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jeudi 2 août 2018

Les doubles-fonds de John Herdman


J'ai beaucoup de mal avec les romans thétiques. J'appelle « thétiques » les romans qui vous disent que les choses se sont passées comme ça. Évidemment, quand j'en écris, le plus souvent j'évite que les miens le soient. Ce n'est donc sans doute pas un hasard si je retrouve ce caractère non-thétique dans nombre de romans publiés par Quidam – notamment dans certains qui ne ressemblent pas du tout, par ailleurs, à ce que je fais ; ni ne se ressemblent entre eux non plus ; de l'Ami Butler de Jérôme Lafargue à la Femme d'un homme qui de Nick Barlay ; de Albert Angelo de B.S. Johnson à A tous les airs de Stéphane Vanderhaeghe, en passant par le Cahier d'Alberto de Monique Rivet. C'est aussi le cas de la Confession, de John Herdman, dont je termine la lecture à l'instant. On a l'impression d'y flirter avec le fantastique ; en effet le paysage y est écossais (comme l'auteur) et il y est question de magie, plutôt noire que blanche. Le récit y est l’œuvre d'un nègre ou plutôt d'un écrivain fantôme comme on dit dans cette langue-là, un ghostwriter payé pour écrire l'autobiographie d'un autre – mais cet autre est-il un autre ? ou bien cette autobiographie est-elle une autobiographie ? Les questions se posent, et se composent d'autres questions à l'intérieur d'elles-mêmes. Mais oui, sans aucun doute, tous les arguments sont là pour confirmer cela, mais aussi pour soutenir ceci, pourtant incompossible avec cela. L'indécision aussi bien sûr est la marque du fantastique nous rappelle Todorov (et Jean Berton dans sa postface), sauf qu'ici tout est vraisemblable, le possiblement monstrueux n'est pas surnaturel : on peut tout y croire.




mercredi 6 mars 2013

Quidam en Charybde, 1ère partie

 
Tout le monde n’a pas eu la chance d’assister à la belle soirée consacrée à Quidam éditeur le 21 février dernier à la librairie Charybde. Alors pour les absents voici, grâce à l’habileté de pirates discrets, un aperçu de cette soirée – ou du moins de sa première partie, la suite viendra demain. Vous pouvez entendre dans l’ordre les voix de Pascal Arnaud (Quidam) évoquant le Bord du ciel de Maïca Sanconie, de Maïca Sanconie parlant de Imelda de John Herdman qu’elle a traduit pour Quidam, et de Lithium pour Médée de Kate Braverman, puis c’est Laure Limongi qui parle de BS Johnson auquel elle a consacré une partie de son essai Indociles, en duo avec Vanessa Guignery (traductrice de la monumentale biographie que Jonathan Coe a consacrée à BS Johnson), après quoi Pascal Arnaud présente Romain Verger (Zones sensibles, Grande Ourse, Forêts noires) qui évoque Crevasse, le premier roman de Pierre Terzian, puis on écoute Claro (traducteur notamment de Moo Pak de Gabriel Josipovici chez Quidam) qui nous parle de la Femme d’un homme qui de Nick Barlay, enfin Pascal Arnaud de nouveau à propos de Rome, regards, de Rolf Dieter Brinkmann.