Avec Jules Vipaldo, les mots parlent presque tout seuls. Que ce soit dans On ne badine pas avec ou La DeuXième Année d’AriThmétrique / d’Aride MéTRIQUE qui paraît chez Tinbad ou Pour qui sonne le Douglas paru à peine plus tôt au Dernier Télégramme, ce sont eux qui décident de ce qui s’y dit – ou plutôt ne décident pas : souvent plusieurs versions, homophoniques ou presque les unes avec les autres, coexistent. L’auteur y est moins auteur qu’acteur – il y suffit comme vous le voyez d’en basculer l’u ; surtout dans Pour qui sonne le douglas ? où « Jules Vipaldo » est plutôt personnage, atteint comme il le dit lui-même du syndrome d’Idéfix : il ne supporte pas de voir abattre un arbre. Car il y a une vraie déclaration d’amour dans celui-là, quasi dendrophilique nous suggère l’homonymie assumée du sapin en titre avec l’un des sex-symbols masculins les plus fameux du cinéma hollywoodien de l’entre-deux-guerres, mais c’est aussi un amour engagé : d’aucuns ne voient dans le bois (notamment celui du douglas) qu’une source de revenus. Si pour Jules Vipaldo « l’heure est propice (and love) à faire le clown (du spectacle) » (On ne badine pas avec, p. 69), ses mots sont propices à la variation des interprétations.
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vendredi 26 janvier 2024
vendredi 6 juillet 2018
six pieds devant
Cette joyeuseté-là sort d'une Vie et opinions parue aux éditions
Le Quartanier et signée d'un certain Gottfried Gröll dont
Christophe Manon a décidé d'assumer l'identité depuis que le texte
est joyeusement reparu en 2017 au Dernier Télégramme.
lundi 1 juillet 2013
impossible entendu
41
il
fait gris. d’un grand gris de canard. d’un froid de loup. gris. le ciel
est gris. est tout près d’être gris. gris et fermé.
l’automne est tout près. l’automne avec le jour qui recule. le jour
qui s’en va tôt à l’heure de l’apéro d’été. qui s’en va tôt dans un
moins de lumière et de chaleur. qui s’en va tôt dans une
ruine d’arbres roux. de mousses. d’écureuils. et de nuages froids
comme des loups. j’aime ça. cette froideur de loup. cette avancée de la
nuit de plus en plus grande dans le jour à pas de loup.
ce grand frais qui rampe jour en jour dans le roux. cette face de la
terre moins éclairée. cette face de la terre plus entrée dans ce froid
de loup. le loup qui chasse le canard. la nuit noire
qui chasse le jour de plus en plus court sur cette face de la terre.
cette face de la terre de plus en plus dans l’ombre d’elle-même. cette
face de la terre de plus en plus dans ce noir de canard
à pas de loup. ce froid qui rampe avec la brume à ras sur la terre.
ce raz qui rampe à brume froide et cette terre qui rentre dans l’ombre
d’elle. le ciel est gris. le ciel est tout près. le ciel
est tout près d’être gris. le ciel est ras la terre. le ciel est
fait comme un rat la terre. la terre est faite d’ombre ras la terre. le
ciel est fait. la terre est faite. l’ombre repousse.
l’ombre repousse la lumière ras la terre. le raz d’ombre repousse la
lumière à ras d’ombre ras la terre ( )
42
et c’est du silence
impossible entendu
à moins que
peut-être
&
Fred Griot, book 0, éditions Dernier
Télégramme, 2013, p. 56-57.
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PS : de mousses.d'écureuis. et de nuages froids + ce qui suit et précède = cliché, rien à en tirer. On dirait du sur-TVinau. Je dis : non. Je veux de la poésie dans mes hublots, pas du Royco.