Affichage des articles dont le libellé est Maurice Nadeau. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Maurice Nadeau. Afficher tous les articles

dimanche 22 décembre 2013

la congélation est un pari déjà perdu sur les forces en présence


D’un certain point de vue la congélation est un pari déjà perdu sur les forces en présence et sur l’odeur des immensités. Ce qui ne nous empêche en rien de congeler à un rythme effréné, car la congélation habite bientôt chaque geste de son acteur, refus incarné de la résignation. On prend vite l’habitude, par exemple lorsqu’on fait un tour dehors le soir, de congeler complètement de travers toute chose rencontrée sur le chemin du retour. L’apparence dépeignée et gonflée de sommeil de l’objet qu’on capture en pleine nuit ou au petit matin est si semblable à la congélation et cependant si différente qu’on ne peut s’empêcher de partir d’un agréable rire au beau milieu de la chaussée, entre les magasins vides aux vitrines éclairées. Or on oublie souvent qu’une chose congelée est une éventualité supplémentaire de chose décongelée. Oh, mes pauvres amis, comme la congélation est désespérément contraire à son contraire, comme chaque avancée d’espoir est la promesse d’un cruel désespoir. Et tout ce qu’on risque d’obtenir à la longue est un monde puant de tissus meurtris par la vigueur du froid. Comme si les choses n’allaient déjà pas assez mal. A l’inverse de ce qu’on pourrait croire, le congeleur ne doit donc pas rechigner à s’enivrer. La perte de mémoire accompagnée d’inconséquence insouciante dans l’action sont pour lui les meilleurs moyens de rester enthousiaste et assidu à la tâche.
 
Emmanuelle Pireyre, Congélations et décongélations et autres traitements appliqués aux circonstances, Maurice Nadeau, 2000, p. 45.
 
Quand on a vraiment aimé les livres les plus récents d’un auteur par soi tardivement découvert, on ne court pas grand risque à se plonger dans les premiers.
http://ste.litteraire.pagesperso-orange.fr/images/concours/missiv99.jpg

Commentaires

Eh bien, comme je me suis toujours très bien portée de suivre vos pistes de lecture, j'irai sur celle-là....
Commentaire n°1 posté par Michèle le 22/12/2013 à 12h05
Prenez vos patins : elle est gelée.
Réponse de PhA le 23/12/2013 à 13h48
Comme je lis à l'envers, je vois où tu veux en venir...
Commentaire n°2 posté par tor-ups le 24/12/2013 à 19h19
Hé hé !
Alors ceci n'avait pas dû t'échapper non plus.
Réponse de PhA le 24/12/2013 à 19h25

lundi 17 juin 2013

Maurice Nadeau : éditeur

http://laquinzaine.files.wordpress.com/2011/04/maurice_stmartin23.jpg

 

Commentaires

Oui, respect à Maurice Nadeau!
A chaque fois que vous nous présentez une photo toute sèche, comme ça, on s'attend à la mauvaise nouvelle. Je l'apprends par vous.
Commentaire n°1 posté par Michèle le 17/06/2013 à 14h46
La mort m'ôte les mots de la bouche.
Réponse de PhA le 17/06/2013 à 17h39
Grâces lui soient rendues comme il les rendit aux géants de la littérature du XXème siècle.
Commentaire n°2 posté par Dominique Boudou le 17/06/2013 à 15h30
Voilà.
Réponse de PhA le 17/06/2013 à 17h40
Les éditeurs - tout comme les écrivains - ont-ils droit à la vie éternelle ? 
Commentaire n°3 posté par thyone le 17/06/2013 à 22h10
Certains ont droit à un bonus, ce n'est déjà pas si mal.
Réponse de PhA le 19/06/2013 à 19h44
En tout cas ce découvreur de talents restera dans nos coeurs. Je pense en particulier à "Sarnia", de J.B.Edwards, un total inconnu, dont la lecture a enchanté beaucoup de gens autour de moi! (moi y compris, bien entendu.)
Commentaire n°4 posté par Lza le 18/06/2013 à 09h45
On ne dira jamais assez à quel point c'est important, un éditeur.
Réponse de PhA le 19/06/2013 à 19h47