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mardi 25 novembre 2025

Le Cimetière à Barnes

C’est un peu idiot, à chaque fois que je lis un roman de Gabriel Josipovici (Contre-jour : Triptyque d’après Pierre Bonnard, Moo Pak, Tout passe, Goldberg : Variations, Infini – l’histoire d’un moment, Dans le jardin d’un hôtel, Hotel Andromeda et maintenant Le Cimetière à Barnes), j’ai l’impression qu’il s’agit du plus grand romancier vivant. C’est complètement idiot, même. Je ne crois pas du tout que « grand » ait un sens. Je n’aime pas tellement les romans. Je suis farouchement opposé à l’utilisation du nom d’une personne, fût-ce celui d’un écrivain, comme label de qualité. N’empêche : à chaque fois que je lis un roman de Gabriel Josipovici (Contre-jour : Triptyque d’après Pierre Bonnard, Moo Pak, Tout passe, Goldberg : Variations, Infini – l’histoire d’un moment, Dans le jardin d’un hôtel, Hotel Andromeda et maintenant Le Cimetière à Barnes), j’ai l’impression qu’il s’agit du plus grand romancier vivant. C’est complètement idiot mais j’ai une excuse : je n’ai pas du tout le temps d’écrire un billet dessus.

(La traduction est de Vanessa Guignery.)



mardi 7 octobre 2025

Avis de parutions automnales

Octobre. C’est l’automne : des feuilles tombent, des livres paraissent. On ne peut pas toutes les ramasser ni tous les lire ; certains, certaines méritent toutefois qu’on s’y arrête, d’autant plus que ces trois-là seront forcément très différemment délicieux.

Alors que résonnent encore les notes de sa Musique adorable, Chabrier malgré lui, paru chez MF en 2024, voici que Didier da Silva promène à présent ses doigts d’écrivain pianiste chez Trois Socrates Satie, Cage, Feldman, toujours chez MF.

Dans la collection contraintEs des éditions Louise Bottu, Bruno Fern propose des tours suivi de lignes et s’annonce très feuilleté (au sens où lire une page est aussi lire une autre page, et même ici lire une page d’un autre auteur, à en croire le protocole indiqué en quatrième de couverture, à en croire encore ce que je ne disais pas sur trois autres livres du même auteur, ici, là, ou encore là.

Et chez Quidam il y a un nouveau livre de Gabriel Josipivici : Le cimetière à Barnes, traduit de l’anglais par Vanessa Guignery. Je ne sais pas si vous connaissez Gabriel Josipovici. Vous devriez.



dimanche 2 mai 2021

Bien sûr ça n’est pas que pour moi.

Je viens de terminer la lecture du dernier roman de Gabriel Josipovici paru tout récemment chez Quidam : Hotel Andromeda. La relecture, plutôt, car je l’avais déjà lu dans sa version originale ; il se trouve que j’étais à Londres au moment de sa sortie en Angleterre, je n’allais pas rater l’occasion. Je ne rate jamais une occasion de lire Gabriel Josipovici depuis que Pascal Arnaud, notre (Quidam) éditeur commun, m’a mis Moo Pak entre les mains, en me disant « ça, c’est pour toi ». En effet. Depuis, Gabriel Josipovici, c’est pour moi. Au point même de le relire en français, dans la traduction de Vanessa Guignery, après l’avoir lu en anglais. Est-ce à proprement parler une relecture ?

Deux mots quand même pour vous dire non pas de quoi mais plutôt comment ça parle – ce qui chez Josipovici revient peut-être un peu au même. Ça a l’air très simple a priori – c’est d’ailleurs très facile à lire – simple comme une maison à quatre étages, avec un appartement à chaque étage. C’est l’histoire d’elle, qui ne tarde pas à s’appeler Helena, et qui essaie d’écrire un livre sur l’artiste américain Joseph Cornell, lequel ne serait pas une biographie, ne serait pas un essai non plus, ne serait pas mais quoi être d’autre ? oui, un peu comme ce texte que j’écris ne serait pas une critique ; Helena qui heureusement a la vieille dame du dernier étage comme interlocutrice privilégiée de ses interrogations, tandis que Tom, au rez-de-chaussée, n’est pas tout à fait son amoureux, puisque le mot n’y est pas. C’est aussi l’histoire d’Helena qui pense sans cesse à sa sœur absente, Alice, laquelle œuvre dans un orphelinat en Tchétchénie, et ne lui donne jamais de nouvelles. Alice pour qui, croit-elle, elle n’existe pas. Sauf qu’arrive « il », qui se nommera lui-même « Ed », qui arrive de Tchétchénie où il a eu l’adresse d’Héléna par Alice. Il est reporter, tchèque et parle un anglais très correct mais aussi pauvre que les deux lettres par lesquelles il se désigne.

Ce qui me fascine chez Josipovici, c’est précisément ce qui me rebute chez la majorité des romanciers : les dialogues. On n’entend qu’eux, et si l’on connaît les préoccupations d’Helena parce qu’elle parle aussi bien avec Tom qu’avec Ruth qu’avec Ed, de ce dernier on n’entend que ce qu’il dit, et c’est peu. On devine que son anglais lacunaire l’arrange bien ; « pas de problème » devient sa réponse principale. « Pas de problème » comme une provocation intellectuelle à Helena, à nous, à moi, à tous ceux pour qui aller au bout de quelque chose en est un qui, au moins pendant un temps, paraît insurmontable.

Bien sûr, Josipovici, c’est pour moi. Bien sûr que ça n’est pas que pour moi.



mardi 25 avril 2017

Dans le jardin d'un hôtel avec Gabriel Josipovici

Bon, j'ai lu Dans le jardin d'un hôtel. C'est le roman de Gabriel Josipovici qui vient juste de paraître chez Quidam, dans la traduction de Vanessa Guignery. Oui, Quidam c'est mon éditeur. Et Gabriel Josipovici l'un des auteurs phares de son catalogue, auquel figurent déjà Moo Pak, Tout passe, Goldberg : Variations, Infini– l'histoire d'un moment. Oui, je les ai tous lus. Oui : je les ai tous aimés. Un peu plus que ça, même. J'ai même lu Contre-jour. Triptyque d'après Pierre Bonnard, paru chez Gallimard en 1988. Non, ils n'ont pas été fichus de le garder, chez Gallimard ; on se demande ce qu'ils fichent, d'ailleurs. Et j'en ai même lu un autre encore dont je tais le nom parce qu'il n'est pas disponible en français. Donc oui : mon intérêt pour le travail de Gabriel Josipovici dépasse ma naturelle solidarité avec mon éditeur.
En parler, maintenant. A chaque fois avec lui les mots me manquent. Il y a chez Josipovici une limpidité qui n'est pas qu'apparente, une sorte de limpidité proprement extraordinaire : on voit des choses qui sont si fines, si ténues qu'on est en droit de douter de leur propre existence. Et pourtant, on les voit. C'est qu'il y a là véritablement quelque chose. Alors bien sûr je pourrais juste gloser le récit : dire comment Ben raconte à Rick et Francesca comment, en vacances avec Sandra dans un hôtel qui n'est pas celui du titre, il a fait la rencontre de Lily, laquelle lui a racontée comment, autrefois, sa grand-mère est tombée amoureuse d'un jeune homme déjà fiancé, retrouvé, après une première rencontre, dans le jardin d'un hôtel, celui du titre cette fois, celui que Lily est venue retrouver cet été, à Sienne, juste avant de finir les vacances dans les Dolomites, où elle rencontre Ben. Mince, j'ai tout raconté. Horreur. Attends, je me relis. Non, ça va, je n'ai rien raconté du tout, en fait.

Car il s'est passé quelque chose là, dans cet hôtel, ou plus tard dans cet autre hôtel – ou non : il ne s'est rien passé. Non qu'on doute de la réalité objective des événements racontés comme dans certains romans contemporains qui par ailleurs me sont chers. Non. Simplement : savoir si ce qui s'est passé est quelque chose, ou pas. Car ce qu'on lit, ce n'est jamais que plusieurs conversations (il y aurait tout un travail à faire sur la conversation chez Josipovici, je la vois comme sa partition, la conversation, avec des interprètes multiples, des parties multiples ; si j'étais un peu musicien je vous expliquerais probablement ça beaucoup mieux), plusieurs conversations donc qui en retracent d'autres, d'autres conversations plus anciennes, le tout devenant une vaste conversation intégrant finalement celle entre Rick et Francesca, qui discutent entre eux de ce qu'ils ont entendu de la bouche de Ben, ne sont pas forcément d'accord, comme nous ne le serons pas, nous non plus, le jour où vous aurez lu Dans le jardin d'un hôtel et que nous en parlerons ensemble.


Gabriel Josipovici sera l'invité de la libraire Charybde, 129 rue de Charenton à Paris, demain mercredi à 19h30. Je ne vais pas manquer ça, pour ma part.



lundi 15 février 2016

Josipivici en Charybde

Gabriel Josipovici, dont j'ai tenté d'évoquer il y a quelques jours le merveilleux Infini l'histoire d'un moment, rappelez-vous, sera avec son traducteur Bernard Hoepffner et notre éditeur commun l'invité de la librairie Charybde, 129 rue de Charenton dans le XIIe, demain soir à 19h30. Ça va être grand, je le sens. Venez donc !


lundi 8 février 2016

Lire Infini l’histoire d’un moment et en dire quelque chose



Il faut que j’écrive un billet sur un livre merveilleux.

Cette phrase est une boucle : le caractère merveilleux (que faute de mieux j’appelle « merveilleux ») de ce livre est aussi la nécessité que j’éprouve de le dire. On ne va pas rester tout seul à prendre son plaisir comme un harpagon de la littérature.

Il va falloir donc que je trouve les mots. Parfois ils me viennent assez spontanément mais quand je veux parler d’un livre de Gabriel Josipovici, le plus souvent, non. Ou plutôt, ceux qui viennent ne correspondent pas à ce que je voudrais dire. Je dirais par exemple C’est le portrait d’un artiste – c’est souvent le portrait d’un artiste mais en l’occurrence Infini l’histoire d’un moment est aussi le portrait d’un artiste et puis les mots se détachent, je les considère et je me rends compte qu’il y a tellement de livres dont je pourrais dire C’est le portrait d’un artiste, tellement de livres dont j’aurais pu dire ça et que je n’ai pas forcément aimés que non, ce n’est pas ça, ce n’est pas l’essentiel de ce que je veux dire.

La question du sujet, le sujet de l’œuvre qui vient se substituer à l’œuvre elle-même dans le discours du commentateur, j’en parlais l’autre jour. Donnons un coup de barre pour éviter l’écueil.

Je pourrais dire que c’est un dialogue, alors. Moo Pak aussi à sa manière était un dialogue, vous vous souvenez ? Vous avez lu Moo Pak ? Non ? Vous devriez. Mais ce n’est pas de Moo Pak que je veux parler aujourd’hui, et d’ailleurs Infini l’histoire d’un moment n’est pas tout à fait un dialogue à la manière dont Moo Pak l’était, même si à l’évidence il y a des affinités entre ces textes. Un narrateur – appelons-le un narrateur, il n’a pas d’autre nom et il ne raconte rien mais appelons-le un narrateur puisque c’est lui qui nous rapporte le dialogue et que c’est là aussi le rôle du narrateur – nous rapporte un entretien qu’il a eu – il est donc aussi personnage, me direz-vous, il est même le je liminaire ; « Je lui demandai d’abord » sont les premiers mots de Infini l’histoire d’un moment, mais c’est un personnage en creux, qui n’a pas de nom et ne fait dans ce livre rien d’autre que ça : demander. Une sorte de vortex sous la forme d’un interviewer anonyme, qui ne cesse d’interroger vous disais-je non pas l’artiste dont le livre, Infini l’histoire d’un moment, est le portrait, mais son majordome : Massimo. Et la boucle se reboucle. Car Massimo répond – ou pas, et ce silence aussi reste à interpréter – et les réponses de Massimo sont un autre dialogue : celui qui a eu lieu, durant des années, entre son maître et lui. Son maître, c’est un compositeur d’avant-garde, aristocrate et sicilien, il faut additionner tout cela et bien plus encore, que le narrateur anonyme et liminaire nous présente, dans le dialogue qu’il nous rapporte, sous le nom de Tancredo Pavone. Je prends des précautions. Le dialogue entre le maître et le majordome n’en est pas tout à fait un : le maître parle et l’autre, qui se défend bien d’être musicien, écoute. C’est donc cette voix, celle de Tancredo Pavone rapportée par Massimo rapportée par l’anonyme narrateur liminaire, qui constitue l’essentielle matière du roman. Du roman qui n’est pas seulement un roman, pas plus que Tancredo Pavone n’est seulement Tancredo Pavone : une note nous avertit que « le protagoniste de ce roman » (c’est donc bien aussi un roman) « est fondé librement sur le compositeur italien Giacinto Scelsi (1905-1988)… » dont je suis aussitôt allé écouter quelques morceaux sur Internet, non sans maudire la piètre qualité de mon matériel.

Voilà. J’ai déjà écrit bien trop de lignes pour qu’on lise ce billet jusqu’ici, si vous êtes toujours là je vous embrasse, et pourtant je n’ai toujours rien dit, rien vraiment dit encore de ce livre. Je le savais. Souvent quand un livre est vraiment grand je ne sais dire que mon incapacité à dire. Quand même : Infini l’histoire d’un moment, c’est un livre sur la musique qui parle de bien autre chose que de la musique. C’est un livre qui retrace la vie d’un artiste singulier et qui fait bien autre chose que de raconter une vie. C’est plutôt un livre sur la vie même. C’est un livre dont le titre, apparente antithèse, dit à la fois ce que dit le livre et la manière dont il le dit. Tiens, là, j’ai l’impression d’avoir dit quelque chose – à moins que ce ne soit lui.



Infini l’histoire d’un moment, de Gabriel Josipovici, est traduit de l’anglais par Bernard Hoepffner et vient de paraître chez Quidam éditeur.

Pour les Parisiens, mardi 16 février à 19h30, Gabriel Josipovici sera l’invité de la librairie Charybde, 129 rue de Charenton dans le XIIe arrondissement.

lundi 20 octobre 2014

si nous avions eu un enfant



Il est sorti de la pièce, et je t’ai dit : « Ce n’est pas vraiment la peine, n’est-ce pas ? »
– Qu’est-ce que tu veux dire ? as-tu répliqué, tournant brusquement la tête de mon côté, et baissant tout aussi vite les yeux vers le sol.
– Que je vienne vous voir, ai-je dit.
– Je ne vois pas ce que tu veux dire », as-tu répondu.
Puisque tu ne voulais pas aborder le sujet, que pouvais-je dire de plus ? J’ai essayé d’en parler avec lui quand il m’a raccompagnée.
Je suis restée sans rien dire pendant un long moment, regardant par la fenêtre, écoutant dans une semi-inconscience le bruit de son crayon sur le papier. J’ai fini par dire :
« Je vais partie maintenant. »
Il a levé les yeux de son dessin. « Déjà ?
– Oui, ai-je répondu. Il faut que je rentre.
– Eh bien », dit-il.
Il a posé son crayon et son carnet de croquis et s’est levé.
« Ne te dérange pas, dis-je. Je peux quitter la maison toute seule. »
Mais il m’attendait déjà, debout près de la porte. Je me suis penchée pour t’embrasser rapidement, mais tu as à peine réagi, tu as levé la main vers ma joue et tu l’as laissée retomber.

Gabriel Josipovici, Contre-Jour, Gallimard, 1989, p. 52-53.


Je t’en supplie, reviens. Viens nous voir. Je ne te demanderai pas de rester.
Ta présence nous permettra de combler le fossé qui nous sépare. Avec toi il nous sera possible de nous parler à nouveau.
Quand j’essaie de lui parler c’est toujours au travers de ton ombre absente.
« Si elle était ici, tout serait différent.
– Mais non, me dit-il. Il ne faut pas dire des choses pareilles. »
Je lui dis : « Si nous avions eu un enfant tout aurait été différent. »

Gabriel Josipovici, Contre-Jour, p. 129.

Ce sont deux extraits – deux détails, plutôt – de Contre-Jour, de Josipovici décidément, détails puisque le roman est sous-titré « Triptyque d’après Pierre Bonnard ». Et décidément, parce qu’on a rarement aussi bien parlé du sentiment de l’inexistence – qui est aussi mon seul sujet, si j’en ai un. Deux extraits des deux premières parties : la voix de la fille, puis celle de la mère. Le père est presque muet puisqu’il est peintre, et sa lettre trop courte pour que je puisse la citer.
Rappelons que cet automne a vu la parution chez Quidam de Goldberg : Variations.



dimanche 28 septembre 2014

Relire Goldberg : Variations de Josipovici



J’ai relu Goldberg : Variations, de Gabriel Josipovici. Je l’avais déjà lu tout récemment, et j’ai bien d’autres livres à lire, mais il fallait que je le relise. La première fois, je ne l’avais pas lu dans de bonnes conditions. Mais lit-on jamais dans de bonnes conditions ? Comment les conditions pourraient-elles vraiment être bonnes ? Les conditions extérieures, bien sûr, on peut essayer de les améliorer. Mais on sait bien que la lecture est surtout tributaire de conditions intérieures au lecteur, à propos desquelles celui-ci ne peut à peu près rien. Bref. J’avais besoin d’un prétexte pour le relire, je l’ai relu.

Comme je m’y attendais, ce n’est pas exactement le même livre, que j’ai lu. Ballantyne, par exemple, pour prendre un exemple, plutôt, vous savez, l’ami de Westfield, eh bien il y jouait cette fois-ci un rôle plus effacé. Je vous dis cela pour le seul plaisir de vous le dire, car ça n’a aucun sens, pour vous. Ça n’a de sens que pour celui qui a fait cette première lecture Goldberg : Variations, une lecture singulière qui malgré les mauvaises conditions mériteraient un nom propre, puis cette autre lecture également singulière, dans d’autres conditions que j’ai souhaitées meilleures et qui sans doute l’ont été, jusqu’à un certain point. Jusqu’à un certain point que j’ai du mal à dépasser et que je pourrais appeler l’oubli d’un autre moi-même, qui quand il lit ne cesse d’écrire encore. Vous voyez ? Oui, là, vous voyez ; ça ne fait pas l’ombre d’un doute.

Une deuxième lecture, donc. Avec, tiens, c’est tout à fait anecdotique car après tout Ballantyne n’est qu’un personnage secondaire parmi beaucoup d’autres, un relatif effacement de sa présence par rapport à la première lecture. J’aurais sans doute pu trouver une autre différence entre ces deux lectures, elles sont pléthore, mais c’est la première qui, curieusement, m’a traversé l’esprit. (Il faudrait quand même demander à des personnes qui viendraient juste de terminer leur deuxième lecture de Goldberg : Variations si elles ont remarqué elles aussi un relatif effacement de Ballantyne dans cette deuxième. Après tout il y a peut-être quelque chose dans le texte même qui induit cet effacement progressif de Ballantyne. Après tout Westfield et Ballantyne n’ont plus grand-chose à se dire.)

En relisant Goldberg : Variations, j’ai eu plus nettement encore l’impression par moment de lire à travers les pages. Je crois que je l’avais déjà la première fois, mais cette fois c’était plus net encore. Mais dire cela n’a aucun intérêt : Goldberg : Variations est écrit pour qu’on lise à travers les pages. Qu’on lise ce qu’on est en train de lire en même temps qu’on relit ce qu’on a déjà lu quelques pages auparavant. Et ce qu’on lira quelques pages plus loin et qu’on a déjà lu dans une précédente lecture.

Je me demande si Gabriel Josipovici n’a pas glissé l’idée subliminale (car littéralement je ne l’ai pas trouvée mais ça ne veut rien dire) l’idée subliminale de trente lectures successives. Trente variations de lecture.

En relisant Goldberg : Variations j’ai eu envie de choisir un autre extrait pour vous. Ou plutôt de laisser un extrait s’imposer. Celui-ci est à la page 269, c’est le Wander-Artist de Paul Klee qui naturellement à ce moment-là n’est plus seulement le Wander-Artist de Paul Klee qui parle. Ça n’a rien à voir avec les propos décousus que j’ai tenus plus haut. Ou peut-être que si :



« Le monde ? Quel monde ? Le monde que vous pensiez connaître se gauchit à mon passage et se reforme de manière inattendue. Ce n’est pas le monde que vous connaissiez, mais pas plus d’ailleurs que l’est le monde autour de vous. S’il avait pu être ainsi alors il n’aurait pas eu besoin d’être celui-là, mais il fallait bien qu’il soit d’une manière ou l’autre.

Vous n’écoutez pas ce que je dis. Vous êtes trop occupés à m’observer passer de l’autre côté, un bras levé pour saluer. Et c’est ainsi que cela doit être, car ce que je dis n’a pas de signification, on ne peut même pas dire que je le dis, seulement que je forme les mots des autres avec ma bouche, et ce que vous avez entendu, vous ne l’avez pas vraiment entendu, ce que vous avez vu, vous ne l’avez pas vraiment vu. Et pourtant me voici, en route, bras levé pour saluer, et puis je ne suis plus. »



Voilà. Mais peut-être ne savez-vous pas vraiment quel est ce livre, Goldberg : Variations, que je viens de relire. Peut-être venez-vous juste de tomber sur ce blog et aimeriez en savoir plus. Si vous cliquez ici, vous tomberez sur tous les billets de ce blog consacrés à Gabriel Josipovici. Mais vous pouvez aussi avoir envie de lire l’avis d’un libraire, et dans ce cas allez donc faire un tour chez Charybde ou chez Ptyx. Et pendant que vous y êtes lisez aussi ce qu’en dit Jacques Josse sur Remue.net et Christophe Kantcheff si vous êtes abonné à Politis. Entre autres. Allez, bonnes lectures.

vendredi 19 septembre 2014

Josipovici en Charybde*



Et l’enregistrement de la soirée organisée par la librairie Charybde à l’occasion de la parution du formidable Goldberg : Variations de Gabriel Josipovici. D’ailleurs, je vais le relire, tiens.

* Heureux hasard des titres :

– Vous êtes un érudit, Mr Goldberg, dit Hammond. Cela fait longtemps que j’ai envie de vous demander : Quelle est la raison, à votre avis, qui fait qu’Homère décrit Ulysse comme un menteur invétéré ?

(C’est à la page 88, dans la huitième Variation, et c’est l’un de mes nombreux passages préférés.)

jeudi 4 septembre 2014

Goldberg : Invitations



Sa chambre était plongée dans l’obscurité quand je revins, mais il m’appela de son lit et, quand je lui eus répondu, il me pria de m’asseoir et de commencer dès que je serais prêt. Je m’installai dans le fauteuil, j’ajustai la lampe et je commençai. Mais après quelque temps, il m’appela de nouveau et me demanda d’entrer dans la chambre. La lumière de la lampe me permettait de discerner le grand lit à baldaquin où, je le supposais, il était couché. Je restai près de la porte, mais sa voix, venant de la profondeur de son lit, me demanda de m’approcher et de m’asseoir à son chevet. Lorsque je l’eus fait, il resta si longtemps silencieux que je pensai que ma seule présence ici, près de lui, avait suffi à produire ce que tout le talent de mon élocution n’était jusque-là pas parvenu à faire, mais il finit par parler, tout doucement, et me posa des questions sur toi et les enfants. Je répondis à toutes ses questions aussi simplement et clairement qu’il m’était possible. Il me demanda ensuite si j’avais moi-même écrit quelque chose que je pourrais lire au lieu des livres que j’avais apportés. Je lui répondis que j’avais beaucoup de choses, mais rien avec moi. Je me demandai s’il allait proposer d’envoyer un domestique les chercher le lendemain, mais il resta étendu quelque temps en silence et me demanda ensuite si j’étais prêt à écrire quelque chose spécialement pour lui que je pourrais lui lire, soir après soir.
— À quel genre de choses pensez-vous ? lui demandai-je.
Il se mit alors à rire et me dit qu’il n’était pas lui-même écrivain et qu’il préférait me laisser ce genre de décision. Je compris alors la raison du bureau sous la fenêtre, des différents types de papier et de plumes qui y avaient été posés. Je lui dis que j’essayerais.
— Je ne veux rien d’autre qu’une nouvelle composition de votre main, dit-il.
Il retomba dans le silence et je me demandai ce que je devais faire. Désirait-il que je retourne dans l’autre pièce pour reprendre ma lecture, ou bien que je m’en aille complètement, ou encore que je reste là au cas où il aurait d’autres questions auxquelles il aurait voulu que je réponde. Je m’interrogeais sur ces diverses possibilités lorsqu’il dit :
— J’ai lu tous les livres qui ont été écrits, Mr Goldberg, et cela me rend mélancolique. Un profond ennui s’empare de moi chaque fois que j’ouvre une fois de plus un de ces volumes ou même quand une autre voix m’en livre le contenu.
— Mais un nouveau livre ne va-t-il pas par trop éveiller votre intérêt ? lui demandai-je, n’aurait-il pas pour effet de vous tenir éveillé au lieu de l’effet désiré qui est de vous endormir ?
— Mon ami, me dit-il, vous parlez sans réfléchir. Une nouvelle histoire, une histoire qui est vraiment nouvelle et vraiment une histoire, donnera l’impression à la personne qui la lit ou l’écoute que le monde a repris vie pour lui. Voici comment je pourrais le dire : le monde recommencera à respirer pour elle alors qu’auparavant il avait paru être fait de glace ou de roche. Et ce n’est que dans les bras de ce qui respire que nous pouvons nous endormir, car ce n’est qu’alors que nous pouvons être certains que nous nous réveillerons vivants. N’ai-je pas raison, mon ami ?

Gabriel Josipovici, Goldberg : Variations, Quidam éditeur, 2014.

C’est le livre qui paraît chez Quidam en ce moment, de l’auteur de Moo Pak et de Tout passe, et c’est formidable. Et ce qui est formidable aussi, c’est que Gabriel Josipovici sera en France et plus précisément à la librairie Charybde, 129 rue de Charenton (dans le XIIe, métro Gare de Lyon) demain à 19h30 (j’y serai) et au Comptoir des mots, 239 rue des Pyrénées (dans le XXEe, métro Gambetta), mardi  prochain à 20h.


jeudi 7 mars 2013

Quidam en Charybde, 2ème partie


Deuxième partie de la soirée Quidam à la librairie Charybde (allez donc faire un tour à l’occasion au 129 rue de Charenton, à trois pas de la Bastille et deux de la Gare de Lyon) pour écouter cette fois-ci dans l’ordre Pascal Arnaud à propos de B.S. Johnson, histoire d’un éléphant fougueux, de Jonathan Coe ; Michel Volkovitch, traducteur des auteurs grecs du catalogue Quidam (Menis Koumandareas, Ersi Sotiropoulos, Ziranna Zateli) ; Pascal Arnaud de nouveau présentant votre serviteur avant que je ne balbutie quelques mots sur la Persistance du froid de Denis Decourchelle ; Pascal Arnaud à propos de Reinhard Jirgl ; Claro sur Tout passe de Gabriel Josipovici qu’il a traduit pour Quidam ; Hugues Robert (de Charybde) sur Ron Butlin, Paulus Hochgatterer, David M. Thomas ; enfin Pascal Arnaud sur le roman à paraître le 20 de ce mois-ci de Catherine Ysmal, Irène, Nestor et la vérité.
Voilà, tout cela un peu long, mais en réalité c’est beaucoup trop court.


Commentaires

"Car la Persistance du froid est aussi une évocation de ce qu’on ne peut pas exprimer, et ce n’est pas un hasard si le jazzman arrête de jouer, l’actrice se retire, l’anthropologue se noie, et le cosmonaute, premier homme à avoir eu depuis son hublot une vision totale du monde, est réduit au silence… "
"... une évocation de ce qu'on ne peut pas exprimer..."
En effet, c'est un peu le sentiment que j'ai eu en vous écoutant en parler (de votre belle voix grave:)) alors que dans le texte de votre lien vous exprimez très clairement justement ces mots qu'il faudrait aller chercher dans la musique, cette "opacité" qui peut nous toucher dans un texte. Et pour le coup, vous défendez bien cet auteur qui mérite sûrement plus de lecteurs.
Merci pour ce partage vidéo.
Commentaire n°1 posté par Ambre le 07/03/2013 à 22h24
Et merci à vous pour ce beau commentaire.
Réponse de PhA le 10/03/2013 à 12h32
J'ai attentivement suivi ces deux vidéos. Deux constats : 1) je ne me suis pas trop trompée sur les livres que j'ai déjà lus même si ma compréhension n'a pu être que partielle (il faut relire), 2) j'ai envie de lire tous les autres, ce que je ferai.... Très communicative : la passion de l'éditeur pour "ses" auteurs et leurs livres.... Merci encore.
Commentaire n°2 posté par Michèle le 10/03/2013 à 13h17
Ah oui, c'est un authentique passionné.
Réponse de PhA le 10/03/2013 à 13h49

jeudi 17 mai 2012

Tout passe, de Gabriel Josipovici.


Une pièce, un « il » anonyme, une voix qui le restera ; ça commence presque comme certains textes brefs de Beckett ; Soubresauts peut-être ou Compagnie ou même Sans mais non, pourquoi je pense à Beckett, pourquoi je pense à Beckett alors qu’il y a si longtemps que je n’y ai pas pensé. Mais non. Petit à petit des personnages quand même s’assument comme tels autour du il, fils fille femme et autre femme, à des âges variés car d’une époque on passe à une autre ; la mémoire n’aime pas l’ordre chronologique. Le présent, lui, est obsédant comme l’anonymat du protagoniste qui, ôtez-moi d’un doute, ne trouve tardivement son nom que dans un dialogue du passé. Au présent, « il se tient là ». Ne fait plus que ça, face à la fêlure et à la transparence du carreau. Sa fille peut bien venir faire le ménage, son fils lui dire de faire changer le carreau, il se tient là, c’est tout. Au passé aussi, il se tient là ; il se tient là car le passé est encore présent, Tout passe dit la voix anonyme mais encore faut-il que tout passe. Pour le moment tout ne passe pas. Au passé aussi, il se tient là, mais parfois il sent – il sent encore – son odeur ; et parfois dans un autre passé il parle, il parle et la littérature le recouvre au point qu’il disparaît comme ce texte écrit sans penser à changer de page, jusqu’à ce que la page soit entièrement noire comme la mort de l’autre.
 
Tout passe est un court roman, « Un roman » comme l’annonce l’auteur, qui vient de paraître chez Quidam, du même Gabriel Josipovici dont j’ai déjà tant aimé le très différent Moo Pak – même si tout de même il y était déjà question d’écriture impossible. Et c’est traduit par Claro, qui en parle lui-même ici.
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Commentaires

Des résonances... alors j'ai commandé le livre.
Commentaire n°1 posté par Anonyme le 17/05/2012 à 17h52
Il résonne longtemps. (Votre confiance me fait plaisir.)
Réponse de PhA le 18/05/2012 à 15h31

jeudi 14 avril 2011

clarifier l’air afin que quelque chose puisse être dit

Ecrire n’est possible qu’au prix d’un compromis : seul existera le livre qui dit le livre rêvé. Parfois c’est pas plus mal, me disais-je avant-hier en écoutant Gabriel Josipovici, auteur de Moo Pak, et son traducteur Bernard Hœpffner. C’était donc au Comptoir des Mots (où d’ailleurs la présence de Jacques Roubaud donnait comme un fil discret à ma journée).
 
J’ai écrit afin de faire sortir les confusions, les dérobades, comme on presse une serviette pour en faire sortir l’eau. Pas pour dire quelque chose mais pour clarifier l’air afin que quelque chose puisse être dit. Je n’y suis jamais parvenu, me dit-il alors que nous faisions demi-tour pour faire le tour des étangs. Mes mots ont été gauches et chaque phrase que j’ai écrite, au lieu de se tenir là comme une pierre, ne portait que les échos de ma propre voix grincheuse et parfois irascible. C’est pour cela, je suppose, qu’on essaye toujours encore et encore, dit-il. On espère toujours atteindre une voix qui n’a rien à voir avec soi-même, qui est, d’une certaine façon, radicalement autre que celle dont se sert chaque jour pour les simples transactions de cette journée. Mais évidemment on ne le fait jamais, dit-il. Nous nous éloignâmes des étangs à travers les fougères et la bruyère. Les chevreuils ne se montraient pas.
 
Gabriel Josipovici, Moo Pak, Quidam, 2011, p. 167.

Commentaires

Souvent, je rêve que j'écris en marchant dans ma tête. C'est grave ? 
Commentaire n°1 posté par Moons le 14/04/2011 à 10h40
L'un des tout premiers textes que j'ai écrit qui vaille un peu quelque chose (vers 16 ou 17 ans), je l'ai écrit en marchant.
Réponse de PhA le 15/04/2011 à 10h00
... les phrases qui se tiennent là comme des pierres et le livre est une église ou un cimetière ?
Commentaire n°2 posté par Gilbert Pinna le 14/04/2011 à 19h17
Précisément, elles ne tiennent pas (elles ne tiennent peut-être jamais).
Réponse de PhA le 15/04/2011 à 10h04
 

dimanche 10 avril 2011

Moo Pak au Comptoir des Mots

http://www.quidamediteur.com/imagenes/portadas/MooPakG.jpg 
Et parfois je pense, dit-il, que mon rôle est de démontrer ce qui se passe quand on a le besoin d’écrire sans en avoir ni le talent, ni le savoir, ni l’expérience, quand manque le talent mais que le besoin refuse de s’éteindre. Car en soi c’est après tout assez intéressant et sans doute une condition qui, même si elle n’est pas générale et universelle, ne m’est pas spécifique.
 
Gabriel Josipovici, Moo Pak, Quidam 2011, p. 107.
 
Mardi 12 avril à 20 heures (c’est après-demain), Gabriel Josipovici et son traducteur Bernard Hœpffner seront les invités du Comptoir des Mots, 239 rue des Pyrénées, dans le 20e, métro Gambetta. Faut  venir, ça va être chouette*.
Un autre petit extrait ici.
 
* Deux séances de rattrapage sont quand même prévues pour les absents :
 
- mercredi 13 avril à 20h, à la librairie Le Livre (24, place du Grand Marché - 37000 Tours)
- jeudi 14 avril à 19h, à la librairie Village Voice (6, rue Princesse - 75006 Paris - M° Saint-Germain / Mabillon)

Commentaires

Il y a des jours, en effet, où je suis le même quidam
Commentaire n°1 posté par Moons le 10/04/2011 à 10h45
C'est bien, il faut le suivre.
Réponse de PhA le 11/04/2011 à 23h33
Sans doute un dur, si l'on en croit son clavier à touches arrondies.
Commentaire n°2 posté par Dominique Hasselmann le 10/04/2011 à 12h35
En tout cas c'est un bon !
Réponse de PhA le 11/04/2011 à 23h34
ce qui se passe quand on a le besoin d’écrire sans en avoir ni le talent, ni le savoir, ni l’expérience, quand manque le talent mais que le besoin refuse de s’éteindre. Voilà qui va  toucher chacun personnellement.
Commentaire n°3 posté par Zoë le 10/04/2011 à 23h09
ça...
Réponse de PhA le 11/04/2011 à 23h36
je vous remercie pour cette concision
Commentaire n°4 posté par Zoë le 11/04/2011 à 23h44
Ou comment résumer sa vie en deux lettres.
Réponse de PhA le 11/04/2011 à 23h50
Mieux que trois sans doute.
Commentaire n°5 posté par Zoë le 11/04/2011 à 23h54
Malgré la sonorité du titre, Moo Pak s'apparente bien plus à une promenade introspective de bon aloi, qu'à un poème sud-coréen évoquant les bois. Des questions qui, un jour ou l'autre, investissent notre esprit, et qui pourtant, restent bien souvent les spectres de nos pensées.
Commentaire n°6 posté par edwood le 31/05/2011 à 21h24
Ah, Moo Pak ! ça parle et ça me parle (notamment cette idée d'un livre qui est là pour en figurer un autre inacessible).
Réponse de PhA le 31/05/2011 à 21h50

jeudi 31 mars 2011

Il m’a demandé pourquoi j’écrivais des livres aussi difficiles.

Moi-même, disait-il, je dois l’admettre, j’ai accepté une fois de répondre à des questions à la radio à propos d’un de mes livres, et sais-tu quelle était la première question de l’interviewer ? Il m’a demandé pourquoi j’écrivais des livres aussi difficiles. Sa toute première question a été pour me demander pourquoi j’écrivais des livres aussi difficiles. Je n’ai pas eu la présence d’esprit de répondre comme j’aurais dû le faire, malheureusement, et je n’ai fait qu’affirmer humblement que ce que j’écrivais ne me paraissait pas tellement difficile et que, de toute façon, un peu d’effort de la part du lecteur pourrait sans doute rendre sa lecture plus agréable. L’inanité de sa question m’a décontenancé, je dois l’admettre, disait-il, et il m’arrive encore de me réveiller en me sentant hanté par le fait que je lui avais permis de me poser une question pareille.
 
Gabriel Josipovici, Moo Pak, Quidam, 2011, p. 54-55.


Commentaires

Cette question est assez simpliste, c'est vrai.
Commentaire n°1 posté par Moons le 31/03/2011 à 23h19
Le simplisme est la pensée de demain.
Réponse de PhA le 01/04/2011 à 13h51
Très beau passage.
Commentaire n°2 posté par albin le 31/03/2011 à 23h24
Je n'en suis que là pour le moment, mais déjà je peux dire que la visite de ce Moo(r) Pa(r)k vaut le détour.
Réponse de PhA le 01/04/2011 à 13h52
Oui, c'est ça qui est tuant : comment se laisse-t-on poser ce type de question ?
Commentaire n°3 posté par Gilbert Pinna le 01/04/2011 à 12h38
Coupons-lui la langue !
Réponse de PhA le 01/04/2011 à 14h00
Difficile? La question l'est aussi tant elle est... simplement bête. (Finalement le recours systématique à la cocaïne lors d'un interview n'est peut-être pas si bête? Je plaisante, je plaisante!)
Commentaire n°4 posté par Depluloin le 01/04/2011 à 18h01
Mais bien sûr ! Pourquoi donc croyez-vous qu'il est de tradition de s'enivrer avant d'entrer sur un plateau ?
Réponse de PhA le 01/04/2011 à 19h11
Commentaire n°5 posté par Moons le 01/04/2011 à 19h30
En effet, ça donne à réfléchir.
Réponse de PhA le 01/04/2011 à 19h37
Oups ! Je disais donc :
Mardi 12 avril à 20h
Rencontre avec
Gabriel Josipovici
et son traducteur, Bernard  Hoepffner
autour de
Moo Pak
Librairie le comptoir des mots
239, rue des Pyrénées
75020 Paris - M° Gambetta
librairie@lecomptoirdesmots.fr - 01 47 97 65 40
Commentaire n°6 posté par Moons le 01/04/2011 à 19h41
Comment se fait-il que je ne sois pas au courant ? Mais que font mes informateurs ?
Réponse de PhA le 01/04/2011 à 19h48
Ils t'informent
Commentaire n°7 posté par Moons le 01/04/2011 à 19h51