mardi 19 février 2019

J'ai reçu un service de presse.


J'ai reçu un service de presse. Je ne sais pas pourquoi : je ne suis pas journaliste, et ce que je poste sur ce blog ne ressemble que de très loin à de la critique littéraire. Je n'aime pas tellement recevoir des services de presse. Ça coûte de l'argent à l'éditeur et je préfère choisir mes lectures, puisque je ne suis pas payé pour lire. Bien sûr il y a des auteurs, ou des éditeurs, dont je suis curieux de découvrir la dernière publication. Mais il vaut mieux me demander mon avis à l'avance. Ou au moins, il vaut mieux connaître mes goûts. Ou peut-être, pourquoi pas, avoir lu quelques-uns de mes livres ; on peut toujours rêver. Dans ce livre (je ne nommerai pas l'auteur, qui n'est pour rien dans l'envoi et que je ne connais pas, ni l'éditeur non plus du coup – dont on peut quand même deviner qu'il a de l'argent à gaspiller), je rencontre au hasard des phrases comme celles-ci :
« Je me souviens d'une promenade (...) dans le village, en quête de cigarettes, où nous discutâmes à bâtons rompus, sans témoins. »
« Lorsqu'elle dormait profondément, son côté frondeur disparaissait totalement. »
« C'était drôle à observer. Ils passaient souvent du coq à l'âne, s'écharpaient (…) sur Houellebecq dont le mari de Clarisse, en tant que fin connaisseur du milieu littéraire... »
« Etant matinale, je me retrouvais à préparer des tournées de chocolat chaud et des monceaux de tartines de Nutella. »
Elles ne sont pas complètement calamiteuses, me direz-vous. Non, en effet. Mais les gens qui me connaissent sentiront tout de suite que je ne peux pas aimer ça. Pas du tout. Plus de services de presse SVP, surtout sans mon aval.
(En revanche il faudrait que je trouve un moment pour vous parler d'Une chose sérieuse, de Gaëlle Obiégly, acheté avec mes petits sous dans une belle librairie indépendante ; une sacrément belle découverte.)

mercredi 13 février 2019

N'oublions pas que la nuit tombe


Je me rends compte à l'instant que ce beau billet sur Seule la nuit tombe dans ses bras m'avait échappé. Merci à Nicole Grundlinger !
C'est aussi le moment de rappeler que vendredi à 18h30 je serai à la librairie Scrupule, 26 rue du Faubourg Figuerolles à Montpellier, et le lendemain tout près encore, invité d'honneur avec Olivier Liron à Paroles d'auteur(e)s, à Saint-Clément-de-Rivière, Salle Frédéric Bazille, à 17h30.


dimanche 10 février 2019

Noirs cafés 9


Le cliché de l'écrivain trouvant l'inspiration à la terrasse d'un café est une tromperie. Je suis assis à la terrasse d'un café, le bloc-notes sur la table ; rien ne me vient, hormis un café – encore me faut-il payer pour le boire.



mercredi 6 février 2019

Nouvelles très brèves (27)


Pour raconter le premier battement de son cœur quand il la vit, aucun roman-fleuve ne sera assez long, alors une nouvelle très brève suffira.


mardi 5 février 2019

Comment vous appelez-vous ?


Tiens hier soir j'ai enregistré ça, juste après l'avoir écrit. Ne me demandez pas ce que c'est.



lundi 4 février 2019

aimez-vous



et vous
aimez-vous

tout

le grain

les mouillures

continuez de me regarder
la moiteur

les bourrelets des lèvres

le point

plus fort je n'ai pas entendu
avec vos mots à vous
votre langue
rien qu'elle

tant mieux
et le creux

allez-y
loin
et
dedans
parlez-moi encore de vous

si vous voulez
avec plaisir
celui de la parole tenue
et si l'heure veut bien sonner

et mes contractures
autour de la langue
les aimez-vous




il faut répondre mon chéri

je vais devenir méchante sinon


Julien Bosc, Le Corps de la langue, Quidam éditeur, 2016


mercredi 30 janvier 2019

Au Mort-Homme il n'est pas mort

Avec Ursula Caruel nous avons fait un second livre pauvre (rappelez-vous), pour la collection de Daniel Leuwers, dans le cadre d'un projet mené par les musées et la bibliothèque municipale de Belfort. Cette fois ce sont nos aïeux qui nous guident, ceux qui étaient là il y a un siècle. Le mien c'est Mon jeune grand-père, vous savez. J'ai recopié la carte qui dit qu'il n'est pas mort. Au lieu-dit du Mort-Homme, lieu dit Mort-Homme avant même que tant d'hommes y meurent.
Les travaux de Kerbschnitt auxquels il s'est consacré durant sa captivité et qu'il évoque dans ses cartes ont inspiré Ursula. Je reconnais les motifs que je connais depuis mon enfance. Regardez :






lundi 28 janvier 2019

Noirs cafés 8


Tant que tu n'as pas tué quelqu'un à mains nues, c'est comme si tu n'avais rien fait. Ta vie n'a pas de sens.
Non, les coups de poing, les coups de pied, ça n'est pas la meilleure méthode. Ça manque trop de contact. Préfère l'étranglement. L'étranglement à mains nues, c'est ce qu'il y a de mieux. C'est plus vrai.
Après, essaie sur toi-même. Saisis-toi à la gorge. Serre. Mais serre donc !