouloir d'un diffuseur qui servira toujours en
premier les palettes des livres qui ne sont pas de la
littérature mais sont censés se vendre placées prêtes à prendre dans
ses hangars, quand celles des éditeurs pointus seront reléguées au fond
où il n'ira puiser pour servir les commandes que quand
ça lui chantera... même si le petit éditeur paie pareillement ses
services.
Commentaire n°8
posté par
L'employée aux écritures
le 26/10/2010 à 17h20
samedi 23 octobre 2010
Bingo ! (une caisse de tomates)
Nous transportons des livres et la police dit Bingo !
quand elle les trouve, et nous disons Bingo ! à son Bingo, parce que
nous tenons tous alors, police,
non-police, ce livre pour un Bingo – le Bingo de l’autre, si l’on
veut. Or, je ne suis pas sûre que le livre soit un Bingo ni une fête. Le
mode d’action d’un livre n’est pas binguiste ni
festif ; sa performativité spécifique n’est ni binguiste ni fictive.
Je sais bien que les livres qu’on remarque sont souvent conçus en
termes binguistes et pour produire un Bingo ! chez
le lecteur, l’éditeur, les médias et toute la chaîne-du-livre.
Autrefois – autre, autre, autrefois – j’aurais dit qu’en ce cas ces
livres sont des livres et non de la littérature ;
aujourd’hui, un livre de littérature bon peut se concevoir
binguiennement, tout replié sur lui pour produire l’élan typique qui le
projette en tête de gondole, et sidère les gondoles, et
dispatche les petits cœurs post-it scrupuleusement remplis par les
libraires d’adjectifs binguiens tels que jubilatoire, savoureux, etc.,
et tous ces mots culinaires avec lesquels en France on
décrit la littérature, et qui ne datent pas de Bernard Pivot, non,
Bernard n’a fait qu’entériner une habitude plus ancienne : j’ai lu les
mêmes adjectifs dans une série de fiches
pédagogiques destinées aux lycéens des années 60, qui décrivaient
indifféremment Colette, Paul Guth et Cholokov.
la police dit Bingo !, c’est ce qu’elle a fait en arrêtant* une « proche du groupe de Tarnac »
et en découvrant une caisse d’Insurrection qui vient dans le coffre de sa voiture.
* Et en lui plaquant un revolver sur la tempe (voir plus loin).
Nathalie Quintane, Tomates, p. 54 à 56, POL, 2010.
Dans ces Tomates il est notamment question de l’incarcération de Julien Coupat, des Jumelles de Pierre Alferi (cette histoire d’un révolutionnaire emprisonné qui se fait
baiser, dont j’ai déjà dit ou essayé de faire sentir tout le bien que j’en pensais),
de Lire
en fête, de livres, de littérature, de tomates. Leur rouge va bien à
notre humeur insurrective du moment (nous = Monsieur Le Comte et moi).
Allez donc sur Sitaudis lire les questions que vous vous posez déjà, ou sur Poézibao, ou sur le site de l’Humanité, où l’on peut écouter un autre passage que j’avais eu aussi envie de recopier
bêtement, comme je fais toujours.
Commentaires
Des tomates, des tomates? C'est encore la saison des tomates?
J'avais comme le sentiment qu'on rentrait dans la pérode des
topinambours, mais si c'est encore tomates, alors là oui bingo
Commentaire n°1
posté par
petite racine
le 23/10/2010 à 09h28
En tout cas c'est assurément de plus en plus la saison de ces
tomates-là, en tout cas ; tant pour le climat général que pour l'affaire en question.
Réponse de
PhA
le 23/10/2010 à 12h04
Tiens... Nathalie Quintane, j'aime beaucoup d'habitude! Alors
pourquoi cet extrait me laisse quelque peu... sur ma faim (!) ...
désappointé? Vous m'en donnerez un bon kilo quand même!
(Et j'attends toujours que l'on me livre Monsieur le Comte sur un plateau d'argent! Beau titre non? Je suis entouré de paresseuses, c'est une honte!;)
Commentaire n°2 posté par Depluloin le 23/10/2010 à 11h03
(Et j'attends toujours que l'on me livre Monsieur le Comte sur un plateau d'argent! Beau titre non? Je suis entouré de paresseuses, c'est une honte!;)
Commentaire n°2 posté par Depluloin le 23/10/2010 à 11h03
C'est sûrement à cause de ma manière tout égoïste de citer les
textes : je recopie ce qui me fait réagir, ça correspond à mon humeur du
moment ; je ne cherche pas à extraire un passage
exemplaire, sachant bien que c'est toujours en vain.
(Mon bon seigneur, je risque de monter moi-même un de ces jours jusqu'à la capitale ; je vous adresse un pneumatique dès que la date sera fixée. Peut-être trouverons-nous un instant pour nous rencontrer, si nous ne sommes pas trop immatériels ce jour-là.)
(Mon bon seigneur, je risque de monter moi-même un de ces jours jusqu'à la capitale ; je vous adresse un pneumatique dès que la date sera fixée. Peut-être trouverons-nous un instant pour nous rencontrer, si nous ne sommes pas trop immatériels ce jour-là.)
Réponse de
PhA
le 23/10/2010 à 12h14
Le lancer de tomates est en voie de disparition : même dans les
théâtres, on préfère se lever pendant la représentation, déranger tout
un rang et s'en aller parce que cela déplaît à monsieur et
madame, plutôt que de jouer à Hernani.
Le lancer d'oeufs est également tombé en désuétude (il faut dire que la fermière a augmenté ses prix sur le marché et que le "bio" est réservé à un usage alimentaire.
Le lancer de cailloux (moins ambitieux que celui des pavés) est à la mode : sans doute des souvenirs inconscienst de ricochets sur l'eau d'un lac à Gérardmer ou Annecy.
Le lancer d'oeufs est également tombé en désuétude (il faut dire que la fermière a augmenté ses prix sur le marché et que le "bio" est réservé à un usage alimentaire.
Le lancer de cailloux (moins ambitieux que celui des pavés) est à la mode : sans doute des souvenirs inconscienst de ricochets sur l'eau d'un lac à Gérardmer ou Annecy.
Commentaire n°3
posté par
Dominique Hasselmann
le 23/10/2010 à 12h53
Pourtant le théâtre est à la mode, sur les scènes les plus variées.
Réponse de
PhA
le 23/10/2010 à 14h50
Concernant les tomates : c'est bien pour l'actualité que je me disais que ça avait un petit goût de topinambour
Concernant Monsieur le Comte : il est toujours noté manquant sur le logiciel fournisseur de mon libraire, faut lui dire quand même qu'il nous manque effectivement, et qu'il faudrait qu'il se dépêche
Concernant Monsieur le Comte : il est toujours noté manquant sur le logiciel fournisseur de mon libraire, faut lui dire quand même qu'il nous manque effectivement, et qu'il faudrait qu'il se dépêche
Commentaire n°4
posté par
petite racine
le 23/10/2010 à 13h33
Mince alors ! La route qui reste à Monsieur Le Comte est pourtant
bien longue encore pour qu'il soit déjà épuisé. J'aurais dû mettre un
dérailleur à sa bicyclette.
Réponse de
PhA
le 23/10/2010 à 14h52
"C'est sûrement à cause de ma manière tout égoïste de citer les
textes : je recopie ce qui me fait réagir, ça correspond à mon humeur du
moment ; je ne cherche pas à extraire un passage
exemplaire, sachant bien que c'est toujours en vain."
Bravo.
(pardon, suis en période de "régression" "commentatrice")
Bravo.
(pardon, suis en période de "régression" "commentatrice")
Commentaire n°5
posté par
Ambre
le 23/10/2010 à 13h35
Régressez, Ambre, régressez ! (Je suis mal placé pour ne pas vous y encourager.)
Réponse de
PhA
le 23/10/2010 à 14h54
Je ne me suis pas relu, donc PhA me mettra une mauvaise note en "frappe".
Mea culpa, j'admets la punition.
Mea culpa, j'admets la punition.
Commentaire n°6
posté par
Dominique Hasselmann
le 23/10/2010 à 13h57
Réponse de
PhA
le 23/10/2010 à 15h00
Hum! Message bien reçu.
Commentaire n°7
posté par
Ambre
le 23/10/2010 à 15h30
Remarquez, il vaut mieux qu'il dise Bingo quand il lui lui plaque un
révolver sur la tempe que "feu". Je vais m'offrir un kilo de ces
tomates d'hiver ça va requinquer mes nerfs, un peu fragiles
ces temps ci.
Je rêve qu'un policier crie Bingo en trouvant Monsieur Le Comte sous
les décombres de la bibliothèque et en pointant son revolver sur les
cordons mycéliens de Gyrophana lacrymans.
Ces Tomates-là me paraissent en effet tout indiquées pour vos nerfs.
Ces Tomates-là me paraissent en effet tout indiquées pour vos nerfs.
Réponse de
PhA
le 23/10/2010 à 17h34
Moi c'est l'inverse de Depluloin : Quintane m'emmerde d'habitude, et
là non, ça m'a bien plus cet extrait. Vous êtes très fort PhA. Et
"binguiste", j'aime énormément.
Commentaire n°9
posté par
Anna de Sandre
le 23/10/2010 à 17h37
C'est peut-être parce qu'elle ne prend pas la peine de "faire
galoper le petit cheval", écrit-elle ailleurs (dans le même livre).
Un jour j'écrirai un livre binguiste, pour voir.
Un jour j'écrirai un livre binguiste, pour voir.
Réponse de
PhA
le 23/10/2010 à 18h26
Quelques aromates sur ces tomates... Dingo ! ( je ne sais plus ce que j'écris).
Commentaire n°10
posté par
Gilbert Pinna
le 23/10/2010 à 18h05
(Confidence pour confidence, c'est souvent quand je ne sais pas ce que j'écris que je suis content du résultat.)
Réponse de
PhA
le 23/10/2010 à 18h29
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Avec le casque, passe encore, mais à poil et ce bouclier qui a l'air si lourd...
Concernant "Courir", j'en suis resté à sa mise en jeu (ou en joue) par Jean Echenoz.
En Grèce, on connaissait déjà le bouclier fiscal ?
(Il commence très bon, le Beinstingel ; à la hauteur des précédents, avec ou sans médias !)