Un extrait d’un projet abandonné, qui dit quand même un peu ce que je pense de l’auteur :
« Écrivain » est peut-être un métier, je ne sais pas ; en tout cas ce n’est pas le mien.
Ou alors. Comme j’admets que la publication de ce que j’écris soit conditionnée par des considérations marchandes, je suis « écrivain » quand je publie (puisque je publie). Comme les considérations marchandes ne peuvent pas m’empêcher d’écrire ce qu’il me semble devoir écrire, je ne suis pas « écrivain » quand je ne publie pas ce que j’écris.
Kafka est devenu écrivain surtout après sa mort. De son vivant, il écrivait.
Par ailleurs, la phrase « je suis écrivain » (que j’entends, que je lis souvent) me paraît du plus haut ridicule. De même, je bannirais volontiers le mot auteur de mon vocabulaire – je reconnais à son féminin autrice le mérite de souligner à quel point les deux, auteur et autrice, sont ridicules à égalité. Le texte, quand il est bon, me paraît bien plus « auteur » (je reconnais son autorité) que la personne qui l’a écrit, qui n’est jamais qu’une personne. J’écris, tout simplement. Et je publie, ou pas.

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