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mardi 16 avril 2024

Albarracin joue à Shifumi

La pierre

émousse

les ciseaux


Dans la neige pourtant

le papier les ciseaux et la pierre

font chose commune





On rate d’un cheveu

parce que précisément

on oublie que le cheveu


est ce avec quoi

on réussirait

à tout lier




C’est extrait du très beau Shifumi de Laurent Albarracin, tout en poèmes de deux tercets, publié aux éditions Pierre Mainard.





mardi 3 juillet 2018

Aux moindres creux de la terre l'eau fait des vasques


Aux moindres creux de la terre l'eau fait des vasques
elle trouve sa vaisselle aux ornières des chemins
d'une feuille morte elle fait sa coupe d'argent
dans un pneu elle a sa table mise
les flaques sont son frac, sa livrée d'apparat
et si l'eau est partout son habit propre
qu'en chaque mare elle a son palais
c'est que se recueillir lui est un luxe et un bien nécessaire

Laurent Albarracin, À, éditions le Réalgar, 2017.
C'est dans la collection l'Orpiment, et illustré par Jean-Pierre Paraggio.


lundi 14 avril 2014

la taupe est la main de la terre


La taupe est la main de la terre
mais c’est la terre qui a la main pour rien
pour seulement fabriquer ces petits volcans
rembrunis et boudeurs
cataclysmes sans conséquence
comme si elle s’aménageait là
des instants de respiration
des soupirs d’impuissance
des châteaux démolis
des révolutions de bas étage
des sortes de caprices épidermiques
des éruptions ratées
des velléités d’accouchement
et que la terre dans son soulèvement
préfigurait surtout
la déception de celui-ci.
 
Laurent Albarracin, Fabulaux, Al Manar, 2014, p. 42.
 
Et bien sûr il n’y a pas que la taupe dans ces Fabulaux, puisqu’il s’agit d’un bestiaire de poche, illustré par Diane de Bournazel. Sur Sitaudis un article éclairant de François Huglo.
(Et pour mémoire du même auteur l’encore récent Citron métabolique aux éditions le Grand Os.)
http://www.sitaudis.fr/Source/280/fabulaux-de-laurnet-albarracin.jpg

mercredi 12 février 2014

temps et lieux

La fixité relative des lieux accuse la fuite du temps irréparable, la perte et l’absence dont se paient chaque pas en avant, chaque instant.
 
Pierre Bergounioux, Préférences, Le Cadran ligné, 2012.
 
Et pour ceux qui ne connaîtraient pas encore, en 2009 sur Poézibao Laurent Albarracin présentait son Cadran ligné.

lundi 2 décembre 2013

le nuage serait un instrument de précision

ce serait
des hypothèses
vérifiantes
 
l’ici
donnerait
le la
 
le nuage serait
un instrument
de précision
 
il y aurait
diapason
au moindre
brin d’herbe
 
on verrait
les rayons
du citron
 
on connaîtrait
les raisons
de la tomate
 
elles ne seraient pas
différentes
de la tomate
 
 
Laurent Albarracin, Le citron métabolique, éditions Le grand os, 2013, p. 38-39.
 
(Cliquez donc sur le lien pour en savoir un peu plus.)
https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiWaCT2rElIBzGfHFai8Qs1dIUrkKab54X3fql4oFnTYzro_j9h2bW8vr9lYQZxu7lFF40rjcW7NaGaF7PKcx97fFR4X3yfH0dh98LvuYzTNnBWQkBrvncvHGhlRXuC0be0RrJJnRcxuPHB/s400/CouvCitron.jpg