mardi 9 août 2022

Pour Vinclair, sans adresse


Sais-tu, Vinclair ? Je lis ton recueil Sans adresse.

Une forme classique y fait sonner tes vers

Où l’on voit le présent de ta vie à travers

Les couleurs d’un passé que l’alexandrin laisse.



C’est comme un tremblement du temps où du Bellay,

En exil à Shangaï, commet ce petit crime

D’à la fin de son vers ne pas mettre la rime.

(Comme tu peux le voir, pour moi, je n’oserai.)



Tous les amis sont loin mais les enfants sont là

Et dorment dans la chambre à côté de papa,

Qui ses notes reprend pour y mettre l’allure.



Je poursuis ma lecture (oui : je n’ai pas fini).

Au fait, pour tous les gens qui me lisent ici –

J’ai failli oublierc’est paru chez Lurlure.




samedi 6 août 2022

Une année 2014 de lectures

C’était tellement fastidieux de récapituler mes années de lecture 2021, 2020, 2019, 2018, 2017, 2016 et 2015 avec les liens vers chaque billet de lecture (parfois minuscules mais pas toujours), que j’aurais bien pu omettre de le faire pour 2014. Mais tout de même :

Un divertissement, de Jean-Louis Bailly, aux éditions Louise Bottu,

Le désordre AZERTY, d’Eric Chevillard, aux éditions de Minuit,

Les souffrances du jeune ver de terre, de Claro, dans la collection Babel noir,

L’accumulation primitive de la noirceur, de Bruce Bégout, aux éditions Allia,

Préférences, de Pierre Bergounioux, aux éditions Le Cadran ligné,

L’ironie du sort, de Didier da Silva, aux éditions de l’Arbre vengeur,

La première pierre, de Pierre Jourde, aux éditions Gallimard,

La petite communiste qui ne souriait jamais, de Lola Lafon, aux éditions Actes-Sud,

Liscorno, de Jacques Josse, aux éditions Apogée,

Coups de ciseaux, de Perrine Le Querrec, aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune,

Un paysage ordinaire, de Derek Munn, aux éditions Christophe Lucquin,

Le parasol de Robinson, de Stéphanie Leclerc, aux éditions L’école des loisirs,

Traité de technique opératoire, de P.N.A. Handschin, aux éditions Argol,

Fabulaux, de Laurent Albaraccin, aux éditions Al Manar,

Petites vies d’écrivains du XXe siècle, d’Antoine Brea, aux éditions Louise Bottu,

Cannibale lecteur, de Claro, aux éditions Inculte,

, de Ian Monk, aux éditions Cambourakis,

Rien, d’Emmanuel Venet, aux éditions Verdier,

Une jeune fille dans tout le royaume, de Véronique Pittolo, aux éditions de l’Attente,

Dominos, de Gabriel Bergounioux, aux éditions Champ vallon,

La chanson du Mal-Aimant, de Jean-Louis Bailly, aux éditions Louise Bottu,

N’oublie pas, s’il-te-plaît, que je t’aime, de Gaétan Soucy, aux éditions Noir sur Blanc,

Mariana, Portugaise, de Guy Goffette, aux éditions Gallimard,

Agacement mécanique, d’Olivier Hervy, aux éditions de l’Arbre vengeur,

Des métamorphoses, de Marie Cosnay, aux éditions Cheyne,

Le syndrome Shéhérazade, d’Eric Pessan, aux éditions de l’Attente,

Quoi faire, de Pablo Katchadjian, aux éditions Le grand os,

Vivre sauvage dans les villes, d’Anne-Sylvie Salzman, aux éditions Le Visage Vert,

La grande vie, de Jean-Pierre Martinet, aux éditions de l’Arbre vengeur,

Pool !, de Pascale Petit, aux éditions du Rouergue,

CosmoZ, de Claro, aux éditions Actes-Sud,

Lettres I, de Samuel Beckett, aux éditions Gallimard,

Gaby et son maître, d’Arthur Bernard, aux éditions Champ vallon,

Claire-voie, de Michel Gremaux, aux éditions Le bois d’Orion,

Goldberg : Variations, de Gabriel Josipovici, chez Quidam éditeur,

Terminus radieux, d’Antoine Volodine, aux éditions du Seuil,

Le Chrysanthème, de Robert Pinget, aux éditions Zoé,

Bardo or not bardo, d’Antoine Volodine, aux éditions du Seuil,

Notes de bois, de Thomas Vinau, aux éditions Cousu main,

Ilia Mouromietz et le rossignol brigand, d’Elie Kronauer, aux éditions L’école des loisirs,

Contre-jour, de Gabriel Josipovici, aux éditions Gallimard,

Lento, d’Antoni Casas-Ros, aux éditions Christophe Lucquin,

Corps de cavale, de Bénédicte Heim, aux éditions Les Contrebandiers,

Une île ici, de Jean-Claude Pirotte, aux éditions Le Mercure de France,

Eloge des arborinidés, de Julien Nouveau, aux éditions Intervalles,

Demande au muet, d’Hervé Le Tellier, aux éditions Nous,

CoQuillages, de Jean-Pierre Le Goff, aux éditions des Grands Champs,

Nocturama, de G. Mar, aux éditions Le grand os,

Dans la zone d’activité, d’Eric Chevillard, aux éditions Fata Morgana,

La Patagonie, de Perrine Le Querrec, aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune.

vendredi 5 août 2022

Protag

L’auteur s’appelle Barrault. Il a écrit un livre qui s’appelle Protag. L’auteur a un lecteur qui s’appelle Annocque. Annocque lit Protag et se marre car Protag (car le protagoniste s’appelle Protag) a une manière bien à lui de massacrer les hommes-grenouilles à laquelle Annocque n’avait pas pensé. Pourtant Tentru réprouve cette façon de massacrer les hommes-grenouilles pendant qu’elle est toute seule à ramer, et Barrault a décidé que Tentru ressemblait à Emma Peel dans the Avengers, et aussi à. Mais Annocque est resté bloqué sur Emma Peel dans the Avengers parce que la voiturette de golf imaginaire de Sous-Sol, le supérieur de Protag qui a un sourcil droit, est tombée en panne. Sacré Sous-Sol ! se disent Protag et Annocque. Ce n’est pas comme ça qu’on va retrouver les dix-huit scientifiques hongrois qui ont disparu.



mercredi 3 août 2022

lecture de Louvette

C'est l'invention de Louvette, de Gabriela Trujillo. Je suis en train de le lire. J'aime beaucoup le livre, et j'aime beaucoup Louvette, qui me rappelle un peu l'héroïne des Singes rouges, même si ça n'est ni le même pays, pas même le même océan, ni la même époque, ni le même milieu social, ni le même genre de famille. Mais quand même.

Peut être une image de 1 personne, livre et texte qui dit ’gabriela trujillo cales l'invention de louvette’
Michèle Lavallée, Pascale Petit et 36 autres personnes
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samedi 9 juillet 2022

50

Tiens j’ai lu 50, le livre de poésie à quatre mains écrit par Samantha Barendson et Estelle Fenzy qui paraît tout juste en ce moment à la Boucherie littéraire. Ça donne d’envie d’être une femme et d’avoir cinquante ans.



lundi 4 juillet 2022

Alexander Dickow en foule

 

Foule



Pendant du temps

Je me musardais en alentours

Aux grappes lointaines.



Me voilà bafouillant ensemble dans les fontaines

Ou me bradant des colifichets à lueurs.



Il y a le bac à sable où je m’entasse

Ces châteaux ; tout près je fonctionne l’orgue de barbarie

Tandis que je me tombe une pièce et deux

Pour mon chapeau renversé.



Quelques-uns de moi jouent aux échecs.



À la foire

Les attractions font marcher avec des clartés

Et je divertissais agréablement parmi moi

En d’impossibles jeux

Rembourrés de fléchettes bancales et de maigres leurres

Et je glousse à part moi en comptant le butin

Tandis que je suis dans l’air mélancolique

De repenser vers cet argent en allé.



Du coup c’est assez rapide à côté du jet de boucles

Qu’un esclandre s’entame bel et bien

Et bientôt je me liguais chacun contre moi

Au point de réunir ma multitude étroite autour

En badauds du géant tapage.

De cris en hourras je me galvanisais

Jusqu’à ce que je participe exhaustivement dans la rixe.



Après longtemps la dispute était diminuée

Et en pleurant grièvement

Vaincu je partais en vrac

Et plein de gloriole.



Alexander Dickow, Appétits, suivi de Un grenier, éditions La rumeur libre, 2022.



samedi 2 juillet 2022

Une (pas si petite) année 2015 de lectures

C’était tellement fastidieux de récapituler mes années de lecture 2021, 2020, 2019, 2018, 2017 et 2016 avec les liens vers chaque billet de lecture (parfois minuscules), que j’aurais bien pu omettre de le faire pour 2015 (elle a duré plus longtemps que les suivantes, apparemment ; les billets y sont moins minuscules et les titres plus nombreux). Mais tout de même :

Dernières nouvelles d’Œsthrenie, d’Anne-Sylvie Salzman, aux éditions Dystopia,

Courants blancs, de Philippe Jaffeux, aux éditions L’Atelier de l’Agneau,

Bleu éperdument, de Kate Braverman, traduit par Morgan Saysana, chez Quidam éditeur,

Versailles Chantiers, de Christiane Veschambre, aux éditions Isabelle Sauvage,

A vous tous, je rends la couronne, de Catherine Ysmal, chez Quidam éditeur,

Hélice à deux, de Nathalie Léger-Cresson, aux éditions Des Femmes-Antoinette Fouque,

Sunny girls, de Sandra Moussempès, aux éditions Flammarion,

Fraudeur, d’Eugène Savitzkaya, aux éditions de Minuit,

KA TA, de Céline Minard, aux éditions Rivages,

Kunst aufräumen (l’art du rangement) de Ursus Wehrli, aux éditions Kein & Aber,

La Salle, de Joël Baqué, aux éditions POL,

Route de nuit, de Clément Rosset, aux éditions Gallimard,

Pré ou carré, de Joël Baqué, aux éditions Eric Pesty,

A la cyprine, d’Eugène Savitzkaya, aux éditions de Minuit,

Juste ciel, d’Eric Chevillard, aux éditions de Minuit,

Louange et épuisement d’un jour sans fin, de Didier da Silva, aux éditions Helium,

Salle des machines, de Jean-Michel Espitallier, aux éditions Flammarion,

Le parapluie rouge, d’Anna de Sandre, aux éditions In-8,

En territoire Auriaba, de Jérôme Lafargue, chez Quidam éditeur,

Dans la queue le venin, de Claro, aux éditions de l’Arbre vengeur,

Le parfum du jour est fraise, de Pascale Petit, aux éditions de l’Attente,

Le cahier d’Alberto, de Monique Rivet, chez Quidam éditeur,

Roman dormant, d’Antoine Brea, aux éditions Le Quartanier,

Mikki et le village miniature, de Mika Biermann, aux éditions POL,

Thérèse Raquin, d’Emile Zola, dont je déconseille la découverte en Livre de Poche,

Les morts rigolos, d’Antoine Boute, aux éditions Les petits matins,

Dits des xhuxha’i, d’Anne-Sylvie Salzman, aux éditions Black Herald Presse,

Tchoôl, de Christophe Macquet, aux éditions Le grand os,

Molloy, de Samuel Beckett, aux éditions de Minuit, (suite et fin)

Sanza lettere (road movie), de Marie Cosnay, aux éditions de l’Attente,

Le dépeupleur, de Samuel Beckett, aux éditions de Minuit,

Malone meurt, de Samuel Beckett, aux éditions de Minuit (suite),

Dictionnaire de trois fois rien, de Marc-Émile Thinez, aux éditions Louise Bottu,

Le Château, de Kafka (Folio) et Gaston Lagaffe, de Franquin (Dupuis),

Parune nuit d’hiver je sortis de ma maison tranquille, de Peter Handke, aux éditions Gallimard,

La belle lurette, d’Henri Calet, aux éditons Gallimard,

Les villes invisibles, d’Italo Calvino (Point-Seuil),

Les inachevés, de Reinhard Jirgl, traduit par Martine Rémond, chez Quidam éditeur,

Ode à la ligne 29 des autobus parisiens, de Jacques Roubaud, aux éditions Attila,

La femme d’un homme qui, de Nick Barlay, traduit par Françoise Marel, chez Quidam édireur,

Quelques rides, de Fabien Clouette, aux éditions de l’Ogre,

« Le rêve de Coleridge », dans Enquêtes, de Jorge Luis Borges,

Crash-test, de Claro, aux éditions Actes-Sud,

Tunnels, de Catherine Ysmal, aux éditions Maelström,

Biblique des derniers gestes, de Patrick Chamoiseau, aux éditions Gallimard,

Charognards, de Stéphane Vanderhaeghe, chez Quidam éditeur,

Poèmes évidents, de Guy Bennett, traduits par Frédéric Forte et l’auteur, aux éditions de l’Attente,

Le joyeux anniversaire de la mort, de Gregory Corso, traduit par Blandine Longre, aux éditions Black Herald Press,

Cordeliala guerre, de Marie Cosnay, aux éditions de l’Ogre,

Merci, de Pablo Katchadjian, traduit par Guillaume Contré, aux éditions Vies parallèles,

Booming, de Mika Biermann, aux éditions Anacharsis,

Oreilles rouges et son maître, de François Matton, aux éditions POL,

Mes amis, d’Emmanuel Bove, aux éditions de l’Arbre vengeur,

L’institut Benjamenta, de Robert Walser, aux éditions Gallimard,

Comment(s), de Frédéric Forte, aux éditions de l’Attente,

L’équation du nénuphar, de Pascale Petit, aux éditions Louise Bottu,

Des lions comme des danseuses, d’Arno Bertina, aux éditions La Contre-allée,

Tête-Dure, de Francesco Pittau, aux éditions Les Carnets du dessert de lune,

Marco Pantani a débranché la prise, de Jacques Josse, aux éditions La Contre-allée,

L’opérette imaginaire, de Valère Novarina, aux éditions POL,

Dans l’enfer des profondeurs, de Hubert Lucot, aux éditions de l’Attente,

La terre sous les ongles, d’Alexandre Civico, aux éditions Rivages,

Data transport, de Mathieu Brosseau, aux éditions de l’Ogre,

Aventures, de Pierre Lafargue, aux éditions Vagabonde.


lundi 27 juin 2022

Les Chevals morts d’Antoine Mouton

C’est un extrait des Chevals morts, d’Antoine Mouton, qui vient de (re)paraître aux éditions La Contre Allée ; il faut que vous lisiez ça :



je veux que nous soyons comme ce couple que j’ai vu dans le métro l’autre jour

ils étaient assis côte à côte

elle s’est levée la première il est resté assis

il a posé la main sur le siège où elle était assise et il l’a caressé avant de la rejoindre

et en le caressant il a eu ce sourire

ce sourire fait que les chevals morts restent loin



je veux être comme cet homme, que la chaleur de ton cul soit la chose la plus précieuse du monde

la chaleur que ton cul diffuse aux objets sur lesquels tu t’assois, qu’elle soit toujours divine absolument

même si ton corps est loin de moi même si tu t’es levée avant moi, je serai là pour sentir la chaleur de ton cul là pour la retenir là pour en jouir et que mon sourire soit l’épouvantail le plus obscène du monde contre la course des chevals morts sur la lande