Le château de la solitude est le troisième roman de Luc Dagognet, après Fraternité et Scarborough, et publié comme eux aux éditions do. J’ai lu les trois, et trouve qu’il monte une marche à chaque fois. Le château de la solitude est un vrai roman comme les aime les amateurs de romans, et même l’amateur de non-romans que je suis. Avec des changements de points de vue, des changements d’époque, des révélations tardives et des non-dits, mais avec un seul lieu, le château du titre, non loin de la rue du Loup-Pendu, au Plessis-Robinson, il raconte comment plusieurs solitudes, qui s’apprécient et s’aiment mutuellement, ne parviennent à cesser d’être des solitudes. C’est très beau, et très déchirant ; l’enfance n’est pas épargnée. C’est un peu magique aussi, comme la couleur de l’âne sur la couverture.
C’est un peu magique, la preuve : en lisant ton roman, mon cher Luc, un nom de lieu a résonné dans ma mémoire (une mémoire très ancienne : Thomas n’était pas né). C’est si ancien que, n’ayant pas tous les mots, j’ai demandé à mes aînés : la rue du Loup-Pendu ? Grande grande sœur : « On allait se promener par là avec maman quand on allait au pré aux ânes. » Grand frère : « On y allait même sans maman ; avec Francis on allait à la chasse aux autruches là-bas et on lançait des flèches polynésiennes. On grimpait au sommet des châtaigniers et même, une fois, je suis tombé mais j’ai réussi à me rattraper à une branche inférieure. » Grande sœur : « on partait à l’aventure, on prenait des phares de moto pour des œufs d’autruche. Et on partait avec Philippe souvent en pantoufles. »

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