samedi 26 octobre 2019

Henri Galeron dans mon oreille


Henri Galeron a été le très inspiré illustrateur de mon unique (à ce jour) livre jeunesse. Dans une interview accordée à Axelle Vianney, il revient sur cinquante années de travail durant lesquelles il a illustré les auteurs les plus fameux, aussi ne suis-je pas peu fier de la mention spéciale qu’il y fait de Dans mon oreille (éditions Motus, 2013). Cest ici.

Pour l’anecdote, il m’avait confié que le poème ci-dessus était celui qui lui avait été le plus difficile à illustrer. Je crois que son dessin est celui que je préfère.  

lundi 14 octobre 2019

Femmes animales


Femmes animales est je crois le premier livre de Laure Belhassen et la toute dernière publication des éditions des Grands Champs. Y sont recensées la plupart des métaphores animales évoquant les femmes dans une langue qui est plutôt, il faut bien le dire, celle des hommes. Il y a de quoi faire : tout un livre n’y suffit pas puisqu’il y manque encore le chameau, seule lacune que j’y ai trouvée. J’ai bien envie de vous en recopier un échantillon mais comme je suis paresseux je me contenterai d’un très léger, et qui vous vous en doutez n’est pas non plus le plus vache (mais oui, elle y est aussi). Voici donc le colibri :

Dans les Caraïbes, compliment adressé aux jolies femmes de 4 grammes passant leur vie à butiner, se nourrissant de nectar et privilégiant la compagnie des fleurs sans dédaigner celle des hommes.

Comme toujours chez les Grands Champs le livre est joliment illustré, c’est un cadeau à faire pourvu qu’on fasse attention où placer le marque-page.



samedi 5 octobre 2019

Le temps est à l’orage


J’ai lu Le temps est à l’orage, le nouveau roman de Jérôme Lafargue. Une histoire de filiation, qui se passe maintenant et autrefois, entre la forêt et la mer, dans ces Landes qui lui sont chères. Je l’ai lu et maintenant j’attends la suite, impatiemment. Car nul doute qu’il y en aura une.



lundi 23 septembre 2019

Adelphe a lu. Moi aussi.


Tiens j’ai lu un livre paru à cette rentrée. C’est Adelphe, d’Isabelle Flaten, publié par le Nouvel Attila. C’est l’histoire d’un homme qui a lu un livre qu’une femme lui a mis entre les mains. C’est l’histoire d’un pasteur qui a des doutes. C’est l’histoire d’un fils et c’est l’histoire d’un père. C’est l’histoire d’un homme mais c’est surtout l’histoire des femmes qui l’ont croisé. C’est l’histoire des amours qu’on ne raconte pas. C’est l’histoire des libertés qui se conquièrent. C’est un beau roman qui se lit avec quand même un peu de larmes.


Isabelle Flaten - Adelphe.

samedi 21 septembre 2019

Radieux


Marc Giai-Miniet est emboîteur. Il y a quelques années, j’ai consacré un billet de ce blog à son travail ; voilà, c’est ici, cliquez.
Nous avons aussi fait un livre, ensemble ; voyez donc.
Son univers m’évoque irrésistiblement celui d’Antoine Volodine. Je le lui ai dit, il ne connaissait pas encore.
En ce moment et pour un mois environ, il expose ses boîtes à la Galerie Rauchfeld, 22 rue de Seine, à Paris. J’en ai photographié une. Elle me réservait une surprise.







samedi 14 septembre 2019

considération sur la lecture

Il arrive que des milliers de personnes lisent le même livre en même temps. C'est comme une vaste partouze, sauf que c'est quand même un peu dégoûtant.

mercredi 11 septembre 2019

fil en question


Je perds souvent le fil de mon propos. En cours, c’est un problème ; les élèves me regardent et je ne sais plus ce que je leur disais parce que déjà je leur dis autre chose. On me dit que c’est parce que j’ai une pensée arborescente. Ça me fait plaisir parce que j’aime les arbres. Et puis je regarde les fils de mes écouteurs, que je suis en train d’essayer de démêler depuis une bonne demi-heure. Heureusement que j’ai perdu mes cheveux, ça me fait des nœuds en moins.

samedi 7 septembre 2019

et des désirs surhumains et les forces pour les réaliser


Il enleva son chapeau et sa chevelure se répandit comme si elle était vivante, comme dans une abondance tropicale, en partie liée en tresses, en partie dans sa sauvagerie originelle. Sa tête était puissante, mais la masse de la chevelure était si grande qu’elle semblait appartenir à une tête encore bien plus puissante, la tête sous elle semblait petite. Mais en cela la vision n’avait rien de ridicule, elle était surtout effrayante, c’était comme si cette chevelure surhumaine exhibait et des désirs surhumains et les forces pour les réaliser.

C’est un fragment des Derniers cahiers de Kafka, publiés par les éditions Nous en 2017 et traduits par Robert Kahn.



mercredi 4 septembre 2019

A propos des rentrées d’Herbert


Tiens puisque c’est la rentrée littéraire, c’est peut-être l’occasion de rappeler que Herbert Kahn, dont le roman Même la nuit tombe dans ses bras est paru l’an dernier sous un titre légèrement modifié par mes soins, rappelez-vous, avait déjà été lui-même le protagoniste d’une ancienne rentrée littéraire, en 2001 aux éditions du Seuil ; il était tout jeune à l’époque, pas même sorti de l’école et avec bien du mal à rentrer où que ce soit, c’était bien là son problème. On en avait parlé un peu dans la presse, cliquez donc, et si ça vous intéresse rappelez-vous que Quidam a ressorti ce roman, dans une version retravaillée par mes soins, et sous un titre déjà légèrement modifié ; il ne faudrait pas que ça devienne une habitude.


samedi 31 août 2019

En pleine nuit au milieu de la forêt

En plein milieu de la nuit à 4h36 ils lui ont téléphoné pour lui dire de ne pas s’inquiéter que sa mère était tombée alors il est sorti à pied et il est allé en plein milieu de la forêt en fait juste à l’orée mais il préfère dire en plein milieu mais contrairement à la dernière fois il n’y avait rien dans la forêt.

En plein milieu de la nuit, à 4h36, ils lui ont téléphoné pour lui dire de ne pas s’inquiéter, que sa mère était tombée, alors il est sorti à pied et il est allé en plein milieu de la forêt, en fait juste à l’orée, mais il préfère dire en plein milieu, mais, contrairement à la dernière fois, il n’y avait rien dans la forêt.

4h36 est-ce que c’est en plein milieu de la nuit ? Le milieu de la nuit ne le reste pas. Le temps d’arriver à l’orée de la forêt il y avait déjà une vague lueur à l’est. C’est peut-être pour ça qu’il n’y avait rien à l’orée de la forêt. Mais peut-être qu’en plein milieu il y avait quelque chose.

Peut-être qu’ils ne lui ont pas téléphoné pour lui dire de ne pas s’inquiéter. Peut-être que dire de ne pas s’inquiéter est une autre manière de dire de s’inquiéter.
Peut-être qu’aller dans la forêt au milieu de la nuit est une autre manière de s’inquiéter.
Peut-être que la différence entre aller à l’orée ou en plein milieu de la forêt change quelque chose à la manière dont on s’inquiète.

La dernière fois il n’était pas 4h36. La dernière fois sa mère n’était pas tombée. La dernière fois ils n’avaient pas téléphoné. C’était la dernière fois mais ce n’était pas vraiment la dernière fois. Ce n’était pas étonnant que ce soit si différent dans la forêt.

Pourtant c’était déjà l’orée. Oui, l’orée, au lieu du milieu. La dernière fois il avait senti ses poils d’animal diurne se dresser. Alors que cette fois, non. En pleine nuit à l’orée de la forêt, il n’avait rien senti. En pleine nuit à l’orée de la forêt, en plein milieu ça aurait été pareil, il pensait à sa mère qui était tombée mais qui n’était pas blessée.

vendredi 30 août 2019

Billet de rentrée (4)

"Rentrée" est un terme ambigu. Par exemple, "rentrée littéraire" et "rentrée d'argent" sont deux choses différentes.

jeudi 29 août 2019

Billet de rentrée (3)

C'est la rentrée. Sortons ! se disent les livres. Tout le monde reprend le travail, personne n'aura le temps de nous lire ; on ne risque rien.

lundi 26 août 2019

Billet de rentrée (2)

- Pourquoi ne parlez-vous que des livres dont tout le monde parle ?
- C'est parce que sinon je risquerais de parler tout seul et ça me fait peur.

dimanche 25 août 2019

mardi 9 juillet 2019

Brèves animales (23)


L'escargot est réputé pour sa lenteur, pourtant l'accouplement ne dure que de dix à quinze heures.




lundi 8 juillet 2019

Quelle comédie la vie


Quelle comédie la vie

Heureusement
j'ai choisi
le rôle du souffleur


Où est l'aube

Je ne vois
qu'un espace sans nom
dans le ciel qui hésite


Estelle Fenzy, La Minute bleue de l'aube, éditions La Part commune, 2019.



mardi 2 juillet 2019

Billet furtif


Disons les choses complètement dans le désordre. C'est un roman engagé. C'est un roman sur l'amitié. C'est un roman d'aventures. C'est un roman sur le langage. C'est un roman d'amour. C'est un roman expérimental. C'est un roman populaire. C'est un roman à suspense. C'est un roman sur la musique. C'est un roman de science-fiction. C'est un roman sur la famille. C'est un roman choral. C'est un roman sur la vie. C'est un roman presque oulipien par moment. C'est un roman sur la joie. C'est un roman qui mériterait un long billet car c'est aussi un roman qui pèse 985 grammes pour ne pas dire qu'il pèse un kilo. Le nihiliste inavoué en moi va peut-être trouver que c'est un roman un peu bisounarchiste sur les bords si l'on veut chipoter mais c'est un roman tellement émouvant (et tout simplement passionnant) qu'on va s'en abstenir. C'est un best-seller, une fois n'est pas coutume dans mes lectures, et c'est bien mérité.



lundi 1 juillet 2019