On avait fait descendre Messerschmied du transatlantique où il voyageait pour raisons professionnelles. Un canot l’avait amené jusqu’à la plage d’une île déserte, en pleine nuit, avec ses valises. C’était complètement invraisemblable, le forcer à un tel voyage, juste pour signer le contrat ! Il n’y avait pas même un bureau, tout juste une espèce de hutte dans les arbres qu’on atteignait au moyen d’une échelle de corde. Puis Messerschmied émergea de ce cauchemar : il était bien chez Brunnen, dans le couloir, son attaché-case à la main, tout rempli de sa propre importance, accompagné par Monsieur Schlehe qui gazouillait à ses côtés. Soudain, il sentit une colère étrangère qui montait derrière lui, sans parvenir à saisir ce qui la motivait, à ceci près que c’était lui, encore et toujours, le responsable de cette colère, laquelle se mua soudain en douleur, celle d’un coup de pied violent dans son postérieur, parce qu’il fallait se débarrasser de lui, parce qu’il n’avait rien à faire là, parce qu’il était non seulement indésirable mais carrément nocif, lui, Messerschmied.
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