Je
le reconnais : de temps en temps, j’en ai assez du collège. Enfin, du
collège ; je devrai dire : de
l’Education nationale. Et de plus en plus souvent depuis les coups
de boutoirs qu’elle a reçus de Claude Allègre d’abord, puis et surtout
de la clique à Sarkozy. Dans ces moments-là, je me
dis : Heureusement qu’il y a les élèves. Et parfois, il y a aussi
les témoignages d’anciens, qui font chaud au cœur. C’est dans les commentaires, tout en bas de ce billet de Dominique Hasselmann,
vieux de près d’un an et illustré, jolie coïncidence, de la photo qui a servi à mon portrait géant d’hier. (Tiens, ça
me rappelle que moi aussi, j’ai eu un professeur d’exception, qui l’est toujours, et dont j’ai le bonheur de pouvoir lire les livres. La transmission, ça n’est pas le domaine réservé des mécaniciens automobile et des télépathes.)
samedi 12 février 2011
jeudi 10 février 2011
Didier da Silva ou le récit (vraiment) atmosphérique
Si 2009 fut l’année de son automne, 2011 restera l’année de son auteur : à quelques jours d’intervalle, du même – car
assurément c’est bien le même – du même disais-je Didier da Silva paraissent Une petite forme (avec François Matton) et l’Automne zéro neuf,
son
troisième et son quatrième livre, ou son quatrième et son troisième,
on ne sait plus trop, le temps a de ces caprices. Le temps aussi
d’ailleurs, appréciez la transition, car du temps qu’il fait
il est beaucoup, il est presque surtout question, dans l’Automne zéro neuf ; les lecteurs des blogs jumeaux de l’auteur – Les
idées heureuses et Halte là,
Didier de plus en plus fait tout par deux, s’en rend-il compte ? – ne
seront pas surpris :
c’est souvent qu’on l’y devine le nez en l’air. C’est présenté sous
la forme d’un journal, pour la première fois à la première personne ;
plus d’Hoffmann ou de Sam
pour prêter sa silhouette au
protagoniste ; pourtant c’est bien le même, c’est bien la même vie
qui voudrait n’être qu’une promenade et n’y parvient pas toujours –
c’est drôle – mais y parvient presque – c’est
beau ; c’est bien le même regard qui s’attache à ce qui du spectacle
du monde aurait tôt fait de nous échapper, ne voit pas pour autant la
mort qui se joue à quelques mètres, il faut dire
que souvent les yeux sont levés vers le ciel, quel spectacle, les
caprices de la météo sont un beau reflet des mouvements de l’âme sans
les grands mots que l’auteur, justement, n’y met pas ;
jugez plutôt :
Angèle est petite, brune, assez jolie. Nous nous quittâmes, elle consolée, moi déprimé. À force de les fixer – le sans
fil est juste à côté, enfin, surtout son socle, mais je ne m’en
étais, old school, pas éloigné –, je n’ignorais plus rien des moulures
de la porte d’entrée. Que j’ai ouverte. L’air était
tiède, à tout le moins moins froid que je ne pensais. Le silence de
la maison après ces deux grandes heures de bavardage ayant je ne sais
quoi d’hostile, d’accusateur et de mesquin, j’ai attrapé
ma veste et je suis sorti. Ce que j’avais pu dire comme conneries !
Puisque le carillon de l’église du village sonnait, je me suis dirigé
vers lui, vers elle, vers lui. Par le bas. Il n’y
avait pas un chat, mais un écureuil, derrière un grillage, qui me
regarda (je le regardais). Qu’il me fuît, soudain, je le comprenais.
J’appelai à moi de sombres pensées. Elles accoururent. Les
arbres bruissaient. J’ai pu marcher un long moment au beau milieu de
la grand-route, l’austère théorie des platanes suggérant moins, alors,
l’infini que l’éternité ; or une publicité pour un
supermarché entrouvrait au contraire, sur un panneau Decaux, à
l’orée du village, une très étroite fenêtre temporelle – jusqu’au 8 novembre, Chrysanthèmes pomponettes de cinquante centimètres
à cinq euros quatre-vingtquinze le pot (il n’y avait pas une minute à perdre).
Didier da Silva, L’Automne Zéro Neuf, LaureLi Léo Scheer, 2011, p. 46-47.
Commentaires
suis dedans, et comme prévu j'aime
Commentaire n°1
posté par
brigitte Celerier
le 10/02/2011 à 20h53
Régalez-vous. Je crois que je l'ai encore préféré aux deux précédents (sans compter Une petite forme).
Réponse de
PhA
le 12/02/2011 à 11h16
"les arbres bruissaient" et le ciel et le corps du marcheur, aussi.
Commentaire n°2
posté par
Gilbert Pinna
le 11/02/2011 à 14h43
Tout à fait : le corps du narrateur de cet Automne zéro neuf connaît aussi quelques caprices que ne renierait pas la météo.
Réponse de
PhA
le 12/02/2011 à 11h48
Bon... je crois avoir à peu près tout ce qu'il me faut pour mon prochain billet! J'ai failli attendre, Philippe!:)
Trop facile ! Il faut dire tout le contraire et que ce soit vrai aussi - comme le beau temps après la pluie.
Réponse de
PhA
le 12/02/2011 à 22h27
mercredi 9 février 2011
mardi 8 février 2011
vendredi 4 février 2011
un nom pour ces rondelles
Je
ne dispose pas d’un vocabulaire de gare suffisant. Sortie de mes
registres habituels je manque de mots et ceux auxquels, par défaut, je
recours ne me satisfont qu’à
moitié. Je cherche, par exemple, une expression générique qui
voudrait dire mobilier urbain, mais appliqué à la gare et en
déclinant toute la typologie spécifique. Recoupant celle
du mobilier urbain de la ville dans laquelle la gare est incluse et
lui imposant les extensions nécessaires à l’usage ferroviaire de
l’enclave. Mobilier urbain ferroviaire de l’intérieur de
la gare me semble trop long pour s’imposer dans un langage
courant partagé. Je me fais assez aisément comprendre quand je déclare
que des bancs publics, des téléphones
publics, des boîtes à lettres et des poubelles
sont à la disposition des voyageurs dans les halls de la gare, mais je
ne saurais rendre compte de la variété des
édicules qui hérissent les quais, sans parenté aucune sur les
trottoirs parisiens. Je n’en maîtrise pas le lexique ni la nomenclature,
je tâtonne, mal à l’aise, avec des mots ressemblant
vaguement aux choses que je veux évoquer, sans parfaitement les
figurer. Des mots mal ajustés.
Donc je désignerai sous le nom de rondelles, ces disques protecteurs qui vraisemblablement s’appellent, dans leur
langue de gare, autrement. Les rondelles s’empilent par
cinq quand elles entourent des pieds de potences métalliques remplissant
diverses fonctions et sont alors moulées dans une matière
caoutchouteuse, noir/gris poussière graisseuse. Mais les rondelles
s’empilent par quatre seulement quand elles perdent leur circonférence
complète, se réduisent à des trois-quarts,
demis, voire quarts de ronds vissés/scellés à la base de piles en
béton ou dans leurs encoignures. Découpées à l’emporte pièce dans un
métal peint couleur minium écaillé. Troisième type, beaucoup
plus rare, la rondelle unique, modèle caoutchouc noir/gris
poussière graisseuse, encerclant de massives colonnes de béton en bouts
de quais. Si je comprends bien que ces rondelles
protègent le mobilier urbain de la gare des heurts violents de tout
ce qui roule sur les quais, je ne comprends pas pourquoi les empiler
tantôt par cinq, tantôt par quatre, sans parler de la
justification des solitaires.
Martine Sonnet, Montparnasse Monde, Le temps qu’il fait,
2011.
Voir et nommer, c’est un couple. Le nom permet, mieux : autorise à voir la chose qui sans lui restait invisible. Tous les
ornithologues vous le diront, les mycologues aussi, ne parlons pas des entomologistes. C’est pareil pour l’Amérique
et l’amour, nous disait l’autre jour Albin qui avait ouvert son
Larousse à Am-. C’est pourquoi il nous a fallu, il nous faut encore des
explorateurs, pour voir avant nous et malgré l’absence
de nom ce que grâce à eux enfin nous verrons.
Depuis que je suis Martine Sonnet qui arpente la gare Montparnasse
sur son blog puis sur publie.net et enfin au Temps qu’il fait, mon regard d’usager assez fréquent s’égare dans la gare, se heurte et
rebondit régulièrement contre ces rondelles caoutchouteuses désormais dites « de Martine » ; les romans de
gare décidément ne manquent pas de rebondissements.
Commentaires
Grandeur et misère des solitaires qui n'appellent rien ni personne. Quant à voir, j'en suis juste aujourd'hui à prononcer le mot.
Commentaire n°1
posté par
Gilbert Pinna
le 04/02/2011 à 15h15
Pour voir ces rondelles caoutchouteuses, c'est désormais facile : il suffit de cliquer sur... leur nom.
Réponse de
PhA
le 04/02/2011 à 15h32
Magique !... cliquer, voir, nommer , c'est tout un.
Commentaire n°2
posté par
Gilbert Pinna
le 04/02/2011 à 15h34
Nous sommes les dieux du numérique.
Réponse de
PhA
le 05/02/2011 à 15h46
En réalité, ce sont des butoirs qui permettent d'éviter ça. C'est la vie duraille.
Commentaire n°3
posté par
Moons
le 04/02/2011 à 15h57
Le temps change une catastrophe en jouet cassé par un enfant brutal.
Réponse de
PhA
le 05/02/2011 à 15h49
Merci cher Philippe, en nous y mettant tous je pense que nous
arriverons à nommer toute chose qui mérite de l'être. Partageons nous
équitablement la tâche : je vous laisse les oiseaux, les
champignons et les insectes et je prends les rondelles.
Commentaire n°4
posté par
L'employée aux écritures
le 04/02/2011 à 16h20
En disciple de Linné, j'aurais bien proposé Rondella martinae, mais cela fait-il assez ferroviaire ?
Réponse de
PhA
le 05/02/2011 à 15h57
On laisse aussi les potamochères et les babiroussas
Commentaire n°5
posté par
Moons
le 04/02/2011 à 16h25
Sans oublier les hylochères.
Réponse de
PhA
le 05/02/2011 à 15h57
Un bouquin , une histoire, une auteure débarque dans votre vie sans
crier gare. On reste sans voix, manquant de mot pour le dire. En cas de
désir libidineux de sauter l'auteure, il est prudent de
vérifier l' hauteur sinon plus dure sera la chute. Quand , une
locomotive est "à cul" , il y a t-il des rondelles? Soyons optimiste ,
il vaut mieux posséder l'objet que le mot. C'est un moindre
mal . De deux maux, il faut choisir le moindre!
Commentaire n°6
posté par
patrick verroust
le 04/02/2011 à 16h31
On ne se méfiera jamais assez des mots.
Réponse de
PhA
le 05/02/2011 à 15h59
Ces rondelles sont comme des soufflets entre les wagons : le
caoutchouc avait des débouchés à l'époque des plantations Michelin.
Martine aurait pu s'appeler Micheline.
Commentaire n°7
posté par
Dominique Hasselmann
le 05/02/2011 à 11h48
Celles-ci restent en gare.
Réponse de
PhA
le 05/02/2011 à 16h07
lundi 31 janvier 2011
Bien sûr que je fais de la fiction.
Bien sûr que je fais de la fiction. Non parce que j’invente ce que j’écris, mais parce qu’à chaque fois je suis tenté de faire
comme si la littérature n’existait pas encore (et accessoirement comme si je n’existais pas encore).
Commentaires
Devant certains livres, c'est l'affliction qui saisit.
Commentaire n°1
posté par
Dominique Hasselmann
le 31/01/2011 à 08h50
Et les âmes en peine errent parmi les gondoles.
Réponse de
PhA
le 01/02/2011 à 22h43
Une seule solution : la dislocation.
Commentaire n°2
posté par
Gilbert Pinna
le 31/01/2011 à 19h24
Quand j'étais petit on me disait hyperlaxe. Est-ce un avantage ?
Réponse de
PhA
le 01/02/2011 à 22h45
Et voilà la recette! enfin! (Mais c'est le cap le plus difficile à franchir sans doute...)
Oh, avec un bon trou de mémoire, comme dirait Monsieur Jones...
Réponse de
PhA
le 01/02/2011 à 22h46
L'enfant, la création, la nécessité de l'oubli.
Sans l'oubli, rien de possible.
Réponse de
PhA
le 01/02/2011 à 22h48
Je reste , coi. Pourquoi, pour un je ne sais quoi, pour rien ,
trois fois rien. C'est déjà quelque chose. Une ironie flotte, un léger
nuage, un écran de fumée tendre entre fiction et
réalité. J'aime bien la fiction .Elle permet de s'accoutumer à la
réalité qui la dépasse , toujours.
Commentaire n°5
posté par
patrick verroust
le 01/02/2011 à 23h22
La réalité ? C'est quoi ?
Réponse de
PhA
le 03/02/2011 à 09h24
vendredi 28 janvier 2011
la nécessité de Dino Egger ou l’amoindrissement du monde
Car
l’événement que j’attendais finalement se produisit : je rencontrai
Dino Egger. Ou du moins, se fit jour en mon esprit
la nécessité de Dino Egger. Il fut soudain clair pour moi, évident
et indubitable qu’il manquait. Confiné dans cette pure attente d’un
destin que je ferais mien, j’étais mieux que quiconque
disposé à ressentir ce manque qui n’expliquait pas seulement ma
faillite personnelle mais celle de toute l’expérience humaine, vouée à
l’échec ou à la catastrophe. Les autres hommes ne pouvaient
l’éprouver si vivement, pris au piège d’une vie bornée, leurs
espoirs se limitaient à la réalisation des objectifs à court terme
inscrits dans la logique de ces menus gestes près du corps dont
ils faisaient dépendre naïvement leur bonheur. Et pourtant,
l’absence de Dino Egger béait de toutes parts. Maintenant que je m’en
étais avisé, j’en distinguais partout le signe, cette bouche
grande ouverte, sans lèvres ni dents d’où sortait un cri muet ou si
assourdissant peut-être que notre ouïe infirme ne le percevait pas, tels
ces marins au long cours qui n’entendent plus le
grondement incessant de l’océan. Sans tarder davantage, je me mis en
quête de Dino Egger. Plusieurs fois, je crus le tenir. J’ai relaté dans
ces pages mes successives déconvenues.
Eric Chevillard, Dino Egger, Minuit,
2011, p. 121-122.
L’inexistence est un beau sujet, ce n’est pas moi qui dirai le contraire. N’est-ce pas au fond le sujet de toute
littérature ? l’origine de toutes nos gesticulations ? Albert Moindre, qui s’y connaît depuis Sans l’orang-outan, et même déjà avant, rappelez-vous les Trois tentatives
pour réintroduire le tigre mangeur d’hommes dans nos campagnes de Thomas Pilaster, n’a pas fini d’y disparaître.
Commentaires
(rhaaaa! vous allez trop vite!! je le commence à peine!)
Et pourtant je suis en mode ralenti.
Réponse de
PhA
le 28/01/2011 à 18h43
Pourtant j'ai cru le voir passer sur la plage, au fond. Alors, ça n'était pas lui vous dîtes?
Commentaire n°2
posté par
quotiriens
le 29/01/2011 à 14h16
Mais non : c'était Albert Moindre.
(Dites donc, qu'est-ce qui se passe, chez vous ? J'ai encore essayé d'y aller ; impossible de redécoller : on se croirait sur l'île de Choir.)
(Dites donc, qu'est-ce qui se passe, chez vous ? J'ai encore essayé d'y aller ; impossible de redécoller : on se croirait sur l'île de Choir.)
Réponse de
PhA
le 29/01/2011 à 15h10
Je suis Ilinuk et je reviens vous libérer (enfin, je vais enlever
les images trop volumineuses dans lesquelles tout le monde s'englue...).
Sorry
Commentaire n°3
posté par
quotiriens
le 29/01/2011 à 17h17
Vous me direz, si je ne roulais sur une vieille bécane avec une roue voilée, ça ne m'arriverait pas.
Réponse de
PhA
le 29/01/2011 à 17h25
Ah, si toutes les Rolls Royce pouvaient fuser aussi vite que ce qui sort de ta vieille bécane...
Commentaire n°4
posté par
petite racine
le 29/01/2011 à 20h38
Pourtant je roule au ralenti : j'en suis presque à un billet tous les deux jours.
Réponse de
PhA
le 30/01/2011 à 22h54
Monsieur Le Comte souhaite faire savoir à monsieur Dino Egger qu'il
ne donnera pas suite à sa demande d'audience. "Nous n'avons pas gardé
les cochons ensemble." a-t-il ajouté.
Depuis que Monsieur Le Comte a croisé son siamois, la conscience de
sa probable propre inexistence lui donne pourtant de bons espoirs de
rencontrer Dino Egger. (Mince ! ce sera encore Albert
Moindre.)
Réponse de
PhA
le 30/01/2011 à 22h58
mercredi 26 janvier 2011
quoi, encore – mais chez Mélico
Cette essentielle et récurrente question – quoi –, je ne me la pose pas qu’ici, figurez-vous. Dorénavant je me la pose aussi chez Mélico, où je réside avec plaisir
depuis peu. Bien sûr, qu’il n’est question que de lire et d’écrire, quoi. C’est le premier article, il y en aura cinq
autres, à un rythme mensuel. (Pour les commentaires éventuels que cette grave question du quoi ne saurait manquer de susciter, revenez sur ces Hublots.)
Commentaires
Mé qué mé qué mé qué lico comme aurait dit Dario Moreno.
Il faut toujours savoir où on range ses clés.
Réponse de
PhA
le 27/01/2011 à 11h01
Je ne sais quoi penser de cette invitation. Mé-li-co ? Mexico, encore, je comprendrais.
Allez-voir comme j'y chante bien.
Réponse de
PhA
le 27/01/2011 à 10h54
Hé très chouette cet article pas coit. Et c'est quoi l'illustration de quoi ? (Je dirais du Michaux sous Mes-quoi-line).
(C'est je ne sais quoi de moi même pas sous aspirine.)
Réponse de
PhA
le 27/01/2011 à 10h52
Alors ce quoi est prodigieux qui, sans le savoir, déclenche, telle une avalanche, ce bégaiement : ...quoi...quoi...quoi...
Commentaire n°4
posté par
Gilbert Pinna
le 27/01/2011 à 18h05
C'est pas rien, quoi.
Réponse de
PhA
le 27/01/2011 à 18h57
C'est Melicoton, tout ça : une résidence purement virtuelle, pas besoin d'aller s'installer au Mont-Noir (Nord) sous l'ombre tutélaire de
Marguerite Yourcenar.
La littérature est sans doute une maison : à chaque écrivain de ne pas en faire une habitation à quelque 100 000 euros (mais là on tombe dans le prix qu'on court).
La forme exige un architecte d'intérieur.
La littérature est sans doute une maison : à chaque écrivain de ne pas en faire une habitation à quelque 100 000 euros (mais là on tombe dans le prix qu'on court).
La forme exige un architecte d'intérieur.
Commentaire n°5
posté par
Dominique Hasselmann
le 27/01/2011 à 18h17
Une résidence virtuelle me convient : je ne crains pas les intempéries.
Réponse de
PhA
le 27/01/2011 à 18h59
Melico ? Serait-ce aussi un hélicoptère un peu triste ?
Ouf ! j'ai enfin réussi à te mettre en lien sur mon nouveau blog.
Ouf ! j'ai enfin réussi à te mettre en lien sur mon nouveau blog.
Commentaire n°6
posté par
Dominique Boudou
le 29/01/2011 à 11h50
Absolument, c'est le décollage de l'hélicoptère mélancolique - qui
me donne l'occasion de dire sur la lecture et l'écriture deux ou trois
choses qui me tiennent à coeur.
(Mais où est donc ce nouveau blog ? Ton lien signale que le blog n'existe pas.)
(Mais où est donc ce nouveau blog ? Ton lien signale que le blog n'existe pas.)
Réponse de
PhA
le 29/01/2011 à 12h36
J'ai eu le même problème avec tes hublots et puis paf, tout à coup ça l'a fait. Va comprendre. Essaie de taper
http://www.jacqueslouvain.over-blog.org
http://www.jacqueslouvain.over-blog.org
Commentaire n°7
posté par
Dominique Boudou
le 29/01/2011 à 12h56
Je t'ai trouvé par facebook ! (Je suis content, ce n'est pas souvent que je trouve quelque chose grâce à facebook.)
Réponse de
PhA
le 29/01/2011 à 14h56
dimanche 23 janvier 2011
mise en veille
J’ai tellement d’imagination que sous sa dictée je n’ai plus qu’à tout recopier mot à mot sans me creuser la tête.
Commentaires
Le beau filon... et la belle saga éditoriale.
Commentaire n°1
posté par
Gilbert Pinna
le 23/01/2011 à 14h55
Abattu 3527 pages aujourd'hui. Petite journée.
Réponse de
PhA
le 23/01/2011 à 18h50
Eric Chevillard ?
Enchanté, j'aime beaucoup ce que vous faites.
Réponse de
PhA
le 23/01/2011 à 18h52
C'est toi donc Ecriturotomatix ?
Commentaire n°3
posté par
Moons
le 23/01/2011 à 21h52
Oui, demain je réécris la Guerre des Gaules.
Réponse de
PhA
le 24/01/2011 à 17h49
C'est pas juste, c'est pas juste! (Les hommes naissent libres et égaux... mon c...!;)
Comment ? Vous, Depluloin, vous seriez en panne d'imagination ?
Profitez des soldes, on en trouve pour pas cher en ce moment.
Réponse de
PhA
le 24/01/2011 à 17h51
vendredi 21 janvier 2011
Jamais petite dépression ne fit si grosse impression.
Jamais petite dépression ne fit si grosse impression. On peut jouer du piano à quatre mains, écrire c’est moins évident et
pourtant si, associons donc un bavard et un muet et observons. Une petite forme n’est pas un roman, pas même à proprement parler un récit, tout au plus un autoportrait
fictif, foin des événements, qui a lu déjà Didier da Silva sait que comme aventure vivre suffit : faire ses courses est une odyssée, sortir le sac poubelle une descente aux
Enfers.
L’autoportraituré n’est pas tout à fait lui, comment nous jouerait-il les Idées heureuses avec ses mains de déménageur ? Si j’évoque son blog,
c’est parce que c’est là que je me rappelle – je me rappelle très bien –
avoir lu la première ébauche du passage ci-dessus reproduit, mais
cliquez donc dessus au lieu de râler que c’est trop petit. Même si à
l’époque François Matton – puisque c’est l’autre – ne collaborait pas encore à cette future petite
forme, il la lisait aussi, et probablement sentait déjà que ce
portrait de l’artiste en majuscule dépressif est sans doute le plus fou
des textes publiés par Didier. Comme plus on est de
fous plus on rit les contraires s’attirent et qui se ressemble
s’assemble, ces deux-là se sont tout naturellement retrouvés, Didier le
raconte là. Car François était déjà l’auteur d’un
blog ami – cette expression a sans nulle doute un sens : les
blogs deviennent amis entre eux, organisent parfois des rencontres entre
leurs auteurs, et quand de la rencontre naît un
projet qui grâce à POL prend cette petite forme-là, c’est un petit miracle. Qui de François Matton a lu J’ai tout mon temps ou même, plus récemment, Autant la mer, (et
par ailleurs a rencontré Hoffmann à Tokyo avant de passer Treize mille jours moins un avec le Sam de Didier), devine sans peine les affinités potentielles entre les deux
lascars. Dans Une petite forme, si François laisse la
parole à Didier, Didier laisse François nous la mimer à sa façon – un
peu Marceau ? – dans le dos du complice. Bonne nuit à
tous, le jour vous guette.
vendredi 14 janvier 2011
s’en faire une raison
Si juste soit-il chaque mot est décevant – comme l’est dans la course chaque instant où le pied entre en contact avec le sol.
Commentaires
N'est-ce pas Horace qui disait : "La prose, c'est du langage qui va à pied."
Réponse de
PhA
le 14/01/2011 à 11h49
Pour Albin qui en a fait ses dimanches, la course est cet état de
pondération entre exaltation et pesanteur, cet état précaire où l’envol
et la chute se jouent en alternance. Pareil pour
l'écriture ?
Albin serait-il journalier s'il en était autrement ?
Réponse de
PhA
le 14/01/2011 à 11h53
(Je parlais de celui qui n'a pas de gants blancs ni de pull rouge ni
de nœud papillon ni de pantalon à bretelles ni de chapeau melon.)
Ah bon ? Qui d'autre pourrait donc s'y connaître en marche au pas, au trot ou au galop qu'Horace Dusabot ?
Réponse de
PhA
le 14/01/2011 à 12h01
En s'échenillant sur la page, courir, dit-il.
Commentaire n°4
posté par
Dominique Hasselmann
le 14/01/2011 à 12h01
Je m'échenille, moi ?
Réponse de
PhA
le 14/01/2011 à 17h35
Choisir ceux en caoutchouc, qui font rebondir.
Commentaire n°5
posté par
quotiriens
le 14/01/2011 à 14h47
Le problème, c'est que trop de rebondissements les usent ; l'effet ne dure pas éternellement.
Réponse de
PhA
le 14/01/2011 à 17h37
mercredi 12 janvier 2011
lundi 10 janvier 2011
en toute simplicité
Contrairement à ce que j’entends parfois, je ne crois pas du tout que la
simplicité en littérature soit une qualité. Ni un défaut non
plus, d’ailleurs. Comme la complexité, quoi.
Commentaires
pur porc, les écrivains? certains, peut-être... mais que dire des "professionnels" alors! :)
Y en a ?
Réponse de
PhA
le 11/01/2011 à 22h29
La grosse Herta continue à bombarder. Mais Le Knack,
comment le revoir pour s'en payer une tranche ?
Commentaire n°3
posté par
Dominique Hasselmann
le 11/01/2011 à 10h16
Quelle charcuterie !
Réponse de
PhA
le 11/01/2011 à 22h37
Tout à fait d'accord avec vous! Parce que la complexité quelque part ...
(J'ignorais que knacki désignait saucisse en alsacien. Merci.)
(J'ignorais que knacki désignait saucisse en alsacien. Merci.)
C'est un peu comme le jaune ou le bleu, cette affaire.
(L'alsacien est une langue subtile.)
(L'alsacien est une langue subtile.)
Réponse de
PhA
le 11/01/2011 à 22h34
Pour tous les goûts quoi.
Commentaire n°5
posté par
quotiriens
le 11/01/2011 à 22h11
Il en faut. (Et il faut aussi sortir de l'usage ces lieux communs faciles de la critique.)
Réponse de
PhA
le 11/01/2011 à 22h35
Mais pourquoi toujours des nombres pairs, dans ces portions ?
Pourquoi pas des nombres premiers ? ("entier" ferait trop riche...)
Pourquoi pas des nombres premiers ? ("entier" ferait trop riche...)
La cause est-elle la même que le raisonnement binaire qui oppose la
simplicité à la complexité, ou encore la littérature autocentrée et la
littérature ouverte sur le monde ? (Inutile de préciser
que je ne crois pas du tout à ces oppositions, non plus qu'à la
réalité de leurs pôles.) Finalement je préfère le raisonnement des
marchands de saucisses : au moins, un paquet de 6 est plus
facile à partager qu'un paquet de 5 ou de 7.
Réponse de
PhA
le 12/01/2011 à 19h32
et en plus qui allient saveur ET qualité...
Commentaire n°7
posté par
quotiriens
le 12/01/2011 à 20h03
jeudi 6 janvier 2011
crise de conscience
J’ai beaucoup en commun avec Manuel Valls et Jean-François Copé : l’âge, le physique avantageux, et surtout un doute profond
concernant mon existence, que je tente furieusement de guérir par des phrases.
Autre chose ?
Commentaires
me semble que je préfère les votres
Commentaire n°1
posté par
brigitte Celerier
le 06/01/2011 à 21h01
(Moi aussi - mais ne le répétez pas.)
Réponse de
PhA
le 06/01/2011 à 21h57
Nous sommes plutôt nombreux à partager au moins le dernier point.
Oui, nous sommes si nombreux, Jean-François, Manuel et les autres, à
bramer tout seul notre doute sous la douche de bon matin.
Réponse de
PhA
le 06/01/2011 à 22h01
www.facebook.com/pages/RODOLPHE-BURGER/142992666879
Commentaire n°4
posté par
Christine
le 06/01/2011 à 22h07
Vous pensez qu'ils doutent, eux ? Moi, j'en doute.
Celui qui parle à tort et à travers pour se donner l'illusion
d'exister (et surtout pour le faire croire à autrui) sait bien au fond
de lui-même ce qu'il en est réellement, dit le sage. Bref, ces
deux-là sont des héros tragiques auxquels on ne saurait jeter la
pierre : elle les traverserait sans les atteindre.
Réponse de
PhA
le 06/01/2011 à 22h43
Vous avez sans doute raison, mais ils sont légion dans la
corporation à parler à tort et à travers. Vous parlez seulement à
travers
... à travers le hublot (je termine votre phrase). Quel idiot je
fais ! C'est pour ça que personne n'entend rien. Attendez, j'ouvre la
fenêtre.
Réponse de
PhA
le 07/01/2011 à 08h30
On n'a pas fini d'é-Copé ? Laisse aller, c'est un Valls ?
Bah, faute d'un candidat ad hoc, pourquoi pas Annocque président...
(pardon, quand je suis de bonne humeur, je fais des jeux de mot lamentables)
Mais c'est quoi ton programme, d'abord ?
Bah, faute d'un candidat ad hoc, pourquoi pas Annocque président...
(pardon, quand je suis de bonne humeur, je fais des jeux de mot lamentables)
Mais c'est quoi ton programme, d'abord ?
Méfie-toi : quand j'avais cinq ans j'étais de droite et je voulais
être président des Etats-Unis d'Europe (un peu comme Napoléon, quoi).
(J'adore les jeux de mots lamentables.)
(J'adore les jeux de mots lamentables.)
Réponse de
PhA
le 07/01/2011 à 08h27
Valls s'est déconsidéré une fois de plus et n'a donc pas surpris.
Copé, sa forfanterie nous fait marrer à chaque fois (mais avoir viré Dominique Paillé est un acte lucide).
Alain Duhamel aurait, en fait, besoin d'un remplaçant : monsieur Le Comte ne postule-t-il pas à cette fonction ? Les prébendes dudit sont nombreux.
Copé, sa forfanterie nous fait marrer à chaque fois (mais avoir viré Dominique Paillé est un acte lucide).
Alain Duhamel aurait, en fait, besoin d'un remplaçant : monsieur Le Comte ne postule-t-il pas à cette fonction ? Les prébendes dudit sont nombreux.
Commentaire n°8
posté par
Dominique Hasselmann
le 07/01/2011 à 07h34
Monsieur Le Comte, hélas, ne changerait pas grand-chose : comme trop de politiciens il est victime de la crise du sujet.
Réponse de
PhA
le 07/01/2011 à 08h22
Alain Duhamel me fait remarquer que "prébendes" s'écrit au féminin :
ayant peu l'habitude d'en accepter, je reconnais avoir fauté sur le
plan orthographique.
Commentaire n°9
posté par
Dominique Hasselmann
le 07/01/2011 à 07h49
Quel tatillon ! (ne pas accepter de prébendes...)
Réponse de
PhA
le 07/01/2011 à 08h36
Moi je vois une grande différence, qui vous éloigne absolument de
ces deux-là : ils portent la cravate, et vous le noeud-pap (en tout cas
Monsieur le Comte). Cela change toute la nature du doute
(qui s'étrangle, ou volète).
Monsieur Le Comte est bien trop léger en effet pour se laisser cravater.
Réponse de
PhA
le 07/01/2011 à 18h25
Euh... Monsieur Le Comte a l'œil... et le bon! ?? ... Mieux sapé?
... (J.-P. Raffarin vient de proposer ses services! Doit y en avoir
quelques-uns qui doivent faire la gueule!! Oh c'est
passionnant! passionnant!! ... )
(Chouette feuilleton en effet - même si les scénaristes ont tendance à un peu abuser des mêmes ficelles.)
Réponse de
PhA
le 07/01/2011 à 18h27
ça c'est très très drôle!
Oui, nous sommes en train de monter un trio comique.
Réponse de
PhA
le 08/01/2011 à 16h44
Vous implicitez que le doute serait une maladie - puisqu'on pourrait
en "guérir". Je ne peux vous suivre sur ce terrain infectieux.
(Copé est une maladie, ça oui, et Valls un microbe.)
(Copé est une maladie, ça oui, et Valls un microbe.)
C'est la version officielle. En réalité, j'éprouve à l'égard du
doute une délectation morbide. Ah flûte, j'implicite encore !
(Donc si un Valls pénètre notre organisme, nous risquons de développer un Copé ? Et c'est sans doute contagieux ?)
(Donc si un Valls pénètre notre organisme, nous risquons de développer un Copé ? Et c'est sans doute contagieux ?)
Réponse de
PhA
le 09/01/2011 à 01h19
(Un comprimé de mélenchonite matin et soir et ils s'en vont tous.)
mercredi 5 janvier 2011
C’est aujourd’hui qu’on coupe le ruban
C’est aujourd’hui qu’on coupe le ruban
Larges ciseaux tranchants juste pour un
Ffffft
(De l’Observatoire) au fond du jardin au
Détour de l’allée Copernic
La sphère
A moitié enterrée du Planétari-um
Tu étais énigmatique
Au plafond
Nulle araignée mais la pénombre s’épaississant
Le bonhomme découvre
Maintes étoiles :
Quelle mumu quelle musi quelle musique alors
Entendre (ici bas) ?
Frédéric Forte, Discographie, « Quatorze pièces
faciles pour harmonie municipale », Editions de l’Attente, 2002.
(Mais dans cette Discographie il y a aussi Sept quatuors à cordes, 90 folk songs, 9 poèmes en
forme d’accordéon et même une Anthologie de la musique bulgare vol. 2.)
Commentaires
Merci, ça me fait rêver (si seulement je pouvais me localiser!)
Perdu dans la fanfare ?
Réponse de
PhA
le 06/01/2011 à 07h47
C'est un grand jour.
Commentaire n°2
posté par
Gilbert Pinna
le 05/01/2011 à 21h25
Boum
Boum boum
Ta ta ta
Ratatata
Pouuuu poum pa pa paaaaa
Rapatatitatannnnnnnnnn [...]
(Frédéric Forte - c'est le début de la première "pièce facile pour harmonie municipale".)
Boum boum
Ta ta ta
Ratatata
Pouuuu poum pa pa paaaaa
Rapatatitatannnnnnnnnn [...]
(Frédéric Forte - c'est le début de la première "pièce facile pour harmonie municipale".)
Réponse de
PhA
le 06/01/2011 à 07h52
Ah, y a de l'accordéon dans cet éventail ? Et de la corde ? Et du
bulgare ? Je peux viendre ? Je peux amener Pluplu ? Et mame Tor-Ups ?
C'est à quelle heure ? On peut apporter son manger ?
Commentaire n°3
posté par
Moons
le 05/01/2011 à 22h06
Amène, apporte, c'est tout public !
Réponse de
PhA
le 06/01/2011 à 07h53
ah ah ! on craque! :)
C'est la faute à Frédéric Forte, j'aime beaucoup sa discographie. Mais je n'ai pas dit que j'arrêtais ces Hublots, juste que je les espaçais (bon, c'est vrai que les espaces risquent
d'être assez irréguliers).
Réponse de
PhA
le 06/01/2011 à 13h55
mardi 4 janvier 2011
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Courage, Philippe ! En supposant qu'il s'agisse de courage...
(Oui, je ne sais pas bien si c'est exactement du courage ou si ça n'est pas plutôt devenu une sorte de seconde nature.)
Mais quand ils se produisent, on (se) signe !