Un extrait, pour changer.
Songe avec bonzes
Je ne sais pas ce que vous en pensez, de votre côté, mais moi je trouve que les Tibétains apparaissent de plus en plus au fond des rêves, ces temps-ci, dans les boues souterraines et sous les eaux lourdes des rêves, mais également au premier plan, en plein cœur du décor et de l’action oniriques. Et quand je dis les Tibétains je ne me réfère pas seulement aux bonzes, même si ceux-ci finissent toujours par se matérialiser à un moment ou à un autre, en particulier en fin de séquence, quand il n’y a plus rien à espérer sinon le décès et le voyage qui lui succède, les longues journées de marche solitaire qui lui succèdent. Souvent, il faut l’admettre, il ne s’agit pas seulement de bonzes. D’autres se manifestent. Ils percent toutes les défenses intérieures qu’on pourrait leur opposer à l’état de veille, ils ne s’embarrassent pas d’intimité, ils ne se soucient pas des malheurs bizarres qu’ils provoquent, et, en résumé, ils sont nettement plus inquiétants que les bonzes.
Infernus Iohannes, Zone crypte, zone miroir, « II zone crypte », « Songe avec bonzes 1 », Verdier, p. 139
















