Après Tardigrade
et Clonck et ses dysfonctionnements, Pierre Barrault se lance
dans un récit ouvertement autobiographique, l'Aide à l'emploi,
qui vient de paraître aux éditions Louise Bottu.
Autobiographique, mais aussi universel. Vous y apprendrez, notamment,
pourquoi ces hommes sont venus, chez vous aussi, fixer au sol de
votre séjour et de votre salle de bain ces détestables lapins
rouges en résine dans lesquels vous vous cognez chaque matin. Vous y
apprendrez aussi – et surtout – pourquoi vous êtes plusieurs, si
vous êtes encore plusieurs, ce que je vous souhaite vivement. Et si
déjà vous n'êtes plus plusieurs, lisez aussi ce livre, il vous
multipliera.
mardi 9 avril 2019
lundi 8 avril 2019
Nouveau logis
De Julien Nouveau j'avais
beaucoup aimé le premier livre, Eloge des arborinidés. Le
logis, qui vient de paraître aux éditions des Grands Champs,
est encore plus beau. Je pourrais vous recopier un passage, mais
finalement non : je vais vous recopier la table des matières.
C'est comme un menu, j'ai tout goûté, j'ai tout aimé :
La ville sous le lit
Le papier peint à la
main
Aspirer au flou
Comme une serre dans la
salle de bain
La fenêtre au vitrage
déformant
Des billes de verre à
facettes
Passage de la lune
Une seiche dans un verre
De la ferveur des
collectionneurs
La cache aux odeurs
Un goût pour la
géométrie
Le balcon
Les visites du dehors
Danse, élégance et
mécanique
La machine à éroder
La machine à singer les
grillons
Une vie minérale
Comme toujours aux Grands
Champs, le livre est illustré – mais cette fois, par l'auteur
lui-même.
vendredi 5 avril 2019
Le pouvoir extraordinaire des robiniers
Le magazine GEO vient de
faire paraître un magnifique Hors série signé Marie Martinez et
intitulé Le Pouvoir extraordinaire des arbres. Un extrait de
mes Notes sur les noms de la nature y est cité, tout fier de
figurer dans une si belle bibliographie.
mercredi 27 mars 2019
Seule la nuit tombe sur Binic
Samedi 30 et dimanche 31
mars, je serai aux Escales de Binic. Le samedi je participerai à une
table ronde sur le thème « le poids du monde est amour »,
ce sera le samedi de 14h45 à 15h45.
Le programme est ici.
Le programme est ici.
mardi 26 mars 2019
vendredi 22 mars 2019
Mado
Il ne faut pas se fier au
nom de l'auteur : Marc Villemain est une jeune fille amoureuse.
J'ai lu Mado, ce très beau roman sur la découverte des
sentiments et des sens, et c'est comme ça que je le ressens. (La
découverte des sentiments et des sens : la découverte de
soi-même.)
mardi 19 mars 2019
Ce matin d'hiver enfumé
47
J'ai failli croire que le
buisson dans l'arrière-cour avait fleuri :
ce n'était que quelques
vieilles feuilles couvertes de neige.
48
Ce matin d'hiver enfumé
–
ne méprise pas le joyau
vert qui brille dans les brindilles
parce que c'est un feu de
signalisation.
Charles Reznikoff, La
Jérusalem d'or, traduit de l'anglais par André Markowicz, Editions
Unes, 2018.
mardi 12 mars 2019
Seule la nuit tombe sur Livre Paris
Vendredi de 14h à 15h je serai en M28 (région Ile-de-France) sur le stand de Quidam avec mon éditeur historique Pascal Arnaud, qui a publié Liquide, Monsieur Le Comte au pied de la lettre, Rien (qu'une affaire de regard), Pas Liev, Elise et Lise et récemment Seule la nuit tombe dans ses bras, parmi des dizaines d'autres merveilles qui ne sont pas signées de mon nom mais que je revendique quand même, car nous sommes tous, sachez-le, les auteurs de tous les auteurs de tous les livres.
lundi 11 mars 2019
Pas question !
d'obtempérer – en ce
qui me concerne. En revanche je vous recommande vivement En
cuisine avec Kafka, de Tom Gauld, aux éditions 2024.
dimanche 10 mars 2019
Frères sorcières
Parfois un livre est une
image miniature de l’œuvre entière à laquelle il appartient. On
peut dire ça par exemple des Trois contes de Flaubert. On
peut sans doute le dire aussi de Frères sorcières, d'Antoine
Volodine. Les entrevoûtes y sont trois aussi, structure la plus
simple possible pour ce genre post-exotique commenté dans le
Post-exotisme en dix leçons, leçon onze, et déjà illustré de
ce côté du monde par Nos animaux préférés d'Antoine
Volodine et Avec les moines-soldats de Lutz Bassmann. C'est
peut-être aussi, des trois recueils d'entrevoûtes qui nous sont
donnés à lire, celui où les écarts de genres et de ton sont les
plus importants. La première voix est celle d'Eliane Schubert, au
nom presque bien de chez nous, et le lecteur qui n'aurait jamais lu
Volodine et commencerait par Frères sorcières ne serait pas
complètement dépaysé, me disais-je en lisant cette première
entrevoûte (sauf à entrevoir, et c'est sans doute là le discret
essentiel, quand parle Eliane Schubert, et à qui).
La deuxième entrevoûte est un genre dans le genre, puisqu'il s'agit
du texte intégral des « vociférations », théâtre ou
magie, magie et théâtre, « cantopéra » présent à
l'esprit d'Eliane Schubert tout au long de sa vie, même après que
cette comédienne ambulante a été enlevée et... Mais ce billet n'a
pas pour propos de vous résumer une histoire. Rappelons seulement
que le théâtre, chez Volodine, est à la fois genre et sujet.
« Faire théâtre ou mourir », s'intitule la première
entrevoûte – et cela aurait dû être le titre du livre entier,
nous confie l'auteur. La troisième, et dernière, s'intitule Dura
nox, sed nox et n'est constituée que d'une seule longue phrase
sans fin. Car tout simplement il n'y a pas de fin à la vie de l'être
que l'on y suit, vivant de corps en corps, tantôt femme, tantôt
homme, par la magie, depuis le big bang jusqu'à la fin des temps –
qui présente quelques ressemblances avec le Soloviei de Terminus radieux, mais non, c'est encore autre chose. En contrepoint de la
première entrevoûte, cette dernière est aussi celle où l'humour
de Volodine, humour du désastre évidemment, donne sa part la plus
grande.
Mince, que ce billet est
scolaire, à la relecture, surtout en comparaison avec le livre dont
j'essaie de parler. Ce doit être un effet l'approche de la rentrée.
Mais s'il peut donner envie de lire Frères sorcières, alors
ça vaut peut-être le coup de le poster.
mardi 5 mars 2019
Mon jeune grand-père et compagnie à l'Autre Livre
Au Palais de la femme (94 rue de Charonne dans le XIe, métro Charonne),
vendredi, samedi et dimanche prochains, il y a un autre salon du
livre, un salon de l'autre livre, avec notamment mes autres livres :
Mon jeune grand-père bien sûr, mais sans doute d'autres
aussi que peut-être, par extraordinaire, vous n'auriez pas encore.
Et vous risquez de m'y croiser, si vous y venez le vendredi ou le
samedi.
jeudi 28 février 2019
Blancheneige et les trois ours
« Blancheneige, qui
avait grand-faim et grand-soif, mangea un peu de légumes et de pain
dans chaque petite assiette et but une goutte de vin dans chaque
petit gobelet, car elle ne voulait pas tout prendre au même.
Ensuite, elle était tellement lasse qu'elle se coucha dans un petit
lit, mais aucun ne lui allait, l'un était trop long, l'autre trop
court, enfin le septième fut à sa taille : elle y resta, se
recommanda à Dieu et s'endormit. »
- Monsieur, ça ressemble
drôlement à Boucle d'or !
- Oui, c'est vrai.
Penses-tu qu'une telle ressemblance puisse être le fruit du hasard ?
- Il y a sûrement un des
deux contes qui a copié sur l'autre. Mais lequel ?
- On ne peut pas
savoir...
« On ne peut pas
savoir » a longtemps été la réponse que je faisais à mes
petits élèves de 6e. Et puis une fois, tout en répondant « on
ne peut pas savoir », je me suis rendu compte de ma bêtise.
Bien sûr que si, on peut savoir. Comment le lit d'un des sept nains
pourrait-il être trop long pour Blancheneige ? Et regardez la
dernière phrase : 7 = 3 ! : « l'un
était trop long, l'autre trop court » et hop on arrive au
septième ? Non : au troisième. L'espace de ces quelques
lignes, Blancheneige n'est plus dans la maison des sept nains :
elle a franchi la frontière poreuse du conte et la voilà qui dort
chez les trois ours. Autrement dit, il y a dans la version de
Blancheneige rapportée par les frères Grimm une
interpolation empruntée à Boucle d'or et les trois ours. A
un moment donné, les histoires se ressemblent – une jeune fille
perdue qui trouve refuge dans une maison vide – et la ressemblance
a ouvert ce portail magique discret qui nous fait passer d'un conte à
l'autre.
Tiens, en cherchant
rapidement sur Internet si quelqu'un d'autre l'a déjà formulé (je
suis bien certain que oui même si je n'ai rien trouvé) je tombe sur
un livre jeunesse de Véronique Cauchy intitulé Boucle d'or et
les sept nains dont l'argument (vous chercherez sur le Net) et le
titre confirment que, au moins par l'intuition, je ne suis pas le
premier à passer par là.
(Ce petit billet en
réponse à l'ami Pierre avec qui nous échangions deux mots à
propos des pantoufles de verre – et non de vair – de Cendrillon,
évoquées dans Elise et Lise.)
samedi 23 février 2019
ça s'appelle une chose sérieuse
C'est le journal de
Daniel, recueilli dans une communauté survivaliste par Chambray,
femme richissime et prête pour l'apocalypse, Chambray dont il doit
écrire l'autobiographie, ce pour quoi elle lui a fait mettre une
puce pour notamment augmenter ses capacités mémorielles, puce
désactivée juste le dimanche. C'est le journal d'un homme qui la
plupart du temps n'est plus vraiment lui-même et qui tente de se
retrouver dans l'écriture, dans l'écriture du dimanche qui n'est
pas celle de la semaine. C'est l'histoire d'un homme augmenté qui
préfère les hommes quand il ne l'est pas, qui préfère les hommes
sauf Jenny qui est une femme et aussi un animal sauvage, mais qui
fait l'amour avec Chambray parce que ça fait partie du programme.
C'est l'histoire d'un homme qui ne s'appelle peut-être pas Daniel et
qu'on n'est pas obligé de croire puisqu'il n'est plus lui-même.
C'est l'histoire de tous les gens qui ne sont plus eux-mêmes mais
qui sont quand même et ça s'appelle Une chose sérieuse,
c'est signé Gaëlle Obiégly, c'est paru tout récemment aux
éditions Verticales et c'est une sacrée découverte.
mercredi 13 février 2019
N'oublions pas que la nuit tombe
Je me rends compte à
l'instant que ce beau billet sur Seule la nuit tombe dans ses bras
m'avait échappé. Merci à Nicole Grundlinger !
C'est aussi le moment de
rappeler que vendredi à 18h30 je serai à la librairie Scrupule, 26
rue du Faubourg Figuerolles à Montpellier, et le lendemain tout près
encore, invité d'honneur avec Olivier Liron à Paroles d'auteur(e)s,
à Saint-Clément-de-Rivière, Salle Frédéric Bazille, à 17h30.
dimanche 10 février 2019
Noirs cafés 9
Le cliché de l'écrivain
trouvant l'inspiration à la terrasse d'un café est une tromperie.
Je suis assis à la terrasse d'un café, le bloc-notes sur la table ;
rien ne me vient, hormis un café – encore me faut-il payer pour le
boire.
jeudi 7 février 2019
mercredi 6 février 2019
Nouvelles très brèves (27)
Pour raconter le premier
battement de son cœur quand il la vit, aucun roman-fleuve ne sera
assez long, alors une nouvelle très brève suffira.
mardi 5 février 2019
Comment vous appelez-vous ?
Tiens hier soir j'ai
enregistré ça, juste après l'avoir écrit. Ne me demandez pas ce
que c'est.
lundi 4 février 2019
aimez-vous
et vous
aimez-vous
tout
le grain
les mouillures
continuez de me
regarder
la moiteur
les bourrelets des
lèvres
le point
plus fort je n'ai pas
entendu
avec vos mots à vous
votre langue
rien qu'elle
tant mieux
et le creux
allez-y
loin
et
dedans
parlez-moi encore de
vous
si vous voulez
avec plaisir
celui de la parole
tenue
et si l'heure veut bien
sonner
et mes contractures
là
autour de la langue
les aimez-vous
il faut répondre mon
chéri
je vais devenir
méchante sinon
Julien
Bosc, Le Corps de la langue,
Quidam éditeur, 2016
dimanche 3 février 2019
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