« Pierre Michon. » En deux mots, tout était dit. Rien que son prénom le prédestinait à la statufication. Quand je voudrai être statufié, je me prénommerai Pierre (sans blague). Mais Michon n’est pas dupe. Estimant avoir suffisamment joué le jeu, le voici qui joue avec. De la statufication à la statufiction, il n’y a qu’une lettre à retirer. Et voici notre auteur vénéré des lettres qui se retire de ces dernières. Iconoclaste de soi-même. Il se réinvente en voyou, en Homère, et c’est peut-être la même chose.
Il avait bien ri de Mon petit direlicon (mon petit dictionnaire des idées reçues sur la littérature contemporaine mais quand même un peu à la manière de Flaubert), et sans doute de l’entrée « Vocabulaire : C’est bien d’en avoir à condition de ne pas en abuser. Parce que Michon j’ai essayé c’est peut-être bien mais on n’y comprend rien ». Les colporteurs d’idées reçues qui m’ont inspiré en resteront pour leurs frais avec ce Michon-là : tout est immédiat.
La question de la « qualité » littéraire (qui m’est une récurrente cause d’éternuements) est évacuée sans ménagements. Homère, Borges ne sont là que parce qu’il ne saurait en être autrement. De Vie de Joseph Roulin à Abbés, de Corps du roi aux Onze (et j’en passe) j’ai admiré tout ce que j’ai lu de Pierre Michon. J’écris l’Iliade m’a passionné.
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