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mardi 11 novembre 2025

Quatre Socrates : Satie, Cage, Feldman, da Silva

Ce n’est pas d’hier qu’Erik Satie visite l’œuvre de Didier da Silva. Bien sûr il y avait déjà un voisinage dans son récent Musique adorable (paru chez MF aussi, en 2023), consacré à Emmanuel Chabrier, mais bien avant déjà, en sortant de la lecture de l’Ironie du sort (publié aux éditions de l’Arbre Vengeur en 2014) écrivais-je « il est clair que cette tentative de faire tenir l’infini en cent cinquante pages doit tout en réalité aux Vexations d’Erik Satie », lequel était déjà l’une mais non la moindre des multiples figures qui peuplaient cet opus aux dimensions apparemment modestes mais dont on n’a pas fini, pour notre bonheur, de lire les prolongements : nul doute que ces Trois Socrates Satie, Cage, Feldman en sont un, que dis-je, en sont trois, voire en sont six car la marque du pluriel du titre double à mes yeux tout du moins les Socrates : certes il s’agit d’abord des adaptations, des lectures que fit du Socrate de Satie, une œuvre de la fin de sa vie que j’avoue, je ne connaissais pas, ignorant que je suis, John Cage, Cheap imitation, écoutez donc ça, imitation reprise par Morton Feldman.

« Poète et musicologue », lis-je dans le Monde sous la plume de Tiphaine Samoyault à propos de Didier da Silva ; il est les deux assurément, et même un peu plus que ça ; supprimons la coordination : Didier da Silva est poète musicologue, et poète musicien. Je suis moi-même loin d’être musicologue, et même, je le disais, très ignorant en la matière. Pourtant, je me rappelle avoir pensé, à la lecture d’un de ses livres antérieurs à l’Ironie du sort (car oui, je les ai tous lus) avoir déjà pensé à Satie, alors même qu’il n’en était aucunement question dans le texte, mais à la simple écoute de la phrase da silvienne (que les blogueurs n’aillent pas croire que les Danses de travers y furent pour quelque chose, on était encore à l’époque des Idées heureuses). Erik Satie est là depuis longtemps. Trois Socrates est un livre intime.




mardi 7 octobre 2025

Avis de parutions automnales

Octobre. C’est l’automne : des feuilles tombent, des livres paraissent. On ne peut pas toutes les ramasser ni tous les lire ; certains, certaines méritent toutefois qu’on s’y arrête, d’autant plus que ces trois-là seront forcément très différemment délicieux.

Alors que résonnent encore les notes de sa Musique adorable, Chabrier malgré lui, paru chez MF en 2024, voici que Didier da Silva promène à présent ses doigts d’écrivain pianiste chez Trois Socrates Satie, Cage, Feldman, toujours chez MF.

Dans la collection contraintEs des éditions Louise Bottu, Bruno Fern propose des tours suivi de lignes et s’annonce très feuilleté (au sens où lire une page est aussi lire une autre page, et même ici lire une page d’un autre auteur, à en croire le protocole indiqué en quatrième de couverture, à en croire encore ce que je ne disais pas sur trois autres livres du même auteur, ici, , ou encore .

Et chez Quidam il y a un nouveau livre de Gabriel Josipivici : Le cimetière à Barnes, traduit de l’anglais par Vanessa Guignery. Je ne sais pas si vous connaissez Gabriel Josipovici. Vous devriez.



jeudi 14 novembre 2024

Le registre de Fitzgerald selon Didier da Silva

Le registre de Fitzgerald, qui « repose dans les collections de l’université de Columbia » (nous apprend l’explicit du Registre de Fitzgerald de Didier da Silva tout récemment paru chez Vanloo) est un registre tenu par Fitzgerald, oui, Francis Scott, durant la plus grande partie de sa vie, dans lequel il consacre une page de cahier d’écolier à chaque année de sa vie : la vie est courte. Le Registre de Fitzgerald de Didier da Silva est, on peut le dire, une biographie de l’auteur bien connu, dans laquelle son registre et Fitzgerald lui-même deviennent un sujet, une matière, une manière d’instrument de musique dont l’autre auteur, moins connu mais qui mériterait de l’être davantage, cliquez donc, joue, nous fait résonner l’âme, dans toute l’étendue de son registre. La vie est courte ; la trajectoire est lumineuse, météorique : c’est proprement une tragédie.

J’en ai rouvert mon vieux Gatsby ; je l’avais lu moi aussi « in my younger and more vulnerable years » ; comme en dit cette fois Scott dans l’incipit. La vie est courte. Both books are great.



lundi 8 janvier 2024

Chabrier malgré lui, Mavel avec nous

Et tandis qu’en cette rentrée d’hiver Claro publie un manuel pour échouer mieux, ça donne envie, Didier da Silva évoque, ou plutôt convoque la figure d’un qui bien avant l’auteur de Worstward ho sut merveilleusement échouer même s’il n’était pas écrivain : Emmanuel Chabrier, compositeur aussi connu que méconnu, qui dut composer avec la chance et surtout la malchance, pour nous laisser une Musique adorable, selon les mots du jeune Edmond Rostand (ce sont les premiers d’une cantate écrite pour Chabrier), qui sont aussi ceux que Didier da Silva a fait apparaître sur la couverture diaphane de son livre, un objet délicat publié aux éditions MF et qui paraît le 11 janvier – je vous prête mon stylo pour noter cette date fameuse et imminente. Moins musicien – c’est une litote – que mon ami Didier (cliquez pour l’écouter jouer la Habanera de Chabrier), j’avoue que je connaissais mal Emmanuel Chabrier, et encore moins Mavel, puisque c’est ainsi que, avec Nanine (sa mère de substitution), l’auteur a choisi de nommer notre héros. Et de fait, rares sont les défunts qu’on a su ramener à une aussi vivante vie – certes Didier da Silva n’en est pas à sa première réanimation ; et Chabrier était tellement plein de vie de son vivant qu’il lui en est resté après sa mort, à écouter sa musique c’est juste une évidence. Une vie heureuse et catastrophique, nous dit la quatrième ; on ne saurait mieux dire : les deux sont vrais en même temps. Didier da Silva est un artiste du sort, c’est là son ironie ; et sa lecture console ceux qui dans ce monde s’y trouvent malchanceux.




lundi 14 mars 2022

Didier da Silva, l’homme-cinéma.

Home cinéma est le nouveau livre de Didier da Silva, qui a l’occasion sait aussi être un homme-cinéma, même si le film dont il est ici question n’est aucun de ceux évoqués dans l’Ironie du sort (qui est sans aucun doute l’un des ancêtres direct de ce Home cinéma), il n’est pas non plus le Dormeur, dont il poursuit cependant l’esthétique du plan-séquence (cliquez si vous ne comprenez pas tout), et pas davantage Un jour sans fin dont naguère notre auteur avait tressé la louange et tenté l’épuisement (mais cliquez donc vous dit-on !), avec lequel cependant il partage en toute modestie la tentation de l’infini. Non : ce film-ci est dans la tête de notre auteur, laquelle ressemble à s’y méprendre à un « bel œuf chromé », mais si, montez-y donc, qui nous invite à une voyage à travers l’espace et le temps, mais aux confins et aux limites des deux : c’est sans doute pourquoi il ne dure que quatre-vingt-trois pages. C’est que, comme je l’écrivais dans un précédent billet – cliquez encore et vous aurez droit à un échantillon de la prose de notre auteur – le texte est triste, et drôle, et beau, comme l’est la mort de l’être aimé – et c’est alors qu’on se rend compte que cette rêverie est aussi une façon d’addenda à la Mort de Masao.

Home cinéma paraît ces jours-ci aux belles éditions Vanloo.






vendredi 11 février 2022

Un seul être vous manque

Lecture en cours : Home cinéma, de Didier da Silva, à paraître en mars chez Vanloo. J’en reparlerai, bien sûr, mais déjà, lisez comment l’auteur réécrit « un seul être vous manque et tout est dépeuplé ». C’est à la fois beau, triste et drôle ; tout ce que j’aime :

C’était bien le moment que je voulais vivre avec le disparu, je reconnaissais le décor, la position des astres et la force du vent, mais les premiers rôles comme les figurants avaient déserté le plateau, loges et caravanes étaient vides, et la caméra demeurait immobile au début du travelling, sans personne pour la manœuvrer. J’errais dans les studios, franchissais leur portail et sortais dans la ville ; je ne croisais pas âme qui vive. Le capot fumait, çà et là, des voitures qui faute de chauffeur avaient fini leur course où elles pouvaient, des vélos et des trottinettes dont quelques roues tournaient encore jonchaient la voie dédiée, au loin un long-courrier explosait sourdement, des paquebots se percutaient, une moissonneuse fantôme continuait dans les blés sa percée jusqu’à l’horizon.



lundi 10 mai 2021

La mort de Masao

Masao est mort. Il s’est donné la mort, et même si c’est sa conscience que l’on suit, les jours qui suivent eux aussi la mort qu’il s’est donnée, on ne saura pas, non, on ne saura pas pourquoi.

C’est le plus simple des sujets qu’aborde le roman, mais oui c’est un roman, de Didier da Silva ; il vient de paraître aux éditions Marest. Il se passe au Japon, il y a quelques années déjà, mais pas tant que ça, c’était hier – c’était bien après Hoffmann à Tokyo. Masao n’est plus vraiment Masao mais on le suit, détaché de lui-même et de ce qui l’empêchait d’on ne sait pas quoi ; on le suit qui accompagne le chagrin de ses proches, son ancienne fiancée, son meilleur ami, ses parents, sa petite sœur, son oncle. Ils sont ensemble souvent mais ils sont seuls, on est toujours tout seul.

C’est un très beau roman. Je manque un peu de détachement pour trouver les moyens de le dire. Il est drôle, souvent, malgré le sujet, et c’est magnifique. On pleure quand même. Le discours de l’oncle Haruto, lors de la crémation, on le lira sans le lire, est simplement merveilleux. On a envie de le serrer fort.



samedi 17 octobre 2020

Sa phrase comme un plan-séquence

Cela fait des années maintenant, depuis la publication d’Hoffmann à Tokyo en 2007, que je suis la phrase de Didier da Silva, comme un sentier dans la forêt, l’auteur est bien nommé ; il a ses détours et ses surprises. C’est un fil surprenant qui se surprend à prendre conscience de lui-même lorsque paraît en 2014 l’Ironie du sort, rappelez-vous, où ce fil prend d’ailleurs un temps la forme d’une corde en référence, celle d’Hitchcock, premier vrai-faux plan séquence évoqué par notre auteur qui, Louange et épuisement d’un joursans fin le confirmera l’année suivante, est aussi cinéphile. Or au cinéma, c’est bien le plan-séquence qui fait le fil – et parfois carrément même le film. Le Dormeur est un film de Pascal Aubier, un court-métrage oublié, tourné durant l’été 1974, que Didier découvre par hasard, et qui aussitôt le réjouit. Le Dormeur est aussi un poème pas du tout oublié quand il est du val, Arthur Rimbaud n’était pas cinéaste, son sonnet est bien pourtant déjà un plan-séquence. C’est lui qui inspire Pascal Aubier quand il découvre la Louma, invention de Jean-Louis Lavalou et Alain Masseron, et qui permet Pascal, Didier nous le raconte mais pas seulement, de réaliser le plan-séquence écrit par Arthur. Regardez le film, c’est court et beau comme un sonnet ; lisez le livre, c’est beau et sinueux comme un plan-séquence : beau et sinueux comme la phrase même de Didier da Silva.

Le Dormeur vient de paraître aux éditions Marest.





jeudi 7 novembre 2019

Dans la nuit du 4 au 15, je demande le 7.


« Evidemment, c’est une question de verre à moitié vide ou plein, on n’en a jamais fini avec cette vaisselle : le calendrier aussi bien est une maternité à ciel ouvert, une infinie couveuse, trois cents pipettes pleines de gamètes, une ode à la sève.
Prenez le 7 novembre : certes, décanillent Steve McQueen (son cœur s’arrête dans son sommeil, en 1980, au Mexique), Lawrence Durrell (même chose dans le Gard, dix ans plus tard) et Leonard Cohen, mais regardez un peu qui rapplique, que des cadors : un mystique maniériste, Zurbaran, un navigateur intrépide, James Cook, un magicien ès lettres Villiers de l’Isle-Adam, la radieuse Marie Curie, cette tête de pioche de Léon Trotski, l’absurde Albert Camus, n’en jetez plus, tout ce qu’il faut pour faire un monde », nous apprend Didier da Silva ; or à ce monde il manquait encore un livre, que Quidam a résolu de faire paraître précisément le 7 novembre, mais 2019, l’année compte pour du beurre, écrit par ce même Didier da Silva, « dans la nuit du 4 au 15 » répondra-t-il à la récurrente question « quand écrivez-vous ? », livre dont, sans aucun calcul, j’achève à l’instant la lecture, en ce même 7 novembre 2019 encore, ajoutant à cette date ma propre aventure de lecteur. Vous avez saisi l’idée : depuis l’Ironie du sort (paru chez l’Arbre vengeur en 2014), Didier da Silva attrape l’infini par un pan de sa chemise, et tire dessus, pour voir.



dimanche 18 mars 2018

Bientôt toutes les pierres


Je veux écrire un billet sur le nouveau roman de mon ami Didier da Silva. Qu'il soit un ami n'est pas tout à fait anodin, je parle de ma lecture, de comment je le lis après avoir lu tous ses autres livres, depuis le premier, Hoffmann à Tokyo, y compris tous ceux qu'un peu coquettement il renie, je le reconnais bien là ; et jusqu'à L'ironie du sort, il n'y a pas si longtemps, laquelle marque un tournant, j'y reviendrai.
Ma phrase n'est pas tout à fait aussi da silvesque que je la souhaiterais, elle filandre un peu, pardon Didier ; et puisque c'est moins ton livre que ta phrase que je veux évoquer, ou du moins lui à travers elle d'abord, j'ouvre celui-là au hasard, et y recopie celles-ci :
« Il avait beau tenir ces propos décousus dans un français parfait, elle [vous aurez reconnu l'armée française, note d'Annocque] ne songeait certainement pas à prendre à son service un jeune Prussien à l'air hagard, s'il vous plaît, monsieur, circulez, et c'est une faveur qu'on vous fait. La providence lui sauva la mise en mettant sur son chemin un jeune médecin-major croisé à Paris en 1801, à la faculté ; prenant le pouls de la situation, le brave garçon l'abrita chez lui, en qualité de domestique pour la galerie, avec défense expresse d'en sortir ; il avait eu une chance de damné en n'excitant pas davantage la méfiance des autorités, on en avait déjà fusillé pour moins que ça et récemment encore un de ses compatriotes, pris pour un espion russe, avait été passé par les armes. »
Les grammairiens n'auront pas manqué de remarquer la tendance de la phrase da silvienne à la parataxe, les stylisticiens parleront plutôt d'asyndète, va pour asyndète car c'est bien du style que je parle, c'est bien du style que je pars. Il y a dans ces phrases, telles qu'elle naissent sous la plume de l'auteur, un effacement de la subordination qui amène le lecteur à mettre tout ou presque sur un pied d'égalité. Or ce qui moi me fascine, c'est la parfaite cohérence, peut-être légèrement inconsciente mais je ne désespère pas, que dis-je, j'ambitionne carrément de faire découvrir à l'auteur quelque chose sur lui-même, la parfaite cohérence disais-je entre cette caractéristique de la phrase et l'ambition même du roman – sur le plan macro-structural, aurais-je osé proclamer il y a une trentaine d'années, quand ces vocables-là étaient encore à la mode. Car, de la même façon que nous avons dans la phrase de Didier une juxtaposition de propositions entre lesquelles le lecteur est invité (et non pas contraint) à restituer les rapports, Toutes les pierres (c'est son titre, il est magnifique et encore plus après lecture, vous comprendrez pourquoi je ne l'ai pas cité d'emblée) nous raconte conjointement la vie du poète Li Baï qui, citons sans vergogne la quatrième de couverture, « arpenta la Chine du VIIIe siècle », et celle du « terrible Heinrich von Kleist, mort très jeune en 1811 ». Et bien évidemment l'invitation précitée, à restituer les rapports entre les propositions de la phrase, vaut aussi bien au niveau supérieur des récits – car il y en a plusieurs, qui alternent, ou non, selon les changements de chapitre. En musicien qu'il est (et que je ne suis pas, vous me pardonnerez les approximations), Didier sait qu'un motif vaut par la confrontation avec un autre, les deux se répondent ; l'effacement relatif des patronymes pour un il commun facilite le passage de l'un à l'autre, Li Baï bien sûr n'est pas Kleist ni inversement, mais enfin chacun pourrait l'être, c'est là affaire de circonstances ; lisons-les. Li Baï et Kleist et pas qu'eux, car d'autres artistes, pas musiciens pour rien ceux-là, viennent faire résonner de leurs destins les destins des deux principaux protagonistes, suggérant par là même au lecteur, en tout cas à moi et après tout j'en suis un, une figuration de l'infini : en effet d'autres destins, une infinité à l'évidence, pourrait venir à leur tour faire écho et contrepoint à ceux déjà évoqués, et ça n'est sans doute pas pour rien que, malgré la mort au bout de la vie, le livre de Didier se refuse à finir, voici qu'après sa fin viennent des notes qui n'en sont pas et qui le poursuivent de l'intérieur, puis des « dettes » en guise de remerciements aux livres qui ont nourri le travail de mon érudit ami, on n'a pas fini de lire ; et je repense à l'Ironie du sort, dont je disais plus haut que c'était un virage, en effet, c'est le moment où Didier da Silva a décidé de ne parler non pas de tout ce qui existe, mais, moins modestement, de faire sa fête à l'infini.

PS : Je m'avise que Toutes les pierres ne paraîtra (sous une belle couverture de François Matton) aux éditions de l'Arbre vengeur que le 5 avril prochain. Vous êtes déjà sur les braises. Pardonnez-moi de m'en réjouir.


dimanche 2 juillet 2017

inplicit

Hier j'ai inventé un nouveau jeu. C'est rigolo. J'ai appelé ça l'inplicit parce que ça consiste à prendre l'incipit et l'explicit d'un livre et à les coller l'un à l'autre. Ça nous fait l'économie de la lecture de tout le reste et c'est souvent très révélateur. J'ai commencé avec la Recherche et évidemment je suis tombé sur le très joli
« Longtemps, je me suis couché dans le Temps. »
Comme ça me disait quelque chose, j'ai fait une recherche et je me suis rendu compte que Genette l'avait déjà trouvé ; c'est dans Palimpsestes mais je n'ai pas relu tout le passage, j'ai envie de refaire mes petites trouvailles tout seul si vous voulez bien.
L'inplicit rendant le contenu du livre implicite son nom lui va bien je trouve. A notre époque du tout économique on a tout à y gagner, la Recherche en huit mots est vite lue et somme toute, qui sait, il reste l'essentiel. D'ailleurs taire est une tendance de la littérature, mon système a du bon.
Dans la foulée, j'ai inplicité quelques classiques que vous reconnaîtrez sans peine :

« Nous étions à l'Étude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait la croix d'honneur. »

« Le 15 mai 1796, le Général Bonaparte fit son entrée dans Milan à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de Lodi, et d’apprendre au monde qu’après tant de siècles César et Alexandre avaient un successeur : Ernest V adoré de ses sujets qui comparaient son gouvernement à celui des grands-ducs de Toscane. »

« Madame Vauquer, née de Conflans, est une vieille femme qui changeait pour lui l'aspect de la société. »

« Le rêve est une seconde descente aux Enfers. »

« Je venais de finir à vingt-deux ans mes études à l'université des remords aux regrets et des fautes aux souffrances. »
(De qui est celui-ci, hein ? On fait moins les malins.)

« C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar.
Les soldats qu'il avait commandés en Sicile se donnaient un grand festin pour avoir touché au manteau de Tanit. »
(L'une des difficultés, pour certains romans, consiste à ne pas trop remonter l'explicit si celui-ci a le malheur de dire explicitement quelque chose du dénouement, afin de ne pas gâcher le plaisir des lecteurs qui auraient encore l'idée incongrue de lire le roman dans son intégralité.)

J'ai même essayé avec un recueil de poèmes (illustre) :
« La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau ! »
(Un inplicit qui me parle de ma sottise à trouver du nouveau dans l'inconnu – en l'occurrence ce jeu de l'inplicit : on est toujours renvoyé à ce qu'on fait.)

Puis je suis revenu au XXe siècle :

« Ça a débuté comme ça. Moi, j'avais jamais rien dit, qu'on n'en parle plus. »
« Nous voici encore seuls, mon oncle. »
(Oui, c'est le même auteur.)

« C'est le moment de croire que j'entends des pas dans le corridor », se dit Bernard. « Je suis bien curieux de connaître Caloub. »
(Facile, je le reconnais.)

« Aujourd'hui, maman est morte avec des cris de haine. »
(Mais hier, non. Demain non plus. Il n'y aura pas d'histoire. Pas de meurtre. Ou, s'il y a meurtre, il n'y aura pas de procès.)

Evidemment, cet auteur-ci ne pouvait échapper :
« Le voyage de Mercier et Camier, je peux le raconter si je veux, car l'ombre se parfait. »
« Je serai quand même bientôt tout à fait plus rien »
« Où maintenant continuer. »
(Remarquez comme ces trois derniers mots résument bien le problème qui se pose à Beckett après avoir terminé l'Innommable – car évidemment c'est lui.)

« Vous avez mis le pied gauche sur la rainure de cuivre et vous quittez le compartiment. »

« Il tenait une lettre à la main, abandonnée, inutilisable, livrée à l'incohérent, nonchalant, impersonnel et destructeur travail du temps. »
(Un de mes inplicits préférés. C'est la Route des Flandres de Claude Simon – et c'est aussi la littérature.)

Comme mon ami Didier da Silva me disait le bien qu'il pensait de ce jeu (c'était sur Facebook, au fait – un terrain de jeu, quoi), je lui ai répondu :
« C'est à peine s'il somnole doucement dans le vent. », et vous, lisez donc Hoffmann à Tokyo si ça n'est pas déjà fait, à quoi il m'a répondu :
« Une autre brindille encore apparaît, au moins comme ça enfin c'est fini. »
J'avoue que cédant au narcissisme propre à la profession, j'avais déjà inplicité :
« C'était en plein milieu des champs. Il n'y avait pas de relief à la surface du monde. »

D'ailleurs j'avais bien envie de faire un sort aussi aux auteurs contemporains, par exemple à Pascale Petit :
« J'aime quand elle me dit On retrouvera nos corps recouverts de suçons et deux cents tonnes de cailloux inconnus sur Terre. »
C'est l'inplicit de Manière d'entrer dans un cercle & d'en sortir, un inplicit assez explicite je trouve ; quelque chose comme le faisceau minuscule et circonscrit d'une lampe torche dans la pénombre.

(Bon, ceux qui chercheraient des réponses peuvent regarder dans les libellés au pied de ce billet.)

dimanche 25 juin 2017

Cyril. Eric.

Hier Didier m'a envoyé Cyril. Ou plutôt quelques jours auparavant, car Cyril est arrivé par la poste, Didier étant peut-être l'ami que je vois le moins souvent, la France est longue à traverser. J'ai donc reçu Cyril dans ma boîte aux lettres, mais en plein cœur aussi. Car Cyril est l'ami qu'on a perdu. « Ce texte est destiné à ceux qui ne t'ont pas connu » écrit l'auteur en post-scriptum, et en effet j'en suis. Et pourtant. Et pourtant je n'ai pas cessé d'être accompagné dans cette lecture par un autre ami, à moi, qui lisait par-dessus mon épaule. Il n'avait rien de commun, tu n'avais rien de commun avec Cyril, l'ami de Didier, je ne t'ai jamais vu avec un blouson d'aviateur ni faire de la moto, sauf que quand tu es parti, pour moi aussi les dernières traces de la fin de mon adolescence aussi se sont effacées.
Merde j'en pleure encore.

lundi 5 septembre 2016

libraire d'un soir

Tiens, encore une occasion de m'entendre bafouiller. C'était le 11 décembre dernier à la librairie Charybde, où je faisais le libraire d'un soir. L'orateur est confus mais les livres valent le détour : j'évoque Doucement de Gabriel Bergounioux un peu avant la deuxième minute, à 6 minutes 45 je parle de l'Ironie du sort de Didier da Silva, à 16 minutes 26 c'est Le Parfum du jour est fraise de Pascale Petit, à 22 minutes 50 La Botanique parallèle de Leo Lionni, à 31 minutes 25 les Saisons de Maurice Pons et à 39 minutes le Château de Kafka. A 43 minutes 50 c'est Marianne Loing qui parle de Pas Liev, dont je lis un court extrait vers 48 minutes et des poussières.

mercredi 18 mars 2015

louange de la louange



Les éditions Helium inaugurent une nouvelle constellation, puisque tel est le nom, joli synonyme, de cette collection, qui propose la rencontre d’un écrivain avec un film, une musique, une photographie, un lieu. Didier da Silva notamment l’inaugure, en belle compagnie puisqu’aux côtés d’Arno Bertina et d’Alban Lefranc.

L’objet de sa rencontre est familier, car, on l’aura deviné, Louange et épuisement d’Un jour sans fin loue en effet et sans louvoyer sinon sans fin Un jour sans fin ; mais oui, ce film, c’était avec Bill Murray et Andie McDowell, je m’en souviens très bien, de Harold Ramis, là en revanche je n’aurais su le dire – et même cet oubli est le signe d’un grand succès populaire (un autre signe en étant la voix de Ned Ryerson, l’épouvantable copain de lycée assureur, régulièrement imitée, et plutôt bien d’ailleurs, par l’un ou l’autre de mes deux fistons à mon arrivée – car oui, il m’arrive souvent qu’on m’appelle Phil Connors.)

Ça commence par des nuages, quoi ? le film ou le livre ? eh bien les deux, si j’en crois Didier da qui connaît le film mieux que moi ; en tout cas son livre, oui, commence avec « des nuages, des pans de ciel accélérés, cumulus blancs sur fond d’azur changeant de forme à fond de train », et tout de suite, connaissant mon Didier da presque sur le bout des doigts, je reconnais le spécialiste du récit atmosphérique, rappelez-vous l’Automne zéro neuf, et je me dis que voilà, dès l’incipit c’est déjà la rencontre promise : le livre va parler d’Un jour sans fin, bien sûr, un film, mais d’un écrivain aussi, ou d’une écriture, celle de Didier da Silva.

Car Un jour sans fin, mais oui, maintenant qu’on m’y fait penser, c’est aussi un film sur le temps qu’il fait, sur le temps qu’il fera, suspendu (le temps) comme nous à l’oracle d’un rongeur sciuromorphe précisément identifié, Marmota monax, rendons grâce à l’auteur de ce souci dans la précision ; autrement dit c’est une marmotte, mais américaine, comme la comédie dont elle est la vedette. Suspendu aussi le temps, vous avez raison, puisque c’est là le ressort du film : celui du temps qui passe est cassé, demain est toujours aujourd’hui, I got you babe, Okay campers rise and shine !

Je ne vais pas vous raconter le film, je ne vais pas non plus vous réécrire le livre, il l’est déjà très bien. Je dirai juste encore ce que l’auteur ne dit pas, ou ne dit qu’entre les lignes, c’est que tout le réseau que tisse Phil, bien obligé, entre les habitants de Punxsutawney, Didier da Silva le propage au-delà du film, dont les auteurs et comédiens, Bill Murray en tête, deviennent personnages à leur tour d’une plus vaste histoire et que c’est alors que l’on comprend, mais oui, c’est évident : Louange et épuisement d’Un jour sans fin est aussi une note, un addenda, une cerise sur l’Ironie du sort, le précédent livre du même auteur.

Louange et épuisement d’Un jour sans fin paraît aujourd’hui aux éditions Helium.


mercredi 19 février 2014

demain sort l’Ironie du sort


Didier da Silva sort un nouveau livre. Pour avoir lu dès leur parution les précédents et même certains un peu avant car confessons-le il arrive qu’une estime d’abord toute littéraire vire à la franche amitié je vous le clame en toute subjectivité : c’est à chaque fois un événement. Sauf que cette fois-ci c’est différent, rendez-vous compte : Didier da Silva sort un nouveau livre ! Et ça change tout : vous avez bien compris que ce nouveau livre est un livre nouveau. On y retrouve bien sûr le Didier da Silva que vous aimez déjà – mais oui vous l’aimez, même si vous ne l’avez pas encore lu ; vous êtes sensible à sa langue sinueuse et élégante, à sa manière toute musicale de tenir le ton sur la distance, à son goût de la promenade quotidienne soudain vertigineuse. Vous reconnaîtrez donc votre auteur notamment si vous avez l’habitude de fréquenter ses blogs puisque notre homme en tient deux* : dans l’Ironie du sort aussi il est question de littérature, de cinéma, de musique – d’hécatombes et de crimes : c’est le début de la nouveauté.
C’est comme ça en effet que ça commence mais s’il y a vraiment meurtre en effet et d’horrible façon on notera que le plouf dans l’eau qui vous aura alerté est celui d’une machine à écrire : on est bien en littérature. C’est dans le vrai monde cependant que le meurtre a eu lieu et tous les protagonistes de l’Ironie du sort sont des personnages réels, comme on dit un peu vite : Leopold et Loeb furent d’authentiques assassins de même que Clarence Darrow fut leur avocat avéré ; Erik Satie, Stevenson, Benjamin Constant, Ryōkan, Philip K. Dick, Nicholas Ray, et même les frères Bogdanoff ont laissé de leur existence des traces différentes peut-être mais tout aussi incontestables (je n’efface pas Igor et Grichka : je les ai vus pour de vrai) que celles déchiffrées par Champollion ; on aurait de la peine d’avoir oublié Cortázar et Marcel Schwob, Morton Feldman et  Léon Bloy, sans parler de Henry Howard Holmes auprès duquel notre Francis Heaulme national passerait presque pour un enfant de chœur, d’ailleurs il est seul parmi les précités à ne pas l’être dans l’Ironie du sort, encore que, potentiellement infinie, celle-ci soit propre à contenir l’univers entier.
Je n’ai pas oublié Alfred Hitchcock, sa Corde d’emblée vous dit comment se nouera sans fin votre lecture : l’illusion du plan unique cependant y est moins convaincante, c’est mon avis, que le toboggan spatio-temporel de Didier da, où la coïncidence est le bumper de flipper qui renvoie le lecteur le même jour de l’autre côté de l’océan, où bien cent ans en arrière au même endroit. Car c’est ainsi que se trame la trame narrative de l’Ironie du sort. La lecture devient vertigineuse mais le lecteur heureusement est bien accroché à son livre qui le mène dans un labyrinthe dont il se demande s’il n’est pas construit selon les plans – démoniaques – du World’s Fair Hotel de Holmes mais non, il est clair que cette tentative de faire tenir l’infini en cent cinquante pages doit tout en réalité aux Vexations d’Erik Satie, on pourra lire l’Ironie du sort huit cent quarante fois de suite, indique sans l’ordonner une note de l’auteur, Didier nous parle-t-il vraiment d’Erik ? L’excitation est à son comble, la bille d’acier (c’est vous), s’affole entre bumpers, kickers et slingshots (mais qu’ai-je donc à vouloir faire entrer mon flipper dans ce livre où il n’a que faire), je veux dire par là que les coïncidences s’accélèrent, ça n’est pas mieux dit mais tant pis, les œuvres évoquées deviennent l’œuvre elle-même jusqu’au moment où tout se résout dans un instant de grâce que jalousement je garde encore pour moi.
 
Ce sont les excellentes éditions de l’Arbre Vengeur qui ont eu la belle idée et la bonne fortune de publier l’Ironie du sort.
 
http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/local/cache-vignettes/L207xH300/arton4944-d5c77.jpg

Commentaires

Tu m'as convaincu, je vais le lire.
PS Moi aussi j'ai vu Igor et Grichka pour de vrai. Deux fois, même.
Commentaire n°1 posté par Sissi le 19/02/2014 à 13h44
Deux fois même et deux fois le même - ou presque. (En même temps, même "pour de vrai" on a un doute.)
Réponse de PhA le 19/02/2014 à 14h45
Convaincue.
Commentaire n°2 posté par Sissi le 19/02/2014 à 13h46
J'ai tendance aux vertiges. Vais-je pouvoir le lire sans faire une crise (0_0)?
(Beau billet Pha)
Commentaire n°3 posté par Ambre le 19/02/2014 à 22h36
Ce vertige-là est délicieux.
Réponse de PhA le 20/02/2014 à 14h49
Ah mais au fait, cher Philippe, ton flipper n'est pas du tout importun puisqu'il y en a un noir sur blanc page 139. (D'un coup, ça m'a fait tilt.)
(et merci !)
Commentaire n°4 posté par Didier da le 20/02/2014 à 05h05
Quand je disais "potentiellement infini" !
Réponse de PhA le 20/02/2014 à 14h50
C'est un livre éblouissant : je me suis laissé emporter dans le tourbillon et n'ai pu le quitter. Je mettrai un mot sur le blog de Didier da Silva. Emue aussi par la dédicace à Dominique Chaussois.
Commentaire n°5 posté par Michèle le 08/03/2014 à 21h59
J'espère (et je crois) que ce livre fera connaître davantage le très beau travail de Didier.
Réponse de PhA le 09/03/2014 à 21h13

jeudi 24 mai 2012

Treize mille jours moins un, de Didier da Silva.


Une soixantaine de chips au paprika
 
En fait, il n’y a pas à dire, c’est quand même mieux de suivre les auteurs, plutôt que de n’en lire qu’un titre par-ci par-là (ce que je fais souvent quand même, parce que sinon, aussi, comment savoir ?) De Didier da Silva, j’avais déjà bien aimé Hoffmann à Tôkyô, paru l’an dernier chez Naïve ; un peu dépaysé tout de même par ce récit sans histoire, anodine odyssée toute en apesanteur dans un paysage estampillé japonais qui valut sans doute au livre quelques contresens : il n’y était guère plus question du Japon que du Mali chez Chevillard quand celui-ci écrivait Oreille rouge. Est-ce le retour dans un paysage moins exotique à mes yeux (quoique…) – puisque c’est Marseille qui remplace Tôkyô dans Treize mille jours moins un –, ou simplement le plaisir de la reconnaissance, ou même – n’ayons pas peur des mots – des retrouvailles avec un ton devenu familier : c’est sans réserve que je recommande la lecture de ce court récit, nouveau roman d’aventures sans aventures – voire : Sam joue du piano, se promène au hasard dans les parcs et par les rues, prend un bain de minuit, rentre chez lui, attend la pluie, s’endort, ressort le lendemain. Le drame tout de même est là, permanent, qui guette notre héros : sera-t-il victime d’une agression ? en tout cas les rochers sont coupants ; pour peu qu’on manque d’attention en sortant de l’eau, une blessure au pied peut vous gâcher la journée – sans parler de la fin tragique d’un poisson d’aquarium, d’un pied de tomate, d’une pédale de piano. Didier da Silva ne s’en cache pas : les grandes aventures, les fresques épiques, les intrigues complexes, très peu pour lui ! Ce fatras-là, il est tout juste bon à hanter les cauchemars de Sam : « Ses cauchemars sont longs, compliqués, riches de rebondissements ; de vrais romans avec une intrigue, du suspense, une galerie de seconds rôles (l’horreur vraiment). La seule image qu’il garderait de celui-ci serait celle-là, dont l’incongruité le rendrait extrêmement perplexe : dans un moment de panique absolue (prise d’otages ou incendie, pas moyen de s’en souvenir), sa mère rangeant toute affaire cessante, dans les compartiments d’un lave-vaisselle, une soixantaine de chips au paprika. » (p. 49-50). C’est sans doute qu’il existe, aux yeux de l’auteur, une alternative à cette matière traditionnelle du roman qui, à force d’en (ab)user, se réduit de plus en plus souvent à une triste série de lieux communs de la fiction. Et chez Didier da Silva, ce ne sont pas non plus les symboles qu’il faut chercher : s’il y en a, c’est pour mieux les vider du sens qu’on leur trouverait habituellement, quitte même – comme il arrive au bel arc-en-ciel final – à leur tourner le dos ; non, ce qu’il y a chez lui, c’est d’abord un ton, une sorte de couleur du son, maintenue par la force interne du style, comme dirait – à peu près – Flaubert ; la recherche quasi musicale du parfait équilibre, de la note parfaite, entre humour et humanité – puisque Sam, notre héros si peu héroïque, est aussi musicien ; et l’auteur (me rappelle soudain la quatrième de couverture de Hoffmann à Tôkyô) – aussi.
 
  Novembre 2008.
  
Peu de temps pour alimenter ce blog, alors je continue à recycler de vieilles critiques (enfin, disons plutôt de vieilles impressions de lecture) qui lui sont antérieures – car les livres, en tout cas certains, ne vieillissent pas. J’ai juste pris soin d’ôter la majuscule au da de Didier : je ne savais pas encore à l’époque qu’à ce sujet l’auteur ne plaisante pas – c’est vrai aussi que d’une minuscule il saurait faire une épopée. Ces Treize mille jours moins un (dont j’avais posté un extrait tout à fait au début de ces Hublots ; après tout c’est un peu Didier qui m’a donné l’idée d’ouvrir un blog, lui-même en a deux) sont parus dans la belle collection LaureLi des éditions Léo Scheer, comme plus récemment l’Automne zéro neuf, roman atmosphérique, premier du genre.


Commentaires

Remarque minuscule : tu me fais encore plus inactuel que je ne suis. En Mars 2006, je n'avais pas encore commencé à écrire Hoffmann... Le 9 se sera décroché. Ça arrive souvent. ;-)
Commentaire n°1 posté par Didier da le 25/05/2012 à 06h55
Mais oui ! Je me demande où j'ai pris cette date, puisqu'en cherchant à la même place je viens de trouver celle de novembre 2008 - c'est-à-dire à quelques jours de l'ouverture de ces Hublots.
J'espère que tu travailles de toutes tes forces, on commence à s'impatienter.
Réponse de PhA le 25/05/2012 à 07h26
Je  l'avais lu avec plaisir, à l'époque. Je vais le relire, tiens.
Commentaire n°2 posté par Anna de Sandre le 25/05/2012 à 09h13
A l'époque où j'emmerdais Loïs ?
Réponse de PhA le 25/05/2012 à 23h09
Et oui :-)
Commentaire n°3 posté par Anna de Sandre le 26/05/2012 à 08h44

jeudi 10 février 2011

Didier da Silva ou le récit (vraiment) atmosphérique

Si 2009 fut l’année de son automne, 2011 restera l’année de son auteur : à quelques jours d’intervalle, du même – car assurément c’est bien le même – du même disais-je Didier da Silva paraissent Une petite forme (avec François Matton) et l’Automne zéro neuf, son troisième et son quatrième livre, ou son quatrième et son troisième, on ne sait plus trop, le temps a de ces caprices. Le temps aussi d’ailleurs, appréciez la transition, car du temps qu’il fait il est beaucoup, il est presque surtout question, dans l’Automne zéro neuf ; les lecteurs des blogs jumeaux de l’auteur – Les idées heureuses et Halte là, Didier de plus en plus fait tout par deux, s’en rend-il compte ? – ne seront pas surpris : c’est souvent qu’on l’y devine le nez en l’air. C’est présenté sous la forme d’un journal, pour la première fois à la première personne ; plus d’Hoffmann ou de Sam pour prêter sa silhouette au protagoniste ; pourtant c’est bien le même, c’est bien la même vie qui voudrait n’être qu’une promenade et n’y parvient pas toujours – c’est drôle – mais y parvient presque – c’est beau ; c’est bien le même regard qui s’attache à ce qui du spectacle du monde aurait tôt fait de nous échapper, ne voit pas pour autant la mort qui se joue à quelques mètres, il faut dire que souvent les yeux sont levés vers le ciel, quel spectacle, les caprices de la météo sont un beau reflet des mouvements de l’âme sans les grands mots que l’auteur, justement, n’y met pas ; jugez plutôt :
  
 
Angèle est petite, brune, assez jolie. Nous nous quittâmes, elle consolée, moi déprimé. À force de les fixer – le sans fil est juste à côté, enfin, surtout son socle, mais je ne m’en étais, old school, pas éloigné –, je n’ignorais plus rien des moulures de la porte d’entrée. Que j’ai ouverte. L’air était tiède, à tout le moins moins froid que je ne pensais. Le silence de la maison après ces deux grandes heures de bavardage ayant je ne sais quoi d’hostile, d’accusateur et de mesquin, j’ai attrapé ma veste et je suis sorti. Ce que j’avais pu dire comme conneries ! Puisque le carillon de l’église du village sonnait, je me suis dirigé vers lui, vers elle, vers lui. Par le bas. Il n’y avait pas un chat, mais un écureuil, derrière un grillage, qui me regarda (je le regardais). Qu’il me fuît, soudain, je le comprenais. J’appelai à moi de sombres pensées. Elles accoururent. Les arbres bruissaient. J’ai pu marcher un long moment au beau milieu de la grand-route, l’austère théorie des platanes suggérant moins, alors, l’infini que l’éternité ; or une publicité pour un supermarché entrouvrait au contraire, sur un panneau Decaux, à l’orée du village, une très étroite fenêtre temporelle – jusqu’au 8 novembre, Chrysanthèmes pomponettes de cinquante centimètres à cinq euros quatre-vingtquinze le pot (il n’y avait pas une minute à perdre).
 
Didier da Silva, L’Automne Zéro Neuf, LaureLi Léo Scheer, 2011, p. 46-47.


Commentaires

suis dedans, et comme prévu j'aime
Commentaire n°1 posté par brigitte Celerier le 10/02/2011 à 20h53
Régalez-vous. Je crois que je l'ai encore préféré aux deux précédents (sans compter Une petite forme).
Réponse de PhA le 12/02/2011 à 11h16
"les arbres bruissaient" et le ciel et le corps du marcheur, aussi.
Commentaire n°2 posté par Gilbert Pinna le 11/02/2011 à 14h43
Tout à fait : le corps du narrateur de cet Automne zéro neuf connaît aussi quelques caprices que ne renierait pas la météo.
Réponse de PhA le 12/02/2011 à 11h48
Bon... je crois avoir à peu près tout ce qu'il me faut pour mon prochain billet! J'ai failli attendre, Philippe!:)
Commentaire n°3 posté par Depluloin le 12/02/2011 à 12h25
Trop facile ! Il faut dire tout le contraire et que ce soit vrai aussi - comme le beau temps après la pluie.
Réponse de PhA le 12/02/2011 à 22h27

vendredi 21 janvier 2011

Jamais petite dépression ne fit si grosse impression.

Une-petite-forme-p.-20-21.JPG
Jamais petite dépression ne fit si grosse impression. On peut jouer du piano à quatre mains, écrire c’est moins évident et pourtant si, associons donc un bavard et un muet et observons. Une petite forme n’est pas un roman, pas même à proprement parler un récit, tout au plus un autoportrait fictif, foin des événements, qui a lu déjà Didier da Silva sait que comme aventure vivre suffit : faire ses courses est une odyssée, sortir le sac poubelle une descente aux Enfers.
L’autoportraituré n’est pas tout à fait lui, comment nous jouerait-il les Idées heureuses avec ses mains de déménageur ? Si j’évoque son blog, c’est parce que c’est là que je me rappelle – je me rappelle très bien – avoir lu la première ébauche du passage ci-dessus reproduit, mais cliquez donc dessus au lieu de râler que c’est trop petit. Même si à l’époque François Matton – puisque c’est l’autre – ne collaborait pas encore à cette future petite forme, il la lisait aussi, et probablement sentait déjà que ce portrait de l’artiste en majuscule dépressif est sans doute le plus fou des textes publiés par Didier. Comme plus on est de fous plus on rit les contraires s’attirent et qui se ressemble s’assemble, ces deux-là se sont tout naturellement retrouvés, Didier le raconte . Car François était déjà l’auteur d’un blog ami – cette expression a sans nulle doute un sens : les blogs deviennent amis entre eux, organisent parfois des rencontres entre leurs auteurs, et quand de la rencontre naît un projet qui grâce à POL prend cette petite forme-là, c’est un petit miracle. Qui de François Matton a lu J’ai tout mon temps ou même, plus récemment, Autant la mer, (et par ailleurs a rencontré Hoffmann à Tokyo avant de passer Treize mille jours moins un avec le Sam de Didier), devine sans peine les affinités potentielles entre les deux lascars. Dans Une petite forme, si François laisse la parole à Didier, Didier laisse François nous la mimer à sa façon – un peu Marceau ? – dans le dos du complice. Bonne nuit à tous, le jour vous guette.
 Une-petite-forme-p.-36.JPG

mercredi 25 août 2010

(parenthèse impromptue mais évidente)

Ce garçon est, décidément, un diable, capable avec presque rien (mais tant de choses dans ce presque) de faire envie à ceux qui ont tout – ou presque.


Commentaires

Du porno à 15h42 de l'après-midi... bon pourquoi pas !
Commentaire n°1 posté par Nadège le 25/08/2010 à 15h42
Rien ne l'arrête.
Réponse de PhA le 25/08/2010 à 16h44
Avant même de commencer j'avais deviné que c'était lui... Votre formule est un vrai compliment. :)
Commentaire n°2 posté par Aléna le 25/08/2010 à 15h50
C'est qu'on le reconnaît de loin !
Réponse de PhA le 25/08/2010 à 16h45
Emportée par l'essentiel.
Commentaire n°3 posté par ArD le 25/08/2010 à 17h15
La grâce, sans doute.
Réponse de PhA le 25/08/2010 à 19h33
Merveilleuse parenthèse.
Commentaire n°4 posté par Ambre le 25/08/2010 à 21h40
Aussi évidente qu'impromptue, je dois dire.
Réponse de PhA le 25/08/2010 à 23h10
c'est trop dommage, j'ai mis le silencieux sur mon ordi car out le monde dort encore à la maison... Je reviendrai plus tard
Commentaire n°5 posté par petite racine le 26/08/2010 à 07h41
C'est sûr qu'en silence, il ne reste que les doigts qui caressent les touches.
Réponse de PhA le 26/08/2010 à 11h07
Ah ben ça alors, voilà où se cachaient mes commentateurs. 
Bande de lâches ! Si vous avez du bien à dire de moi, venez me le dire en face !
(Merci Philippe.)
Commentaire n°6 posté par Le bon petit diable le 26/08/2010 à 09h28
(D'avoir siphonné tes commentaires pour les mettre sur mon blog ?)
Réponse de PhA le 26/08/2010 à 11h09
Avoue que c'est un curieux phénomène... Pourtant je ne mords pas...
Commentaire n°7 posté par Le bon petit diable le 26/08/2010 à 11h24
Tu es en harmonie avec toi-même et ton piano et tu te plains que ton public t'écoute en respectant ce moment magique ?
Réponse de PhA le 26/08/2010 à 11h49
Oh mon dieu, c'est affreux, j'ai encore donné l'impression que je me plaignais ! Ça ne rate jamais, mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça (etc., etc.).
Commentaire n°8 posté par Le bon petit diable le 26/08/2010 à 14h28

 

mardi 22 septembre 2009

Couperin me flanque le blues

Couperin me flanque le blues aujourd’hui quand je l’écoute jouer par un petit garçon quasi sépia qui vient de tirer sa révérence de blogueur jusque là quotidien ou presque, quotidienne ou presque aussi ma lecture matinale depuis le début de ces Idées heureuses. Bien sûr, même si le projet et les raisons sont tout autres, cet arrêt fait écho pour moi à celui tout récent de Zazieweb. Et il y a eu des précédents récents comme celui de Sébastien Smirou chez qui j’allais aussi assez souvent, avec l’impression de voir ce qu’il voulait dire. Par superstition je ne nommerai pas d’autres blogs qui me sont chers et dont le ralentissement m’inquiète. Chez Didier, je suis allé manifester, tambouriner contre la porte en pure perte, mais c’était surtout par goût du scandale. Car au fond, je le comprends parfaitement. Le blog, et ce qu’il y a autour, prend un temps considérable, surtout pour ceux qui n’en ont pas. D’ailleurs, si j’en tiens un, c’est aussi pour m’empêcher d’avoir le temps d’écrire, en écrivant quand même (c’est un peu long à expliquer pour aujourd’hui). Il arrivera un jour où j’aurai envie de reprendre ce temps, à ce moment-là il faudra bien au moins ralentir les Hublots, voire… Mais pour le moment, égoïstement, les Idées heureuses vont vraiment me manquer. Tiens, coïncidence : le livre que je suis en train de lire, qui traîne un peu par manque de temps justement mais ce n’est pas plus mal – ça fait durer le cauchemar –, c’est là que j’avais trouvé l’idée de sa lecture. On a, pour alimenter ses lectures, besoin d’un réseau d’informateurs, on se le fait petit à petit, ça prend du temps mais ça marche. Si mes lectures actuelles sont beaucoup moins souvent décevantes qu’il y a sept ou huit ans, c’est juste pour ça. Si tout le monde s’arrête (j’allais dire « me lâche »), j’aurai moi-même beaucoup de mal à emmerder Loïs (connaissez-vous cette expression locale et pittoresque qui signifie : « susciter des envies (de lecture, s’entend) difficiles à réprimer » ?). Et puis on va vraiment se sentir tout seul. Car, pour revenir à l’hécatombe, François (M) le disait hier chez François (B), ça ressemble à une épidémie. Mettez vos masques avant d’aller surfer.
Enfin, si c’est pour donner un petit frère à Hoffmann à Tôkyô et à Treize mille jours moins un, ça vaut quand même la peine que les Idées heureuses s’arrêtent. Qui les lira ne saurait en douter. Le blogueur, en tout cas celui-là, est aussi un écrivain.


Commentaires

Oui, toujours dommage de voir un jardin se fermer, de ne plus pouvoir déambuler dans ses allées à loisir. Donc vous au moins Philippe, continuez les portes ouvertes siouplait
Commentaire n°1 posté par cecile portier le 22/09/2009 à 10h38
D'accord mais alors vous aussi, Cécile !
Commentaire n°2 posté par PhA le 22/09/2009 à 10h50
J'aimerais revenir sur Zazieweb et mon commentaire d'une limpidité confondante - n'est-ce pas Pascale? Bien sûr que ce site jouait un rôle de premier plan, même si j'y allais rarement. Ce que je voulais dire au sujet des blogs littéraires en général, et je parle en tant que lecteur asséché de longue date, c'est qu'il ne suffit pas de parler d'un livre que l'on a aimé, encore faut-il en parler avec cette sorte de grâce, de légèreté, de passion et de pudeur mêlées. Peut-être faut-il être écrivain? Je visite souvent certains blogs d'une tenue, d'une érudition, d'une élégance très plaisantes, vraiment, mais qui ne possèdent pas cette grâce. Pastel cruel est (était) de ces rares blogs "gratuits" qui font renaître la passion de lire. Donc oui, gare à l'éidémie!
Commentaire n°3 posté par Depluloin le 22/09/2009 à 12h54
Merci Philippe, c'est trop gentil ! (Tous ces témoignages de sympathie, c'est comme d'assister à son propre enterrement en mieux.)
Faut pas croire, moi aussi ça va me manquer - même si pour l'instant, je dois l'avouer, je ressens surtout du soulagement, quelque chose de très joyeux. Enfin libre !
Libre de squatter les zones de commentaire des Hublots, par exemple.
(Le livre, ce ne serait pas Épépé ?)
Commentaire n°4 posté par Didier da le 22/09/2009 à 13h37
Je comprends parfaitement ton allégresse, Didier ; mais tu sais que tu as intérêt à bien employer ta liberté, autrement dit à la sacrifier illico à un projet qui l'anéantira complètement, fera de nous des lecteurs heureux, et te donnera la nostalgie des Idées heureuses, finalement ce n'était pas vraiment les galères, plutôt du pédalo.
(Et tu as bien deviné : c'est Epépé, c'est pour moi et je t'en remercie ! J'en dirai sûrement un mot bientôt, si je trouve le temps, et si Overblog veut bien me laisser accéder à mon admistration : voilà deux heures qu'on me dit que mon navigateur n'acceptant pas les cookies, patati patata, alors que je n'ai rien changé du tout. C'est sûrement ta faute !)
Commentaire n°5 posté par PhA le 22/09/2009 à 14h05
Sois content, le sacrifice a commencé ce matin à cinq heures. Mais en fait je ne sacrifie rien ; écrire c'est plutôt exercer sa liberté, non ? Lui dire deux mots entre quatre yeux, à l'abri des regards, et plus si affinités. En espérant que plus ou moins neuf mois plus tard...
Commentaire n°6 posté par Didier da le 22/09/2009 à 14h14
Ah, et moi aussi j'aime beaucoup Punch-Drunk Love !
Commentaire n°7 posté par Didier da le 22/09/2009 à 14h17
Voilà ! ça, c'est une bonne nouvelle. Allez, ne traîne pas donc pas sur Internet, au boulot !
Commentaire n°8 posté par PhA le 22/09/2009 à 14h18
Mais c'est que j'ai fini ma journée, moi monsieur. Midi passé je ne suis plus bon à rien.
Commentaire n°9 posté par Didier da le 22/09/2009 à 14h20
Bonne sieste, alors !
Commentaire n°10 posté par PhA le 22/09/2009 à 14h23
@Depluloin: vous êtes en effet clair comme de l'eau de source. Et oui, c'est drôlement plus agréable et moins astreignant d'aller butiner de belles fleurs, que de se fatiguer à en être une...
Commentaire n°11 posté par Lapoulette le 22/09/2009 à 18h40
@ Lapoulette : Mais je suis une belle fleur et ça ne me fatigue pas du tout! ("Lapoulette" parce native de l'Ile aux Poules?) Et ne voyez-vous pas que nous sommes en plein deuil?! Respectez nos chagrins allons!
Commentaire n°12 posté par Depluloin le 22/09/2009 à 19h00
Si je voyais votre binette je vous dirais si vous êtes une belle fleur! Quant au deuil, je le refuse, je souhaite "tout le bonheur du monde" à Didier Da Silva qui va retrouver le temps d'écrire pour lui, le temps de vivre enfin soulagé d'un poids en moins, celui de gérer son blog au quotidien, même s'il éprouvait un vif plaisir qui au fil du temps s'amenuise. Arrive un moment ou le "deuil" est renaissance et cela me semble être son cas. Hauts les cœurs les pleureuses ! Entonnons pour lui un chant de joie ! Cessez cet égoïsme, voyons !
Commentaire n°13 posté par Lapoulette le 22/09/2009 à 19h11
Allons, allons, c'est l'heure de l'apéro sur Tor-Ups! Vous verrez que l'on s'y réjouit. (Quand à Didier da, il se prépare avec un sérieux dont beaucoup devrait s'inspirer : je l'ai surpris sur nombre de blogs, ici commentant une recette de cuisine, là donnant son avis sur la taille des rosiers... Il se détend, faites-en de même!)
Commentaire n°14 posté par Depluloin le 22/09/2009 à 19h28
Il a raison de faire comme vous et ne vous inquiétez pas pour moi, je suis détendue, rarement sur la toile il est vrai - car pour cela il faut avoir du temps que vous semblez largement possédez, heureux Depluloin, combien je vous envie! Profitez!
Commentaire n°15 posté par Lapoulette le 22/09/2009 à 23h38
Mon enfant,
Vous n'avez pas saisi. Nous sommes des professionels. Le blog entier se lamente. Mais nous, nous connaissons la bête. Nous ne pleurnichons point. Nous sommes des guerriers. Une de mes équipes est déjà sur place. La suite demain. (Ou sur...)
Commentaire n°16 posté par Depluloin le 23/09/2009 à 00h59
Arrivant un peu tard, je ne dirai rien, sinon que Depluloin, une fois de plus, est parvenu à me faire rire (belle prouesse), en écrivant "(Quand à Didier da, il se prépare avec un sérieux dont beaucoup devrait s'inspirer : je l'ai surpris sur nombre de blogs, ici commentant une recette de cuisine, là donnant son avis sur la taille des rosiers... Il se détend, faites-en de même!)"
Commentaire n°17 posté par François Matton le 23/09/2009 à 21h00
En quelques mots, voilà une bien belle définition de ce qui m'attire tant dans l'écriture blog : "c’est aussi pour m’empêcher d’avoir le temps d’écrire, en écrivant quand même." C'est très juste...
Commentaire n°18 posté par P.M. le 25/09/2009 à 15h58
Oui, la contradiction intérieure est un merveilleux moteur !
Commentaire n°19 posté par PhA le 25/09/2009 à 17h50
Ca alors ! J'avais lu cet article et manqué le passage avec cette belle expression (j'adore).
Ce devait être une lecture tôt le matin ou tard le soir pour avoir sauté cette ligne.
Commentaire n°20 posté par Anna de Sandre le 26/09/2009 à 22h41
(Désolé pour Anna, ça sonne mieux avec Loïs !)
Commentaire n°21 posté par PhA le 26/09/2009 à 23h06
Voui, je confirme.
Commentaire n°22 posté par Anna de Sandre le 27/09/2009 à 07h40