mercredi 8 juillet 2020

En attendant les singes rouges



Ce blog marquant une petite pause, il est temps d’y annoncer la parution, le 22 octobre, de mon septième titre chez Quidam : les singes rouges. Il me tient particulièrement à cœur, mais il est encore trop tôt pour en dire davantage. En attendant, on peut me lire en format numérique aux éditions Le Nouvel Attila, qui ont eu l’idée d’organiser un concours ouvert à tous pendant le confinement, dont je suis l’un des six lauréats. Ça s’intitule Est-ce le livre en question ?, ça pouvait difficilement s’intituler autrement ; vous verrez. Bel été à tous.


Est-ce le livre en question ?


lundi 6 juillet 2020

Notes sur les noms de la langue (17)

Contrairement au féminin et à la pensée courante, le masculin non plus n’a pas sa place dans la grammaire française,

car l’absence de marque du masculin

est la marque de l’absence du masculin.



samedi 4 juillet 2020

Notes sur les noms de la langue (16)

On croit que le singulier existe en grammaire, mais il faut croire que rien n’est vraiment singulier,

car l’absence de marque du singulier

est la marque de l’absence du singulier.



vendredi 3 juillet 2020

Notes sur les noms de la langue (15)

Le présent n’existe pas : ses terminaisons n’indiquent que la personne. Pas de présent. Pas de cadeau.



jeudi 2 juillet 2020

Tu comprends mon insistance ?

L’insistance de l’insecte à vouloir passer à travers la vitre tient à deux perceptions concomitantes et contradictoires. La lumière affirme l’espace libre, le choc affirme l’inverse, que confirme la possibilité de marcher à même cette surface invisible. Je marche dessus et en même temps elle n’existe pas à ma vue. Je marche sur quelque chose qui n’existe pas mais qui existe puisque je marche dessus. Je ne vois pas quelque chose qui existe mais qui n’existe pas puisque je ne le vois pas. Je ne vois pas quelque chose qui n’existe pas mais qui existe puisque je marche dessus. Je marche sur quelque chose qui existe mais qui n’existe pas puisque je ne le vois pas. Je ne vois pas quelque chose qui n’existe pas mais qui existe puisque je marche dessus. Je marche sur quelque chose qui existe mais qui n’existe pas puisque je ne le vois pas. Je ne vois pas quelque chose qui n’existe pas mais qui existe puisque je marche dessus. Je marche sur quelque chose qui existe mais qui n’existe pas puisque je ne le vois pas. Je ne vois pas quelque chose qui n’existe pas mais qui existe puisque je marche dessus. Je marche sur quelque chose qui existe mais qui n’existe pas puisque je ne le vois pas. Je ne vois pas quelque chose qui n’existe pas mais qui existe puisque je marche dessus. Je marche sur quelque chose qui existe mais qui n’existe pas puisque je ne le vois pas. Tu comprends l’insistance de l’insecte ? Tu comprends mon insistance ?



mercredi 1 juillet 2020

mardi 30 juin 2020

Regarde : c'est le nouveau livre de Pascale Petit


Pascale Petit a écrit un nouveau livre. J’ai lu tous les autres, je crois. J’ai envie d’écrire un billet dessus, pour vous en donner une idée, mais avec ses mots à elle. Je vais choisir une phrase par page en commençant par la première et à un moment je sentirai que j’aurai fini ce billet. (On parle de « billet » pour les articles d’un blog comme pour les lettres d’amour – ça tombe bien, vous allez voir.) (Vous pouvez aussi avoir envie d’écrire un véritable article sur ce livre ; Bruno Fern en a écrit un avec ses mots à lui : c’est ici.) Voici mon billet.

Regarde, je dors et je n’ai pas eu le temps d’ôter mes vêtements. Regarde bien, il n’y a pas que l’arc et le carquois avec des flèches. Regarde, je suis allongée sur ce divan. Regarde, je suis pâle, mon cœur bat vite, j’ai peur, on le comprend : tu es mon futur et ne le sais pas. Regarde, je sais déplacer les objets, c’est une des premières choses que j’ai apprises. Et nous devenons minuscules parce que nous sommes loin l’un de l’autre. Regarde, je viens de me réveiller au milieu de la nuit. Regarde, je regarde quelque chose qui est à côté de quelque chose que tu regardes en tournant lentement les pages d’un livre sans les lire. Je n’entends rien prouver. Je me demande si les belles rencontres relèvent du rêve ou de l’histoire parallèle. Les précipités de mélancolie sont au point. Tu brilles (ton absence). Les boiseries sont tourmentées. C’est ma chanson préférée pour voix assez seule. Invente-moi une machine, j’ai envie d’une machine. J’ai déjà fait le sacrifice du velours comme une héroïne qui quitte le passé. Que dois-je comprendre quand tu me dis que sur quatre cents roses, tu en as sauvé sept ?

Je me suis arrêté à la page 30, et je crois que j’ai fini d’écrire ce billet avec ces mots qui ne sont pas de moi. J’ai juste oublié de vous dire que son titre est l’Audace et qu’il est publié chez Nous.



samedi 20 juin 2020

Avec les Barbares


Voilà, j’ai terminé la lecture des Barbares, de Jacques Abeille. Ça m’a pris du temps. Bien sûr c’est un assez gros roman, mais la raison est ailleurs. Quand on chemine en bonne compagnie – ça pourrait être un résumé du roman « chevaucher en bonne compagnie » –, on n’a pas envie que ça s’arrête. Le Professeur non plus – narrateur des Barbares –, il n’avait pas envie que ça s’arrête. Et pourtant tout s’arrête : les quêtes, les livres et la vie. Mais les livres au moins ont cette chance de renaître : lire les Barbares, c’est aussi relire les Jardins statuaires, dont celui-ci n’est pas seulement la suite. Les Jardins statuaires y sont devenus un livre, le Professeur en sera le traducteur, un livre dans un autre livre donc, dont la lecture est une invitation, autoritaire et douce, à prendre la route pour voir ce qu’il en est, maintenant que le temps a passé. Ce qu’il en est ? Une œuvre qui compte parmi ce que la littérature d’imagination peut nous offrir de plus beau.




mardi 16 juin 2020

mardi 9 juin 2020

Notes sur les noms de la langue (2)


L’adjectif « qualificatif » qui suit « adjectif » dans l’expression « adjectif qualificatif » est plutôt un adjectif relationnel.