lundi 31 août 2026

Retour au goudron : Ultimes sursauts

La rentrée littéraire est une sortie : c’est la sortie de Retour au goudron, et c’est la sortie d’Antoine Volodine qui, après les onze titres qui paraissent en ce moment même chez onze éditeurs différents, ne publiera plus : on sait depuis des années que l’édifice post-exotique se conclura sur cette phrase « Je me tais. » Il ne se taira pas pour moi : de tout l’ensemble, je n’ai lu que vingt-un titres, signés Antoine Volodine, Lutz Bassmann, Manuela Draeger, Elli Kronauer, Infernus Iohannes.

Vingt-deux, car je termine à l’instant Ultimes sursauts, l’un des onze de maintenant. « Je reconnais ce quartier du Bardo », me suis-je dit en lisant les premières lignes « Bubor Schnulff », le premier des sept « contes moraux » qui constituent Ultimes sursauts. C’est que celui-là, je l’avais déjà lu dans Contre la littérature politique, paru comme Ultimes sursauts aux éditions La Fabrique (un livre réunissant notamment Antoine Volodine, Nathalie Quintane et Pierre Alferi avait peu de chance de m’échapper). « Bubor Schnulff » est suivi par « Tarass Tchirtchenko », « Gabriline », « Hirdoubil Kropak », « Papoose », « Koutkor » et « Aliya Woloff ». Car chaque conte est comme une petite stèle à l’honneur d’un ou d’une oublié. N’empêche, Ultimes sursauts est aussi l’un des livres les plus drôles de l’édifice post-exotique : on ne va pas s’arrêter sans rire encore une fois. L’« humour du désastre » volodinien y est ravageur ; l’annonce même de « contes moraux » est déjà une blague en soi. Je vous laisse découvrir la moralité à la fin de chacun des sept contes ; il y a Dernière livraison (La Marelle éditions) qui m’attend.



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