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lundi 25 mai 2015

Avine en avion



Avine en avion

le vol MH493

en classe économique

la pluie qui tombe

la pluie qui tombe

en mythobézoarchibermiphiscoté sous quinzaine

Avine

il a froid

il est grand

la pluie qui tombe

il est trop grand

ses genoux lui rabotent les mâchoires, sous la casquette, un visage sans viande, un œil à travers le hublot, il voit les parcelles de la France, bien ordonnée, comme au fond de la mer, sous les nuages, une oreille à l’affût, toujours la plainte des Lulutes à Jésus Flageolet

guesh thorkeyrig xùa curyé
huigneu ma lingueu ross’
et raide !


Christophe Macquet, Tchoôl !, Le grand os, 2013, p. 9-10.



Et ça n’est que le début du voyage. Romain Verger parle très bien de Tchoôl ! dans l’Anagnoste, ainsi que Typhaine Garnier dans Sitaudis.

mercredi 26 décembre 2012

un petit royaume légendaire


C’est un petit royaume légendaire.
 
C’est un reflet qui lève des mouches.
 
Têtes noires, nègres asiatiques, mes frères humains.
 
Gentille torsadée de la terre et de l’eau, cambrée, longs cheveux noirs, longs cils papillonnants, les épaules rondes, les tétins caramel tendus jusqu’à l’extrême, tu fais la pute et ton frère boxe, il est soldat, la même matière, des yeux de faon, un sourire si vrai dans l’instant, il se démerde, il passe de temps en temps à la télé dans les cordes, voies parallèles, plusieurs entrées simultanées au feu, il bodyguarde, il fait des extras deux ou trois fois par semaine pour une dame-patronnesse, plâtrée, boudinée-bagouzée, qui verse dans les œuvres, dans les indulgences de pagodes, et qui vitriole épisodiquement ses rivales.
 
D’autres courbes et d’autres raideurs.
 
Paupière oblique.
 
Emotionnée.
 
La peau éminemment dans l’ambre de cinq heures du soir.
 
Ta sœur.
 
Ta sœur danse les dix-mille aubes successives-uniques-indigènes ravies par Râvana. La guerre.
 
Un peu d’école.
 
Un bidonville.
 
Des chiens-parias.
 
Somnolant sous les planches disjointes.
 
Petite.
 
Mais un fumet sexuel à rassasier un ogre.
 
Un baiser-fleur.
 
Musique : danse : transe : transporté-répété-dix-mille-fois.
 
Ouvre-moi le chemin.
 
Christophe Macquet, KBACH, éditions Le grand os, 2012, p. 11 à 15.
 
« KBACH, c’est le motif et le modèle, c’est la figure et la technique immémoriablement cambodgiennes.
 
Le mot dérive par infixation du verbe KACH qui signifie "briser, se briser" ».
 
Et lisez donc aussi l’article que Romain Verger a consacré à Kbach dans l’Anagnoste.
https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhpbDnNktBimiacYhREN1Z_rapj2f4yTcThTrkM6Mf4rw7xW4LjLNYuIA4jNB5X7Ho3IYYR0vTpMlQgLx-Fjb_UfWb97xTrfIfUx0R_3n7-hsbS40NQa-kXGY0aBEtKSIxwCqCCGimJPcsx/s1600/KBACH-CouvOK3-Coul.jpg

 

Commentaires

Les "tétins (0_0) caramel tendus"!
Un "baiser-fleur" : miam!
Commentaire n°1 posté par Ambre le 27/12/2012 à 12h28
Un très beau tout petit livre.
Réponse de PhA le 27/12/2012 à 18h49

jeudi 3 septembre 2009

il appert que les choses se dénouent quand on joue

cocott’ en papier (rœucyclé)
 
pas croyanç’ en contraint’
mais rir’
rir’ (rir’)
partir (départ)
et rœuvœunir
rentrer et rœupartir
rœufair’
rœufair’
(ah les rœutours dœu manivell’)
sans nostalgie
du fair’
(ah les hallucinés les rœu désespérés d’arthur)
sans nostalgie
du tendr’
la bell’ o d’origin’
la tendressœu nombreuz’ et divin’ment sauvaj’
 
et puis (les plis)
il appert quœu lœu rythm’
 
et puis (dœupuis)
il appert quœu les sons
rions
rions (            )
les sons
les sons (            )
qui jasaient au grand air
légers
oh si légers
sœu rœuconnaiss’nt
(ou font semblant)
un jour
sœu plombavin’nt au loin
loin du suppliç’ et dœu l’extaz’
sœu rœuconnaissœunt (naissœunt naiss’nt)
et puis s’engrènœunt (grainœu grain’)
 
il appert quœu les choz’s
 
sœu dénouent quand on joue
 
Christophe Macquet, Cri & co, éditions Le grand os, collection qoi, p. 58-59, 2008.
 
Ce poète qui donne la parolœu à l’e jusque là muet court le monde dans d’autres langues. Il en rapporte aussi des récits (j’avais déjà eu l’occasion de les visiter) qui se donnent à voir plutôt qu’à entendre. 




Commentaires

Bon, y a pas que moi qui suis sujet à la boisson. Vraiment vous êtes d'une délicatesse qui me confond. Vous prendrez bien un petit verre? Cette "rentrée" n'a pas été facile pour tout le monde - voir ailleurs où vous savez.
Commentaire n°1 posté par Depluloin le 03/09/2009 à 23h50
Ah c'est radical, mais jubilatoire en bouche. Et chaque relecture est un peu différente de la précédente.
Commentaire n°2 posté par PhA le 04/09/2009 à 07h56