Affichage des articles dont le libellé est Dostoïevski. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dostoïevski. Afficher tous les articles

lundi 24 août 2026

Lectures de vacances : Notes d’un souterrain

Requis que je suis par des activités maraîchères quasi surhumaines qui n’attendent pas et ne me laissent pas le temps d’écrire, je reposte ce billet-ci, car c’est bien juste après la lecture de Richard III que j’ai lu Notes d’un souterrain.

Dostoïevski j’aime bien le remettre à plus tard ; comme ça je me programme des bouffées d’enthousiasme pour l’avenir. Pour les Cahiers du sous-sol j’ai fait très fort : ça fait quarante-cinq ans que j’avais prévu de les lire (et finalement j’ai lu les Notes d’un souterrain, donc). Quarante-cinq ans depuis ce temps-là, cliquez donc.

C’est toujours le même gag, à chaque Dostoïevski, j’ai envie de dire à tout le monde combien c’est formidable. C’est ça qui est bien, avec la littérature, avec l’art ; on a beau être le cent-millionième à découvrir, on a découvert, et c’est comme si on était le premier.

Quand par ailleurs il se trouve que soi-même on écrive, il se passe souvent autre chose. On ne peut pas s’empêcher de lire à l’aune de ce que soi-même on écrit. Si je suis frappé par l’extrême modernité de ce texte (comme je le suis aussi de Bartleby de Melville, paru quelques années avant), c’est égocentriquement parce que j’y sens les prémices de ce que j’écrirai, notamment dans Avec mon stylo et même dans N’est-ce pas le livre en question ? Cette façon de bousculer celui à qui l’on s’adresse, de faire en sorte que le lecteur manque de choir de son trop confortable sofa.

On est nombreux à être tout seul.



lundi 3 août 2026

Lecture d’été : Notes d’un souterrain

Je m’étais dit que j’allais attendre la dernière quinzaine d’août pour reprendre ce blog et puis là je viens enfin de lire les Notes d’un souterrain (ou les Cahiers du sous-sol, comme on voudra) de Dostoïevski, alors voilà. Dostoïevski j’aime bien le remettre à plus tard ; comme ça je me programme des bouffées d’enthousiasme pour l’avenir. Pour les Cahiers du sous-sol j’ai fait très fort : ça fait quarante-cinq ans que j’avais prévu de les lire (et finalement j’ai lu les Notes d’un souterrain, donc). Quarante-cinq ans depuis ce temps-là, cliquez donc.

C’est toujours le même gag ; à chaque Dostoïevski, j’ai envie de dire à tout le monde combien c’est formidable. C’est ça qui est bien, avec la littérature, avec l’art ; on a beau être le cent-millionième à découvrir, on a découvert, et c’est comme si on était le premier.

Quand par ailleurs il se trouve que soi-même on écrive, il se passe souvent autre chose. On ne peut pas s’empêcher de lire à l’aune de ce que soi-même on écrit. Si je suis frappé par l’extrême modernité de ce texte (comme je le suis aussi de Bartleby de Melville, paru quelques années avant), c’est égocentriquement parce que j’y sens les prémices de ce que j’écrirai, notamment dans Avec mon stylo et même dans N’est-ce pas le livre en question ? Cette façon de bousculer celui à qui l’on s’adresse, de faire en sorte que le lecteur manque de choir de son trop confortable sofa.

On est nombreux à être tout seul.



mercredi 7 janvier 2026

Mon classique du mercredi : le Sous-sol, de Dostoïevski

Je triche : je n’ai pas encore ou plutôt toujours pas lu le Sous-sol – il m’attend derrière moi, mais dans une autre traduction. C’est le tout premier texte que j’ai dit sur scène, au lycée – je dis « sur scène » mais je commençais dans la salle, au milieu du public. Et c’était mon professeur de l’époque qui mettait en scène ce spectacle : elle s’en souvient encore, ma chère Danielle, c’est elle-même qui l’évoque dans l’entretien publié à la suite de Face à rien, tout récemment, au Facteur Galop. Ça commençait comme ça.

Et sous la vidéo, une photo d’époque, prise lors d’une répétition.




mercredi 23 novembre 2016

je les regardai partir...

Mon Dieu, quel cri ! comme elle sursauta ! comme elle s'arracha de mes bras, comme elle vola à sa rencontre !... Je restai là, je les regardais, plus mort que vif. Pourtant, à peine lui avait-elle donné la main, à peine s'était-elle jetée dans son étreinte, que, brusquement, une fois encore, elle se tournait vers moi, se retrouvait près de moi, comme une bourrasque, comme un éclair, et, avant même que j'eusse le temps de me remettre, elle s'accrochait à mon cou et me donnait un baiser passionné. Puis, sans me dire un mot, elle courut de nouveau vers lui, le prit par les mains, et l'entraîna avec elle.
Je restai longuement figé, je les regardai partir... Enfin, ils disparurent de ma vue.


Fédor Dostoïevski, Les Nuits blanches, traduction par André Markowicz.

Afficher l'image d'origine