Je m’étais dit que j’allais attendre la dernière quinzaine d’août pour reprendre ce blog et puis là je viens enfin de lire les Notes d’un souterrain (ou les Cahiers du sous-sol, comme on voudra) de Dostoïevski, alors voilà. Dostoïevski j’aime bien le remettre à plus tard ; comme ça je me programme des bouffées d’enthousiasme pour l’avenir. Pour les Cahiers du sous-sol j’ai fait très fort : ça fait quarante-cinq ans que j’avais prévu de les lire (et finalement j’ai lu les Notes d’un souterrain, donc). Quarante-cinq ans depuis ce temps-là, cliquez donc.
C’est toujours le même gag ; à chaque Dostoïevski, j’ai envie de dire à tout le monde combien c’est formidable. C’est ça qui est bien, avec la littérature, avec l’art ; on a beau être le cent-millionième à découvrir, on a découvert, et c’est comme si on était le premier.
Quand par ailleurs il se trouve que soi-même on écrive, il se passe souvent autre chose. On ne peut pas s’empêcher de lire à l’aune de ce que soi-même on écrit. Si je suis frappé par l’extrême modernité de ce texte (comme je le suis aussi de Bartleby de Melville, paru quelques années avant), c’est égocentriquement parce que j’y sens les prémices de ce que j’écrirai, notamment dans Avec mon stylo et même dans N’est-ce pas le livre en question ? Cette façon de bousculer celui à qui l’on s’adresse, de faire en sorte que le lecteur manque de choir de son trop confortable sofa.
On est nombreux à être tout seul.
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