Reprises de nos émissions. J’ai plus ou moins pris l’habitude, dès la deuxième quinzaine d’août, de bafouiller ici sur ce que j’ai lu durant l’été. C’est que je lis un peu différemment, souvent des livres que tout le monde a déjà lus. C’est parfois l’occasion de grandes « découvertes » (mais Berlin Alexander Platz, de Döblin, quel chef-d’œuvre!) (et je me rends compte que tiens, cette année-là, je n’en ai pas parlé)) ou pas (j’étais quasi d’accord avec Virgile il y a deux ans pour brûler l’Enéide ; relisons plutôt Homère). J’y vais donc souvent un peu au hasard. Cette année j’ai commencé par le Maître du Haut Château, de Dick. Je dis « Dick » pour avoir l’air d’un familier, mais en réalité je n’ai lu que Coulez mes larmes, dit le policier et Substance mort. Et Simulacres, aussi, mais c’était il y a trop longtemps, ça ne compte pas. C’est bien, je ne vais pas dire le contraire. L’uchronie, ça m’intéresse, comme tous les joueurs de jeux vidéo : on recule juste au point de sauvegarde (ici, la tentative d’assassinat de Roosevelt par Zangara en 1933) et on imagine une suite légèrement différente : la victoire des forces de l’axe lors de la seconde guerre mondiale ; bref, je ne vais pas raconter un roman que tout le monde a déjà lu. J’ai aimé avoir de la sympathie pour l’occupant japonais ; c’est rafraîchissant. J’ai aimé aussi que le roman dans le roman, uchronie dans l’uchronie, ne soit pas un bête retour symétrique à notre réalité – le multivers est déjà là. Mais il me manque quelque chose. Je crois que je garderai un souvenir plus fort de Substance mort et de Coulez mes larmes, dit le policier. Mais je ne saurais pas vraiment dire pourquoi. C’est dommage, j’aurais bien aimé être capable (avoir envie) de dire pourquoi. Mais là aussi sûrement, il me manque quelque chose.

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