Affichage des articles dont le libellé est Hublot nostalgique des bulles. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hublot nostalgique des bulles. Afficher tous les articles

dimanche 25 mai 2014

Moi aussi, je peux voyager dans le temps avec les X-men.


Hier soir je suis allé le nouveau film sur les X-men, dont j’ai oublié le titre. Attendez. Voilà : Days of future past. C’est une histoire de voyage dans le temps, quoi. D’ici peu, il faudra envoyer quelqu’un dans les années 70 pour rattraper nos erreurs, à ce qu’il paraît. Changer le passé, donc.
Eh bien c’est réussi. Parce que moi, les années 70, figurez-vous que je m’en souviens très bien. Et les événements racontés par ce film, X-men Days of future past, je m’en souviens aussi. Je me tenais au courant, à l’époque, je lisais les journaux :

Eh bien les choses ne se sont pas du tout passées comme le raconte le film. (Sauf que maintenant elles se sont passées autrement, puisque le but du film était de réécrire l’histoire en faisant mine de réécrire l’Histoire.)
Par exemple, dans le film, on voit Wolverine tout étonné de n’être pas reconnu par le Fauve quand il vient toquer chez le Professeur Xavier. Evidemment qu’il ne pouvait pas être reconnu ! Je viens de relire mon journal, point de Wolverine dans cette affaire. C'est bien simple : il n’avait pas encore été inventé. Ce bonhomme-là vient clairement du futur.
Le Fauve, lui, en revanche, était bien présent : on le voit ci-dessous atterrir après une chute d’hélicoptère près de la forteresse où les Sentinelles retiennent les autres X-men (Angel, Iceberg et le tout récent Havok prisonniers, en compagnie d’autres mutants moins recommandables). On notera que la pilosité du Fauve, contrairement à ce que rapporte le film X-men Days of future past, n’est guère développée : il n’est pas encore devenu la Bête. (The Beast, quoi.)
 
Mais ce n’est pas le Fauve qui est en vedette dans cet épisode des X-men. Ce n’est pas le Fauve, puisque c’est Cyclope. Comment ça « Il est mort » ? Il n’est pas mort, puisque nous sommes en 1973 ou 74. D’ailleurs regardez, c’est bien lui, là, qui explose une Sentinelle, vous le reconnaissez ?
 
Vous le reconnaissez, mais vous ne reconnaissez pas la Sentinelle, dites-vous. C’est vrai, on ne voit que la main. Tenez, en voilà, une, de Sentinelle. Et le petit bonhomme qu’elle tient à la main, c’est Larry Trask. Oui, Trask, le fils de l’inventeur. Il ne se doutait pas, le malheureux, qu’il était lui-même l’un de ces mutants dont il souhaitait l’anéantissement. Le mutant, comme le Juif, se cache parmi les hommes à leur insu et parfois même à la sienne.  (Parmi les bonnes surprises du film, les Sentinelles version 1973, très semblables à celles représentées sur mon journal de la même époque.)
 
Vif Argent ? Oui, en effet, il faisait de la figuration dans cette affaire, même si son rôle est moins gratifiant que dans le film.
 
Sa présence anecdotique et celle de sa sœur Wanda, la Sorcière Rouge, est surtout l’occasion d’un changement de costumes ; car les X-men ne sont pas seulement forts, ils sont rusés. (En fait ce changement de costume est une idée de Scott. Je le soupçonne fort d’avoir eu envie de voir à quoi ressemblait Jean Grey, sa sage fiancée – mais non elle n’est pas morte, suivez un peu, bon sang –, en tenue de Wanda. Le fait est que lui-même est moins convaincant en Vif Argent.) (Je vous mets la planche entière, j’adorais ces découpages expressifs des vignettes.)
 
La fin était belle aussi : Cyclope, qui est un garçon intelligent, persuadait les Sentinelles d’aller régler son compte au soleil, puisque c’est lui qui paraît-il est à l’origine de nos mutations.

Comment ça j’ai dit « nos mutations » ?
(Au fait, vous avez le pouvoir de cliquer sur toutes les images pour les agrandir.)

mercredi 16 janvier 2013

Le Miquépithèque de Masse


Voilà, je continue à ressortir les BD de ma jeunesse, comme on dit, histoire de voir si elles ne sont pas trop oubliées. Les deux du balcon, de Masse, avant de les lire en album je les ai connus dans la revue (A suivre), comme Altan que j’évoquais la dernière fois. Pas d’intrigue, juste un dialogue entre toujours les deux mêmes, de l’humour scientifique et décalé dans un décor onirico-vénitien, à propos de la tectonique des plaques, des attracteurs étranges ou encore, comme ici, de la théorie de la néoténie appliqué à l’évolution du personnage de Mickey à travers les âges (là c’était inspiré par Steven Jay Gould et par Konrad Lorenz). Ce n’est pas seulement drôle et étrange, c’est aussi très bien vu. Et c’était complètement fait pour moi.
(Je dois sûrement quelque chose à Masse car, même si je n’y ai pas pensé sur le moment, moi aussi j’évoque la néoténie dans Par temps clair et plus fugitivement les attracteurs étranges dans Liquide.)




































Masse, Les deux du balcon, Casterman, 1985, p. 35 36.
 
Cliquez quand même sur les images pour mieux voir, malgré la médiocre qualité du scanner.
(Et puis si vous voulez voir encore mieux je vois sur la page Wikipédia que Glénat a réédité récemment cet album, en voilà une bonne nouvelle.)

lundi 7 janvier 2013

je devrais peut-être apprendre à lire


Ça fait des années (en fait, un peu plus de quatre : depuis l’ouverture de ce blog) que je me dis qu’il faudrait ouvrir un hublot sur la BD. Pas tellement sur la BD contemporaine parce que je ne suis plus tellement au courant, mais sur celle qui l’était au moment où j’en lisais beaucoup. Tout ça ne nous rajeunit pas. Cette planche, par exemple, c’est l’aube d’un an 2000 grouillant d’une vermine invisible aux yeux de Friz Melone, dont nous étions encore plus loin qu’aujourd’hui. (Du futur dans le passé, quoi.)
 
 
Altan, Friz Melone, Casterman, collection Un auteur (A suivre), 1983, p.9.
 
C’est dans (A suivre) en effet que j’ai découvert Altan, fameuse revue déjà évoquée ici et là.
Pas grand-chose dans l’Internet français sur Altan, mais cinq autres albums quand même sur l’étagère.
Et cliquez donc sur l’image, vous verrez moins mal, vous aussi. (Et cliquez encore.)

samedi 10 mars 2012

un départ


Son identité variable m’a toujours retenu – Giraud, Gir, Mœbius bien sûr mais même et encore à l’intérieur même de Mœbius (identité graphique variable). Et cette façon de laisser la fiction vivre sa propre aventure (je pense notamment au Monde d’Edena)

ou ce plaisir de prendre les mots au pied de la lettre.

On se sent un peu perdu. Comme un quidam.
http://www.quidamediteur.com/
 

dimanche 18 septembre 2011

Jean-Paul Mougin, (A suivre), (Fin).


J’apprends seulement maintenant la mort de Jean-Paul Mougin, illustrée par ma propre collection d’(A suivre) débordant du vieux secrétaire de ma propre cave. Ça fait tout drôle. Pour un peu je me sentirais coupable. Jean-Paul Mougin, c’était le créateur du magazine de BD (A suivre), qui m’a accompagné de mes quinze ans jusqu’à l’âge adulte ; j’en ai parlé ici même, c’est le moment de le relire, ce billet.
En décembre 1997, (A suivre) s’est arrêté. Je ne suis pas sûr de m’être dit « la BD, c’est foutu », j’avais déjà perdu mes éphémères ambitions graphiques, mais ça m’a fichu un coup. Visiblement, si j’en juge par l’hommage de Bourgeon dans ce numéro spécial (A suivre (Fin)) ; c’était sûrement pour de mauvaises raisons éditoriales – on n’a pas fini d’en voir.

(Cliquez pour mieux lire.)

lundi 13 juin 2011

tu ne mourras pas - on n’oubliera pas

Moi qui me méfie des sujets je suis bien obligé de reconnaître que Tu ne mourras pas, ce roman de Bénédicte Heim que je viens de terminer dans son adaptation en BD par Edmond Baudoin, en a un. Et pas n’importe lequel, puisque je n’ose pas mettre de mots dessus. Bénédicte ose : c’est aussi qu’elle serait capable de danser sur des œufs. Là-dessus le dessin touché par la grâce de Baudoin, c’est ce qu’il fallait pour un album qu’on n’est pas prêt d’oublier. Cliquez plutôt – vous verrez (un peu) mieux.
 
Bénédicte Heim, Edmond Baudoin, Tu ne mourras pas, Les Contrebandiers éditeurs, 2011.
 
boudoin-heim-1.JPGbaudouin-heim-2.JPG 


Commentaires

(Les dessins de Baudoin portent, me semble-t-il, une tension graphique proche du travail de Crepax.)
Commentaire n°1 posté par Gilbert Pinna le 13/06/2011 à 19h14
Je ne connais pas bien Crepax. Autrefois, j'aurais été tenté de le rapprocher de Munoz ; et aujourd'hui - de Baudoin !
Réponse de PhA le 13/06/2011 à 22h14
pas mal!
Commentaire n°2 posté par Joelaindien le 15/06/2011 à 21h47
Et même mieux que ça !
Réponse de PhA le 17/06/2011 à 11h45

dimanche 13 juin 2010

samedi graphique

 
Hier, après avoir assisté à la présentation d’Autant la mer de François Matton – avec l’image à l’écran, oui, c’était comme ça qu’il fallait faire – je ne m’étends pas parce que j’ai déjà dit tout le bien que je pense de ce beau livre horizontal comme le paysage rêvé par son narrateur, j’ai eu le plaisir (merci  Bénédicte, encore merci !) de rencontrer Edmond Baudoin.
Baudoin, ça fait plus de vingt ans (que dis-je : bien plus de vingt ans en réalité !) que je suis son travail, tout simplement formidable (une année, j’ai même fait étudier un de ses albums, Couma aco, à mes élèves de troisième). Au même titre que Muñoz et Sampayo, il fait partie de ces auteurs de bande dessinée qui m’ont accompagné même durant les années où je ne lisais plus de littérature.
Si je n’aborde pas souvent la BD dans ces Hublots, c’est surtout pour des raisons techniques : mon petit sous-marin est un peu trop étriqué en largeur pour bien s’y prêter. Mais tout de même : cliquez donc sur l’image médiocrement scannée par mes soins pour mieux voir cette planche d’Eloge de la poussière, (l’Association, 1995) qui, parmi beaucoup d’autres, reste dans ma mémoire.

mardi 23 juin 2009

c’était à suivre…

Quand j’écris « à suivre » en bas d’un billet, souvent d’abord j’écris A suivre, puis je me ravise, et j’encadre la formule magique des deux indispensables parenthèses : (A suivre). Didier récemment listait ses souvenirs de BD, moi-même il y a peu j’évoquais Muñoz et Sampayo ; tout ça me rappelle que oui, il faut que je dise un mot d’(A suivre).

Cette revue, je l’ai découverte à la fin des années soixante-dix, pendant l’adolescence ; elle-même n’était pas bien vieille. C’était mon grand frère qui l’achetait et qui avait la bonne idée de me faire partager ses goûts. On lisait (A suivre) d’abord pour Hugo Pratt, Tardi, Forest ; c’était l’époque de Corto Maltese en Sibérie, Ici Même, La Jonque fantôme vue de l’orchestre (ôtez-moi d’un doute : j’ai l’impression que cet album merveilleux, dû à la plume – ou plutôt au pinceau – de Jean-Claude Forest est un peu méconnu) et puis, comme un mois c’était long avant d’avoir la suite, on lisait aussi le reste. (Bon, c’est vrai : je ne crachais pas non plus sur les créatures de Manara, dont j’appréciais aussi à l’époque les récits spéculatifs – qui passent moins bien toutefois aujourd’hui pour le lecteur que je suis devenu.) Le noir et blanc plus noir que blanc du Bar à Joe m’effrayait et m’attirait à la fois (d’autres aussi en gardent le souvenir), mais j’ai bien fini par en pousser la porte et plus de vingt ans après j’étais encore dans les bars ; la dernière fois que j’ai rencontré Alack Sinner il venait d’être grand-père, et je me suis rendu compte que j’avais à présent l’âge qu’il avait lors de nos premières rencontres. Les nez en spirale ou en éclair d’Altan, je les trouvais bien un peu bizarres aussi au début, mais les petites bêtes qui grouillaient sur les personnages étaient si séduisantes, et la coiffure irréprochable d’Ada, dans la jungle comme à Macao, et les bandes-son et les commentaires décalés sous les vignette ! C’est dans (A suivre) aussi (ou dans Pilote, ou dans les deux en même temps que j’ai connu Régis Franc – mais pour le coup j’avais peut-être un faible pour celui de Pilote, et pour le Café de la plage). Je devrais en citer encore beaucoup d’autres mais vous savez comme je suis paresseux, après ça va m’en faire trop à relire alors je parlerai de Francis Masse et de ses Deux du balcon ; je crois bien que c’est là-dedans que j’ai entendu parler de Steven Jay Gould et de la néoténie pour la première fois – dont il reste des traces dans Par temps clair –, c’était de l’humour scientifique, quoi (je n’ai pas dit de l’humour de scientifique) ; mais ça rêvait beaucoup aussi. Et à propos de rêves, ou plutôt de cauchemars, le mot de la fin ce sera pour Imagex. Imagex, je n’ai jamais su si c’était un homme ou une femme qui signait comme ça ; j’ai souvent pensé que c’était une femme. Dans quelques numéros d’(A suivre) (qui pour le coup ne se suivaient pas), il y a une histoire étrange (achevée ? je ne m’en souviens pas), Colonie de vacances, racontée par une petite fille, dans son journal intime plein de fautes. La colonie est au bord de la mer. Il y a deux garçons de son âge avec elle. Les autres enfants, les monos, tout le monde a disparu. Disparu il y a tellement longtemps que les enfants depuis le temps auraient dû grandir. Au lieu de grandir, une queue leur pousse, et ils apprennent à voler. Sauf un des garçons, mais lui il peut faire tomber les avions de guerre qui passent dans le ciel.
Je sais qu’Imagex a publié sous ce nom un autre album, Mauvais rêves, chez Artefact (je le sais parce que je l’ai). Mais je ne sais rien de plus.
(A suivre) s’est arrêté en décembre 1997, je crois. C’est ma faute : ça faisait une dizaine d’années que j’avais perdu l’habitude de l’acheter.

mardi 9 juin 2009

l’ombre de sa parole

  
En repensant à ce café sans tasse – juste épisodique dans le livre mais quand même – de la promesse terminée il y a déjà quelques jours (la forme brève va bien à Mingarelli ; au fond, des sept livres que j’ai lus de lui, ce sont peut-être les trois nouvelles d’Océan Pacifique qui m’ont le plus touché), je me suis rendu compte qu’il faisait écho (ce café), par-dessus un Atlantique de plus de vingt-cinq ans (autant dire dans un autre monde), à une tarte aux pommes. C’était celle d’Alack Sinner, le héros noir et blanc de José Muñoz et Carlos Sampayo, héros en l’occurrence d’une histoire de blancs et de noirs qui dans les pages d’(A suivre) faisait les délices de mes même pas vingt ans.

 Alack Sinner, c’était un détective privé new-yorkais bien sûr ; et ses histoires, c’étaient des histoires de privé au sens où les histoires de Mingarelli sont des histoires de marins, pas davantage. (Il y avait aussi, chez Muñoz et Sampayo, une dimension politique dont je ne parle pas aujourd’hui juste parce qu’elle n’a pas de rapport avec ma tarte aux pommes.) Rencontres, c’était le titre de cet opus-là, dont la tarte aux pommes était le bel explicit. On voyait même, sur le mur d’Alack, l’ombre de sa parole. Qu’est-ce que j’ai pu aimer ce livre – avant même qu’il en soit un !

samedi 10 janvier 2009

mon premier Tintin

Et bien, Milou ?... Qu’y a-t-il ?
 
Horreur !
 
…
 
Il était temps !...
 
Les rats !... Ils quittent les égouts !... On les dirait frappés de panique…..
 
Ouf !.. Les voilà passés !... Et Milou, lui, qu’est-il devenu ?..
 
Milou !..
 
PAN PAN
?
 
Des pneus qui ont éclaté sous l’action de la chaleur !...
 
Milou !... Milou !
 
Ah ! Te voilà !.. Et bien ?... Que fais-tu là ?... Pourquoi ne viens-tu pas quand je t’appelle ?.... Allons, ici !...
 
Mon Dieu ! Mais… Il ne peut plus bouger !.. On dirait… On dirait qu’il est paralysé !....
 
 
Hergé, L’étoile Mystérieuse, p. 6-7.

Avec un clin d'oeil à Emmanuel Rabu.



Commentaires

Une gigantesque boule de feu se dirige vers la Terre à une vitesse inimaginable... Bonté divine, elle ne va tout de même pas... ? Juste ciel, mais c'est la fin du monde !

(de mémoire)
Commentaire n°1 posté par Didier da le 11/01/2009 à 07h40
C'est pour ça que j'efface ici le dessin : ces phrases résonnent dans nos mémoires - et même si je connais moins bien mon Tintin qu'autrefois, de mémoire aussi :
Tintin : Milou, regarde cette grosse étoire !
Milou (qui vient se prendre un réverbère) : Laquelle ?
ou encore :
Milou (à Tintin, respirant à pleins poumons l'air du grand large) : Oui, ça sent le hareng.
Commentaire n°2 posté par PhA le 11/01/2009 à 10h40