C’était donc la faute de Messerschmied et il n’avait à s’en prendre qu’à lui-même. Il ne faisait pas ce qu’il fallait pour que le contrat fût signé. Quelque chose en lui l’empêchait d’adopter le comportement normal, ordinaire, nécessaire à la signature du contrat. C’est pour ça qu’il fallait que Messerschmied retournât chez Brunnen ; il devait y retourner jusqu’à ce que le contrat fût signé. Il devait y retourner et il y retourna. Il était tenaillé par l’angoisse mais il y retourna en essayant de ne rien montrer. Il fut comme d’habitude accueilli par Monsieur Schlehe qu’il suivit jusqu’au salon de réception. Il lui semblait qu’il faisait illusion ; Monsieur Schlehe ne semblait pas avoir conscience de l’état d’esprit de Messerschmied. C’était d’ailleurs bien plus qu’un état d’esprit : c’était une sensation physique qui lui serrait tout le thorax. Messerschmied était assis, penché sur le contrat ; en face de lui Monsieur Schlehe attendait, peut-être était-il dans un état comparable, Messerschmied n’aurait pu le dire, il ne parvenait plus à regarder Monsieur Schlehe, il n’y parvenait plus au point que, d’un coup, son corps fut paralysé par la douleur ; c’était comme si des griffes acérées s’étaient enfoncées dans la chair de son dos, au point que Messerschmied ne pouvait plus bouger, n’osait même plus pousser un cri.
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