mardi 29 septembre 2026

Retour au goudron 5/11 : Survies minuscules

Un ordre aléatoire est parfaitement bienvenu. Après La Grande misère (publié chez l’Olivier), qui s’apparente à un roman et qui, notamment a posteriori, laisse la trace d’une émotion et même d’un paradoxal espoir, Survies minuscules (aux éditions du Sous-sol), à un autre bout du post-exotisme, est l’un des assemblages où l’humour du désastre est le plus ravageur. Mention spéciale pour « La vie mode d’enfer » qui, par une succession de laconiques phrases non-verbales, évoque la vie entière d’un anonyme, qu’il faut d’abord pousser à naître, forcer à vivre, mettre hors d’état de vivre ; « Pour construire le Paradis », qui est une liste de bons conseils sur le sujet (vous en voulez ? Attendez, au hasard, voici : « s’entendre avec les cannibales afin qu’ils mettent un frein à leur appétit », « autoriser les parlementaires à porter sur leurs vêtements une mention "défense d’uriner" », « éprouver de la compassion sans limites mais à bon escient ») ; « Vie de Victor-Diogo », qui servira de leçon à plus d’un apprenti écrivain ; ou encore « Plaintes et dénonciations », que je vous recommande de ne pas lire en compagnie sous peine d’être dénoncés pour éclats de rire déplacés risquant de causer un infarctus inutile chez ses voisins.



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