mercredi 23 juin 2021

vendredi 18 juin 2021

Sez Ner

Sez Ner est une montagne, Sez Ner est un alpage, Sez Ner est un roman d’Arno Camenisch qui, avec Ustrinkata (dont j’avais parlé ici) et Derrière la gare (dont j’avais parlé là) constitue le « cycle grison » – les Grisons dont l’auteur, de langue romanche même s’il écrit principalement en allemand, est originaire. Situés dans le même univers, les trois romans (qui se lisent indépendamment les uns des autres), n’en sont pas moins très différents dans leur tonalité : plutôt crépusculaire pour Ustrinkata, aux couleurs de l’enfance pour Derrière la gare, tout simplement « vert » pour Sez Ner, aurait-on envie de dire.

Dans Sez Ner, les personnages, du moins les quatre principaux, n’ont pas de nom : c’est leur fonction qui en fait office. Il y a l’armailli, l’aide-armailli, le vacher, le porcher. Les bouèbes. Je vous laisse chercher, Google est là pour ça. C’est dans leur travail qu’ils sont saisis, mais c’est un travail qui est une vie aussi. J’ai envie de rajouter, car c’est le cas pour eux aussi, le Vieux Gris, et aussi le Pignouf, qui ont des noms, tiens ; sans doute parce qu’eux, ce sont des chiens. L’un d’eux, tout de même, est un personnage tragique. Car s’il n’y a pas à proprement parler de récit dans Sez Ner, qui se présente plutôt comme une collection d’instantanés invitant le lecteur dans l’immédiate intimité des hommes et des bêtes (des vaches surtout, un bélier, des porcs bien sûr, des poules…), il y a quand même, non dite mais très sensible, une tension, oui, une tension tragique.

Les livres d'Arno Camenisch sont traduits par Camille Luscher et publiés par Quidam.



mercredi 16 juin 2021

Mon petit DIRELICON et Les Singes Rouges en Charybde...

 … C’est ce soir à 19h30, à la librairie Charybde qui fête son dixième anniversaire, à Ground Control, derrière la Gare de Lyon, 81 du Charolais.



dimanche 6 juin 2021

Tes ombres sur les talons

Ah si, quand même ! J’ai trouvé le temps de lire Tes ombres sur les talons, le nouveau roman de Carole Zalberg, un beau récit en forme de V ; entendez qu’on commence par descendre pour remonter ensuite. Une très jeune femme se perd, on la suit qui se perd, on aurait envie de lui dire qu’elle se trompe, non, Melissa, ce n’est pas par là. Et puis, quand vraiment elle n’est plus du tout elle-même – car il y a des moments, dans la vie, où l’on n’est plus du tout soi-même –, un chemin se dessine. C’est un récit très progressif, très attentif à ce qui se passe en soi, très émouvant.