mardi 18 août 2026

Lectures de vacances : le Veilleur du jour, de Jacques Abeille

J’avais aussi emporté Tristram Shandy, mais la petitesse des caractères et surtout des interlignes dans mon édition GF a eu raison de ma patience, d’autant plus que l’éclairage du soir était un peu faible. Je me suis dit que j’allais la remplacer par la traduction de Guy Jouvet publiée par Tristram – mais c’était compliqué dans l’immédiat. Je me suis donc lancé dans le Veilleur du jour, de Jacques Abeille. J’avais déjà lu les Jardins statuaires, qui le précède (et que d’ailleurs j’ai égaré ou prêté), et les Barbares, qui le suit. Quand je lis Jacques Abeille, c’est un dépaysement. C’est bien sûr un dépaysement pour tout le monde : le dépaysement fait partie de sa littérature. C’est aussi un dépaysement juste pour moi ; on devinera facilement pourquoi.

Je disais hier que l’été, je lisais « souvent des livres que tout le monde a déjà lus » ; je crains malheureusement que ce ne soit pas encore tout à fait le cas pour ceux de Jacques Abeille ; allez-y donc. Concernant le Veilleur du jour, ce qui frappe au sein du cycle des contrées, c’est que, alors que les Jardins statuaires ou les Barbares sont des romans au grand air, celui-ci est un roman de l’enfermement – volontaire. Autre chose, qui personnellement m’a procuré une sorte de soulagement intérieur, presque une caresse, c’est que le protagoniste, innommé pendant la plus grande partie du roman – pour finalement s’appeler lui-même Barthélémy Lécriveur –, ignore son propre passé, ne se préoccupe pas de le connaître, et arrive à faire en sorte que son entourage, et notamment les femmes qui croient le reconnaître, n’y attache plus d’importance.

La lecture est parfois une sorte de confession.


Le Veilleur du jour est depuis l’année dernière disponible au Tripode. Mon édition Ginkgo est plus ancienne. 



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