J'ai beaucoup de mal avec les romans thétiques. J'appelle
« thétiques » les romans qui vous disent que les choses
se sont passées comme ça. Évidemment, quand j'en écris, le plus
souvent j'évite que les miens le soient. Ce n'est donc sans doute
pas un hasard si je retrouve ce caractère non-thétique dans nombre
de romans publiés par Quidam – notamment dans certains qui ne
ressemblent pas du tout, par ailleurs, à ce que je fais ; ni ne
se ressemblent entre eux non plus ; de l'Ami Butler de
Jérôme Lafargue à la Femme d'un homme qui de Nick Barlay ;
de Albert Angelo de B.S. Johnson à A tous les airs de
Stéphane Vanderhaeghe, en passant par le Cahier d'Alberto de
Monique Rivet. C'est aussi le cas de la Confession, de John
Herdman, dont je termine la lecture à l'instant. On a l'impression
d'y flirter avec le fantastique ; en effet le paysage y est
écossais (comme l'auteur) et il y est question de magie, plutôt
noire que blanche. Le récit y est l’œuvre d'un nègre ou plutôt
d'un écrivain fantôme comme on dit dans cette langue-là, un
ghostwriter payé pour écrire l'autobiographie d'un autre – mais
cet autre est-il un autre ? ou bien cette autobiographie
est-elle une autobiographie ? Les questions se posent, et se
composent d'autres questions à l'intérieur d'elles-mêmes. Mais
oui, sans aucun doute, tous les arguments sont là pour confirmer
cela, mais aussi pour soutenir ceci, pourtant incompossible avec
cela. L'indécision aussi bien sûr est la marque du fantastique nous
rappelle Todorov (et Jean Berton dans sa postface), sauf qu'ici tout
est vraisemblable, le possiblement monstrueux n'est pas surnaturel :
on peut tout y croire.
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jeudi 2 août 2018
mercredi 6 mars 2013
Quidam en Charybde, 1ère partie
Tout
le monde n’a pas eu la chance d’assister à la belle soirée consacrée à
Quidam éditeur le 21 février dernier à la librairie
Charybde. Alors pour les absents voici, grâce à l’habileté de
pirates discrets, un aperçu de cette soirée – ou du moins de sa première
partie, la suite viendra demain. Vous pouvez entendre dans
l’ordre les voix de Pascal Arnaud (Quidam) évoquant le Bord du ciel de Maïca Sanconie, de Maïca Sanconie parlant de Imelda de John Herdman qu’elle a traduit pour Quidam, et de
Lithium pour Médée de Kate Braverman, puis c’est Laure Limongi qui parle de BS Johnson auquel elle a consacré une partie de son essai Indociles,
en duo avec Vanessa Guignery
(traductrice de la monumentale biographie que Jonathan Coe a
consacrée à BS Johnson), après quoi Pascal Arnaud présente Romain Verger
(Zones sensibles, Grande Ourse, Forêts
noires) qui évoque Crevasse, le premier roman de Pierre Terzian, puis on écoute Claro (traducteur notamment de Moo Pak de Gabriel Josipovici chez Quidam) qui nous parle de
la Femme d’un homme qui de Nick Barlay, enfin Pascal Arnaud de nouveau à propos de Rome, regards, de Rolf Dieter Brinkmann.
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