mercredi 1 juillet 2026

La migration des gnous de Benoit Caudoux : une épopée

Les Français n’ont pas la « tête épique », disait Théophile Gautier. À sa décharge, je crois qu’il n’a pas eu l’occasion de lire la Migration des gnous, de Benoît Caudoux, rééditée par les éditions des Grands Champs, magnifiquement illustrée par Florence Lelièvre et préfacée par Tristan Garcia. Être un gnou parmi les gnous, faire partie d’un immense et absurde mouvement collectif, en être à la fois le singulier porte-parole, la conscience incarnée en un seul, sans pour autant cesser d’être un parmi les autres, tel est l’enjeu de ce qui est moins un récit qu’un poème, où l’identité est en jeu – être un parmi tous, faire partie et être soi – dans le grand mouvement absurde qui nous emporte tous. Et si la dimension épique du projet (épique sans parodie : une épure de l’épique), je vous en lis un morceau, pris au hasard comme souvent, vous allez voir :